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Les paysans ont mis “les responsables” devant leurs responsabilités
Des journées “mairies fermées” en soutien aux paysans vont être organisées dans toute la Loire.
mercredi 23 septembre 2009


Certains sont sourds, alors ce lundi 21 septembre, les paysans ont décidé de leur montrer des images.

Rendez-vous était donné à 11h au Musée d’Art Moderne, à l’entrée nord de St-Etienne.
D’une fois sur l’autre la participation grossit, on le sait maintenant. Là ça devient énorme : près de 300 paysans sont là, alors qu’une douzaine de tracteurs avec une dizaine de tonnes à lisier sont alignées sur la route proche. Dans les cuves, 60 000 litres de lait collectés dans les fermes qui font la grève du lait.



Retrouvailles, échanges de nouvelles, discussions. Il en ressort que le mouvement s’étend, que la grève du lait et les actions se propagent. Et que les paysans se serrent les coudes.
Ainsi ce paysan des Monts du Lyonnais qui explique que pour une action récente, au milieu de la nuit, ils se sont retrouvés à 4 dans la même voiture. Un paysan non syndiqué au volant. Lui-même militant de la Confédération Paysanne, son voisin militant de la FDSEA, et son autre voisin, militant de la Coordination rurale. Aucun problème, ils n’ont pas eu d’accident. Mais le camion laitier a arrêté sa tournée, lui, les 4 roues dégonflées vite fait bien fait.

Premières prises de paroles. Philippe Marquet, de la Confédération paysanne indique que les paysans sont de plus en plus nombreux dans la grève du lait. Que ça commence à se sentir du côté du ministre. Samedi, Le Maire a quasiment expliqué que la contractualisation préparée par l’industrie laitière - c’est-à-dire l’intégration des paysans ligotés par les groupes de l’industrie laitière - avait vécu avant même d’être mise en place. Evidemment, il faudra rendre ça définitif...
“Paysans, on est tous voisins, on a tous nos choix personnels, on se respecte, comme quand on ensile ensemble”. Aloïs Klein, de la Conf’ du Rhône explique que “s’est créée une unité à la base entre paysans des différents syndicats”, “pour un prix rémunérateur sur nos fermes”. Il n’y aura pas de guerre entre paysans. C’est un rassemblement qui se crée, et pour se battre au coude à coude.
Après lui prend la parole Maurice, de la Coordination rurale. Quelques dizaines de minutes plus tard, devant la Chambre d’Agriculture noyée sous le lait, des militants de la FDSEA et des JA-Jeunes Agriculteurs prendront à leur tour la parole. Pour appeler eux aussi à la lutte ensemble.
Du jamais vu.
Se côtoient donc dans le cortège qui se forme - direction la Chambre d’Agriculture, puisqu’il a été décidé de passer à un nouveau degré dans l’action - des badges et drapeaux de la Conf’, des badges rouges improvisés par les militants de la FDSEA et des JA, des maillots blancs de la coordination rurale, de l’EMB-European Milk Board. D’autres ont écrit “non syndiqué”. Sur des panneaux aussi, le nom de l’APLI. C’est le monde paysan qui se rassemble pour ne pas se laisser détruire.

La manifestation arrive vers le complexe de la Chambre d’agriculture. Au milieu, il y a une sorte de place autour de laquelle sont disposés les bâtiments et les entrées de la Chambre, de Groupama, de la MSA et de l’ADASEA. Les paysans sont ici chez eux. Mais l’entrée de cette place a été barrée par une chaîne tendue entre deux poteaux en fer. Un stratège a peut-être voulu empêcher les tracteurs de s’approcher. Solide d’ailleurs, la chaîne, les poteaux viennent même un peu avec. Et puis ça casse. Laissez passer le lait...

Oui, les centaines de paysans sont là sont chez eux. Ce sont eux qui ont construit et financé ces outils sensés aider à faire vivre leur profession. C’est pourquoi la colère est si profonde, quand ils voient que des responsables qui devraient les représenter les trahissent en soutenant la politique des groupes de l’industrie laitière et des milieux politiques ultralibéraux européens.

Le président de la Chambre Raymond Vial est là. On sait que son discours varie selon le public (il avait expliqué récemment à Roche la Molière qu’en dessous de 32 centimes le litre de lait, non seulement les paysans ne pouvaient pas se payer de salaires, mais que ça ne couvrait même pas les charges ; et puis lundi dernier en Préfecture, il a soutenu “l’accord” fixant le litre à 26/28 centimes, et la suppression des quotas de production). Apparemment, il ne comprend pas bien la situation et pense peut-être que ceux qui sont là peuvent se laisser enfumer. Sa présence passe quasiment inaperçue...

Les présents sont venus pour délivrer un message clair. Le message, c’est : cette fois, ça suffit, vous devez vous rendre compte que  “cette politique est en train de nous faire crever, et ceux qui produisent le lait n’ont pas l’intention de crever”.   
Tour à tour, les portes et les bureaux et les façades de la Chambre, de la MSA, de Groupama puis de l’ADASEA reçoivent des milliers de litres de lait. Ici personne n’hésite, et tout le monde est partie prenante. Il faut qu’”ils” comprennent. Certains des paysans qui sont là ont commencé les actions et les campagnes d’explications il y a un an maintenant ! Puisque certains sont sourds, on est venu aujourd’hui leur montrer des images.



Un dirigeant (de quoi ? De la MSA ou de l’ADASEA peut-être) vient faire le malin en vitupérant contre cette action et en disant qu’il n’y peut rien, à la situation, et qu’ils font ce qu’ils peuvent - c’est à dire rien - mais que ce serait pire s’ils n’étaient pas là. Plusieurs personnes lui demandent de prendre ses responsabilités et de se joindre à l’action. Surtout que quand les paysans seront liquidés, que fera-t-il, lui ? Mais non, ce sont ceux qui résistent qui ont tort et sont des irresponsables. Alors il se prend un seau de lait ; ça ne fait pas mal, et ça rappelle pourquoi tout le monde est là. Bernard Gerin lui rappelle aussi au passage que cet été le directeur de la MSA est parti avec 400 000 euros d’indemnité de départ, soit à peu près le double de l’argent débloqué par l’Etat pour “aider” les 2 000 producteurs de lait de la Loire ! ! Apparemment cette bizarrerie ne l’interpelle pas non plus. Et la discussion montre que si les paysans crèvent, il espère quand même continuer à toucher son salaire. Quelqu’un dit qu’il y a toujours eu une partie des gens qui ont obéi aux ordres sans se poser de questions sur la justesse des ordres... La discussion est close. Ce monsieur parle du lait, un problème qu’il ne voit que de loin, mais maintenant, il faut qu’il aille l’éponger.

Le boulot d’épandage terminé, moment de discussion, pour décider ensemble de la suite, sur la place, au milieu des bâtiments. Philippe Marquet : “on vient de balancer notre lait sur les façades des Chambres (...) On a fait sauter aujourd’hui le même tabou que dans le Rhône (...) le président de la Chambre a vu notre mobilisation. Et il a vu les autocollants rouges" (plusieurs dizaines de militants FDSEA - son propre syndicat - et JA)... Il rappelle que le président de la Chambre de la Loire appuie le projet de contractualisation concocté par l’industrie laitière, dont pas un paysan ne veut...
Ce qu’on est en train de mettre en place, ce n’est pas la guerre des paysans entre eux. Les responsables doivent prendre leurs responsabilités pour défendre les producteurs, ou bien partir.
Prise de parole d’un militant de la FDSEA et des JA. Il demande un prix rémunérateur et une maîtrise des volumes. “Les reports d’annuités, on n’en a rien à foutre”. Il faut raisonner de façon tordue quand même pour penser qu’il va suffire de reporter les dettes qui augmentent tous les jours puisque chaque nouveau litre de lait est vendu à perte !

Donc renforcer l’action, partout.

Le Maire d’une commune des Monts du Lyonnais, présent dans la manifestation avec son écharpe (il a préféré être là qu’au banquet de la Foire), prend alors la parole. Alain Gouy, est maire de Chatelus. Il y avait encore récemment 5 paysans dans son village. Il en reste 2. Ils sont là, et lui est avec eux aujourd’hui. Il explique pourquoi il ne conçoit pas sa commune sans des paysans...



Et pour l’action d’aujourd’hui, que faire d’autre ? Laurent Pinatel rappelle qu’il y a la Foire de St-Etienne, avec aujourd’hui même le repas de tous les maires et de tous les élus du département, invités par le Maire de St-Etienne. Comme il est important aussi “d’interpeller les politiques”, décision est prise d’aller tous Plaine Achille, pour parler aux élus et demander leur soutien et leur action.
Quelqu’un rappelle qu’il reste un peu de lait dans les tonnes. A tout hasard. Mais le départ pour la Plaine Achille ne se fait pas avec l’idée d’épandre, mais de discuter. La suite montrera que parfois, pour pouvoir discuter, il faut d’abord commencer par épandre...

Ce qui vient de se passer à la Chambre d’Agriculture est éminemment symbolique. Le message a été écrit blanc sur noir : la situation est urgente, et les paysans attendent des organisations professionnelles agricoles et de leurs responsables qu’elles les soutiennent au lieu de les trahir et de participer à leur élimination.

Lire la suite : Les élus de la Loire invités à s’engager




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