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Pour mettre au point, avec la contribution active des Rroms, une politique d’accueil dans l’agglomération stéphanoise.
Où en sommes nous depuis l’expulsion de Montplaisir ?
jeudi 9 octobre 2008, par Georges Günther, Anne Sara Le Cardiet


« Allez ! Dégagez ! C’est fini l’école ! »
Le 17 juillet dernier au petit matin, les familles rroms, habitant depuis 2 ans dans l’ex école de Montplaisir, étaient brutalement expulsées.
Un départ avec l’ANAEM (Agence Nationale de l’Accueil des Etrangers et des Migrations) était prévu depuis plusieurs jours. La préfecture et la mairie l’ont doublé d’une expulsion. Un procédé utilisé dans la plupart des gros bidonvilles et gros squats de France, afin de pousser les rroms à quitter la France.
Le réseau de solidarité, inquiet d’une possible expulsion, avait organisé à l’heure du départ ANAEM, un petit déjeuner dans l’entrée du squat.
Nous étions donc là, nous avons vu.

Peu après 6h du matin, déploiement d’un dispositif policier impressionnant, 25 cars, environ 200 policiers et gendarmes, protégés, armés, toute la circulation coupée rue de Terrenoire, le groupe scolaire encerclé, ... pour expulser 70 personnes (51 autres partant avec l’ANAEM) dont 15 enfants.
Les hommes en bleu se sont brutalement introduits dans chacune des pièces de vie, demandant aux habitants de sortir. Les enfants, encore couchés, ont eu un réveil des plus abominables. Les familles ne pouvaient rien emporter, « après, après » disaient les policiers. Elles n’ont disposé d’aucun moment d’intimité pour se changer et se préparer à se retrouver à la rue. Toutes ont été contrôlées, auditionnées, une par une, dans la cour, puis expulsées du « périmètre », pour reprendre le jargon des policiers, sans pouvoir récupérer aucune de leurs affaires.
Les familles du bâtiment du fond ont du sortir dans la cour de derrière, en attendant que toutes les autres des deux autres bâtiments soient auditionnées une à une par les services de police. Ce temps aurait pu leur permettre de préparer quelques affaires, mais non ! Il fallait sortir au plus vite, et poireauter dehors, rongés par le stress.

Seulement une partie du matériel de la salle des enfants, six ou sept matelas et autant de chaises, ont pu être sortis par les membres du réseau de solidarité. Les lieux ont ensuite été rendus inhabitables (des employés de la ville, des policiers municipaux, des pompiers - la police nationale était partie - étaient à ce moment là, sur place) : les fenêtres intérieures, les lavabos, ont été cassés à coup de masse, le mobilier a été renversé et puis des pneus ont été brûlés (ce qui est interdit d’après le règlement sanitaire départemental).
Là aussi nous avons vu. Des photos prises sur les lieux montrent le désastre. Elles ont été largement diffusées sur Internet et dans le journal régional de France 3. Plusieurs personnes, des élus, sont allés voir et ont témoigné. La triste vérité ayant été dévoilée, les lieux ont ensuite été rapidement vidés.
Voir : "Les affaires des familles Rroms ont été détruites et les locaux de l’école de Montplaisir ont été saccagés"

Il est utile de rappeler ces faits pour ne pas laisser travestir la réalité.
Ainsi, dans le bulletin municipal de septembre « Vivre à Saint-Etienne » on peut lire page 25 : « L’évacuation s’est déroulée sans violence, l’intervention des services municipaux a permis que les familles retrouvent une partie de leur mobilier. ». Et dans une lettre du 22 septembre envoyée par le maire de St Etienne à plusieurs associations, celui ci affirme : « ce qui permet de rétablir la vérité sur tel ou tel point ; en particulier, il s’agit de la sauvegarde, par les agents des services municipaux, d’une partie des objets appartenant aux personnes occupant l’ancienne école de Montplaisir. ».
Auparavant nous avions pu entendre plusieurs versions : que ce serait les jeunes du quartier d’à côté qui auraient tout abîmé la nuit suivant l’expulsion ; que les meubles auraient été renversés accidentellement au moment où les bouteilles de gaz ont été sorties... Qui peut encore croire cela ?
Une plainte auprès du Procureur de la République va d’ailleurs être déposée par le collectif national Romeurope.

Pourquoi écrire ainsi une histoire officielle arrangée ?
Parce que la mairie cherche à dégager en touche, pour ne pas s’engager dans des solutions d’accueil dignes et durables, comme l’expérimentent certaines autres villes et agglomérations.
Il est nécessaire de réagir au mensonge public, parce qu’établir clairement et publiquement la vérité et les responsabilités c’est agir pour empêcher, en tout cas rendre plus difficile, des actions contraires aux valeurs de justice et de dignité humaine. Cela participe à créer les conditions d’un dialogue, de partenariats, qui permettent d’explorer d’autres chemins que ceux qui ont aboutis à ces ignominies.

La solidarité des stéphanois
Les 16 jours suivant l’expulsion, campement sur la place Jean Jaurès...
Et là tout de suite la solidarité des stéphanois, du milieu associatif. Des commerçants de la place Jean Jaurès ont eu des gestes de sympathie.
Des tentes, des réfrigérateurs, des plaques chauffantes, des matelas, des couvertures, des vêtements, de la nourriture..., une présence permanente pour entourer les familles, des rassemblements, une chaîne humaine de 300 personnes. Les enfants ont été pris en charge par différents centres sociaux, des activités ont été organisées sur place. Certaines personnes ont même proposé à des familles de venir prendre une douche chez eux, de leur laver du linge... 70 militants d’associations sont allés demander ensemble à la mairie le relogement, et 3700 signatures rassemblées sur la pétition ont été remises au maire. Oui, décidemment, tout le monde, loin de là, n’est pas vacciné aux injustices, les résistances pour construire d’autres réalités sont nombreuses. Par contre du côté de la préfecture, fermeture totale, aucune proposition sauf l’expulsion, « ils n’ont pas vocation à rester en France » ! Ordre au 115 (l’accueil d’urgence, légalement ouvert à toute personne quelque soit sa situation administrative) de n’accueillir aucune famille rrom !
Non sans mal, nous avons pu rencontrer la mairie, une fois puis deux, puis... D’aucune proposition, nous sommes passés à celle d’un terrain vague, nu, avec seulement 2 wc. Terrain situé entre un cimetière et la SPA. Puis plus rien pendant plusieurs jours. Et finalement ce sont des propositions d’hébergement par l’évêché, par différentes villes proches de Saint Etienne, par des associations, qui pousseront la ville de Saint Etienne à en faire autant : 2 logements pour deux familles, mais refus de mettre à l’abri les autres familles avec leurs enfants le temps de concrétiser d’autres pistes. Le préfet quand à lui s’employant à tenter d’interdire la mise à disposition de logements du parc HLM par les mairies.
Le réseau de solidarité a donc été contraint d’ouvrir provisoirement un lieu d’hébergement collectif à Méons pour répondre à l’urgence de la situation. Un contrat d’occupation a été signé entre le réseau et chaque occupant.

Bilan de toute cette solidarité : 5 familles logées en appartements individuels (12 adultes et 14 enfants au total), des pistes à Firminy, Unieux, Roche la Molière, la Ricamarie, qui, pour l’instant, n’ont pas encore abouties. La mairie de Boën devant faire face à des relogements d’urgence imprévus, n’a pas pu maintenir sa proposition initiale.

Actuellement 31 personnes habitent encore dans l’immeuble des anciens appartements des enseignants de l’école de Méons, dont 4 enfants. Le 8 septembre, nous avons pu restituer à la mairie l’aile de la crèche des petit Câlins levant ainsi tout obstacle aux travaux d’aménagement pour la future installation de l’ADAPEI.(voir "Restitution de la crèche des “Petits calins” et lettre ouverte au maire de St-Etienne et au préfet de la Loire")
Nous démontrons ainsi qu’il est possible de créer et de gérer des hébergements relais convenables, à effectif restreint, en collaboration avec les rroms eux-mêmes. Pour faire le point et continuer d’avancer sur des solutions d’hébergements durables, nous avons demandé, par écrit, de rencontrer la mairie de St Etienne. Nous avons aussi fait savoir au préfet que nous souhaitions travailler avec les services responsables du logement. Aucune réponse du préfet, et la mairie a fait savoir qu’elle ne voyait pas l’utilité d’une rencontre. Le maire, de son côté, a annoncé qu’il engageait une nouvelle procédure d’expulsion pour les personnes logeant dans le bâtiment de Méons.
Quant aux familles parties en juillet et août en Roumanie soit par leur propre moyen, soit avec l’ANAEM, elles sont revenues et ont ouvert, faute de mieux, un nouveau squat rue des Armuriers.

Voilà où nous en sommes.
Dans le même temps, de nouveaux obstacles sont mis pour remettre en cause le peu de droits acquis par certaines familles depuis l’entrée de la Roumanie dans l’Union Européenne.

Une nouvelle directive nationale de la CAF pour supprimer les prestations familiales.
Une circulaire nationale de la CAF du 18 juin 2008, soumet désormais leur versement à un droit au séjour (un revenu régulier et une attestation de couverture maladie dans le pays d’origine). Toutes les nouvelles demandes sont donc rejetées et, progressivement, les allocations familiales et les aides au logement sont supprimées aux familles qui les percevaient. Une terrible régression ! Au moins 7 familles risquent d’être, de ce fait, expulsées de leur logement (12 adultes et 20 enfants).
Nous allons déposer des recours au nom de la protection des enfants et de la famille.

Les rroms roumains fuient la misère et les discriminations en Roumanie. Ils ne sont pas nomades mais sédentaires. Ils cherchent les moyens de vivre un peu plus décemment. Ils occupent des squats non par habitude mais faute de mieux pour se loger. Il n’y a pas d"invasion" des Roms. Ils sont seulement 8 à 10 000 en France et entre 200 et 300 sur l’agglomération stéphanoise suivant les périodes. La résolution du problème n’est donc pas hors de portée d’une grande agglomération comme la notre.
La politique répressive du gouvernement ne règle rien. Financièrement coûteuse et humainement intolérable ,elle a pour but de pouvoir afficher des chiffres d’expulsions flattant une clientèle électorale.
Des sommes considérables sont dépensées dans les départs ANAEM, alimentant les quotas préfectoraux. Et au bout de quelques semaines voir de quelques jours, les personnes reviennent puisque rien n’est possible pour elles en Roumanie et que la liberté de circulation est un principe fondateur de l’Union Européenne.
Quant aux expulsions successives de squat en squat, elles ne font que reporter et aggraver les problèmes dans une logique de pression sur des familles démunies. Elles détruisent le patient travail des associations et découragent. Comment scolariser les enfants, comment se soigner, comment construire des projets d’avenir dans ces conditions ?

Le réseau de solidarité avec les rroms de St Etienne est un outil pour faire avancer les droits des rroms, leur dignité, leur reconnaissance par la société. Il permet de rassembler des énergies et des compétences les plus diverses pour construire des réponses adaptées à leurs souhaits. Il n’agit et ne parle pas au nom des rroms, mais s’efforce de permettre aux familles d’intervenir pour conquérir leur dignité. Nos objectifs reposent sur la résolution des problèmes non sur la recherche systématique de la confrontation.
Nous voulons donc travailler en partenariat avec toutes celles et tout ceux qui peuvent apporter des bouts de solutions dans tel ou tel domaine : la mairie de St Etienne, comme le Conseil Général, St Etienne Métropole, la Région, la préfecture, la CAF, l’ANPE, le milieu associatif et d’autres...

L’insertion des rroms en Europe est à régler à tous les niveaux où il se pose. Les collectivités locales auront une légitimité toute particulière pour interpeller le gouvernement et l’Union Européenne dans la mesure où elles s’engagent elles mêmes sur des solutions. Le réseau de solidarité propose donc d’ouvrir des discussions, en vue de commencer à mettre au point, avec la contribution active des rroms, une politique d’accueil dans l’agglomération stéphanoise pour environ 200 à 300 personnes.
Nous sommes particulièrement attentifs à ce qu’un tel projet puisse partir des rroms, de leur vie, de leurs interrogations, s’appuyer sur les capacités, les compétences, les savoirs faire, les solidarités concrètes qu’ils ont su développer.
En matière d’habitat les solutions sont diversifiées : logement individuel, aménagement de terrains collectifs, hébergements relais par l’aménagement de locaux désaffectés de l’agglomération.
En matière d’emploi il s’agit de supprimer les démarches administratives longues et dissuasives, de permettre aux rroms qui le souhaitent de s’inscrire à l’ANPE. Et aussi de développer des projets économiques alternatifs, s’appuyant sur les compétences, les savoirs faire des rroms et qui pourraient ainsi enrichir notre collectivité.

Anne Sara Lecardiet
Georges Günther

©photos : mpv

Une chronique au jour le jour sur ce qui s’ est passé en ce mois de juillet 2008, sur le site des Réseaux Citoyens http://www.reseauxcitoyens-st-etienne.org/rubrique.php3 ?id_rubrique=67

Le site internet Solidarité Rroms Saint-Etienne :
http://solidariterroms.mi-blog.net




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