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Saint-Etienne : un budget démocratie zéro.
jeudi 20 décembre 2007, par Roger Dubien


Le conseil municipal de St-Etienne a voté le budget 2008 de la ville lors de sa réunion de ce mardi 18 décembre. Une simple formalité. Ce qui se raconte lors de cette réunion - comme d’ailleurs lors du débat sur les orientations budgétaires du conseil qui précède - n’a aucune influence sur les choix de dépenses et de recettes de la ville, c’est à dire sur les priorités d’action de la municipalité. On reçoit les documents 8 jours avant, tout est inscrit au centime près, il n’y a plus qu’à dire oui ou non, et le maire a une majorité pour dire oui. Merci, et à l’année prochaine.
Ça n’empêche pas bien sûr de dire un certain nombre de choses, et M. Thiollière n’a pas obtenu que des félicitations...
Ci-dessous, mon intervention à ce conseil, plus un petit mot, quand même, sur l’étonnant échange entre G. Lindeperg et M. Thiollière lors de ce conseil.

“Votre budget 2008 est dans la suite des précédents.

Sur la méthode de préparation du budget : j’avais remarqué l’an passé que vous aviez quasiment abandonné toute allusion à la démocratie participative, après que ce terme ait quand même agrémenté vos discours ces dernières années. Vous aviez même osé à un moment utiliser les mots “budget participatif”.
De ce côté là, pas de surprise. Il n’aura pas été possible aux stéphanois de participer en quoi que ce soit à l’élaboration de ce budget. Certains élus eux mêmes ne l’ont eu qu’il y a 8 jours. Dont acte.
Votre conception de la démocratie, c’est donc de faire de la communication autour de ce que vous avez déjà décidé, avec de temps en temps une petite auscultation des stéphanois sur des broutilles. Vous pensez qu’étant élus par le suffrage universel vous avez la légitimité de décider ce que vous voulez aussi longtemps que cela sera possible. C’est une conception particulière de la démocratie, mais qui ne permet pas d’affronter dans l’intérêt général les problèmes actuels de la société.
Et c’est une conception pauvre de la citoyenneté, celle qui consiste à la réduire au droit de voter et de déléguer son pouvoir tous les 5 ou 6 ans et puis d’obéir le reste du temps.

Je pense que si vous ne voulez pas d’une préparation du budget avec les stéphanois, c’est que vous ne souhaitez pas permettre que vos choix soient discutés et éventuellement contestés. Votre politique, c’est d’être attractif pour les investisseurs et les couches aisées. Vous parlez de “nouveau Saint-Etienne”, mais le nouveau St-Etienne dont vous parlez, c’est une ville de plus en plus difficile pour les familles modestes : loyers et prix des logements, impôts locaux (chers, vous pouvez bien dire que vous baissez les taux, mais ce sont des sommes que paient les familles, pas des taux), notes d’eau...
Il y a une autre façon de concevoir l’avenir de la ville et le rôle d’une municipalité : c’est de la construire en s’appuyant sur les capacités de ses habitants, d’appuyer les projets et initiatives qu’ils portent. Et de consacrer de gros efforts au développement des services publics.

Le défi actuel des politiques publiques est d’affronter en même temps la crise sociale - L’actualité nous rappelle ces jours-ci l’accroissement continu de la pauvreté et des inégalités sociales- , et la gravité de la crise écologique. Ces problèmes sont à affronter à l’échelle de la planète et donc aussi dans chaque ville, et dans la notre.
On ne pourra pas le faire sans la participation croissante des peuples, sans l’engagement des citoyens.
Associer les habitants de notre ville aux décisions, cela passe par construire avec eux le budget de la commune, puisque les priorités se traduisent par des choix budgétaires, par la façon d’utiliser l’argent public.
Cela s’appelle un budget participatif. Environ 2000 villes dans le monde ont décidé de mettre en place un budget participatif.
Il est nécessaire de le faire à St-Etienne, et de construire le budget à partir de conseils de quartiers enfin ouverts à tous les stéphanois qui souhaitent apporter leur contribution.

A propos de crise écologique, il faudrait prendre ça au sérieux !
Lors du Grenelle de l’environnement, des constats argumentés ont été faits dans plusieurs domaines. Malheureusement, là aussi, on assiste à une trahison des quelques engagements pris, puisque par exemple concernant les OGM pesticides, leur culture est suspendue pendant une partie de l’hiver (jusqu’au 9 février : c’est à dire durant la période où dans l’hémisphère nord personne ne sème du maïs !), et le projet de loi du gouvernement veut légaliser la contamination et nous conduit à la mort de l’agriculture bio et de l’agriculture paysanne.
Dans notre ville, que fait-on pour répondre à l’urgence écologique ? Qui y a-t-il là-dessus dans votre budget ?
Il y a pourtant des orientations simples qui peuvent être prises. Par exemple, notre ville peut reprendre en main les cantines scolaires. Pour garantir aux enfants une alimentation sans OGM, avec des produits issus de l’agriculture paysanne de la région stéphanoise, et de plus en plus bio. Aider le développement des AMAP et de tous les circuits courts. Ça, cela créerait des emplois puisqu’il cela contribuerait à la relocalisation de l’économie...
Reprendre en mains la gestion de l’eau aussi.
Dans le domaine du logement, il y aurait beaucoup à faire.

Répondre à la crise écologique et à la crise sociale, c’est aussi choisir le développement humain au lieu de la croissance matérielle.
C’est par exemple la priorité à l’éducation. La commune a la responsabilité des écoles maternelles et élémentaires. L’école publique est à St-Etienne dans une situation désastreuse. Et vous diminuez encore cette année le budget de près de 10% (7,8% en valeur nominale, près de 10% si l’on tient compte de l’inflation), mais les investissements (travaux) eux-mêmes diminuent de 25% ! Depuis 2000, la baisse en valeur réelle du budget de l’éducation est maintenant de l’ordre de 40-45% ! (Budget école 2000 : 11,289 millions d’euros -> budget école 2008 : 8,203 millions d’euros).
Et ce, avec le fait que vous utilisez les crédits ANRU pour financer quelques travaux dans les écoles des quartiers concernés.
La place qui est faite à l’école juge une politique publique. Et dire que vous avez commencé ce mandat avec une grande messe annonçant l’école du 3ème millénaire ! Attention, au rythme actuel de baisse du budget depuis 2000, l’affaire sera close dès 2020 : le budget de l’éducation sera à 0 et les écoles seront fermées dans 12 ans.
L’an passé j’ai posé la question : existe-t-il en France une grande ville qui fasse pire ? Cette année, je propose une réponse que vous pouvez vérifier : je pense que St-Etienne est parmi les villes de France de plus de 100 000 habitants celle qui consacre le moins d’argent à l’école.
Avec la première place pour le prix de l’eau, ça nous fait un autre record.
Mais qui a décidé ça ? Il est temps de faire de l’école une priorité, et de donner la parole à toutes celles et tous ceux qui se consacrent à l’éducation des enfants : les parents, les enseignants, les militants et les associations d’éducation populaire qui travaillent contre l’échec scolaire. Ceci peut se faire par exemple en organisant des assises annuelles de l’école, qui définiront les décisions à prendre et l’ordre des priorités.

C’est à peu près pareil, et la même démarche est nécessaire dans le domaine de la politique sociale.
Les moyens accordés au sport baissent également (- 8%)

Et cependant votre politique coûte cher et pèse sur la situation financière de la ville. La dette est repassée au dessus des 400 millions d’euros.

Pour terminer j’ai une question à poser, qui concerne la Direction des services informatiques.
La version word 97 étant au bout, il avait été décidé de passer à la suite open office. C’est très avantageux puisque ce sont des logiciels de grande qualité, et qu’ils sont gratuits : pas de licence à acheter pour l’utilisation des logiciels libres.
Toutes les grandes villes de France sont en train de passer à open office, et ça fonctionne très bien. Aucune n’est revenue en arrière. Les choses étaient apparemment très avancées, le travail pour la migration ayant été engagé depuis un an. Les formations du personnel municipal devaient commencer fin 2007.
Or il semble que tout vient d’être bloqué et que la décision soit prise d’acheter la nouvelle version de Microsoft. à 400E de licences par poste informatique, il en coûterait 600 000 euros à la ville, en pure perte, plus tout le travail perdu. Vous pourriez mettre cet argent à l’Education, au lieu de le donner à Bill Gates ; cela permettrait de rattraper une partie de la baisse du budget de l’Education...

-  Est-ce que vous confirmez cette information ?
-  si oui, quelles sont les raisons de ce revirement au détriment des finances de la ville et du travail déjà réalisé ?”

Roger Dubien
conseiller municipal
participant aux Réseaux citoyens de St-Etienne.



 

La gauche et la droite au conseil municipal de St-Etienne...

Après les interventions des élus de gauche sur le budget, G. Lindeperg élu depuis 13 ans et qui conduisait la liste de gauche en 2001, a demandé la parole. Et, pour faire bref, a adressé des félicitations appuyées à l’adjoint au finances (“un cerbère, gardien vigilant ... Sans lui nous n’aurions pas seulement une situation gravissime mais une situation de faillite”), puis, en un sens, au maire lui-même, estimant, en s’adressant à lui, que “la ville a changé (...) l’image de st-étienne reste floue mais s’est améliorée auprès des décideurs et des milieux culturels (...) St-étienne est en train de sortir de la grisaille (...) Vous êtes passés de l’atonie à la fuite en avant (...) Vous avez ensuite imposé une marche forcée (...) Vous avez commencé trop tard, et pas étalé les investissements dans le temps”... Avant d’indiquer que “n’ayant plus aucune prétention électorale”, il était maintenant “prêt à se mettre au service de la ville, indépendamment des résultat des prochaines élections” et “indépendamment de toute idéologie”.
Une déclaration assez étonnante et malvenue compte tenu de ce qu’est la politique de cette mairie.
L’émotion avant de quitter le conseil ? La tentation irrépressible de savonner la planche de quelqu’un ? La presse elle-même montre sa surprise...
En tous cas, cette déclaration n’est pas tombée dans l’oreille de sourds. “Merci Monsieur Lindeperg” à réagi A. Alfiéri. Quand à M. Thiollière il a saisi la balle au bond et donné plusieurs fois du “cher Gérard Lindeperg”, et encore “Merci de cette appréciation et merci de vous rendre utile à notre ville”... Avant d’atterrir : “Il n’y a pas de projet alternatif à celui que nous proposons”, reprenant en français la formule choc de Mme Thatcher devenue le cri de guerre de tous les néolibéraux : “There is no alternative”.
Eh bien si, il y a des alternatives à la politique de la droite/droite extrême à St-Etienne ! On peut faire d’autres choses que ce que fait cette équipe depuis trop longtemps. Et la politique n’est pas un jeu, elle a des conséquences sur la vie de beaucoup de monde.

A noter, au passage, que les élus de droite maintenant membres du Modem ont voté le budget du maire et n’ont pas eu un mot de critique. Pas M. Artigues évidemment : il a démissionné il y a quelques semaines pour jouer les opposants (afin de récupérer des voix de stéphanois mécontents peut-être...). C’est vrai qu’il lui était difficile de critiquer en public Thiollière et de continuer à voter son budget (et toutes les décisions de l’équipe de droite : il n’a jamais voté contre quoi que ce soit depuis qu’il est au conseil municipal)... Maintenant, ce sont ses représentants qui votent pour lui !




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