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Pour réfléchir ensemble au nucléaire...
Café citoyen mercredi 6 mai à 19h au Remue-Méninges.
mardi 28 avril 2009


Ce café citoyen sera animé par Rolande Coquard et François Gillard, qui participent au réseau “Sortir du nucléaire”.

Pas si facile que ça en fait de parler du nucléaire. Il doit y avoir une conjonction de raisons. D’abord, l’opacité est bien organisée, et en haut lieu. En France, on en a eu une expérience au moment de Tchernobyl, quand les nuages radioactifs se sont arrêtés à la frontière. Sauf pour leurs effets, évidemment...
Et puis si on veut y regarder sérieusement d’un peu plus près, on risque - voir Greenpeace - d’être mis sous surveillance par des barbouzes à la demande d’une entreprise publique ( ! !), et ça, c’est l’actualité...
Et puis le nucléaire, chez nous, c’est la bombe, évidemment, mais c’est aussi une part importante de l’électricité. Une industrie résultat d’une recherche publique, de découvertes scientifiques dont on nous a enseigné qu’elles étaient “neutres” et que toute la question était de bien ou mal les utiliser...
Une industrie contrôlée par une entreprise publique, et ça a(vait) quelque chose de rassurant ça : un service public ! (C’est un peu comme ce qu’on nous a raconté sur la fabrication des armes... Mais si l’on regarde - sur 60 ans en arrière - à quoi ont servi les armes fabriquées dans des entreprises publiques, et utilisées directement par l’armée française ou par ceux à qui elles ont été abondamment vendues... : ont-elles été plus “progressistes” et moins meurtrières pour les peuples que celles fabriquées par des entreprises privées ? La réponse est non...)
Enfin bref, le nucléaire, en France, fait partie du paysage...

Sauf qu’il y a eu Hiroshima et Nagasaki et des milliers d’autres victimes ailleurs dans le monde suite aux essais nucléaires.
Sauf qu’il y a aujourd’hui utilisation d’armes radio-actives - bombes à l’uranium appauvri - (Yougoslavie, Afghanistan, Irak, Gaza/Palestine). Et des stocks de milliers de têtes nucléaires dans les arsenaux.
Sauf qu’il y a eu Tchernobyl, le 26 avril 1986, catastrophe nucléaire dont les effets se feront sentir pendant très longtemps. La plus grave des catastrophes du “nucléaire civil” (mais pas la seule, et apparemment certaines ont été tues).

C’est peut-être donc à cause du mélange de tout cela qu’il est difficile d’en parler. On sait bien que ce n’est pas net, que c’est très inquiétant. Mais c’est bien vrai qu’on ne peut pas vivre si l’on regarde sans cesse certaines réalités terrifiantes qui nous entourent. Alors on regarde ailleurs...
Sauf qu’ils repartent de plus belle. Avec Sarkozy, la France se relance à fond dans la fabrication et la vente des centrales nucléaires. D’autres pays sont aussi dans la course, mais la France est au coeur de ce business. Alors il faut bien qu’on essaie d’y regarder de plus près...

Le tchernobyl day

Depuis 2 ans est organisé le 26 avril un “Tchernobyl day”, avec des centaines d’initiatives autour de cette date, pour lutter contre l’oubli, aider à comprendre et à intervenir. La rencontre du mercredi 6 mai veut être une contribution.

Il y a 23 ans, donc, la catastrophe de Tchernobyl. Et tout de suite le mensonge. A noter que ce mensonge n’est pas que le fait des seules autorités d’Union Soviétique, puis de Russie, d’Ukraine et du Belarus. Dans ces pays, des scientifiques engagés et des médecins ont été mis en prison pour les faire taire (comme Youri Bandajevsky, qui travaille pour soigner les enfants de Tchernobyl, emprisonné 6 ans en Belarus), mais à un moment certains responsables ont estimé qu’il y aurait des des dizaines de milliers de victimes. On les a fait taire. Et les pouvoirs occidentaux participent à fond à l’organisation du mensonge, parce que les enjeux sont immenses pour les groupes occidentaux. Ce mensonge est aussi couvert par l’ONU, et malheureusement par l’OMS, qui est une émanation de l’ONU et dont la bonne image rassure. En fait, l’OMS applique un accord (longtemps secret) de 1959 OMS/AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique, autre émanation de l’ONU). Cet accord prévoit que les compétences des médecins de l’OMS s’arrêtent sur la frontière du nucléaire, à partir de laquelle les physiciens de l’AIEA (dont la mission est de promouvoir le nucléaire civil) entrent en scène et ont tout pouvoir, y compris pour les questions de santé ! Résultat de cet accord : pendant des années l’OMS n’est pas allée enquêter à Chernobyl. Et elle a couvert les affirmations de l’AIEA.

Et c’est comme ça qu’officiellement, il n’y a eu qu’une cinquantaine de morts suite à Tchernobyl, et 4000 cancers de la thyroïde dans le monde entier ! (bilan de l’AIEA-OMS du 5 septembre 2005). Avec quelques dizaines de milliers de malades, mais qui sont soignés et qui iraient mieux s’ils décidaient de se bouger un peu au lieu de s’apitoyer sur leur sort.
En réalité, les morts se comptent par dizaines de milliers. Et les plus nombreux sont à venir.

Que s’est-il passé à Tchernobyl voici 23 ans ? Un incendie dans le réacteur nucléaire n°4, avec une explosion thermique (pas nucléaire), et une émission considérable de matières radio-actives. Mais dans les jours qui ont suivi, le monde est passé tout près d’une explosion thermonucléaire d’une puissance de 3 à 5 mégatonnes, de 50 à 80 fois Hiroshima, qui plus est à la surface du sol. Elle aurait tout tué dans un rayon de 300 kms et rendu toute vie normale impossible en Europe.
Pour empêcher ça, cette catastrophe qui était considérée possible entre le 8 et 9 mai 1986 - si le coeur en fusion perçait la dalle en béton sur laquelle il reposait et entrait en contact avec une poche d’eau située en dessous -, entre 600 000 et 800 000 hommes se sont sacrifiés/ont été sacrifiés pour aller éteindre l’incendie, jeter du sable et du plomb sur le brasier, qu’ils ont réussi à maîtriser vers le 6 mai... On les a appelé “les liquidateurs”.
V. Grichine, responsable de l’Union Tchernobyl, une des associations de “liquidateurs” qui sont aujourd’hui dispersés dans toute l’ex-URSS (et pas seulement en Russie, en Ukraine et au Bélarus) indique que plus de 60 000 d’entre eux sont morts et 165 000 sont handicapés.
Greenpeace Russie parle de son côté de 67 000 morts entre 1990 et 2004.
L’association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire dit elle qu’il y a eu des dizaines de milliers de morts et que des centaines de milliers de personnes sont malades.
Et il n’est pas sûr que le pic des conséquences soit atteint. Dans la suite de Tchernobyl, des recherches ont prouvé les effets mortels croissants d’une exposition continue à de faibles doses de radiations... Ce que subissent aujourd’hui des millions de personnes suite à Tchernobyl (et à d’autres explosions nucléaires ou guerres avec utilisation d’armes radio-actives). Les conséquences de Tchernobyl sont et seront donc supportées par ceux qui sont nés après ou qui ne sont pas encore nés...

Au moment où les forces liées à l’industrie nucléaire organisent une relance de cette dissémination, et alors que d’autres centrales nucléaires sont dans un état que des connaisseurs de la question jugent inquiétant, il n’est donc pas inutile de s’occuper de ce problème.
Est-ce que c’est un monde comme ça que nous voulons laisser à nos enfants ?



Des liens pour s’informer et comprendre...

-  " Le Sacrifice " - Hommage aux liquidateurs inconnus - documentaire scientifique de Wladimir Tchertkoff (2003) :
http://www.dissident-media.org

-  Les véritables dimensions de la catastrophe de Tchernobyl
(Lettre du Professeur Nesterenko à Wladimir Tchertkoff, Solange Fernex et Bella Belbéoch. "(...) Mon opinion est que nous avons frisé à Tchernobyl une explosion nucléaire. Si elle avait eu lieu, l’Europe serait devenue inhabitable.” (Nesterenko, créateur de l’institut Belrad et membre de l’association “les enfants de Tchernobyl”)

-  Enfants de Tchernobyl Belarus http://enfantsdetchernobylbelarus.doubleclic.asso.fr/

-  Pour l’indépendance de l’OMS - Independance WHO

-  ACDN-Action des citoyens pour le désarmement nucléaire : http://www.acdn.net

Les cafés citoyens sont une initiative des Réseaux citoyens de Saint-Etienne et du café-lecture Le Remue-Méninges. Les rencontres ont lieu chaque mois au Remue-Méninges, 59 rue Désiré Claude (près de la fac de Tréfilerie) http://leremuemeninges.wordpress.com




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