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Nous allons résister.
samedi 12 mai 2007, par Roger Dubien


Cette fois on y est. La droite extrême a pris le manche. Ça ne fait pas tout, évidemment, parce que depuis dimanche soir la vie continue. Mais ça compte. Nous sommes entrés dans une nouvelle période, dont nous devrons prendre la mesure.

Résister.
Sarkozy et les forces qui ont réussi à le placer à la présidence de la France sont dangereux pour la société. Les coups vont tomber. Nous devrons être plus solidaires, défendre - c’est à dire d’abord faire vivre - les droits fondamentaux, la culture, les libertés, la démocratie. Oui, il y aura des résistances, même si ce ne sera probablement pas “plus facile de mobiliser”. Qu’au moins cela nous oblige à faire plus de vraie politique ! Et la question que nous devons nous poser, c’est : comment résister efficacement ?

Comprendre ce qui arrive...
Comment se fait-il qu’une société française pleine de possibilités, d’alternatives et de projets solidaires, installe ou laisse s’installer à sa tête la droite extrême ?
Un chef choisi par Neuilly à 87% ( !), qui ose parler de la “valeur travail” et fêter son élection dans un palace parisien ( !) avant de partir en vacances en jet Falcon 900 à Malte sur le yacht de 3,5 millions de dollars d’un de ses amis milliardaires ( !) ? Le Fouquet’s et cie, ce n’est pas une erreur, c’est un message. Aux riches, pour leur dire : “maintenant tout est possible”. Et aux autres pour asséner : “il n’y aura plus de limite”. Le cynisme et l’arrogance des milliardaires, ça fait partie de la pédagogie de la domination.
Est-ce que la société va accepter longtemps ? Sans même parler des 17 millions de personnes qui se sont opposées à Sarkozy, tous ceux qui ont voté pour lui ne sont sans doute pas prêts à accepter n’importe quoi. Mais trop de gens, et pas seulement les plus riches, marchent dans cette descente vers une société ultralibérale et sécuritaire. Accumulation de problèmes non résolus, dégradation des liens, montée des peurs, des égoïsmes, pertes de repères... des gens basculent du côté de l’ordre, cherchent un chef, se soumettent, obéissent, pensent qu’ils auront leur part.
La victoire de Sarkozy est la traduction d’une défaite des idées, dans la bataille féroce menée depuis 25 ans pour détruire dans les têtes et dans les coeurs les valeurs de liberté, de justice, d’égalité, de solidarité. Une victoire idéologique de l’extrême droite, qui ne s’y est pas trompée : plus du tiers des électeurs de Le Pen avaient déjà voté Sarkozy au 1er tour, les 3/4 des autres l’ont fait au 2ème...
Et la droitisation de la société ne touche pas que la France : elle participe d’un durcissement des sociétés occidentales, à l’intérieur et face au reste du monde. Dans la nouvelle phase de profits et de pillage qu’on appelle néolibéralisme ou mondialisation capitaliste, tout ce qui est démocratique, social, collectif, de service public, est attaqué. Un ultra-capitalisme, l’extension du capitalisme à toute la planète et à tous les domaines de la vie. Et pour imposer ça, une dérive sécuritaire, policière, guerrière, fascisante.
Mais nous, à gauche, qu’est-ce qu’on y oppose ? La gauche est battue parce que ses idées et sa façon de faire de la politique ne sont pas à la hauteur de la situation.

Besoin d’une refondation idéologique.
La gauche institutionnelle mène un combat quasiment réduit à la lutte pour le pouvoir. Cela ne suffit pas pour transformer la société, et ça ne fait pas le poids face aux forces capitalistes qui - elles - remodèlent jour après jour la réalité.
Avec l’essoufflement de la social démocratie européenne puis sa dérive vers le social-libéralisme genre blairisme, et avec l’effondrement du communisme à l’Est et son remplacement par un capitalisme sauvage, c’est l’idée même qu’une autre forme d’organisation sociale est possible qui a été décrédibilisée. Et trop peu retravaillée. C’est pourquoi on est au milieu d’un champ de ruines et rien de sérieux n’arrête les bulldozers de la contre révolution conservatrice. Le capitalisme apparaît à trop de monde comme un horizon indépassable. Toutes les résistances en sont affaiblies à la racine.
Sarkozy peut faire croire à des millions de personnes qu’il va créer des emplois grâce aux heures supplémentaires ou en supprimant les impôts sur les plus riches ! Et se multiplient les pressions à “moderniser” la gauche et le PS en abandonnant les dernières réticences vis à vis du néolibéralisme !
Ceux qui refusent de se résigner au monde tel qu’il est se sentent mal outillés. Il faut se remettre au travail, et démonter le capitalisme. Comment se fait-il que l’on en parle si peu (ou alors seulement de façon incantatoire) alors qu’on baigne dedans ? Oui ou non voulons-nous en sortir, et quels chemins essayons-nous pour le faire ? C’est vrai qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une théorie pour s’engager, mais ça aide de pouvoir esquisser une carte du territoire si l’on veut aller quelque part. On sait l’impasse de ce type de croissance, mais on continue à le nourrir. Que fait-on pour expérimenter d’autres types de développement, qui s’appuient sur les droits humains fondamentaux ?

Besoin d’un renouvellement politique.
La politique, donc, cela ne peut pas se limiter à la lutte dans la sphère du pouvoir. Et c’est ça la limite des partis politiques de gauche : ils se sont moulés dans le système politique actuel et sont devenus surtout des machines électorales.
Dans ce domaine, le PS a du métier et des moyens. Il domine largement, et aux élections il apparaît maintenant comme le seul recours crédible, “le vote utile”. Le PCF, les Verts et d’autres sont des satellites, dont la démarche est au fond la même, avec quelques nuances dans le discours.
Les yeux rivés sur le baromètre électoral, les partis politiques ont renoncé à mener un combat culturel et politique en profondeur dans la société, croyant même pouvoir faire des voix en collant à des thèmes imposées par la droite extrême, comme sur la sécurité, ou sur la politique internationale où se mesure l’ampleur de la défaite.
L’extrême gauche (LCR etc...) est au fond de même nature. Plus de radicalité dans les paroles, mais une radicalité délégataire et impuissante. Votez pour eux ils feront la révolution quand ils auront pris le pouvoir après avoir construit un parti fort... Ça fait quelques voix aux élections (grâce aux médias !), mais quel poids pour nos vies, sur le terrain, au quotidien ?
Cette réduction de la politique à la lutte pour le pouvoir explique la concurrence permanente entre les boutiques, dont on a eu un nouvel épisode avec le mauvais feuilleton autour d’une “candidature commune de la gauche anti-libérale” à l’élection présidentielle, et le sabotage de ce qui pouvait être une candidature large de la société civile, celle de José Bové.
C’est pourquoi la priorité n’est probablement pas de faire un nouveau parti politique, une organisation fonctionnant encore selon le schéma de la lutte pour le pouvoir. Et il n’y a rien à espérer d’un regroupement d’ailleurs impossible des appareils et morceaux de partis de la “gauche antilibérale”. On ne changera pas la société avec des organisations - même ayant un langage radical - qui fonctionnent sur le schéma de la lutte pour le pouvoir.

Nous avons besoin d’une politique qui soit travail multiforme et quotidien dans toute l’épaisseur de la société. Nous avons besoin d’une gauche qui soit engagement citoyen dans tous les chantiers de la transformation sociale. Pas seulement avec des discours et pas seulement au moment des élections. Les choses et les habitudes étant ce qu’elles sont, les organisations consacrées à la lutte pour le pouvoir et à l’exercice du pouvoir) ne vont pas disparaître (en tous cas pas le PS), même si des recompositions sont probables. Mais nous, où devons nous porter nos efforts ?
La gauche ne se réduit pas aux partis politiques. La priorité n’est-elle pas de contribuer à construire un mouvement multiforme de la société civile, de mener le débat des idées, de créer des formes alternatives viables, économiques et démocratiques ? Résister au capitalisme, c’est s’y opposer, mais la meilleure façon de le faire n’est-elle pas de créer d’autres réalités, porteuses d’un autre type de développement ? N’est-ce pas cela la deuxième dimension du renouvellement de la politique de gauche ? Si résister c’est créer, il s’agit de créer des réalités alternatives. De faire vivre nos idées et nos valeurs. De contribuer à développer la vie dans toutes ses dimensions, face au capitalisme qui veut tout réduire à la marchandise.

La gauche altermondialiste : l’anticapitalisme, le non-capitalisme d’aujourd’hui ?
C’est en tous cas de ce côté là qu’est apparu quelque chose de neuf depuis une douzaine d’années. “Un autre monde est possible” : refus de la marchandisation du monde et du vivant, affirmation de droits fondamentaux, solidarité internationale, démocratie participative, souveraineté alimentaire...
L’altermondialisme, qu’est-ce que c’est ? C’est “un courant (...) capable de construire des réponses qui s’ancrent dans les réalités immédiates, qui refuse radicalement le néolibéralisme, en tant que la plus récente des phases du capitalisme, et qui s’attache à tirer les leçons des échecs du social-libéralisme, du keynésianisme fordiste et du soviétisme” écrit Gus Massiah. (voir : Les enjeux de l’élection à l’ombre de la montée de la droite)

“L’alternative altermondialiste propose une orientation stratégique : substituer à la régulation de chaque société et du monde par le marché mondial des capitaux, une régulation fondée par l’accès aux droits fondamentaux pour tous dans chaque société et dans le monde. Cette orientation se retrouve dans toutes les luttes, dans les résistances, les mobilisations et les propositions. Elle a permis de mettre sur la défensive les fondements des politiques néo-libérales, les plans d’ajustement structurel, et de mettre en avant la nécessité de la redistribution et de la régulation publique dans le débat international. C’est cette orientation qui est la critique la plus forte du type de croissance que nous refusons et la recherche d’autres types de développement.

Cette orientation fonde aujourd’hui les bases des alliances sociales et citoyennes entres les syndicats, les organisations paysannes, les associations écologistes, de consommateurs, féministes, de jeunesse, de défense des droits humains et de solidarité internationale. Elle sert de base pour construire l’alliance plus large avec les collectivités locales et de larges secteurs des entreprises de l’économie sociale et solidaire. Elle peut ouvrir, dans certaines situations, à des ouvertures vers des entreprises locales et même vers des entreprises nationales, notamment publiques

(...) L’alternative altermondialiste consiste à lier fortement les dimensions sociales, écologistes, démocratiques et solidaires.”

Au fond, l’altermondialisme, c’est du non capitalisme, de l’anticapitalisme en actes aujourd’hui, non ?

Le mouvement altermondialiste est multiforme et créatif. Problème cependant : on a parfois l’impression qu’il patine, en tous cas en France. Et le résultat de José Bové à l’élection présidentielle est une indication de cette difficulté. Les raisons de ce résultat sont multiples évidemment. L’une d’elle est sans doute que cette candidature est venue heurter le découpage profondément intégré même par celles et ceux qui se reconnaissent dans l’altermondialisme : lors des élections, on passe la main aux partis, c’est le domaine de la représentation et de la délégation et c’est leur job. L’idée qu’il faille investir aussi les institutions, les lieux de pouvoir est loin d’être consensuelle. Elle est plus partagée en Amérique latine qu’en France !
Un autre raison est que la candidature de José Bové, dont on peut penser quand même qu’elle s’imposait pour qui avait comme objectif de donner de la force à la résistance au néolibéralisme à l’occasion de la présidentielle, a été combattue et étouffée par les appareils politiques de la “gauche antilibérale”. José Bové avait la sympathie de millions de personnes, et pouvait porter à l’élection une vaste alliance. Au lieu de s’appuyer sur ces potentiels, l’affaire s’est perdue dans des tuyauteries d’appareils dont il ne pouvait rien sortir. Et après, c’était bien tard.
L’altermondialisme souffre en France d’être coaché par des appareils politiques qui cherchent à en pomper la vie pour prolonger leur vieille manière de faire de la politique : la lutte pour le pouvoir et les schémas de société clés en mains. Jusqu’à quand ?

La construction de mouvements “citoyens”
Dans des formes diverses, ils sont au fond une composante du mouvement altermondialiste. Mais ils ont du mal eux aussi et sont très éparpillés...
Depuis 3-4 ans nous avons expérimenté par exemple l’utilité d’un mouvement comme les Réseaux citoyens de St-Etienne à travers des initiatives dans plusieurs "chantiers". Nous avons fait des choses très intéressantes et prometteuses... Mais ça ne va pas de soi. Une chose est de réussir des initiatives chantier par chantier, autre chose est de réussir à mettre en relation ces différents chantiers. Le commun est dans la démarche, lorsque l’on veut réunir ces forces c’est une autre affaire.

Autre dimension du problème : comment faire en sorte que la richesse des initiatives de la société civile, la multiplicité des résistances et des constructions nouvelles, aient une traduction dans les institutions, dans les lieux de pouvoir, dans les politiques publiques ? Sans doute en continuant à construire la puissance de la société civile, et en se disant que chacun sera bien obligé d’en tenir compte, mais ce n’est pas évident....
Et nous constatons même qu’à chaque fois qu’approche une élection, les comportements de délégation et d’attente pèsent de plus en plus lourd, l’espace se réduit et les initiatives citoyennes deviennent plus difficiles. Chute de tension. Tout le monde devant la télé et les sondages. Les échéances électorales aspirent et neutralisent les énergies, elles tirent chacun vers un comportement de spectateur, d’attente, d’impuissance.

Est-ce que cela pourrait être différent si les “mouvements citoyens” “présentaient des candidats” aux élections, puisque les partis portent si mal ce qui se fait dans la société ? Il serait bien que des militants portant cette démarche citoyenne accèdent aussi aux institutions et lieux de pouvoir qu’ils aideraient à révolutionner...
Mais pour des élections “nationales” se pose un problème de “crédibilité”, car c’est le PS qui est la force de recours pour des millions de gens, même ceux qui ne soutiennent pas sa politique. On vient de le voir avec les votes que nous avons faits (participants aux réseaux citoyens de st-étienne) au 1er tour de cette présidentielle. Et les façons différentes de considérer la candidature de José Bové, qui se voulait pourtant citoyenne et aux côtés de qui nous avons décidé de nous engager.
Par contre des élections municipales sont sûrement plus favorables actuellement pour faire vivre une démarche citoyenne jusque dans une institution. Soit de façon totalement autonome soit en étant partie prenante d’une alliance plus large réunissant des mouvements citoyens, associatifs, culturels, des partis politiques, des syndicats...

Nous avons besoin de réfléchir aux rapports, à l’articulation, aux alliances possibles entre les composantes du mouvement altermondialiste (qu’elles s’en estiment partie prenante ou non), et entre ces composantes et les partis politiques (qui sont là et vivent du système représentatif délégataire, se consacrent à la lutte pour le pouvoir, ne font pas le poids face au néolibéralisme, sont quand même un enjeu que les forces capitalistes cherchent à contrôler au maximum...).
L’essentiel du travail restant évidemment celui pour développer tous les engagements citoyens, la résistance et la transformation au quotidien de la société.

Car de toutes façons, ce qui est vital c’est de contribuer à ce que le peuple se réapproprie le fonctionnement de la société. Et puisque les attaques contre la démocratie seront au centre de la période qui vient, la résistance ne devrait-elle pas porter beaucoup sur l’invention de nouvelles formes démocratiques permettant la prise en main citoyenne de la société (développement d’une multitude de pratiques participatives, dans tous les domaines, y compris d’un nouveau pan d’institutions participatives) ?
Travaillons à l’émergence d’une insurrection citoyenne, démocratique, dont on ne sait pas les formes qu’elle prendra ni son moment ni son rythme. Si la France est capable d’accoucher de Sarkozy, nous savons qu’elle est aussi porteuse d’autres possibles ! Et nous avons tant d’ami-e-s dans le monde entier ! A nous d’écrire la suite...

Roger Dubien

Ce texte est pour discuter

 Une réunion des Réseaux citoyens pour discuter de la situation et de notre action dans la prochaine période aura lieu dimanche 20 mai à partir de 10h, à l’Amicale Laïque de Beaubrun. Les ami-e-s qui souhaitent y participer y sont cordialement invité-e-s.




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