Réseaux citoyens de St-Etienne
Accueil Qui sommes-nous Nous contacter Nous aider Plan du site Admin
   
Vous êtes ici : Cafés citoyens au Remue-Méninges > Réflexion autour du livre de Patrick Coupechoux : “Un monde de fous”...
A la une
Agenda
Albums photos
Images à la une
Envoyez la musique !
La France insoumise / Jean-Luc Mélenchon
Nous sommes Grecs
Agroécologie
Agriculture paysanne
AMAP et réseau des AMAP
AMAP-Saint-Etienne
L’avenir du mouvement des AMAP
Les Amap dans la Loire
FAQ - De la ferme au quartier
Collectif Zérogm42
Collectif "nourrir l’humanité"
Maison de la semence
G.R.A.I.N. / Via Campesina
Collectif Liberté Justice Palestine
Chroniques pour la Palestine
Moyen-Orient et monde arabe / Georges Corm
Réseau RESF
Réseau Solidarité Rroms
Egalité des droits / Antiracisme
Une école pour tou(te)s
Survie / Françafrique
Quelle connerie la guerre !
Collectif "personne à la rue !"
Justice sociale / Droits sociaux
Assises droits sociaux
Forum des droits sociaux
Logement
Non au CPE !
Santé
Services publics
Travail / Emploi / Retraite
Portail pour l’accès aux droits sociaux
Le travail social dans la crise
Terrain d’entente
Groupe de réflexion "travail travail !"
Réseau salariat
Ecole / Education populaire
Justice écologique
Collectif Action Climat - CLAC
Sortir du nucléaire
Démocratie
Démocratie participative
Porto Alegre/St-Etienne
Libertés
Europe
Sortir du capitalisme
TAFTA
Changer la mondialisation ?
Forums sociaux
Changer la gauche ?
Gouvernement Hollande-Ayrault-Valls
Gouvernement Sarkozy
Chronique d’une élue citoyenne
Ville de Saint-Etienne
Conseil municipal
Elections municipales 2008
C’est notre histoire
Culture / idées
Les Héroïnes
Libres paroles
Des livres, des films, des sites...
Cafés citoyens au Remue-Méninges
Atelier de philosophie
Université Populaire - Laboratoire Social / Collectif Malgré Tout
Médias
Qui sommes-nous
Réseaux/Associations
4ÈME CAFÉ CITOYEN
Réflexion autour du livre de Patrick Coupechoux : “Un monde de fous”...
lundi 28 avril 2008, par Sophie Darneix


Le 4ème café citoyen qui se déroulera au Remue-méninges le mercredi 7 mai à 19h aura lieu autour de ce livre et des questions qu’il pose. Contact pour préparer cette soirée : Sophie Darneix : tcho@no-log.org et Marie Reynier marie.reynier@orange.fr ...

Dans notre époque de normalisation intensive il me semble fondamental de réfléchir à cette frontière virtuelle qui distingue le normal et le pathologique.
Patrick Coupechoux retranscrit dans son ouvrage les évolutions de la psychiatrie en France, pour en arriver à notre époque, tellement « archaïque », qui criminalise et exclut la folie.
On n’entend souvent que la modernité entraîne le progrès... Le traitement de la folie aujourd’hui est pourtant proche du « grand enfermement » du XVIIe siècle. L’asile est remplacé par la prison et la rue. Il est plus simple d’enfermer les fous en prison, sans leur apporter de soin, pour les retirer de cette société libérale ou chacun est responsable de ses actes, même lorsque ceux-ci sont délirants. La camisole chimique est alors la seule solution pour calmer les angoisses pour faire taire les symptômes.
Le résultat de cette politique est l’incarcération massive et l’absence de lieux de vie pour des personnes qui ont besoin qu’on prenne le temps de les écouter, de leur apporter des soins, de travailler avec elles pour trouver des traitements adaptés, ou un cadre rassurant qui fait d’eux des sujets à part entière.
Seulement, il faut faire des choix politiques qui engagent un coût financier, que visiblement, ces étrangers fondamentaux, ces Fous, ne valent pas...

L’intérêt de cet ouvrage est qu’il ne s’arrête pas sur ce triste constat. Il creuse, en profondeur une question sous jacente, purement idéologique.
En effet, les thérapies cognitivo-comportementales deviennent la référence scientifique essentielle du pouvoir politique. Leur conception de l’individu engendre des rapports comme celui de l’INSERM, qui définit la délinquance comme un problème psychique, qui se détecterait dès l’âge de trois ans. On s’attache aux comportements en inventant des cases dans lesquelles on classe des symptômes. On publie les DSM dans lequel ces symptômes seront associés à un traitement. Mais à quel moment introduit-on l’écoute et l’attention dans ce protocole de soin mécanique ?
On assimile la santé mentale à la souffrance psychique. Cette dernière est une conséquence directe du système socio-économique, et devient de nos jours un phénomène massif. Qui n’a pas entendu les propagandes gouvernementales sur « la dépression, parlons-en », qui n’est en fait qu’un message publicitaire des lobbies pharmaceutiques.
Oui, effectivement, parlons-en de la dépression !
Le travail, qui brise des milliers de personnes, qui se sentent responsables de leur échec.
L’école, une fabrique du savoir qui n’a pas le temps d’écouter et d’accepter que nos adolescents ne soient pas des robots capables de s’adapter à une commande sociale de réussite. Combien de tentatives de suicide chez les adolescents à qui on demande toujours plus, sans soutien, sans parole, sans écoute ?
La société sécuritaire qui créée des groupes dangereux, des espèces de sauvages, que l’on prive de vision d’avenir, de rêve, que l’on nourrit de consommation massive, rapide et à qui l’on reproche un manque de tout. La société a les adolescents qu’elle fabrique.
Le renfermement des individus et le délitement du lien social, conséquence directe de ce système de « winner ».
La société du marche ou crève, du darwinisme social, marque au fer rouge les individus. Alors oui, parlons-en de la dépression, mais que ce dialogue ne soit pas ouvert uniquement entre l’Etat et les laboratoires pharmaceutiques !

La souffrance psychique n’est pas la maladie mentale. On mélange tout, on médicalise tout. Les prisons sont peuplées de sujets qui auraient besoin de soins, les centres d’hébergement d’urgence accueillent de plus en plus de personnes qu’il est impossible de prendre en compte dans ce genre d’établissement. Une fois sortis ils errent dans les rues, sans protection et livrés à eux-mêmes.
« La psychiatrie ne peut-être considérée comme une discipline médicale comme une autre ».
La psychose n’est pas un virus, c’est le langage que le sujet s’est bricolé pour exister et ce langage est ce qui le constitue fondamentalement.
Ne pas l’entendre, ne pas l’écouter est un déni de fraternité.

Pour finir, petite considération personnelle...
Eux, « les normaux », ne participent-ils pas à un vaste délire collectif ? L’idéologie libérale, qui nous amène tranquillement dans le mur n’est-elle pas une folie ? Elle détruit la planète, elle génère de la violence, de la souffrance, de la surveillance. A la fois sadique, masochiste, voyeuriste, elle est un détonnant cocktail de perversions. La folie de quelques-uns détruit et soumet chaque jours des milliards de personnes à leur norme, leur délire.

C’est pas dingue ça ?

Sophie Darneix.




> Réflexion autour du livre de Patrick Coupechoux : “Un monde de fous”...
12 mai 2008

Voici quelques points discutés lors de ce café citoyen autour du livre de Patrick Coupechoux, “Un monde de fous”, discussion à laquelle ont participé 25 à 30 personnes...

-  Tout d’abord le manque de prise en compte des sujets fortement limités dans la vie sociale par leur souffrance psychique. Une infirmière psychiatrique a pointé l’absence de moyens et de lits pour accueillir les malades. Ce sont "les moins pires" qui laissent leur place aux plus délirants car il faut faire de la place. Le soin thérapeutique est donc un soin dans l’urgence. Or, il est clair que lorsque l’on travaille avec des personnes malades psychiquement, il est impossible d’apporter une réponse immédiate appropriée. Le temps et l’écoute sont fondamentaux.
-  Alors, pour pallier à ce manque de reconnaissance des sujets, on use et abuse de médicaments. Beaucoup sortent avec une ordonnance pour seul soutien.
-  Ce qui entraine 3 problèmes : l’abandon des familles qui doivent seules faire face à cette situation difficile, et très souvent, l’abandon total des sujets à la rue (forcément violente pour eux) ainsi qu’à l’enfermement carcéral (qui n’apporte aucune réponse à la situation des détenus en général et encore moins à celle des personnes souffrant de graves troubles psychiques).
-  La folie devient un danger. La société sécuritaire a pour habitude d’exclure ceux qui subissent le système économique et la violence sociale. Elle s’attaque à ce qu’elle provoque, comme pour effacer les marques de son insuffisance.
-  Un point a été aussi développé sur l’augmentation des mesures d’Hospitalisation d’Office et d’Hospitalisation à la Demande d’un Tiers. Ces deux modes d’enfermement psychiatrique ne nécessitent pas la volonté des malades qui très souvent sont démunis face à la dépossession de leur propre existence.
-  Finalement, nous revenons au grand enfermement des siècles passés. Soit parce que les seules perspectives sont l’abandon, soit parce que l’enfermement psychiatrique ou carcéral est abusif...
-  Il a aussi beaucoup été question de ce que l’on pourrait nommer la souffrance psychosociale. De plus en plus de personnes y sont confrontées car c’est une conséquence directe du fonctionnement de nos sociétés.
Le culte de la performance, qui dès notre plus jeune âge nous interdit les faux pas est destructeur. L’être humain se constitue sur ses failles et chacun de nous peut un jour se retrouver en souffrance. Si nous ne possédons pas des bases solides pour se maintenir la situation peut devenir dramatique.
-  Les relations sociales sont telles que pour une grande part de la société il est plus évident de trouver refuge au sein de traitements médicamenteux. Nous sommes les premiers consommateurs d’antidépresseurs.
-  La conception comportementaliste qui est prédominante dans la prise en compte de l’humain fait de nous des machines. Nos comportements doivent répondre à la commande sociale. Sinon, nous sommes déviants, et là nous n’avons plus le choix de notre avenir.
-  L’exemple de la commune de Nanterre développé dans l’ouvrage, montre que pour une grande part, la question de la souffrance psychosociale, qui touche en majorité les populations touchées par la misère, est avant tout un problème politique. Cette ville a mis en place tout un dispositif de soins, avec des structures diversifiées et du personnel qualifié pour travailler avec les sujets cassés par leur existence. Il ne s’agit donc pas de psychiatriser la misère, mais de prendre en compte politiquement les ravages de la violence du système.

Prochain café citoyen le 7 juin au Remue méninges avec Miguel Benasayag.

Sophie Darneix.

Répondre à ce message

Dans la même rubrique :
Angélique del Rey et Miguel Benasayag présentent leurs nouveaux livres : “A l’école des compétences” et “Organismes et artefacts"
Le Café-lecture Le Remue-Méninges accueille les philosophes M. Benasayag et Angélique Del Rey
Isabelle Stengers : “Au temps des catastrophes - résister à la barbarie qui vient”
Création d’un café citoyen avec le Remue-méninges
Autour de : “un siècle de progrès sans merci”, films et livre de Jean Druon.
Rencontre avec Jean Druon, auteur de “Un siècle de progrès sans merci”
“Qu’est ce que l’empreinte écologique ?” : café citoyen avec Natacha Gondran
Misères du présent, richesse du possible (André Gorz)
Café citoyen avec Angélique Del Rey autour de son livre “Eloge du conflit”
Miguel Benasayag : Organismes et artefacts - Vers la virtualisation du vivant ?




Proposer un article | Nous contacter | Plan du site | Admin | Accueil