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JUSTICE SOCIALE ET CRISE ÉCOLOGIQUE :
quels actes saurons-nous faire en 2010 ?
dimanche 3 janvier 2010, par Roger Dubien


En décembre, à Copenhague, la 15ème conférence mondiale de l’ONU sur le climat n’a pas abouti aux décisions jugées indispensables pour avoir une chance de limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°, et essayer d’éviter un emballement. 2 degrés qui auraient déjà des conséquences gravissimes pour nombre de pays pauvres du sud, notamment d’Afrique.

"Echec", "fiasco"... l’"accord de Copenhague" présenté en fin de conférence, élaboré par quelques pays en dehors du processus de l’ONU, se borne à afficher cet objectif de 2° sans rien décider de contraignant pour arriver à d’importantes réductions des émissions de gaz à effets de serre (GES) dès les prochaines années. Il n’a pas été entériné par la COP - la "conférence des parties", c’est à dire l’assemblée de tous les pays présents, il a seulement été annexé au bilan de la conférence comme une note d’information...
L’échec est aussi dans le montant très faible des sommes d’argent débloquées par les pays riches - qui ont émis depuis 150 ans la plus grosse partie des GES - pour aider les pays du Sud à faire face à cette crise climatique qui les frappera de plein fouet, et à trouver des "voies de développement" différentes.

A écouter les grands médias, les USA et la Chine ont une lourde responsabilité. Oui, bien sûr. Mais la France et l’Europe auraient pu montrer l’exemple, avec moins de discours et plus d’actes.
D’autant que, concernant les quantités de GES émises en fin de compte par les uns et les autres, il faudra regarder les choses de plus près. Les financiers des pays capitalistes du Nord délocalisent des productions dans les "pays émergents", et ré-importent les marchandises. Mauvais pour l’emploi et pour le bilan carbone, très bon pour les profits. Et comme ça, aussi, les GES sont produits là-bas, mais pour fabriquer des produits qui sont consommés ici. Pour calculer honnêtement une "empreinte écologique" et les quantités de GES émises par les différents pays, il faudrait donc prendre en compte qui consomme ces produits, et pas seulement où ils sont produits.

Et maintenant, faut-il attendre la 16ème Conférence, à Mexico fin 2010, en espérant/attendant que des décisions meilleures y seront prises ? Il y a mieux à faire que de se désespérer, ou d’en rire en regardant les guignols de l’info pour avoir l’impression qu’on ne nous la fait pas.

Car Copenhague a montré aussi un autre côté des choses : la crise écologique et la question du climat sont maintenant au coeur de la politique mondiale.
Sur son blog tenu depuis Copenhague, Hervé Kempf a montré la complexité de ce qui s’est exprimé là-bas.
Voir Copenhago Blogo. Du côté "officiel", mais aussi du côté citoyen, associatif, populaire, où il s’est passé beaucoup plus de choses que les médias ne l’ont dit.

Par exemple :
-  Le capitalisme a été mis en cause au sein même de la Conférence. Il y a eu l’épisode de Hugo Chavez qui en séance plénière a brandi le livre d’Hervé Kempf "comment les riches détruisent la planète". (1)
Evo Morales, Président de la Bolivie est allé dans le même sens, en parlant de la Pachamama (2).
Ces interventions, et d’autres, ont recueilli en séance plénière des applaudissements nourris.
Il faut avoir en tête cependant que beaucoup des chefs d’Etat qui étaient là, même ceux qui dirigent des pays du Sud et qui s’affirment de gauche - voir par ex le Brésil de Lula -, n’imaginent pas un autre mode de développement, et conçoivent toujours la réduction de la pauvreté par une augmentation de la croissance et le développement capitaliste. Ce qui se passe au Brésil et ailleurs en Amérique du Sud dans le domaine de l’agriculture (soja OGM pour l’exportation, déforestation, pesticides, accaparement des terres) et du développement des exploitations minières, est catastrophique...

-  Le capitalisme néo-libéral, la course à la croissance et aux profits ont été mis en cause par des dizaines de milliers de manifestants, surtout des jeunes, venus de toute la planète. C’est par exemple ce qui s’est exprimé avec le mouvement "Climate-Justice-Action". Voir le site http://www.climate-justice-action.org
Leur exigence est : "changer le système pour arrêter de changer le climat"

Les actions de ces manifestants ont subi une répression inquiétante (militants enfermés dans des cages, certains sont d’ailleurs encore emprisonnés), alors même que les manifestations étaient non violentes.

A leur image, est en train de monter partout dans les sociétés civiles la compréhension qu’il faut prendre à bras le corps ensemble la crise écologique et la crise sociale, que l’heure est à reprendre le combat pour l’émancipation sociale, en le mariant avec le combat écologique, surtout que ce sont - comme d’habitude - d’abord les pauvres qui paieront l’ardoise des catastrophes annoncées.

Les dernières décennies nous ont montré qu’il n’y avait pas de "sens de l’histoire". Qu’il y avait par contre un "mythe du progrès" et qu’il s’est effondré. Mais que nous pouvions nous engager pour affronter les situations qui se créent, construire du sens et influer sur ce qui se met en place jour après jour.

C’est pourquoi, si nous voulons que des décisions politiques mondiales à la hauteur aient une chance d’être prises à Mexico dans un an, nous devons savoir que c’est dès maintenant que cela se joue, dans les décisions et les initiatives qui seront prises ou pas dans tous les territoires où nous habitons, et que c’est là que nous avons une puissance d’agir.

Par exemple, pour notre région,
-  Dans le domaine des transports : allons-nous laisser gaspiller des milliards de fonds publics, saccager des centaines d’hectares de terres agricoles, pour développer encore la circulation automobile, les transports par camions et les émissions de GES et autres pollutions en construisant l’autoroute A45 ? Ce projet est bien malade. Il doit être abandonné et l’argent mis à développer les transports en commun, et notamment le train entre St-Etienne et Lyon.
-  Dans le domaine de l’alimentation et de la production de la nourriture, nous pouvons concrètement faire reculer l’agriculture et l’élevage industriels, qui produisent les résultats que l’on sait et qui sont en train d’éliminer les paysans - par exemple les producteurs de lait pour qui rien ne s’est arrangé ces derniers mois. En développant les AMAP et les autres formes de circuits courts, on peut à la fois mieux se nourrir, défendre l’agriculture paysanne et rémunérer correctement le travail des paysans, relocaliser l’économie et réduire les transports, créer des emplois, lutter contre le réchauffement climatique.
A travers la ré-organisation du fonctionnement et de l’approvisionnement des cantines publiques - notamment scolaires - les mairies et autres collectivités peuvent y participer fortement pour peu qu’elles veuillent se dégager de la main-mise des grands groupes de la restauration, de la grande distribution et de leurs centrales d’achat.
-  dans le domaine de la production industrielle, les délocalisations pour des raisons uniquement financières qui frappent de nombreuses entreprises de la région vont-elles continuer, avec ce que cela signifie de licenciements et de souffrances humaines, de gaspillages et d’aggravation des problèmes écologiques ?

Quelques mois avant cette conférence climatique mondiale, un appel avait été lancé à "relocaliser Copenhague" : à changer les choses dans les territoires où nous vivons.
Ce qui vient de se passer montre que c’est bien la bonne démarche, et que c’est la seule qui nous permette de sortir de l’impuissance. C’est là où nous vivons que nous pouvons retrouver de la puissance d’agir. Et c’est ce que les citoyens et les sociétés civiles seront capables de faire dans les prochains moins qui se traduira peut-être fin 2010 dans les décisions de la conférence de Mexico.

C’est aussi la mobilisation citoyenne qui peut imposer une contribution climat-énergie - une taxe carbone - qui soit juste et efficace, en taxant ce qui est consommation d’énergie non renouvelable et en utilisant l’argent pour mener des politiques sociales de réduction des inégalités et pour développer tout ce qui est politiques écologiques (transports en commun, logements...)

Bref : alors que notre planète aujourd’hui ordonnée par le capitalisme néo-libéral est ravagée par les inégalités et la misère et que l’essentiel de la crise écologique est devant nous, c’est à nous de multiplier les expériences et les tentatives qui feront peut-être émerger un jour un autre mode de développement.

Quels actes saurons-nous faire en 2010 ?


Hervé Kempf, à St-Etienne, pour un café citoyen au Remue-Méninges le 30 janvier 2009, autour de son livre "Pour sauver la planète, sortez du capitalisme"... (voir)
Le site de Hervé Kempf : Reporterre


Notes

(1) - Quand Chavez brandit le livre d’Hervé Kempf "Como los ricos destruyen el planeta ?


Chavez à Copenhague 1/2 Sous-titré fr

La suite de son intervention est à chavez_copenhague

Lu sur le blog d’Hervé Kempf :
Chavez) monte à la tribune, ses documents dans la main. Vingt minutes de festival. Tiens, Alain Juppé arrive, va s’assoir. Chavez : "A bas la dictaure impériale... il n’y a pas de démocratie... Deux jeunes sont montés à la tribune, je salue tous ceux qui sont dehors [les manifestants], ce sont des jeunes, ils sont préoccupés de l’avenir... Un fantôme rôde parmi nous, dans les couloirs, dans cette salle, personne n’ose le nommer, c’est le capitalisme !... Les manifestants ont deux slogans que je reprends mon compte : "Changer le système, pas le climat", et "Si le climat était une banque, on l’aurait déjà sauvé". Applaudissements, comme souvent ensuite, et comme quand les deux jeunes criaient, tout à l’heure. La majorité des délégués viennent de pays du sud, et ils se défoulent.
Et puis Chavez dit : "Je recommande le livre de Hervé Kempf, vous pouvez l’avoir en espagnol et en français, en anglais probablement, Como los ricos destruyen el planeta, Hervé - Kempf (...) Le Christ a dit : il est plus facile à un chameau de passer dans le trou d’une aiguille qu’à un riche de rentrer au paradis. Les riches détruisent la planète. Peut-être pensent-ils qu’il y en aura une autre quand ils auront détruit celle-ci, mais je ne peux en voir aucune dans la galaxie pour l’instant. Ignacio Ramonet m’a donné ce livre(...) à la fin de l’introduction, il y a une phrase très importante : Kempf dit ceci : "Nous ne pourrons pas réduire la consommation matérielle si nous ne veillons pas à ce que les tout puissants descendent de plusieurs échelons, et si nous ne luttons pas contre les inégalités. Moins consommer, mieux partager." Je crois que c’est un excellent conseil que nous donne cet écrivain français, Hervé Kempf. Ceci dit, Monsieur le président, le changement climatique... " (...) "7 % de la population font 50 % des émissions mondiales, 50 % de la population font 7 % des émissions... le changement climatique n’est pas le seul problème dont souffre l’humanité...".


(2) Evo Morales, président de la Bolivie : "Le capitalisme est une culture de la mort...
Il y a eu des trillions de dollars pour la guerre en Irak, mais dix milliards de dollars pour le climat, ce n’est pas juste... Les migrations causées par le changement climatique chez nos frères d’Afrique, on a été envahis et spoliés en tant que peuples indigènes, mais quand les frères viennent chercher du travail aux Etats-Unis ou en Europe, ils sont jetés dehors... On parle du marché libre ; mais il n’y a pas de liberté de mouvement pour les êtres humains (...) L’objectif est de limiter le réchauffement global à 1° C, sinon, l’Afrique connaîtra l’holocauste".

La Bolivie milite pour la reconnaissance de Pachamama, nom de la Terre mère dans les cultures indigènes. "La Terre ne peut être considérée comme une simple ressource naturelle (...) la Terre est la maison de tous les êtres vivants. La Terre est la vie elle-même"
(...)"Pour guérir Mère Terre, continue Morales, il est nécessaire de comprendre que sa maladie a un nom : le système capitaliste mondialisé. Il n’est pas suffisant, pas juste, de dire que le changement climatique est le résultat de l’activité des êtres humains. Il est nécessaire de dire que c’est un système, une façon de penser et de sentir, une façon de produire la richesse et la pauvreté, un mode de ’développement’ qui nous conduisent au bord de l’abîme." Et de conclure : "Afin de préserver la planète, la vie, et l’espèce humaine, nous devons en finir avec le capitalisme."
Lire, sur Reporterre : Pachamama




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