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Eric Hazan à St-Etienne ce samedi 31 mars à 15h
Un témoignage exceptionnel sur l’occupation en Palestine.
lundi 26 mars 2007, par Roger Dubien


Le 30 mars est en Palestine la "journée de la Terre", pour commémorer la répression sanglante par l’armée israélienne le 30 mars 1976 d’une manifestation pacifique contre le vol des terres palestiniennes.
Autour de cette journée de la Terre, plusieurs initiatives auront lieu dans le département (voir par ailleurs).

Ce samedi 31 mars, nous recevrons à St-Etienne Eric Hazan, auteur et directeur d’une maison d’édition (La Fabrique) qui fait un très gros travail pour permettre de comprendre ce qui qui se passe en Palestine - Israël, en publiant des auteurs palestiniens et israéliens anti-colonialistes.
 Voir la présentation de plusieurs livres des Editions La Fabrique

La rencontre avec Eric Hazan aura lieu à 15h, au centre Coligny, 19 rue Elysée Reclus (quartier du palais de Justice).
Une sélection de livres publiés par les éditions La Fabrique sera disponible.
Bien sûr on parlera aussi de l’actualité en Palestine : formation du gouvernement d’unité nationale palestinien, etc... mais on en parlera de façon concrète, à partir de ce que vivent aujourd’hui les Palestiniens.

 

“Le mot de mur est trompeur (...). Le mot d’occupation l’est également. C’est annexion qu’il faut dire.”

  

Eric Hazan parlera de la situation en Palestine et en Israël en présentant son dernier livre : “Notes sur l’occupation - Naplouse, Kalkilyia, Hébron”, paru en octobre 2006. Un livre de 120 pages, vendu 7 euros. Une sorte de reportage, avec beaucoup de notes précises, des croquis pour comprendre comment est organisée l’occupation, comment vivent les Palestiniens...


Ecouter l’interview de Eric Hazan par Daniel Mermet à Là-bas si j’y suis"

Fin novembre 2006, Eric Hazan était l’invité de Daniel Mermet, pour pour parler de son voyage en Palestine et du livre.
On peut écouter cette émission  : www.la-bas.org (Pour écouter : aller dans dans la colonne de gauche à “Ecouter cette émission” et cliquer sur la dernière ligne : “Eric Hazan, notes sur l’occupation, version longue”...)



Notes sur l’occupation : Naplouse, Kalkilyia, Hébron

  

Voici quelques notes de lecture, qui voudraient donner envie de lire ce livre et de venir rencontrer son auteur...

Eric Hazan a passé un mois en Cisjordanie. “Ces Notes ont été prises pendant les mois de mai et de juin 2006 en Cisjordanie, période considérée comme calme, où l’on ne tuait guère chaque semaine qu’une demi-douzaine de jeunes gens.
La réalité, c’est qu’il n’y a jamais de situation calme en Palestine, il y a la violence quotidienne que subit tout un peuple, parfois avec patience et ailleurs non. Il n’y a pas davantage de “conflit israélo-palestinien”, il y a un peuple qui essaie de résister comme il peut aux colons et à l’armée. Prises dans la rue, sur les marchés, chez les familles de prisonniers, dans les villages isolés, chez les responsables politiques, ces Notes cherchent à restituer le fonctionnement au jour le jour et la raison d’être de la grande machine bureaucratique-militaire qu’on désigne sous le terme assez abstrait et même trompeur d’occupation.”

Naplouse

(...) Sans mur ni barbelés ni miradors, Naplouse est encerclée. Les grands axes routiers sont barrés par des chekpoints : Hawarra au sud vers Ramallah et Jérusalem, Beit Iba au Nord-ouest, vers Kalkilyia et Jénine. Et 7 chekpoints sur les routes secondaires qui mènent aux villages voisins... Sur les montagnes qui dominent la ville, les camps militaires israéliens.
Depuis la réoccupation de la Cisjordanie au printemps 2002, beaucoup des 160 000 naboulsis ne sont jamais sortis de la ville.
Dans la vieille ville, la casbah, des bâtiments (savonneries, caravensérails, et des maisons), vieux de plusieurs siècles ont été détruits. Les destructions continuent tous les jours. “les murs sont couverts de portraits des “martyrs” (...) “je n’aime pas ce mot”. Chaque nuit, incursion des soldats.
2 000 des 10 000 prisonniers palestiniens en Israël sont originaires de la région de Naplouse.

Naplouse c’est aussi une université : An-Najah. Et 2 camps de réfugiés : Balata et Askar. Eric Hazan a rencontré Youcef, jeune français qui a fondé “Darna” : “notre maison”. Un lieu de résistance, pas une ONG...

Balata au sud de la ville...
Ce camp abrite 20 000 réfugiés ou descendants de réfugiés de 1948. Il existe un comité du camp. Relations pas très bonnes avec la ville. Jusque dans les années 1980, c’est l’UNWRA qui permettait au camp de vivre, puis cela s’est tari du côté de l’ONU. La mairie fournit l’eau et l’électricité, et vient chercher les poubelles.
Dans le camp, il y a au moins 1 000 employés de l’Autorité palestinienne, qui ne percevaient plus leur salaire depuis 3 mois (à la date du printemps 2006)...

La mairie de Naplouse est Hamas. 77% des voix aux élections municipales. Aux élections législatives : raz de marée du Hamas. Ce raz de marée n’a pas eu lieu pour l’élection de la liste nationale des députés, où le Hamas n’a gagné qu’à une faible majorité, mais au scrutin majoritaire local, où les Palestiniens ont rejeté un à un les candidats du Fatah, notables collaborateurs et corrompus.

Il y a un centre culturel français. Les brigades Al-Aqsa ont brûlé les 3 cinémas de la ville. Des laïques ? Non des voyous.

Les familles vivent avec l’aide de leur famille d’ailleurs. “solidarité clanique”. Pendant la campagne électorale, quand le Fatah a cherché à effrayer les gens en leur disant : “si vous votez Hamas vous n’aurez plus d’aide internationale”, ils s’en moquaient parce qu’ils n’en ont jamais vu la couleur, et qu’ils subsistent grâce à la solidarité du clan... L’aide à ceux qui sont restés au pays est une obligation morale.

Rencontre avec Bassam Chaaka, maire de Naplouse dans les années 1970. A été victime d’un attentat, d’une tentative d’assassinat, qui lui a coupé les deux jambes. Résistant depuis l’âge de 17 ans ; “ce que signifiaient les accords d’Oslo - un gouvernement palestinien pour faire la politique israélienne - je l’ai toujours refusé”.
En 1976, quand les israéliens ont accepté la création de conseils municipaux en Cisjordanie pour appliquer leur politique, Bassam Chaaka et ses amis ont gagné les élections. Et organisé une vie de la ville qui ne dépende pas d’Israël : campagne d’électrification de Naplouse et de la région, création d’une compagnie des eaux... Les israéliens ont décidé de le tuer.
En 1982, les israéliens ont dissous la municipalité de Naplouse...

Bassam Chaaka : “Ni la direction de l’OLP ni même celle du Fatah n’étaient au courant des négociations d’Oslo”. C’étaient des accords secrets passés dans le dos du peuple palestinien, et aussi des peuples arabes.

Les plaques des voitures israéliennes sont jaunes, les palestiniennes sont vertes.

Les enfants de l’école de Bourrine, un village au sud de Naplouse, sont sous les tirs des colons de la colonie de Yitshar, qui envoient aussi leurs égoûts dans les deux sources du village. Leurs enseignants - qui ne sont plus payés depuis des mois - leur apprennent la Déclaration des Droits de l’Homme, le droit de tous à l’Education. La réaction des enfants : “c’est pas vrai tout ça ! Pourquoi le monde entier n’est pas capable d’arrêter les Israéliens ?”.

Vies de familles...
Petite fille de 9 ans et son frère de 10 ans dont le père a été condamné en 2001 à 22 ans de prison et leur mère a 13 ans de prison. Détenus en Israël...
Élevés par leur grand-mère dont un autre fils est condamné à 18 ans de prison.
4 fois les soldats israéliens sont venus dans la maison et ont tout cassé comme ils font régulièrement chez les familles de prisonniers.
Le frère d’un jeune de 15 ans a été condamné à 20 ans de prison parce qu’on lui avait proposé un attentat suicide (qu’il avait refusé).

Kalkilyia

Le mur entoure la ville de tous les côtés, sur 13 kms. Une seule sortie : la route de Naplouse, vers l’Est.

Dans la région, 25 colonies et 55 000 colons. “... Le terme de mur est trompeur”. Le mur n’est pas une ligne, c’est un dispositif complètement tordu qui enferme les Palestiniens dans des enclaves.
Il y a 18 tunnels en Cisjordanie, comme celui entre Habla et Kalkilyia.
Les 3 temps de l’annexion : isoler, enclore, vider. Le mur, c’est “un quadrillage de l’annexion”.

“L’une des bonnes blagues des colons consiste à polluer les terres palestiniennes. Une colonie comme Elkana, au sommet d’une colline, déverse ses eaux usées vers Beit Amine, où règne une indescriptible puanteur...”

Les 15 conseillers municipaux de Kalkilyia ont été élus sur la liste du Hamas : “notre programme tenait en quelques lignes : transparence des comptes, travail en équipe, lien permanent avec le peuple”.

Les village de Jayyous, de Ar Ras et de Jbarrah et de Mas’ha, village qui a perdu l’essentiel de ses terres.
Une voie rapide réservée aux israéliens relie le bloc de colonies d’Ariel à Tel-Aviv.

“Hier un soldat israélien s’est tiré une balle dans la tête dans une mosquée de Jénine.”

Quelle forme de lutte ?
“Pour la plupart des Palestiniens que je rencontre, la lutte armée, la militarisation de la résistance ne mènent à rien. Mais sur ce que pourrait être une résistance non violente, je n’entends rien de clair (...) par moments je sens filtrer des relents de gandhisme mal compris - la non-violence comme une fin en soi. Les nouvelles formes de lutte restent à inventer.”

Tout vient d’Israël (au moins en Cisjordanie)
“La limitation de mouvements et le passage obligé de toutes les importations et exportations par Israël font qu’en Palestine, on ne fabrique presque plus rien.”

A chaque rencontre, Eric Hazan a dit qu’il était juif. La négation du génocide, qu’il a parfois rencontrée, ne fait pas partie de “l’arsenal antisémite à l’européenne” : ici, c’est ressenti comme “la rectification d’une mystification historique dont le but est de justifier leur propre persécution”

Hébron

400 colons protégés par l’armée rendent la vie impossible à 130 000 palestiniens. La ville est partagée en deux : H1 et H2.
H2, le centre de la ville : 30 000 habitants + 400 colons, est sous contrôle israélien. Comment en est-on arrivé à cette situation ? “Comme pour beaucoup des désastres actuels en Palestine, tout commence avec les accords d’Oslo” (1993).
Familles palestiniennes... Rencontre avec une mère dont le mari, responsable du FPLP qui a déjà passé 15 ans en prison, est en prison à Ashkelon. Là, il vient d’être condamné à 7 ans. Deux fils de 20 et 21 ans, arrêtés il y a 3 ans, ont été condamnés à 5 et 7 ans, et sont détenus à Beersheva dans le Néguev et à Nafha près de l’Egypte. Un troisième fils étudiant, de 23 ans, en détention administrative depuis 2 mois à la prison d’Ofer. Elle vit avec son quatrième enfant, qui a 14 ans. Les soldats israéliens viennent régulièrement la nuit, casser tout ce qu’ils peuvent casser dans la maison.
Le FPLP est pour un Etat unique, laïque et démocratique sur tout le territoire de la Palestine historique.

Présence d’internationaux, américains, avec ISM.

Visite à Al Salamyeh, quartier périphérique de Hébron en contact direct avec la colonie de Kiriat Arba, quartier dans lequel vivent plus de 2 000 personnes, quartier en partie démoli et dont toutes les voies sont barrées...

A Hebron, tous les samedis les colons attaquent les Palestiniens.
Mais qui sont ces colons extrémistes de Hébron et de Kiriat Arba ? Yehouda Saül, qui a passé 14 mois à Hébron dans une unité combattante explique. Démobilisé en 2004, il a organisé une exposition photos de soldats à Tel Aviv et fondé “Breaking the silence”... Les colons sont pour l’essentiel des juifs orthodoxes d’origine américaine, d’extrême droite. Mais les enfants ? - les colons dressent leurs enfants contre les Palestiniens. Dans leurs yeshivas (écoles), on leur apprend qu’il est juste de leur faire du mal.

Le Hamas...
“Le traitement du Hamas dans les médias français tient de la caricature : on feint de ne pas voir son évolution depuis plusieurs années, qui l’a conduit à devenir la première force politique du pays, on fait l’amalgame entre intransigeance et extrémisme. Les responsables du Hamas que j’ai rencontrés n’avaient rien de pittoresque : des administrateurs calmes, un langage raisonnable, ni imprécations, ni turbans, ni fusils. On pourra dire que leur discours est fait sur mesure pour les étrangers de passage, mais comme dans les villes où je suis passé il n’y en a pour ainsi dire aucun, ce serait là un effort bien peu rentable.”

Rencontre à Hébron avec le Land Defense Committee, ONG qui aide et conseille ceux dont on démolit les maisons et confisque les terres. Prétexte pour les maisons : construites sans permis. En sachant que depuis 19 ans aucun permis de construire n’a été délivré aux Palestiniens. Les confiscations et annexions de terres n’arrêtent pas...

Le mur : comment est le mur ?

Le mur principal va progresser en entourant la Cisjordanie au sud puis à l’est. Toute la vallée du Jourdain restera du côté israélien. Quand le plan Olmert sera terminé, la Cisjordanie sera divisée en quinze unités territoriales. Il y aura d’autre part six groupes de colonies israéliennes :

-  La vallée du Jourdain,
-  Le bloc d’Ariel, qui va absorber les colonies de la région de Kalkilyia / Tulkarem,
-  Le groupe des colonies du nord de Jérusalem
-  Maale Adoumim, extension de Jérusalem vers l’est, qui divise la Cisjordanie en deux,
-  Le bloc de Goush Etzion, qui fera lui aussi partie du Grand Jérusalem,
-  L’ensemble formé par la vieille ville de Hébron et les colonies de Kiriat Arba et Kharsina, réunies par leur mur commun. Il est prévu de construire deux routes-barrières , l’une entre la colline de Tel Rumeida et la mosquée d’Abraham, l’autre entre la mosquée et Kiriat Arba.

-  A ces six groupes principaux il faut ajouter un certain nombre de colonies isolées qui vont être reliées entre elles : dans la région de Hébron par exemple, une route barrière comme celles qui quadrillent la région de Kalkilyia va joindre les petites colonies qui se trouvent alignées sur un trajet est-ouest au sud de Hébron. Elle isolera totalement l’extrême sud de la Cisjordanie, coincé entre la route et le mur de séparation avec Israël. La dispersion de ce type de petites colonies n’est pas le fait du hasard : elles sont placées à des endroits où elles permettent de contrôler le terrain.

-  Il y aura d’autre part huit centres de population palestinienne, sans continuité territoriale, reliés par un ensemble de routes secondaires et de tunnels (il en existe déjà dix-huit en Cisjordanie, dont cinq dans la région de Hébron), entièrement contrôlé par les israéliens grâce à des murs, des portes dans les murs, des “terminaux” et des chekpoints. On pourra toujours appeler ça “Etat palestinien”.

Le mur : pourquoi le mur ?

Dans les arguments du pouvoir israélien pour légitimer la “barrière de séparation”, il y a différents niveaux de crédibilité. Que le mur ne soit pas construit pour des raisons de sécurité est une évidence : celui ou celle qui veut vraiment passer au péril de sa vie peut le faire (en Cisjordanie du moins. Dans la bande de Gaza - 30 X 10 km - il en va autrement). Que le tracé soit étudié pour accaparer le maximum de terre palestinienne est manifeste sur n’importe quelle carte - preuve a contrario : les Israéliens n’en publient aucune. En revanche, le rôle du mur pour concrétiser le programme de la “gauche” israélienne - “Eux chez eux et nous chez nous” - peut paraître un argument convaincant. Or, c’est un leurre total. Il ne faut pas penser “mur”, il faut penser un ensemble [mur + colonies + routes interdites + zones militaires fermées + chekpoints] si bien que de l’autre côté, il n’y a pas, il ne peut pas y avoir de “chez eux”. Naplouse et Hébron sont à distance du mur, ce qui ne les empêche pas d’être parfaitement cernées et contrôlées.
Un programme “Eux chez eux” impliquerait de démanteler toutes les colonies. “Annexer les blocs de colonies les plus proches d’Israël”, c’est annexer l’essentiel de la Cisjordanie et rendre le reste invivable. Or, quand on voit les blocs impressionnants de ces colonies dont beaucoup sont de véritables villes, les infrastructures qui les entourent, la systématisation de leurs emplacements, il est difficile de penser que les israéliens les abandonneront un jour de leur plein gré. Le pouvoir israélien actuel a “renoncé au Grand Israël” : à un but irréalisable il a substitué un objectif qui porte un nom différent mais qui revient au même - avec l’avantage d’être plus facilement accepté par “l’opinion internationale”.
 Le mot de mur est trompeur, on l’a vu. Le mot d’occupation l’est également. C’est annexion qu’il faut dire.  

L’avenir...

“Ma plus grande surprise a été de voir que l’idée d’Etat unique sur le territoire de la Palestine historique est désormais une quasi-évidence. Parmi les dizaines de gens de milieux différents à qui j’ai parlé, la plupart ont fait leur deuil d’un Etat palestinien ou, pour le dire autrement, ils ne veulent plus entendre parler de simulacres - tables de négociations, processus de paix, calendriers de redéploiement, phases I, II et III. L’Etat qu’on finira un jour par leur proposer sera, ils le savent, dessiné par une armée d’occupation dont ils connaissent toutes les capacités dans le domaine du faux-semblant.
D’un autre côté, la perspective d’habiter le même pays que les Israéliens ne leur paraît nullement extravagante. “Nous pouvons très bien vivre avec les juifs, nous l’avons toujours fait” ; “nous n’avons rien contre les juifs en tant que juifs” : ces phrases, je les ai souvent entendues, y compris parmi ceux qui avaient eu à souffrir personnellement de l’occupation.
(...) Ce n’est pas la haine qui domine en Palestine, c’est plutôt un immense et naïf étonnement - qu’avons-nous fait pour qu’on nous traite de cette façon, comment pareille injustice peut-elle durer depuis si longtemps, pourquoi le monde entier refuse-t-il de nous aider ?”


“Notes sur l’occupation” - 128 pages - 7 euros - ISBN : 2-913372-57-0 - Paru en oct. 2006




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