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LIRE HERVÉ KEMPF...
Comment les riches détruisent la planète
vendredi 28 septembre 2007, par Roger Dubien


Journaliste, Hervé Kempf est chargé des questions d’écologie au journal Le Monde depuis longtemps. Après “La guerre secrète des OGM” (2003 - réédition actualisée en 2007), ce livre “Comment les riches détruisent la planète”, paru en 2007 aussi connaît un très grand succès parce qu’il pose de façon simple et argumentée les questions qui préoccupent des millions de personnes, et surtout propose des pistes pour la période qui vient...
Hervé Kempf présentait son livre ce samedi 22 septembre à Lyon, à la librairie libertaire La Gryffe à Lyon... Le texte ci-dessous vient de notes prises lors de cette rencontre, et en partie, d’autres interventions récentes de H. Kempf. Il voudrait juste donner envie de lire ce livre...

Voici une interview très intéressante :

-  Hervé Kempf et Daniel Mermet à Là-bas si j’y suis du 6 mars 2007

Voir aussi :

-  le site web Reporterre - consommer moins, répartir mieux

-  et une rencontre à Radio-Canada

Pourquoi ce livre ?
Hervé Kempf estime que le point dominant de la période actuelle est la crise écologique qui atteint un degré de gravité sans précédent, et une dimension historique pour l’espèce humaine. Celle-ci rencontre pour la première fois les limites de la biosphère.
Cette crise écologique est globale, elle comporte plusieurs volets, qui sont liés. Le changement climatique n’en est qu’un aspect...

1 - le changement climatique. C’est maintenant une évidence. Mais depuis quelques années monte chez les scientifiques l’inquiétude d’une accélération possible de ce changement climatique, qui deviendrait irréversible. Il est possible qu’existe un seuil d’irréversibilité et qu’au-delà, les choses deviennent chaotiques.

2 - une crise de la biodiversité. Elle est d’importance comparable au changement climatique. On parle de la 6ème crise d’extinction des espèces, la 5ème étant celle qui vit la disparition des dinosaures.

3 - une pollution chimique généralisée, notamment de l’ensemble du système océanique. Dans le sang de chacun aujourd’hui, on peut détecter des contaminants chimiques...

Tout cela, on le sait maintenant. Depuis les années 1970, les problèmes sont mis de plus en plus clairement sur la table. Alors Hervé Kempf pose la question : pourquoi, puisqu’on sait tout cela, nos sociétés ne bougent-elles pas véritablement ? Sa thèse c’est que  cela a à voir fondamentalement avec la structuration des rapports sociaux et des rapports de pouvoir dans notre société. Il existe dans la société planétaire une oligarchie qui possède les principaux leviers de pouvoirs et qui bloque.  

Et Hervé Kempf revient alors sur quelque chose qui est moins nouveau : la crise sociale, les rapports d’inégalité. C’est moins nouveau, mais on vit une phase du capitalisme où cette crise sociale est réactivée, et prend de nouveaux traits :
-  re-augmentation de la pauvreté dans les pays riches.
-  sur l’ensemble de la planète, les rapports Nord-Sud vont dans le sens d’une aggravation de la pauvreté (cas mis à part de la Chine et de l’Inde), et avec une augmentation des inégalités extrêmement importante.
On vit dans une phase particulière du capitalisme qui n’est pas assez connue. Kempf cite une étude américaine montrant par exemple que le rapport entre le salaire moyen des 3 grands patrons de chaque grand groupe et le salaire moyen des salariés de ces groupes est resté stable à 20-30/1 des années 1940 à 1980, puis s’est envolé pour atteindre maintenant 150 à 200/1.
En gros, de 1940 à 1980, on a eu quand même autour des “30 glorieuses” une sorte de “capitalisme social”, avec des inégalités évidemment, mais où le rapport de forces faisait que les augmentations de productivité étaient d’une certaine façon réparties. A partir des années 1980, changement fondamental : constitution d’une oligarchie. Voir la liste des amis de Sarkozy par exemple...
Cette oligarchie prédatrice accapare comme jamais.
Une oligarchie que Kempf fait commencer à 8 à 10 000 euros de revenu mensuel.

Alors, quel est le lien entre cette oligarchie, ce changement dans le système capitaliste, et la crise écologique ? Kempf appelle à redécouvrir un économiste US de la fin du 19ème siècle Thorstein Veblen, qui a vécu dans une époque qui comporte certaines ressemblances avec la période actuelle du point de vue de l’enrichissement d’une frange. Pour Veblen, il existe dans la nature humaine une tendance inhérente à marquer sa différenciation, et selon lui l’accumulation de richesses ne vise pas à satisfaire les besoins mais va bien au-delà de ces besoins pour alimenter ce besoin de manifester le statut de chacun...
Pour Veblen, le besoin est stimulé par le jeu social. A la différence de l’économie marxiste ou libérale (Ricardo) qui raisonnaient dans l’idée que les besoins sont illimités et la production toujours insuffisante...
Et s’il existe plusieurs classes dans les sociétés, chacune est régie par cette recherche de la distinction et c’est la classe supérieure , la classe d’en haut, qui fournit le modèle, donne la norme du savoir vivre (exemple : passer ses vacances sur un yatch, avoir une grosse bagnole etc...). Voir les magazines... Cette oligarchie prédatrice - 8 à 9 millions de millionnaires sur la planète - consomme et gaspille beaucoup, mais surtout répand un modèle culturel de surconsommation et de gaspillage.

Mais comment cette oligarchie parvient-elle à bloquer ? Par l’exercice du pouvoir, avec tous ses leviers politiques, économiques, médiatiques. Et aussi par le modèle de consommation diffusé de haut en bas de la société.

Comment combattre la crise écologique ? Dans le principe, c’est très simple : il faut diminuer l’impact de la vie humaine sur la biosphère.
Comment ? En diminuant la consommation matérielle, le prélèvement de matière ou la transformation des écosystèmes. Mais ce n’est pas seulement celle des hyper-riches qu’il faut diminuer. C’est l’ensemble des membres des classes moyennes des pays développés qui doivent se poser la question de diminuer leur consommation matérielle. C’est à dire entre 500 millions et 1 milliard d’hommes.
Mais on ne pourra pas faire accepter ça si l’oligarchie ne change pas. Il faut donc remettre en cause l’inégalité qui préside à l’organisation de la société, et l’oligarchie. Cela passe par l’augmentation des impôts, l’établissement d’un revenu maximum, la réduction de la consommation matérielle, et même la sobriété, toutes choses qui sont aujourd’hui devenues des gros mots. Ce serait aussi ouvrir la voie à d’autres besoins sociaux (éducation etc...), à une autre agriculture, à d’autres transports...

Dans la discussion à la Librairie La Gryffe à Lyon (80 personnes présentes), et dans les interviews citées, Kempf a précisé plusieurs points...

-  “La croissance” est à remettre en cause...
Le problème, c’est que “consommer est devenu un acte d’intégration sociale” constatait une jeune femme de Vénissieux, et dans les milieux populaires aussi ! Voir l’attrait pour les marques etc... Même si c’est hors de prix. Et en plus on nous fait de la consommation un acte citoyen avec le fameux raisonnement : augmentation de la demande => croissance économique => emploi !
Pour Kempf, c’est une autre façon de dire ce que dit Veblen. Il faut sortir de ce cadre là. Décroissance ? Il est d’accord sur “décroissance de la consommation matérielle”. Sinon, il préfère ne pas utiliser la notion de “décroissance”. A moins de préciser “décroissance de la consommation matérielle”.
La croissance est un outil idéologique, elle ne répond plus aux problèmes d’inégalités et d’emploi, elle a un impact écologique lourd.

Il faut donc mettre en cause le mythe de la croissance. Et l’enjeu, le problème, c’est la croissance matérielle, la croissance de la consommation de biens matériels, parce que c’est ça qui fait la crise écologique.
Le mythe de la croissance a pour l’oligarchie une fonction idéologique : il permet de ne pas changer le système social. L’argument est : la croissance crée de l’emploi, et réduit la pauvreté. Mais depuis 15 ans, ça ne fonctionne pas comme ça. Parce que c’est une croissance très axée sur le développement de l’industrialisation.

-  Ecologie et néocolonialisme...
Mais est-ce que les pays du Sud n’ont pas droit eux aussi au même “développement” que nous avons eu ? Là, il faut regarder les choses en face : 20% à 30% des humains consomment aujourd’hui 80% des ressources ? La responsabilité écologique de ce qui se passe en Chine, en Inde, ou en Afrique du sud-est est donc très inférieure au problème chez nous !
Et en plus, le modèle culturel fonctionne de chez nous vers le reste du monde : mondialisation culturelle, le mimétisme vébelien fonctionne à l’échelle mondiale, on diffuse le modèle culturel dominant. Tout le monde n’a donc pas les mêmes efforts à faire pour réorienter.
Dans le monde, 2 milliards d’êtres humains vivent avec moins de 2 dollars par jour. Les 3/4 sont des paysans, l’autre quart sont des d’anciens paysans qui ont rejoint les bidonvilles.
Il faut créer des emplois dans l’agriculture sur la terre !

-  Que se passe-t-il au Brésil, que fait Lula ?
Il faut avoir en tête l’itinéraire de Lula : c’est un leader ouvrier, il fait donc une “politique sociale” (alphabétisation, lutte contre la faim), mais il est dans un compromis politique avec l’oligarchie brésilienne, et notamment avec le secteur agro-industriel. Et il n’est pas de culture écologique. Il gère un compromis politique. Il n’y a pas accélération de la destruction de la forêt amazonienne : c’était déjà cette politique-là avant. Mais le problème est que, pour se libérer du FMI, il rembourse la dette du Brésil avec le soja OGM de l’Amazonie...

-  La situation de l’Inde et de la Chine ?
Hervé Kempf estime qu’il existe dans ces deux pays une préoccupation écologique qui arrive vite, avec une prise de conscience politique. Surtout que cela s’articule à la question paysanne : le développement du capitalisme chinois par exemple se fait au détriment des classes paysannes...
En Inde, il y a une pression à l’exode rural vers l’industrie, pour développer l’industrie. Mais 500 millions de paysans ne pourront pas être employés, et iront donc se concentrer dans les bidonvilles...
Les deux mouvements vont ensemble : diminution du nombre de paysans, augmentation du nombre de gens dans les bidonvilles. (Cf le livre de Mike Davis “le pire des mondes possibles”).

-  Attention : le capitalisme n’a plus besoin de la démocratie
Et il y a là un danger. D’autant que comme les deux crises (sociale et écologique) vont s’aggraver, il peut y avoir une réponse sécuritaire du système. Pour l’oligarchie, c’est très ennuyeux la démocratie. Voir la politique de Sarkozy...L’oligarchie milite donc pour un abâtardissement progressif de la démocratie. Il n’y a qu’à voir le nombre de lois antiterroristes et anti-délinquance passées depuis 2001 (le 11 septembre a été pour cela une aubaine, un coup d’accélérateur, mais à une tendance qui existait déjà). Voir la progression des taux d’incarcération dans tous les pays développés. 2 millions de prisonniers aux USA, multiplication des caméras vidéos, extension des fichages, biométrie, RFID ...
La pensée libérale s’est développée depuis 2 siècles avec l’idée que la démocratie allait de pair avec le marché (libertés publiques, politiques, économiques). Et le capitalisme s’est développé aussi en opposition avec un challenger : l’URSS, et ceci obligeait le “monde libre” à montrer autre chose. Aujourd’hui, il n’y a plus cette pression. L’oligarchie se sent menacée et sa seule ambition est de conserver ses privilèges. Elle regarde la Chine avec envie : développement effréné du capitalisme, et régime très autoritaire.

Qu’est-ce qu’on fait ? c’est la question centrale. Ne plus séparer la question de l’écologie et la question sociale !

-  On est dans l’urgence : il faut changer le cap, dans les 10-15 ans, de sociétés qui sont de lourds paquebots. C’est maintenant qu’il faut dire non ! On parle souvent d’époques historiques précédentes (collaboration, génocide...) en se demandant comment nos aînés ont pu se comporter ainsi, mais on ne se pose pas la question de la moralité de nos actions actuelles dans le domaine écologique : notre génération détruit la biosphère et son environnement. On a une responsabilité morale.
Les jeunes du Niger (pays parmi les plus pauvres, qui a avec Gaza la forte croissance démographique) émigrent parce qu’ils ne peuvent plus rester à la charge de leurs parents. C’est notre responsabilité forte (voir ce qui se passe avec les sans-papiers, les migrations...). On fait des choses d’une gravité incommensurable.

-  Il va falloir un mouvement social qui prenne en mains ensemble la crise écologique et la crise sociale. Ça va partir d’en bas. Mais si ce mouvement prenait de la force, il faudrait qu’il ait des relais en haut, qu’une part de l’oligarchie prenne conscience de ça et se divise et fasse alliance avec la société. Parce que les systèmes de pouvoirs sont tellement forts et perfectionnés actuellement que si on ne parvient pas à décrocher une partie de l’oligarchie, on risque d’échouer.
Pour amorcer ce changement de cap, plusieurs choses sont importantes :
- avoir un bon diagnostic, faire un travail d’intelligence collective de cette situation. Mouvement qui est en cours...
- dépasser les clivages idéologiques entre les communautés. Chercher à être ensemble et à surmonter les barrières.
- le succès du capitalisme, ce n’est pas seulement la mondialisation financière et culturelle : depuis 30 ans, le capitalisme a réussi à faire croire aux gens que c’était chacun qui était maître de son destin. “sois seul aussi dans ta consommation”. Il faut sortir de l’individualisme dont on est imprégné, retrouver du collectif.
Et donc réfléchir à d’autres formes économiques : on peut imaginer un autre monde ! Et sortir du capitalisme, chercher d’autres modes économiques pour sortir du capitalisme. (voir les mutuelles, les coopératives, des formes inventées déjà à la fin du XIXème...). Il faut “refaire communauté”, sortir de l’idéologie individualiste, remettre en avant les valeurs de communauté, de solidarité, de coopération... qui sont aujourd’hui des gros mots.

-  appel à responsabilité et à refaire communauté
C’est envisageable ça, ou bien c’est du rêve ? Est-ce que l’égoïsme n’est pas un invariant de la “nature humaine” ? Les pauvres aussi n’aspirent-ils pas qu’à devenir riches (cf la climatisation dans les voitures etc...).
A Lyon, H. Kempf a contesté cette façon de voir. Et renvoyé par exemple à Kropotkine et à son texte de scientifique : “L’entraide, un facteur de l’évolution”. Kropotkine, qui au moment où le darwinisme dérivait en darwinisme social, a montré l’avantage de l’entraide dans la nature, des comportements de symbiose, de coopération, entre plantes, et animaux. Voir aussi ce que dit Pelt...
Sans trancher la question de la nature humaine, on ne peut pas dire que l’homme soit fondamentalement égoïste. La société, c’est justement des mécanismes de travail ensemble...

On est dans une séquence historique nouvelle. Il faut freiner avant de changer de direction. Comment ça va se passer ? Dans le chaos social, ou bien aura-t-on une adaptation collective à ce qui va se passer ? En pensant à ceux qui arrivent.
En Occident, la génération des 45-60 ans est plutôt riche (Cf le sociologue Louis Chauvel : elle a connu études, bons boulots, et patrimoine). Si elle ne bouge pas, les jeunes pourraient bien lui mettre le marché dans les mains : Changez ! Ou bien on va vous laisser avec votre alzheimer, dans les maisons de retraite.

-  La question de l’échelon politique et de l’efficacité politique des luttes
Important ou pas ? Est-ce que le plus important n’est pas de se concentrer sur la construction de formes alternatives en laissant de côté la question de décisions politiques plus globales ? Les choses étant ce qu’elles sont, quelle légitimité accorder au politique ? Faut-il décider d’agir uniquement localement pour se réapproprier du pouvoir ?
Kempf n’est pas de cet avis : l’échelon politique lui paraît rester très important, notamment si l’on prend en compte le danger pour la démocratie. Etant entendu que rien ne se passera si un mouvement social ne prend pas de l’ampleur. Et que c’est indispensable, le développement de formes nouvelles, dans la vie quotidienne...
Mais quand même, il faut accorder une très grande place à la lutte politique ! Car il existe un échelon politique qui est toujours là, le pouvoir politique est quelque chose de concret ! Développer des formes parallèles ne suffira pas pour peser sur le corps du système. Surtout compte tenu du caractère planétaire de la crise écologique (Ex : sur Kyoto et gaz à effet de serre : il faut trouver un dispositif, avec un système de contraintes...). la gestion planétaire d’un certain nombre de choses s’impose à nous. Cf aussi sur les paradis fiscaux : des instruments de pouvoir européens sont nécessaires là-dessus.
Evidemment, se pose ici la question de l’orientation du mastodonte politique qu’est le PS. Et de comment le faire bouger.

-  Reposer la question sociale
On ne peut plus séparer la question de l’écologie de la question sociale. Et le problème fondamental de la gauche, c’est qu’elle ne pose pas la question sociale.
Dans les pays développés, il faut que nous diminuions collectivement la consommation matérielle au bénéfice d’améliorations sociales. Baisser la consommation matérielle est compatible avec des politiques sociales. Faire ensemble : moins de voitures, plus de transports urbains, moins de spéculation foncière en centre ville , etc... L’étalement urbain par exemple est une catastrophe : un gâchis fantastique d’espace depuis 30 ans en France : +3% par an alors que la population elle-même n’augmente que de 1%. On a mangé des terres agricoles, fragmenté l’espace...




147 pages
Editeur : Seuil (4 janvier 2007)
ISBN-10 : 202089632X
ISBN-13 : 978-2020896320

Présentation de l’éditeur
Nous sommes à un moment de l’histoire qui pose un défi radicalement nouveau à l’espèce humaine : pour la première fois, son prodigieux dynamisme se heurte aux limites de la biosphère et met en danger son avenir. Vivre ce moment signifie que nous devons trouver collectivement les moyens d’orienter différemment cette énergie humaine et cette volonté de progrès. C’est un défi magnifique, mais redoutable. Or, une classe dirigeante prédatrice et cupide, gaspillant ses prébendes, mésusant du pouvoir, fait obstacle au changement de cap qui s’impose urgemment. Elle ne porte aucun projet, n’est animée d’aucun idéal, ne délivre aucune parole mobilisatrice. Après avoir triomphé du soviétisme, l’idéologie néolibérale ne sait plus que s’autocélébrer. Presque toutes les sphères de pouvoir et d’influence sont soumises à son pseudo-réalisme, qui prétend que toute alternative est impossible et que la seule voie imaginable est celle qui conduit à accroître toujours plus la richesse. Cette représentation du monde n’est pas seulement sinistre, elle est aveugle. Elle méconnaît la puissance explosive de l’injustice, sous-estime la gravité de l’empoisonnement de la biosphère, promeut l’abaissement des libertés publiques. Elle est indifférente à la dégradation des conditions de vie de la majorité des hommes et des femmes, consent à voir dilapider les chances de survie des générations futures. Pour l’auteur de ces pages incisives et bien informées, on ne résoudra pas la crise écologique sans s’attaquer à la crise sociale concomitante. Elles sont intimement liées. Ce sont aujourd’hui les riches qui menacent la planète.

Biographie de l’auteur
Hervé Kempf est un des journalistes d’environnement les plus réputés. Depuis près de vingt ans, il travaille à faire reconnaître l’écologie comme un secteur d’information à part entière, et a défriché nombre de dossiers sur le changement climatique, le nucléaire, la biodiversité ou les OGM. Après avoir fondé Reporterre, il a travaillé à Courrier international, à La Recherche, et maintenant au Monde.




> Comment les riches détruisent la planète
18 avril 2008

Une vidéo d’une intervention de Hervé Hempf (février 2008)

http://www.dailymotion.com/medietic/video/x4zujb_herve-kempf-constat-des-inegalites_news

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