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Appel à mobilisation contre le gaz de schiste
Projection+débat du film documentaire « Gasland » mardi 17 mai à 20 heures au France à Saint-Étienne
samedi 2 avril 2011


Sans aucune information ni consultation des citoyens et des collectivités locales, le gouvernement français (M. Borloo) a offert en 2010 à des multinationales le droit d’explorer le sous-sol français à la recherche de gaz et de pétrole de schiste sur 10 % du territoire.

Une technique d’extraction polluante et dangereuse

Pour l’extraction de ce gaz contenu dans les couches profondes du sous-sol, un procédé très énergivore et polluant est utilisé : la fracturation hydraulique par injection d’eau sous pression. Cette technique provoque des mini-séismes et nécessite l’injection de près de 500 produits chimiques dont un certain nombre sont hautement toxiques, cancérigènes et mutagènes.

Ce procédé utilise également beaucoup d’eau et les produits chimiques peuvent contaminer les nappes phréatiques rendant l’eau des captages toxique et provoquant des maladies chroniques chez les riverains non-informés qui la boivent.
Les sols pollués à proximité des forages deviennent impropres à l’agriculture. C’est ce qui arrive aux États-Unis, où l’exploitation des gaz de schiste est lancée depuis 10 ans, provoquant la ruine des paysans locaux. Les paysans de la Loire s’en inquiètent, ignorant l’impact sur leur outil de travail et leur lieu de vie.

L’agglomération de New-York (15 millions d’habitants) boit ainsi de l’eau polluée depuis des années et vient de demander un moratoire sur l’extraction du gaz de schiste.
Une fraction importante des eaux de forage (10 à 50 %) remonte en surface chargée de composés toxiques jusqu’alors emprisonnées dans les couches géologiques profondes, tel que l’arsenic, issus de la fracturation hydraulique et dans certains cas de composés radioactifs contenus dans les couches profondes du sous-sol, ce qui pose un important problème de pollution à long terme. Cette eau polluée est stockée en surface dans des bassins à ciel ouvert, avec tous les risques que cela comporte et on ne sait pas la retraiter efficacement. La restitution en milieu naturel de cette eau sera difficile, coûteuse et génèrera des déchets.

Une aberration énergétique

Si l’exploitation du gaz de schiste devait se développer en France, cela conduirait inéluctablement aux mêmes dégâts ainsi qu’à des émissions accrues de gaz à effet de serre, alors même que notre pays s’est engagé à les diviser par quatre.
En effet, l’exploitation du gaz de schiste émet davantage de CO2 que le gaz naturel, selon un rapport du “ Tyndall Centre for Climate Change Research ”. Sa substitution au gaz naturel accélérerait donc les changements climatiques. Compte-tenu des fuites de méthane lors de l’extraction, certains experts estiment même que le « bilan carbone » du gaz de schiste serait aussi mauvais que celui du charbon.

Les moyens financiers, énergétiques, matériels et humains déployés pour développer cette source d’énergie très polluante sont autant de moyens amputés à la recherche et au développement des énergies renouvelables ainsi qu’à la mise en place d’un plan de sobriété énergétique à mettre en place rapidement pour anticiper la crise énergétique à venir.

La France et le gaz de schiste : le gouverne... MENT !

En France, le sous-sol est la propriété de l’Etat. Pourtant, les autorisations de prospection sur 10 % du territoire français (Ardèche, Drôme, Hérault, Gard, Lozère, Vaucluse, Provence, Picardie) ont été accordées sans débat sur les besoins énergétiques, sans discussion sur la nécessité de lutter contre le gaspillage, rechercher une meilleure efficacité énergétique et les alternatives d’énergies renouvelables.

Dans le plus grand secret, deux fracturations hydrauliques ont déjà eu lieu en Ariège et en Île-de-France dans d’anciens puits gaziers conventionnels.
Il est inadmissible qu’aucune enquête publique ne soit nécessaire pour déposer un permis d’exploration pour du gaz de schiste, alors qu’elle est obligatoire pour faire une installation de géothermie.

Des populations, des collectivités locales (municipalités, conseils régionaux), des associations et des organisations politiques et syndicales sont massivement opposées à ces prospections et s’organisent en collectifs un peu partout en France pour que cesse cette aberration.
Début février, face à la forte mobilisation citoyenne, la ministre de l’Écologie (Nathalie Kociusko-Morizet) déclare que les prospections pour le gaz de schiste seraient suspendues en attendant les résultats d’une enquête attendus pour le mois de juin.
Le 15 février, Corinne Lepage révèle que cette même NKM a cosigné discrètement le 19 janvier avec d’autres membres du gouvernement un texte adopté par voie d’ordonnance (sans être soumis ni au sénat, ni à l’assemblée nationale) réformant le code minier afin de faciliter les forages exploratoires. Cet empressement est très suspect.

Avec la raréfaction inéluctable des combustibles fossiles et l’augmentation de leur prix, d’autres projets d’extraction de gaz de schiste vont émerger tôt où tard. Les compagnies gazières ne voient que leur intérêt au détriment du climat, de la qualité de l’eau et par voie de conséquence de la santé des hommes, de la faune et de la flore.

Mobilisons-nous !

Devant cette attitude malhonnête et contradictoire des autorités, nous, citoyens, membres d’associations et élus, devons rester très vigilants.

Le Collectif Stop Gaz de Schiste 42, membre de la Coordination nationale des collectifs locaux pour l’abrogation des permis d’exploration et d’exploitation de gaz et de pétrole de schiste demande :
-  L’abrogation des permis d’exploration et d’exploitation de gaz de schiste ainsi que l’arrêt complet de l’exploitation des gaz de schiste.
-  Un grand débat public national sur l’énergie, afin que nous, citoyens, puissions décider ensemble sur notre avenir énergétique et de ses conséquences. Ce moment fort de démocratie devra aborder les questions urgentes du pétrole, du nucléaire et du plan de transition énergétique à mettre en œuvre. Le sous sol français doit être un bien commun et ne peut être confisqué par des entreprises privées, ni soustrait à la délibération démocratique.

Nous vous proposons de :

-  Participer à la projection du film documentaire « Gasland » le mardi 17 mai à 20 heures au cinéma Le France à Saint-Étienne qui dresse un bilan éloquent de l’exploitation du gaz de schiste aux États-Unis. Cette projection sera suivie d’un débat.

-  Signer et faire circuler la pétition pour un moratoire sur le gaz de schiste en France, qui a déjà récolté plus de 80 000 signatures :
http://www.petitions24.net/gaz_de_schiste__non_merci

-  Contacter le collectif Stop Gaz de Schiste 42 afin d’être tenu informé de l’actualité sur le sujet, des actions collectives à venir (soirées d’information, conférences, débats, manifestations...) et soutenir les recours en justices contre l’industrie gazière.

-  Écrire aux parlementaires de votre circonscription pour leur demander de s’opposer par tous les moyens à leur disposition à cette aberration humaine et environnementale.

-  Demander aux élus de Saint-Étienne Métropole le 11 avril (rendez-vous à 17 h 45 devant le musée d’Art Moderne à Saint-Étienne) d’interpeller les ministres de l’Énergie et de l’Environnement en demandant d’arrêter les extractions des gaz de schiste ainsi que d’abroger les permis d’extraction et d’exploitation des gaz de schiste.

-  Participer à la Journée Nationale des collectifs contre le Gaz de Schiste le vendredi 15 avril 2011.

Contact et renseignements :

contactstopgazdeschiste42@alternatives42.net

Site internet du collectif : http://www.stopgazdeschiste42.org

Signataires de cet appel et membres du Collectif Stop Gaz de Schiste 42 :
Attac Forez, Attac Loire Sud, Attac du Roannais, CAPAGAUCHE/FASE, CDAFAL, Coop en liens, Energies Communes Renouvelables, Environnement et nature Burdignes, Europe Ecologie, la Confédération Paysanne de la Loire, le Parti de gauche, les Verts Loire, Frapna, Héliose, la Sauvegarde des Coteaux du Jarez, les Alternatifs, O2 de l’Oxygène pour l’Ondaine, Sud éducation Loire, Réseaux Citoyens St-Etienne, Terre Commune, préservons la Terre en Pilat, NPA, Vivre en Ondaine.




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