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GROUPE DE TRAVAIL SUR LE TRAVAIL
« Souffrance en France. La banalisation de l’injustice sociale » : rencontre autour des recherches de Christophe Dejours
Mardi 15 février à 19h30 au Remue-Méninges
dimanche 13 février 2011, par Josiane Reymond


La prochaine rencontre “travail-travail” (voir les précédentes) aura lieu mardi 15 février autour des travaux de Christophe Dejours, que Josiane Reymond présentera, notamment son livre « Souffrance en France. La banalisation de l’injustice sociale » (1)
Sur les travaux de Christophe Dejours, voir aussi : "Penser le travail, une urgence politique" : un entretien avec Christophe Dejours réalisé par Thomas Lacoste et La bande passante.


Christophe DEJOURS est psychiatre et psychanalyste, fondateur de la psychodynamique du travail. Ses thèmes de prédilection sont l’écart entre travail prescrit et réel, les mécanismes de défense contre la souffrance, la souffrance éthique, la reconnaissance du travail et du travailleur.
Il est aussi professeur titulaire de la chaire de psychanalyse-santé-travail au Conservatoire national des arts et métiers et directeur du laboratoire de psychologie du travail et de l’action.

« En 1980, face à la crise croissante des emplois, les analystes politiques prévoyaient qu’on ne pourrait pas dépasser 4% de chômeurs dans la population active sans que surgisse une crise politique majeure, avec des troubles sociaux qui pourraient déstabiliser la société toute entière. Depuis 1980, le nombre de chômeurs ne cesse d’augmenter alors que les réactions d’indignation, de colère et de mobilisation collective diminuent, et que se développent des réactions d’indifférence et de résignation face à l‘injustice et à la souffrance d‘autrui. »

Comment on arrive à tolérer l’intolérable ?
Dans son livre, « Souffrance en France. La banalisation de l’injustice sociale », C. DEJOURS propose d’analyser le processus qui favorise la tolérance au mal et à l’injustice, les complicités, la collaboration, la responsabilité du plus grand nombre dans le développement du malheur social.
L’auteur souligne le paradoxe du travail, il est source de plaisir et de réalisation de soi, il est aussi source de souffrance. Cette souffrance est déterminante dans le processus de banalisation de l’injustice.
La source principale d’injustice et de souffrance dans la société française est le chômage, le travail est donc la source principale de souffrance, tant pour ceux qui en sont exclus que pour ceux qui y demeurent.
« L’erreur d’analyse des organisations politico syndicales sur l’évolution des mentalités et des préoccupations vis-à-vis de la souffrance dans le travail a laissé le champ libre aux innovations managériales et économistes qui ont été les seuls à se préoccuper de forger de nouvelles utopies sociales. En même temps que l’entreprise était la base du départ de la souffrance et de l’injustice, elle devenait championne de la promesse du bonheur, d’identité et de réalisation pour ceux qui sauraient s’y adapter. »

La faiblesse de mouvement collectif de lutte a des origines multiples, la principale semble être la peur.
Les travailleurs vivent constamment sous la menace du licenciement, l’essentiel des variations du rythme de production est absorbé par les emplois précaires, les entorses au code du travail sont permanentes. Cette peur génère des conduites de soumission et d’obéissance, elle casse la réciprocité entre les travailleurs.

Les causes de souffrance au travail sont permanentes, elles peuvent avoir des incidences graves dans l’équilibre psychique. Pour « tenir », chacun organise des mécanismes de défense contre la souffrance. Ces stratégies désensibilisent de ce qui fait souffrir, elles permettent de rendre acceptable ce qui ne devrait pas l’être. Elles isolent chacun, jusqu’à produire la désolation.

Dans les nouvelles formes d’organisation du travail, l’information à l’égard des salariés est falsifiée. Cette stratégie de la désinformation contribue également à cette absence de mobilisation et d’indignation. C. DEJOURS parle de « stratégie de la distorsion communicationnelle. »
Comment comprendre qu’autant d’employés participent à cette sape généralisée qui contribue à leur propre malheur ? Le travail tend à devenir un instrument majeur d’apprentissage à l’injustice dans les sociétés néolibérales.

Comment accepte-t-on le sale boulot ?
« La banalité du mal, l’enrôlement en masse des braves gens au service de la collaboration passe par un processus compliqué qui permet de tromper le sens moral sans l’abolir. »
Le problème central du mal étant celui de la mobilisation en masse dans l’accomplissement du mal. Pour C.DEJOURS, on peut faire un parallèle entre la participation collective à l’extermination des juifs et la participation collective à la maltraitance généralisée au sein des entreprises.

« Souffrance en France » nous permet de comprendre que le processus de banalisation du mal, qui a permis au nazisme d’émerger dans un pays à la pointe la plus avancée de la civilisation, est le même « dans la période actuelle d’organisation consciente de la paupérisation, de la misère, de l’exclusion, de la déshumanisation d’une partie de leur propre population par des pays ayant atteint un haut niveau de civilisation, connaissant un accroissement sans précédent de leurs richesses. »

C.DEJOURS propose des pistes qui pourraient permettre de lutter plus efficacement contre l’injustice et le mal organisé par notre société néolibérale. Il faudrait substituer une lutte intermédiaire, qui n’est pas directement dirigée contre le mal et l’injustice mais contre le processus même de la banalisation....
« Les nouvelles formes d’organisation du travail dont se nourrissent les systèmes de gouvernement ont des effets dévastateurs sur la société toute entière. »

C.DEJOURS parle de la centralité du travail. Le travail est une production qui demande de développer des compétences, de la créativité, d’élaborer sans cesse des stratégies pour faire face à la confrontation au réel, pour résoudre les problèmes. Le travail c’est aussi l’apprentissage de la coopération, de la confrontation, de l’affirmation de soi, l’apprentissage du vivre ensemble. Le travail est donc déterminant dans l’évolution de l’individu et des rapports humains, ces apprentissages rayonnent sur l’ensemble de notre organisation collective, sur la société toute entière.

Josiane Reymond


Le livre "Souffrance en France"
225 pages - Editeur : Seuil (2000) - Collection : Points

Les Français souffrent et ne le disent pas. Comment faisons-nous pour tolérer le sort des chômeurs et des " nouveaux pauvres " ? Et comment parvenons-nous à accepter sans protester des contraintes de travail toujours plus dures, dont nous savons pourtant qu’elles mettent en danger notre intégrité mentale et psychique ? Christophe Dejours, spécialiste du travail, découvre à l’origine de ce consentement silencieux la peur et la honte. Il révèle comment, pour pouvoir endurer la souffrance sans perdre la raison, on se protège. A la lumière du concept de distorsion communicationnelle de Jürgen Habermas et de celui de banalité de Hannah Arendt, il met au jour le processus qui fonctionne comme un piège. Alors la souffrance devient pensable. Et l’injustice sociale banalisée...

(1) Les prochaines rencontres :

-  Le mardi 15 Mars, Cédric Durand présentera son livre "le capitalisme est-il indépassable ?". (Voir)

-  Le mardi 19 avril : rendez-vous au cinéma Le France pour la projection du film "un spécialiste" d’Eyal Sivan, et Rony Brauman, en présence du réalisateur Eyal Sivan, avec une discussion sur la question de la désobéissance, de l’engagement, etc...

-  Le dimanche 1er Mai : fête du travail

-  Le mardi 17 mai : Présentation du projet "de La Ferme aux Quartier" par Georges Gunther (Voir )

Pour prendre contact avec le groupe "travail" :
Laure Clerjon - clerjon.laure@free.fr




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