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Je me fous de l’A.D.N.
vendredi 12 octobre 2007, par Mohamed Chouieb


Cela fait maintenant des mois qu’on nous rebat les oreilles avec ce truc de tests ADN qui n’est qu’une diversion concoctée par le pouvoir politique et reprise comme une un thème providentiel par les âmes charitables. Comme une tentative de jeter un voile pudique sur la nature des rapports que la France et l’Europe entretiennent avec les populations venues des pays du sud ainsi qu’avec leurs pays d’origine.

Sans se rendre compte qu’ils sont, encore une fois, en train de montrer du doigt, stigmatiser toutes les personnes d’origine africaine, car ce n’est que d’elles qu’il s’agit, vivant ou aspirant à vivre sur cette terre de France, terre à la prospérité de laquelle on leur a tellement pris et à laquelle ils ont tant donné.
Comme si les problèmes de la France ne venaient que des immigrés ! Mais de quoi parlerait-on en France s’il n’y avait pas l’immigration ? Qu’on fasse des tests ADN ! Où est le mal puisque la ligne à ne pas dépasser sous peine d’atteinte à la dignité des immigrés a déjà été franchie depuis belle lurette. Depuis toujours, pour résider en France, une fois que tout est en règle, une visite médicale à nos frais, bien sûr, est obligatoire. Visite au cours de laquelle on procède à un prélèvement sanguin destiné à je ne sais quoi, codage génétique, groupage, dépistage de maladies tropicales, vénériennes, sida ou autre... Qui est au courant de ces pratiques ? Personne, mises à part les victimes. Cela a été instauré comme ça, un beau jour, on a subi, accepté sans rien dire parce qu’on n’a ni le droit ni les moyens de dire.
Je me souviens de ma visite médicale dans les locaux de l’OMI (Office des migrations internationales), il y a exactement treize années de cela. Fuyant mon pays qui ne reconnaissait plus ses enfants, je suis arrivé avec ma famille en France après un séjour au Maroc d’où mes frères marocains nous expulsèrent, en notre qualité d’algériens, pour atteinte à la sécurité du royaume... mais, ça, c’est une autre histoire. Ainsi, nous nous sommes retrouvés, un matin de septembre, en France, terre natale de mon épouse. En ma qualité de conjoint de française, j’avais pu décrocher un visa à l’ambassade de France à Casablanca après moult tracasseries, tractations, paperasseries et la garantie d’hébergement chez mon beau-frère à Lyon. Car, rassurez-vous, même conjoint de française, on ne rentre pas en France comme dans un moulin.
Un mois après le dépôt de mon dossier de demande de résidence, je fus convoqué à l’OMI à Lyon, quelque part derrière la gare de Perrache, avec recommandation de me munir de la somme nécessaire pour payer la visite médicale, soit un peu plus de 900 francs à l’époque (appréciez les tarifs promotionnels...). Attente dans une salle parmi une dizaine d’autres personnes, bien sages, vaguement anxieuses, se demandant à quelle sauce elles allaient être mangées. Je me souviens aussi qu’il y avait un compatriote qui s’était mis à en rajouter, riant, parlant de sa Kabylie natale (c’est tellement mieux vu...), essayant de plaisanter, vaine tentative de faire reconnaître sa qualité d’être humain blanc et civilisé à l’infirmière à tête de cerbère qui nous manipulait.
Comme un automate qui n’en avait rien à cirer, j’ai passé sans mot dire la batterie d’examens que j’ai vite effacés de ma mémoire. Et cela, jusqu’au moment où l’infirmière est venue avec une seringue en me demandant si je craignais les piqûres. Là, j’ai fait l’erreur de répondre comme si je parlais à un être humain, sollicitant bêtement de sa part un instant de connivence : « non, je ne crains pas, j’ai l’habitude ». Et là, raidissement de l’infirmière qui resta un moment avec la seringue pointée vers moi : « ah ! vous avez l’habitude des piqûres ? ». En un instant, je réalisai l’ampleur de ma bévue et je m’empressai d’apporter les explications idoines : « vous savez, Madame, je viens d’Algérie et dans mon pays, quand on est grippé ou quand on a une angine et qu’on nous prescrit des antibiotiques, leur administration se fait toujours par voie intramusculaire. Comme j’ai trois enfants et vous savez, j’espère, ce que sont les enfants ..., j’ai dû, par la force des choses, apprendre à faire des injections lorsque les miens étaient malades. C’est pour cela que j’ai l’habitude des piqûres ».
Le doute était levé et on put me ponctionner la quantité de sang nécessaire pour que l’administration française puisse s’adonner aux pratiques ou vérifications qu’elle jugera nécessaires.

Qui a parlé de cet examen et de cette prise de sang ? Personne !
Pourquoi ce tapage pour un bout de salive ? Pour l’éthique, les principes, le machin, le truc, la civilisation ? Mais cela fait bien longtemps que les victimes ne font même plus attention à ça, qu’elles n’en sont plus là. Les africains, maghrébins compris, savent qu’ils ne sont pas les bienvenus, que l’Europe, le monde riche est fermé comme une huître, que les principes, démocratie, liberté , droits de ceci, droits de cela, qui sont brandis à la gueule de leurs pays, à leur gueule, ne sont que des brouillages destinés à les culpabiliser, les inférioriser, les infantiliser. Ce n’est pas la peine d’aller le leur dire à Dakar pour qu’ils le comprennent. Ils savent qu’Irak, Palestine, Birmanie, Afghanistan, Machinistan... ce ne sont pas des histoires de démocratie mais des affaires d’impérialisme et de gros sous.
Ils savent que leurs enfants même nés et grandi en France ne seront jamais considérés comme totalement français. Qu’ils auront à subir des contrôles d’identité comme ça, en pleine rue, au faciès, sans qu’il n’y ait quoi que ce soit à leur reprocher, encore heureux de ne pas subir ou de réussir à ne pas céder à certaines provocations du style je laisse tomber ta carte d’identité par terre et je te demande de la ramasser. Du style de celle qui est arrivée à mon fils à l’arrêt du tram à Bron, juste face à la résidence universitaire où il logeait : une voiture de police s’arrête, trois policiers en descendent et, au milieu d’une douzaine de personnes qui attendaient le tram, se dirigent vers lui et demandent, seulement à lui, ses papiers, tous ses papiers, carte d’identité française, carte d’étudiant, carte de transport, procèdent à sa fouille et puis repartent comme si de rien n’était, le laissant honteux et tremblant de peur au milieu des voyageurs.
Ils savent aussi que leurs enfants auront à subir le chômage, les discriminations dans l’accès à l’emploi, au logement, aux loisirs.
Mais ces gens viennent quand même, par la voie légale ou par d’autres moyens. Parce qu’ils savent que, de toutes les façons, ils pensent qu’ils seront mieux là que d’où ils viennent. Alors, une goutte de sang, un cheveu, un brin de salive, un bout d’oreille, une photo de la rétine, une empreinte digitale, des photos d’identité, une tonne de papiers, des années de démarches, ce n’est rien à côté d’une noyade en mer, une déshydratation en plein Sahara, une mort par inanition, une amputation par une machette ou par une bombe terroriste, une exécution par une milice à la solde d’un dictateur, une asphyxie dans un conteneur, une congélation dans un train d’atterrissage, un séjour en centre de détention, une expulsion honteuse. Votre histoire d’ADN : une coquetterie de riches. Et puis, qu’y a-t-il à redire puisque l’opinion approuve dans sa très grande majorité ?
Alors, de grâce ! la gauche, les démocrates, les charitables, les bien-pensants, ne vous trompez pas de cible ni de combat. L’écran de fumée immigration, que ce soit dans son volet caricatural et raciste (le bruit et l’odeur, le mouton égorgé dans la baignoire, la délinquance congénitale, la polygamie, la prolifération...), dans son volet faits divers ou dans son volet bien-pensant et charitable, ne doit pas occulter la réalité, le fait que ceux qui nous dirigent sont en train de façonner les choses à leur convenance : je m’enrichis sans vergogne, je distribue aux copains, j’écrase les plus faibles, je taille dans les acquis, je sabre la morale, je m’aligne sur l’Amérique et Israël, je joue les va-t-en-guerre...etc.
Le subterfuge est tellement efficace que même la gauche s’est mise à suivre, en boitant certes mais suivant quand même, les pistes tracées par la droite. Parce qu’elle est incapable d’en tracer elle-même mais aussi parce que d’une certaine manière, elle est d’accord sur le thème. Et d’enchères en surenchères, personne ne comprend plus qui est de droite et qui est de gauche.
Dans ce magma politique, l’immigration vous dit : « lâchez-moi les baskets ! quand vous voulez jouer entre vous, ne me mettez pas au milieu. »

Saint-Etienne, le 12 octobre 2007
Mohamed Chouieb




> Je me fous de l’A.D.N.
17 octobre 2007, par Christophe Gaudier

Cet été à Lomé je suis allé avec mon épouse rendre l’inévitable visite à celui que dans la famille nous appelons "Tonton Gbédo" au moment de partir, mon épouse lui demanda : "est-ce que je peux vous embrasser ? " Sa réponse fut :"bien sûr puisque tu as épousé mon fils".

Aucun test ADN ne mettra jamais en évidence aucune relation de filiation en Tonton Gbédo et moi ! Et franchement je n’ai pas besoin de ça pour savoir qu’il se conduit envers moi en oncle et en père et moi envers lui en neveu et en fils.

Christophe Gaudier

http://christophe.unblog.net

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