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PIERRE RABHI À SAINT-ETIENNE
L’anecdote du colibri...
jeudi 29 avril 2004, par Roger Dubien


Salle Jeanne d’Arc comble (700 personnes), lundi 19 avril, pour la conférence de Pierre Rabhi, organisée par l’association "Le baraban".
Et pas mal d’idées intéressantes pour faire à réfléchir... Ce qui suit est une réaction à chaud, et des impressions, pas plus...

Pierre Rabhi, qui fut presque jusqu’au bout candidat à la présidentielle de 2002, "pour y porter des idées", a raconté son histoire.
Un type qui n’a pas perdu son temps.

Il est né en 1938 dans une oasis du désert algérien. Son père était forgeron. Le système hautement élaboré (pas facile de vivre avec 55° à l’ombre et 75 à 80° au soleil), et en équilibre avec la nature, construit par les hommes, qu’est une oasis, a été bouleversé par l’arrivée des occidentaux - français en l’occurrence - qui y ont ouvert une mine.
Alors, des hommes ont quitté la lumière pour s’enfoncer dans les galeries. Les hommes ont commencé à y travailler au début par intermittence : ils n’y retournaient que quand ils avaient "fini de dépenser leur argent", celui des salaires, à la grande stupéfaction et colère des propriétaires de l’affaire.
Mais petit à petit, la "modernité" s’est imposée et les hommes ont appris à "vivre pour travailler" (à un moment, Rabhi a parlé - très intéressant - du "travail", avec lequel il "a un problème", alors même qu’il passe visiblement son temps à agir et à réfléchir...). Alors le père de Pierre Rabhi a dû aussi descendre à la mine : plus grand monde dans l’oasis n’avait utilité de ses fabrications et de son savoir-faire. Il a aussi réfléchi à l’avenir possible dans cette nouvelle donne et décidé, à la mort de sa femme, de confier son fils de 5 ans à un couple de français, elle enseignante, lui ingénieur, pour lui donner une solide éducation liée à ce monde nouveau.
Et puis la guerre d’Algérie. Rabhi se sent proche de Ghandi et choisit définitivement la non-violence. Avec "oeil pour oeil et dent pour dent", on va "vers un monde d’aveugles et d’édentés"...
Venue ensuite en France. Etudes. Difficultés à trouver sa place dans ce système là. Productiviste. Où il n’y a guère de place pour l’humanisme.
Rabhi est embauché comme OS chez Soméca, à fabriquer des pièces pour les tracteurs. Puis lors de son mariage, il choisit de devenir paysan. De s’installer dans les Cévennes. Beaucoup de fermes abandonnées. Les paysans, qui avaient élaboré eux aussi un système hautement complexe, sont eux aussi descendus travailler à la mine dans le bassin d’Alès etc...
La montagne, le climat froid, peu d’eau, pas d’électricité. Après une expérience d’ouvrier agricole, 3 ans, pour apprendre le métier, il monte un troupeau de 30 chèvres, et fait aussi des fruits.
Déjà : autolimitation. En bisbille avec le crédit agricole, qui ne prête de l’argent que pour ceux qui ont des projets de nature différente, conformes au système : agriculture productiviste etc...
Pierre Rabhi et sa femme y arrivent quand même. 5 enfants, qui font des études... Il s’occupe aussi de ce qui se passe dans le monde, travaille avec l’ex Haute Volta, devenue Burkina Faso. Dans un vaste programme liant un tourisme plus intelligent et la formation des paysans qui travaillent comme il y a des millénaires. Il s’occupe de ça, fonde le CRIAL, devient quasi conseiller du président Thomas Sankara, leader de la révolution burkinabé, qui veut faire de cette agriculture écologique la politique du pays : produire en régénérant le milieu naturel, pas en le détruisant. Mais Sankara est assassiné...
Il continue ailleurs. Un peu partout...

Rabhi parle de l’état de la planète. De ce système technologique, productiviste, né en Occident et que l’Occident impose à l’ensemble du monde. Et qui mène cette terre magnifique à la catastrophe en épuisant ses ressources, et dans une grande inégalité : 5 personnes autour d’une table. 5 pommes. L’occidental, qui est 1, en prend 4. Il en reste 1 pour les 4 autres. Le suivant en prend la moitié. Il reste une moitié pour 3. Le suivant prend 1 quart de la pomme. Et les deux autres se partagent - inégalement - le dernier quart. Voilà en gros la répartition actuelle. La solution, c’est un autre partage, ce qui signifie une décroissance dans les 20% de l’humanité qui raflent 80% des richesses.

Alors qu’est-ce qu’on peut faire ? En parler, prendre conscience. Et adopter une attitude personnelle citoyenne. Rabhi en reste là : une attitude personnelle citoyenne qu’il appelle à généraliser, une prise de conscience personnelle généralisée. Rabhi propose à tout le monde de "cultiver un jardin, son jardin", un "acte politique fondamental".
La "politique" et "les politiques" : il ne méprise pas. Certains font des choses dans le bon sens. Lui, il travaille au niveau des idées, les questions de pouvoir ne l’intéressent pas.
Le système qui a pris le dessus, Rabhi l’appelle "technologique", "productiviste". Je ne crois pas qu’il ait utilisé le mot "libéralisme". Il a parlé de "marchandises", mais il n’a à aucun moment parlé de "capitalisme". Un peu étonnant. Parce que c’est quand même l’instauration de ces rapports sociaux-là qui est à la racine du bouleversement du monde, du "désanchantement du monde" (mots qu’il n’a pas utilisés, mais c’était bien l’idée), de la "modernité" occidentale...
Et les multinationales ? Rabhi en parle. Il pense qu’elles disparaîtront le jour où l’on n’aura plus besoin d’elles, où l’on pourra se passer d’elles. Où l’on aura appris à se passer d’elles. Oui, bien sûr. Mais le problème c’est peut-être qu’elles ont décidé elles qu’on ne devait pas pouvoir se passer d’elles. Voir pour l’eau par exemple...
Le désarmement ? il plaide pour, bien sûr et expose comment avec 5 % seulement des sommes englouties dans les armes, on ferait de grandes choses pour le développement (nourrir, soigner, loger...). Il a donc participé, et en ressort un peu déçu, à des conférences internationales (PNUCED...). Il pense qu’il faut essayer de "contrôler" et de "diminuer" les fabrications d’armement. On n’a pas l’impression qu’il plaide pour un désarmement radical. Par "réalisme" ?
La relocalisation de l’économie. Nécessaire. Il rappelle cette affaire des 2 camions de tomates, il y a quelques années à peine : l’un venant d’Espagne, roulant en direction de la Hollande où ces tomates devaient être vendues. L’autre venant de Hollande et roulant en direction de l’Espagne, où son chargement devait être vendu. Ils se sont ... rentrés dedans dans la vallée du Rhône. Il y a des moments où il devient évident que quelque chose ne tourne pas rond...

Rabhi a raconté à la fin de son intervention des "anecdotes". Celle des "boites" dont ce système fait de chaque vie humaine une succession, de la naissance à la mort. Bien vu.
Et puis celles du Colibri. Un petit oiseau, beau et fragile.
Lors d’un feu de forêt, tous les animaux s’enfuient, pour essayer de sauver leur peau. Et puis il y a un colibri qui s’active. Sans arrêt, il prend une goutte d’eau dans son bec et vient la jeter sur le feu. Il y a là aussi un tatou, qui lui dit : "tu es fou colibri, tu vois bien que ça ne change rien ce que tu fais, tu n’arrêteras pas l’incendie". "Je sais, répond le colibri, mais je fais ma part."
Faire sa part. Rabhi appelle à multiplier les colibris. D’ailleurs, suite à sa campagne présidentielle, des clubs "colibri" se sont créés dans un certain nombre de villes.
Il a sans doute raison ce colibri. Mais ça risque quand même de ne pas suffire. Que pense les Messier et les Bush et les Sharon des colibris ? Il faut sûrement qu’on essaie aussi en même temps d’autres chemins pour construire un autre monde.
Au passage, à un moment, Rabhi parle de la volonté d’oppression qui existe aussi chez une partie des opprimés. Bien vu aussi. Mais on peut peut-être regarder quoi faire dans ce domaine. C’est la conscience de ça qui a été par exemple l’une des sources de la démocratie participative et du budget participatif imaginés par les militants de Porto Alegre, sortant des prisons de la dictature militaire et ayant réfléchi aussi au stalinisme et à l’étatisme.

Au fond, la question de la décroissance, pour l’avenir de la planète et de l’humanité, est au coeur de ce que dit Pierre Rabhi. Sachant que la décroissance de Rabhi n’est pas celle de Walden Bello ou de Nicanor Perlas. Une décroissance dont l’idée serait acceptable par une partie des occidentaux (surtout si on veut bien en rester pour l’essentiel à l’idée) ? Un fait frappant : dans la salle comble, nous n’étions que des occidentaux...d’origine occidentale. Ce qui est quand même curieux dans une région comme Loire sud...

Tout ça n’empêche pas que Pierre Rabhi, on l’écouterait pendant des heures. Et que ça aide à réfléchir.

Pour plus d’infos, le site de Terre et Humanisme




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