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NPA, mini-jupes et révolution
Un texte de Miguel Benasayag et Luc Chatel sur le site du Collectif Malgré Tout...
samedi 21 mars 2009


ce texte est publié sur le site du Collectif Malgré Tout à http://malgretout.collectifs.net

Révolution : le mot revient souvent dans les propos d’Olivier Besancenot, porte-parole charismatique et médiatique du Nouveau parti anticapitaliste. Un mot qu’il emploie aussi bien en public, devant micros et caméras, qu’aux réunions politiques de son mouvement, en plus petit cercle. Olivier Besancenot veut changer le monde, changer le système, tout remettre à plat. Tremblez bourgeois... Eh bien justement, ils ne tremblent guère les bourgeois. Ils ont même plutôt l’air de l’apprécier, le leader révolutionnaire. Tout le monde voudrait l’avoir pour gendre... Michel Drucker l’invite dans son salon, Laurence Ferrari l’accueille à bras ouverts. Quand il se présente devant les gardiens du système, qu’ils soient responsables politiques ou journalistes de grands médias, il fait tout de suite partie de la maison : on se sourit, on se taquine, on utilise le même langage. Ponctué de temps à autre, chez Olivier, de l’incantation magique : « Le smic à 1500 euros, blablabla... révolution », « plus de fonctionnaires, blablablabla.... révolution », « nationaliser les banques, blablablabla... révolution », « y’en a marre... blablablabla.... révolution » . Olivier Besancenot trouve les mots qui ne blessent personne. Sa révolution ne s’incarne que dans des revendications politiques traditionnelles. Seuls les chiffres et le curseur changent. C’est un peu le « monsieur plus » de la gauche. Et s’il dit ne pas vouloir participer à un gouvernement avec les actuels partis de gauche, il s’embourbe dans quelques sérieuses contradictions qui pourraient à terme coûter cher à son mouvement. D’une part, si le NPA se présente avant tout comme un élément du mouvement social, une force de contestation dont l’objet est d’être dans la rue et non dans les mairies ou les ministères, pourquoi une telle focalisation sur les élections, toutes les élections : des municipales aux européennes en passant par la présidentielle. Le NPA n’est jamais aussi présent dans le débat public que lorsqu’il se lance dans les élections, c’est à dire quand il s’inscrit pleinement dans les mécanismes-clés de ce système qu’il prétend combattre. Un système qui n’a pour objectif que la gestion des affaires courantes. Avec, dans le meilleur des cas, un léger progrès social à la marge. En ce sens, le NPA est une formation politique gestionnaire comme les autres. On connaissait le centrisme révolutionnaire de François Bayrou, Olivier Besancenot pourrait être présenté comme un démocrate radical, ou un gestionnaire colèreux... Son maître à penser Daniel Bensaïd ne dit pas autre chose quand il affirme depuis trente ans, tout en dirigeant des mouvements dits « révolutionnaires », qu’en dehors de la démocratie représentative, rien n’est envisageable. En accolant ainsi des notions radicales à de bons vieux programmes politiques à l’ancienne, ils vident la radicalité de sa substance. Passée à la moulinette LCR-NPA, elle devient purement nominaliste : « nous sommes radicaux parce que nous nous nommons radicaux ».

C’est sur le même mode incantatoire qu’ils ne cessent de se référer aux années 68 et suivantes. Ils les regardent comme des années lumineuses, émancipatrices (ce qui est en grande partie exact) en cherchant le ressort, la formule qui pourrait leur permettre de les recommencer. Comme si la force d’une époque tenait à un signe, un levier, un déclic. Alors que le déclenchement est évidemment beaucoup plus complexe et porté par des réalités économiques, sociales, historiques dont l’imbrication, la convergence ne pouvait se faire qu’à un moment donné. En extrayant une petite parcelle de ce contexte (la fondation de telle organisation politique, le succès de manifestations sur telles revendications, la conjonction entre telle institution politique et tel mouvement social) on le vide de son sens. C’est un peu comme si on demandait aujourd’hui aux filles de porter des mini-jupes pour faire renaître l’esprit contestataire de mai 68.

Et il recommence avec la Guadeloupe, en se rendant sur place pour chercher à reproduire en métropole les mêmes mouvements sociaux (100 000 personnes dans les rues en Guadeloupe, cela représenterait environ 15 millions en France...). C’est là aussi faire preuve d’un relativisme culturel et d’un manque d’intelligence politique notables. Comment peut on mettre sur le même plan la crise identitaire, culturelle et raciale de la Guadeloupe avec ce que nous vivons à Paris, Lille ou Montpellier ? La question des salaires et du pouvoir d’achat (là aussi d’une toute autre ampleur, tant dans les écarts que dans la part de la population touchée et la permanence de la situation depuis des décennies) a été le déclencheur d’un malaise beaucoup plus enfoui qui n’a rien de commun avec ce que vivent les métropolitains aujourd’hui. C’est bien là le signe qu’Olivier Besancenot est coincé par la dialectique du « bon programme pour un bon système », plaquée à répétition sur des situations les plus diverses, et qu’il passe à côté de la vie. Nos vies n’ont que faire des programmes clés en main, des slogans, des leaders charismatiques, des pourcentages aux élections et des audiences de prestations télévisées. En essayant ainsi de récupérer des périodes historiques et des mouvements sociaux, en leur collant des slogans et des intentions programmatiques, le NPA les dévitalise. Il réduit et ridiculise leur complexité, leur diversité. Un bon terrain politique, pour ce parti, est un terrain lisse, plat, sans aspérités, sans zones d’ombre. Où l’on peut défiler fièrement et parler haut. Quand ces « révolutionnaires » arrivent quelque part où émerge un mouvement réel, ils en viennent à le virtualiser. Et s’inscrivent ainsi parfaitement dans les codes et les valeurs de l’époque, ceux du formatage, de la centralité et de la transparence. En somme, les codes d’une autorité qui ne nous veut pas que du bien. Un conseil donc à Olivier Besancenot et ses camarades : si vous voulez la révolution, commencez par donner l’exemple, prononcez la dissolution de votre parti et plongez vous dans le bain frémissant de la vie.




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