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Yamin Makri : "Respecter la mémoire de chacun, connaître l’autre, construire un avenir commun"
jeudi 15 avril 2004


Jeudi 19 février a eu lieu à St-Etienne une conférence - débat : "Islam et Laïcité". Cette soirée, à laquelle un peu plus de 100 personnes ont participé, voulait être une contribution au débat sur la laïcité et sur l’école.
Elle faisait suite à la soirée - débat sur l’islamophobie du 1er décembre (750 personnes salle Jeanne d’Arc avec Mouloud Aounit, Tarik Ramadan et Vincent Geisser), et aussi au débat sur les discriminations qui a eu lieu au Forum Social Local de St-Etienne avec Abdelaziz Chaambi et Mohamed Chouieb.
Cette soirée a été organisée par l’Union des Associations Musulmanes de la Loire, l’association "Point de Vue", le Réseau Egalité des droits et Lutte contre le Racisme, l’APEIS, et le Forum des Réseaux Citoyens.
Nous avons publié un compte-rendu des inteventions de Michel Morineau, Gérard Di Cicco et Raymond Vasselon. Voici un résumé de celle de Yamin Makri.

Yamin Makri est porte-parole du Collectif des Musulmans de France.

Yamin Makri a rappelé qu’il y a 8 ans, deux jeunes filles avaient été exclues d’un collège de la banlieue lyonnaise. Cela fait une dizaine années que régulièrement des filles se font exclure. Il estime que cette loi anti-foulard n’est, en fait, qu’une manipulation politicienne. Mais qu’au-delà de cette manipulation, et au delà du racisme sous-jacent, ce qui se passe fait apparaître qu’il y a un véritable problème d’intégration des mémoires. Il y a un gouffre d’incompréhension. Beaucoup de personnes, loin d’être racistes soutiennent rageusement cette loi qui, elle, est raciste. Pour dépasser ces incompréhensions, nous avons besoin de travailler au respect de la mémoire de chacun. Et de connaître l’histoire de l’autre. Les citoyens français (ou non) de confession musulmane doivent prendre en compte la mémoire souvent douloureuse de l’Europe. La France et l’Europe doivent prendre en compte l’histoire et la mémoire de la colonisation.

Yamin Makri rappelle que l’Algérie coloniale était théoriquement laïque, de 1905 à 1962, puisqu’elle était 3 départements français. Dans une logique d’oppression, le gouvernorat d’Alger s’est opposé à l’application de toutes les lois laïques sur les départements algériens. Le pouvoir politique gérait directement le culte musulman. Les imams étaient salariés de l’Etat. L’impératif de répression et de contrôle des populations "indigènes" obligeait l’Etat laïque à trahir ses propres principes et à mêler, sans aucun scrupule, le religieux et le politique.

Ibn Badis, Président de l’association des Oulémas algérien, réformiste musulman, dénonçait cette trahison et réclamait (dès les années 30 ! !) l’application de la loi 1905 en Algérie. En fait, Ibn Badis réclamait une citoyenneté pleine et entière pour ceux qu’on appelait "les indigènes". La réponse du pouvoir colonial fut la répression. En métropole, on avalisa l’idée que l’idéal laïque ne pouvait pas s’appliquer à tous. On institua des lois d’exception qui conduisit à la guerre, puis à l’indépendance de l’Algérie.

Enfant de la colonisation, Yamin Makri rappelle que les pouvoirs politiques (de droite et de gauche) ont trahi, dans le passé, les idéaux qu’ils étaient censés défendre et/ou représenter. Jusqu’à aujourd’hui, il y a des personnalités politiques (de droite et de gauche) et des intellectuels (de droite et de gauche) qui, au non de la laïcité, promeuvent des lois racistes et des lois d’exceptions.

On justifie cela, comme durant la période coloniale, par une incompatibilité entre Islam et Laïcité. Yamin Makri indique qu’être musulman et laïque, c’est parfaitement possible. Dès les premiers siècles qui suivirent la Révélation coranique, les jurisconsultes musulmans opérèrent une nette séparation entre les affaires sociales et des affaires cultuelles. Même si l’Islam se considère comme une foi qui englobe tous les aspects de la vie d’un individu, cela n’implique en aucun cas la confusion entre la sphère cultuelle et religieuse.

Pour l’avenir, il estime que ce qui s’est passé ces derniers mois est révélateur des dynamiques qui s’enclenchent en France. Il pense qu’il faut être toujours disponible pour dialoguer, même avec des personnes qui ont des positions très tranchées vis à vis des musulmans. Beaucoup de choses ont changé en 8 ans.

Le 17 janvier 2004, par exemple, 150 associations musulmanes se sont rencontrées et ont décidé d’utiliser le Droit pour combattre les discriminations. Avec la création, par exemple, d’un Observatoire national de l’islamophobie chargé de recenser les différents cas et de les porter devant les tribunaux.

A été créé aussi ces dernières semaines un collectif "féministes pour l’égalité" qui rassemble des femmes issues de l’immigration ou non, voilées ou non. L’enjeu est fondamental, car si ces dernières années, il y a eu une énorme manipulation politicienne de la question de la laïcité, aujourd’hui c’est la question de l’émancipation féminine qui est mis en avant

Le 14 février 2004, 12 villes de France se sont coordonnées pour une manifestation nationale sur des mots d’ordre communs : "une école pour tou(te)s, non aux loi d’exclusion". Ce sont, espère Yamin Makri, les prémices d’un mouvement national pour les droits civiques. C’est prometteur, il faut maintenir la dynamique...




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