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Ceux qui se lèvent tôt savent aussi se serrer les coudes.
Après les immenses manifestations du 29 janvier, quelles suites pour tous ceux qui ont bien compris la politique de Sarkozy ?
mardi 3 février 2009, par Roger Dubien


Voici quelques photos de la manifestation du 29 janvier à Saint-Etienne...


Une manifestation géante. Comme les autres villes, Saint-Etienne a connu une mobilisation de même ampleur que celles pour l’abrogation du CPE au printemps 2006, ou celles de 1995 contre le plan Juppé.
Combien de personnes ont manifesté ? Plus de 15 000, c’est sûr. 20 000 ? Plus ? La tête du cortège était arrivée place du Peuple alors que les derniers démarraient tout juste au milieu du cours Fauriel. Des milliers de manifestants étaient bloqués pour entrer sur la place de l’Hôtel de ville - que certains commençaient déjà à quitter - alors que la fin du cortège passait tout juste devant la grande poste...
Et qui a manifesté ? Beaucoup de jeunes dans la manif, partout. Et déjà les 2 à 3000 lycéens et étudiants en rangs serrés, en tête du cortège. Et puis surtout beaucoup beaucoup de monde des entreprises du privé. Et aussi du public, bien sûr, et de l’enseignement. Mais vraiment beaucoup de monde des entreprises du privé...

Mis en cause : ce système en crise, et Sarkozy et sa politique. Celles et ceux qui se lèvent tôt n’ont pas envie de subir ce qui est en train de leur tomber dessus en baissant les bras. Ces manifs géantes sont donc une mise en garde à ceux qui gouvernent et au grand patronat.
Pas trop d’illusions à se faire, cependant : ceux-ci vont tout faire pour continuer à avancer dans la direction qui nous a mené là. Ce qu’ils appellent “poursuite des réformes”, c’est la poursuite du démantèlement de tout ce qui est collectif et solidaire dans la société. Ils savent même s’appuyer sur les dégats pour en rajouter une couche.

Ce lundi, Fillon vient de confirmer cette tactique : "le mouvement de jeudi exprime majoritairement une inquiétude devant la crise, mais sans qu’il s’en dégage un message très précis ni des propositions claires et cohérentes. Cette inquiétude n’a rien d’étonnant car la crise est profonde" (...) "Cela ne peut en aucun cas nous conduire à remettre en cause des réformes nécessaires au redressement. Il n’y aura pas de tournant de la politique économique et sociale". (...) "Cela n’empêche évidemment pas qu’il y ait place pour le dialogue et la concertation".
En décodé : on va avoir droit, comme au moment du CPE (à l’époque déjà, le problème était que la jeunesse n’avait “pas compris”), à plus de “communication”. En gros : vous êtes inquiets ? C’est vrai qu’il y a de quoi ! Mais surtout, vous n’avez pas bien compris notre politique. Alors on va mieux vous expliquer, on va faire plus de pédagogie. Mais pas question de changer cette politique. Ni ce système, surtout.
Sauf qu’il y a du monde en face. Mais l’exceptionnelle mobilisation du 29 janvier ne va pas suffire. Et puis ne perdons pas de vue que les Sarkozy passent mais que le système reste. C’est avec lui qu’il faut s’expliquer sérieusement. Pour essayer d’en sortir, inventer des chemins nouveaux, construire la solidarité, bâtir une société pour permettre à chacun d’avoir une vie digne...

Voici quelques photos de la manifestation de Saint-Etienne...

photos Martine Chevalier

Le plus important dans cette journée est sans doute qu’il y ait une réaction collective aussi forte : alors que la crise du système s’installe, se diffuse, frappe(ra) les entreprises les unes après les autres (et le plus grave est à venir) : réductions d’activité, chômage partiel, licenciements des intérimaires et des travailleurs sous contrats, mais aussi licenciement des CDI...
Le plus important est que chacun ne reste pas chez soi, face à ses problèmes, devant sa télé, en spectateur et en victime impuissante. Il y avait dans la manifestation cette idée d’affronter ensemble des politiques injustes qui débouchent maintenant sur des désastres. Depuis des années et des années, les plus riches se gavent. On n’est pas décidé à payer la note en permettant aux mêmes de continuer à s’enrichir, dans “la récession” aujourd’hui comme dans “la croissance” hier. La preuve qu’ils continuent : les multinationales du CAC 40 qui n’ont pas de honte à faire la manche se préparent à annoncer plus de 80 milliards de profits pour 2008 !

En plus de dire Non - ce qui est déjà indispensable -, que pouvons-nous faire, quelles alternatives pouvons-nous construire ? C’est là que ça se complique, et c’est vrai que cette difficulté se sentait dans la manifestation. Peu de “slogans”, et pas grand chose sur les banderoles, qui étaient presque toutes des banderoles pour dire que son organisation syndicale ou son entreprise était là.

La “plateforme” des syndicats (un compromis, forcément), propose de nombreuses choses incontestables, comme :
-  une meilleure répartition des richesses créées, et l’augmentation importante des moyens de vivre des plus pauvres...
-  la réduction de la durée du travail (on mesure ces temps-ci le degré de connerie du slogan sarkozien “travailler plus pour gagner plus”. Et quand on pense qu’ils instaurent la retraite à 70 ans - tout un symbole, avec la prison à 12 ans...
-  la défense et le développement des services publics (dont on voit bien qu’ils sont une des bases d’une société civilisée)...

Mais en même temps cette plateforme n’est pas sans poser de problèmes et demander approfondissement du débat.

Par exemple, réclamer “une relance de la croissance” : il faudra préciser de quelle croissance on parle. On a l’expérience que la croissance capitaliste - qu’on connaît bien - aggrave les inégalités, ne supprime pas le chômage, au contraire, et qu’elle détruit les ressources de la planète arrivée aujourd’hui à un point limite.
Est-ce qu’on veut simplement que le système reparte ? Ou bien essayer d’inventer d’autres choses, de mettre en route d’autres choix, d’autres façons de produire, de consommer, de vivre ensemble. S’attaquer en même temps à la crise sociale et à la crise écologique... Développer des productions utiles et respectueuses de l’environnement, freiner la destruction de la planète et des bases de notre vie sur la terre, au lieu de relancer la course à la finance et à la consommation...

Dans cette optique, l’affirmation que les salariés, qui sont les victimes de cette crise, “ne sont en rien responsables de la crise” mérite réflexion. Évidemment il y a là une part de vérité : ce ne sont pas les salariés qui mènent ce bal. Mais en même temps, pour que ce système là fonctionne comme il fonctionne et en nous menant dans le mur, il faut bien que quelque part on y participe et on y consente, non ? On est tellement nombreux, il serait étonnant qu’on n’y soit pour rien. Et le capitalisme est très fort pour faire partager sa logique par chacun. Que consommons-nous, à qui l’achetons-nous, comment utilisons-nous notre argent... Est-ce que ça renforce le système ou est-ce que ça construit des alternatives pour en sortir ? On est bien obligé à un moment de se poser ce genre de questions...
Pas possible que nous habitions cette société et cette situation et que nous ne soyons responsables de rien de ce qui s’y passe. On est tous un peu responsables. C’est une bonne nouvelle d’ailleurs : car cela signifie aussi qu’on y peut quelque chose, pour en sortir.
Voir par exemple ce que dit Christian Jacquiau sur le “pouvoir d’achat” et notre “pouvoir de consommateur”...

Le 29 janvier a été un temps fort pour dire stop. Il est absolument certain que cela ne suffira pas à faire changer la politique du gouvernement : quand ils “écoutent”, ils n’entendent pas...
Mais le plus important est qu’il y ait réaction collective, solidaire. Ensuite, on a besoin de millions de discussions pour essayer d’ouvrir des pistes pour l’avenir. De multiplier des expériences et des tentatives. D’expérimenter et d’inventer, aussi, de nouvelles formes et institutions démocratiques participatives qui aideront à rendre possible cette réorientation pour sortir du système actuel. Tout cela doit bien pouvoir déboucher sur des avancées dans le sens de la solidarité.

Roger Dubien.


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