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La Confédération Paysanne installe une ferme place Jean Jaurès à St-Etienne
Les producteurs de lait doivent pouvoir vivre de leur travail !
mercredi 19 août 2009, par Roger Dubien


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dernière minute -
Une ferme installée place Jean Jaurès à St-Etienne
Ce mercredi 19 août, les militants de la Confédération Paysanne ont installé une ferme place Jean Jaurès à St-Etienne, près du kiosque. Dès le 1er jour, 3 vaches ont été amenées, et une vache supplémentaire sera amenée chaque jour jusqu’au 1er septembre, date à laquelle la commissaire européenne à l’agriculture doit être entendue par le Parlement Européen...
Très bonne idée ! ! Qui va permettre à des milliers de stéphanois d’exprimer leur soutien à la lutte des paysans pour vivre de leur travail et produire la nourriture dont nous avons besoin. Les paysans font un travail d’utilité publique. Soyons solidaires de leur combat !


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Ce lundi 17 août, à l’initiative de la Confédération paysanne, une soixantaine de paysans de la Loire et du Rhône ont bloqué l’usine Lactalis-Nestlé d’Andrézieux-Bouthéon. Usine qu’ils ont évacuée dans la nuit - entre autres après qu’une ordonnance d’évacuation ait été obtenue par Lactalis auprès du Tribunal de Montbrison et alors qu’une compagnie de CRS était sous le coude - pour occuper l’usine de la SODIAAL à La Talaudière.
En fait cela fait des mois que la Confédération Paysanne multiplie les initiatives (1)...



Les paysans producteurs de lait sont étranglés par l’effondrement du prix du lait payé par l’industrie laitière (prix tombé en 2009 jusque vers 21 centimes d’euros le litre) et suite à l’accord scandaleux signé le 3 juin sous la houlette du gouvernement et du ministre Barnier par l’industrie laitière et la FNP Lait (c’est-à-dire la FNSEA). Cet accord fixe le prix moyen du lait à 280 euros (en réalité plutôt 265) la tonne pour 2009 (soit 0,28 euro le litre) alors que le coût moyen de production est largement au-dessus (au moins vers 0,33 euro).
Bien sûr, les produits laitiers achetés par les “consommateurs” n’ont pas baissé eux ! Le prix du litre de lait grande consommation - après écrémage - est à plus de 1 euros dans les grandes surfaces... Donc la seule explication possible est que la différence va dans les caisses de l’industrie laitière et des groupes de la grande distribution.

Quelle est la “justification” avancée pour cette baisse ? La surproduction. Comme dans d’autres secteurs de la production agricole (et pas seulement agricole), les “excédents” qui s’échangent sur les marchés mondiaux sont utilisés pour casser les prix payés à tous les producteurs.
Logiquement, la solution est d’avoir des quotas de production notamment au niveau de l’Europe. Ils existent, mais la Commission Européenne est en train de les augmenter ! Pour les supprimer totalement en 2015 ! !
Si l’on veut maintenir les paysans et une agriculture paysanne, et donc payer correctement leur travail, la solution est simple : il faut une maîtrise publique des volumes produits. Et donc il faut baisser les quotas de production, et non les augmenter jusqu’à les faire disparaître.
Mais l’objectif des grands groupes et du gouvernement français est tout autre : augmenter encore leurs profits, sachant que cela entraînera une nouvelle restructuration du monde paysan : la disparition d’environ 30 000 des 86 000 producteurs de lait actuels en France, un nouveau grand pas vers des fermes plus grosses, des “usines à lait” dans quelques régions (“bassins”) les plus favorables à une production laitière à bas coûts.

Pour le département de la Loire, c’est une catastrophe qui se prépare. Car la Loire est le premier département laitier de Rhône-Alpes, avec plus de 2000 fermes qui produisent du lait (soit environ 45% des fermes). La taille des fermes reste souvent modeste, loin des “usines à lait”. D’autre part, les pressions ont été fortes ces dernières années pour des investissements importants de “mise aux normes” des exploitations agricoles. Et maintenant, comment continuer à rembourser les traites d’emprunts alors que le lait est acheté à perte par l’industrie laitière ?

Malheureusement, la FNSEA participe à la mise en place de cette politique, alors qu’elle conduit ouvertement à la disparition d’une nouvelle tranche des paysans.
Car c’est bien un autre des objectifs de l’opération d’effondrement des prix. La commissaire européenne à l’agriculture M. Fisher-Bohl l’a cyniquement confirmé le 22 juillet : pas question de geler ou de baisser les quotas (les volumes de production - ce qui signifie aussi que l’Europe va continuer à inonder les pays du Sud de “poudre de lait”, tuant leur agriculture), car “remettre en question cette politique ne ferait que (...) retarder le processus de restructuration”.
Des usines à lait, dans les régions d’Europe (et d’ailleurs) où on peut en produire au moindre coût : voilà l’un des objectifs des grands groupes de l’industrie laitière, comme Lactalis, qui est le premier collecteur dans la Loire mais qui a tissé sa toile dans 148 pays du monde (voir Lactalis) et qui approvisionne son usine d’Andrézieux avec des camions de lait venant indifféremment de divers pays d’Europe. On imagine facilement aussi les conséquences de tout ça du point de vue écologique, notamment pour le réchauffement climatique...

La “contractualisation” serait un nouveau mauvais coup

La situation est si grave que personne ne peut ouvertement se dire d’accord avec ce qui se passe.
Alors le gouvernement a annoncé un “dispositif de soutien”, des “aides” pour les producteurs de lait. Une duperie. Par exemple, pour la Loire : 220 000 euros pour “sauver la filière laitière” sachant que le minimum versé sera de 500 E par ferme bénéficiaire. Ce qui signifie qu’au maximum 440 fermes (sur plus de 2000) seraient “aidées” à hauteur de 500 euros, alors que chaque mois la perte est de 1000 à 3000 euros ... Pas sérieux.

Surtout, alors que Barnier disait encore vouloir défendre les quotas, le nouveau ministre de l’agriculture Le Maire a tourné la page et prépare une annonce pour début octobre, “un système de régulation autre que les quotas”. Un système de “contractualisation producteurs-industrie laitière”, que la FNSEA soutient déjà.
D’après ce qu’on sait, la contractualisation instituerait 2 ou sans doute plutôt 3 catégories de lait. Il s’agirait du même lait, mais le prix payé au paysan serait différent. Un lait A, dit de grande consommation, mieux payé. Un lait B moins bien payé. Un lait C très peu payé, pour faire de la poudre de lait. Et c’est l’industrie laitière qui déciderait dans quelle catégorie le lait serait payé, au fil des mois ; un paysan ne pourrait pas réduire sa production pour ne vendre à la laiterie que du lait payé en “A”...
Et cette “contractualisation” comporterait un autre volet : l’intégration. Le paysan s’engagerait à acheter les aliments et les autres produits nécessaires à la production de lait (lessive etc...) à l’industrie laitière, perdant un peu plus de son autonomie.
Avec cette politique là, une partie importante des éleveurs laitiers de la Loire disparaîtraient. Contractualisation marche avec restructuration...
La Confédération paysanne refuse cette politique et demande des décisions capables de sauver l’ensemble des producteurs de lait, ainsi que l’a redit Philippe Marquet, secrétaire départemental de la Confédération Paysanne devant Lactalis à Andrézieux.
La Confédération Paysanne annonce d’ores et déjà de nouvelles actions pour le 1er septembre, en direction du Parlement Européen.

Ce n’est pas d’une nouvelle hécatombe dans les campagnes que la société a besoin. Evidemment, en ce moment, tout le monde a sa part de problèmes. Mais ils sont liés, et la solidarité est indispensable. Dans l’agriculture c’est ni plus ni moins un plan de plus de 30 000 licenciements qui est en cours. Avec ses conséquences en chaîne dans les communes...
On a besoin de paysans. On a besoin d’une agriculture paysanne. On a besoin de relocaliser la production de la nourriture et de relocaliser toute l’économie. Ce qui se passe actuellement renforce l’urgence de développer toutes les formes de circuits courts, comme les AMAP par exemple. En même temps, nous devons exiger des décisions politiques qui obligent l’industrie laitière et la grande distribution (qui contrôle aujourd’hui plus de 90% de la distribution de l’alimentation) à payer correctement le lait aux paysans.



(1) Entre autres actions organisées ces derniers mois :

-  au lendemain du congrès national de la Conf’ Paysanne tenu à St-Etienne fin avril, une manifestation avait eu lieu le 25 mai devant la Préfecture avec vente de lait à 21 centimes d’euros le litre, prix alors payé par l’industrie laitière aux paysans (voir). Cette action avait lieu à la veille de “l’accord” du 3 juin fixant la prix du lait à 280 euros la tonne (voir : ce qui est en train de se passer autour du prix du lait)

-  Le 4 juillet, marche dans les rues de St-Etienne, de la Chambre d’Agriculture à la Préfecture (voir. Dans les jours suivant, la Préfecture était bloquée et le Préfet faisait intervenir les CRS...

-  Le 14 juillet, une manifestation européenne a eu lieu à Strasbourg, auprès du Parlement Européen. Dans la Loire et dans d’autres départements, elle avait été précédée d’autres actions : caravanes du lait...

-  Le 29 juillet dernier encore, c’est en direction du Crédit Agricole que les militants de la Confédération Paysanne de la Loire ont agi, en occupant le siège stéphanois de la banque à Bergson ... Avec le prix du lait qui leur est payé, les paysans sont à découvert et doivent payer de plus en plus d’agios et n’arrivent plus à payer leurs fournisseurs et à rembourser leurs emprunts. Evidemment, beaucoup ne peuvent se payer eux-mêmes pour leur travail. Alors les banques ont sorti un panel de propositions “pour en tirer un peu plus”. Par exemple des prêts à court terme pour payer les prêts de moyen et long terme et pour servir de relais jusqu’à l’arrivée des primes PAC en fin d’année, des primes qui sont “déjà bouffées à 100% pour certains”...

Le site de la Conf paysanne




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