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RETOUR SUR LA JOURNÉE DU 1ER JUIN À ST-ETIENNE
"Paysans - citoyens même combat"
mardi 7 juin 2011


La journée du 1er juin à St-Etienne (voir la 1ère partie du compte-rendu : Le procès à faire, c’est celui de Lactalis et des multinationales de l’industrie agro-alimentaire, pas celui des paysans ! ) a fait entendre avec force la résistance des paysans aux grands groupes de l’agro-alimentaire, dont Lactalis est en ce moment l’un des plus agressifs, elle a aussi été un moment de construction de liens entre les paysans et la société civile.
Il est vrai que cela fait partie de la démarche de la Confédération Paysanne : syndicat de paysans, elle veut défendre les paysans, bien sûr, mais pas de manière corporatiste : en étant à l’écoute et en dialoguant avec la société, avec celles et ceux pour qui les paysans ont vocation à produire de la nourriture.


Aujourd’hui les paysans sont confrontés à l’ultra-libéralisme. Mais c’est aussi le problème dans toute la société. C’est pourquoi il est très important de construire des solidarités, de luttes comme de projets.
Jean-Emile Sanchez, ancien porte-parole de la Confédération Paysanne, jugé lui aussi à plusieurs reprises, notamment au procès de Vienne en 2006 pour une action sur le prix du lait, déjà, était présent. Il inscrit les revendications paysannes dans un combat plus global pour la transformation sociale. Et invite à créer des convergences et des solidarités entre ceux qui luttent, à construire des rapports de force dans la société. Ensuite, ceux qui sont au pouvoir, quels qu’ils soient, seront bien obligés d’en tenir compte.

La discussion du mercredi après-midi sous le chapiteau de la Place Jean Jaurès a montré ce souci de convergence et de solidarité, notamment au cours du 2ème forum.
Déjà, dans la discussion sur la production laitière, une femme, ex-salariée dans l’industrie laitière a proposé que les paysans tentent de se réapproprier la transformation : par exemple en produisant des fromages... Elle pense même que des salariés de l’industrie laitière pourraient être intéressés par monter de tels projets avec des paysans.
En un sens, le témoignage de Jean-Claude Ker sur l’histoire de l’usine presque centenaire de Balbigny que Lactalis vient tout juste de fermer en février 2011, en licenciant la plupart des salariés après l’avoir rachetée en 2006, vient conforter cette idée : il faudrait que paysans et travailleurs salariés de l’agro-alimentaire puissent rester maîtres du processus de production et de transformation.

Evidemment, ce n’est pas facile de se réorienter comme ça, surtout dans la situation financière actuelle des producteurs de lait, et toutes les fermes ne peuvent pas et ne souhaitent pas le faire, mais certaines y pensent et d’autres sont déjà très engagées dans cette démarche...

Autre forme de solidarité : le soutien apporté à Philippe Marquet et à la Confédération de la Loire par jean Vachoux, au nom du CHRA-les "citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui". Le rassemblement annuel qui vient d’avoir lieu au plateau des Glières a réuni 5000 personnes en mai dernier. Philippe Marquet a été invité à y prendre la parole. Le CRHA a été formé par des personnalités de la Résistance (S. Hessel, R. Aubrac...), indignés de voir Sarkozy venir dans ce haut lieu des combats contre le nazisme pour tenter de s’approprier cet héritage alors qu’au même moment ses plus proches collaborateurs expliquaient qu’il fallait "démolir le programme du Conseil National de la Résistance".
Mais Jean Vachoux, paysan retraité, a apporté aussi un témoignage personnel sur les méthodes de Lactalis. Ancien responsable du syndicat des reblochons, et notamment de la commission chargée de veiller au respect de la qualité de ce fromage, il a eu directement affaire à Lactalis après que ce groupe ait acheté en 1989 l’entreprise laitière Girod, le plus gros producteur de reblochon. Lactalis a largué une grande partie du personnel et appliqué ses méthodes de production. Et perdu ainsi une partie du savoir-faire, et fabriqué du mauvais reblochon. La commission n’a pas accepté. La réponse a été : "combien vous voulez ?". Ni plus ni moins une tentative de corruption qui met encore Jean Vachoux en colère. Tout le monde ne pense pas que tout s’achète et tout se vend...

Dans les campagnes, les services publics sont aussi dans le collimateur de l’ultra-libéralisme. L’un des plus importants est l’Education. Là aussi, ça résiste.
Zorhia Moine, parent d’élève à l’école de la République, dans le Pilat, a raconté comment la mobilisation des parents et des habitants avait permis de gagner il y a quelques semaines le maintien de cette école à classe unique, qui accueille 15 élèves, et dont la fermeture avait été décidée par l’Inspection Académique.
Autre témoignage : celui de Jean-Marc Hostachy, instituteur à la maternelle Gounod à Montreynaud à St-Etienne, qui est l’un de ces 3 000 enseignants "désobéissants", en "résistance pédagogique pour l’avenir de l’école (voir)...


Résister, c’est en même temps s’efforcer de construire des alternatives à la situation actuelle. C’est le sens des différentes formes de "partenariats locaux solidaires" pour la production et la livraison de nourriture, entre paysans et familles. Roger Dubien a rappelé qu’on compte ainsi aujourd’hui dans la Loire au moins 23 AMAP, ces "associations pour le maintien de l’agriculture paysanne" (10 à St-Etienne, 2 dans la couronne stéphanoise, 4 dans le Gier, 1 à Roanne, 4 dans le Forez, 1 dans le Pilat, 1 dans l’Ondaine...), et qu’une autre initiative d’approvisionnement solidaire : "De la ferme au quartier", vient de commencer et livre pour le moment dans 8 quartiers stéphanois.
Il s’agit à la fois de permettre d’accéder à une nourriture de qualité, et de s’opposer à l’élimination des paysans, en leur payant correctement la nourriture qu’ils produisent. Puisque les prix payés aux paysans par l’industrie laitière et agro-alimentaire en général, et par les centrales d’achat de la grande distribution ne leur permettent pas de rester paysans.
Celles et ceux qui construisent des AMAP et d’autres formes de partenariats solidaires, veulent agir concrètement pour le maintien de l’agriculture paysanne.
Bien sûr, on reste conscient que l’essentiel de la nourriture passe pour le moment par l’industrie agro-alimentaire et la grande distribution, et donc on est aux côtés des paysans aussi pour demander à toutes les autorités publiques l’instauration de prix garantis qui leur permettent de vivre de leur travail, et de continuer à produire la nourriture.

Un jeune, lycéen, a parlé du mouvement des "indignés"...

Plusieurs témoignages ont ensuite fait connaître des actions dont on entendra parler dans les prochains mois.
Un paysan de Loire-Atlantique a lancé un appel à participer au rassemblement qui aura lieu à Notre Dame des Landes, les 8, 9 et 10 juillet, contre la construction d’un aéroport qui détruirait 2 000 hectares de terres agricoles, amputant 80 fermes dont 20 disparaîtraient totalement.
Michel David, paysan en Languedoc-Roussillon a informé de 3 actions en cours : contre les importations de soja OGM par le port de Sète, contre la plateforme Agrexco d’importation de fruits et légumes produits dans les colonies israéliennes en Palestine, et contre un projet d’une usine pour l’importation et le raffinage d’huile de palme par Port la Nouvelle.

Plusieurs paysans ont ensuite parlé des actions en cours contre les OGM : Michel Terrail, de la Drôme, jean-Paul Henry, du Doubs, faucheur volontaire, présent à la neutralisation de la vigne OGM de Colmar en août 2010, de même que Jean-Luc Juthier, de Maclas dans la Loire. Le procès des 62 faucheurs de la vigne OGM de Colmar aura lieu les 28-29 et 30 septembre prochains, à Colmar, et se prépare activement.




Le soutien de la FSU


Parmi les prises de parole qui n’ont pu avoir lieu sur les marches du Palais de Justice, inaccessible pour cause de CRS, Florence Dursapt devait prendre la parole au nom de la FSU, syndicat enseignant...
Voici son intervention...

« Nous sommes solidaires des paysans »

"La FSU apporte son plein soutien à Philippe Marquet, paysan éleveur laitier et à la confédération paysanne, aux paysans. Nous nous sentons d’abord concernés par ce procès, comme militants et syndicalistes. La criminalisation d’un mouvement collectif est inacceptable, la pratique qui vise à faire comparaître un militant en exigeant des dommages et intérêts est une basse manoeuvre qui montre la pauvreté des valeurs de ceux qui l’emploient, et leur refus d’accepter le débat et la confrontation publique.

Ces pratiques se multiplient : rappelons la lutte collective que nous avons du mener pour faire lever les sanctions qui pesaient contre les étudiants stéphanois suite aux mouvement contre la LRU ou que nous menons actuellement avec nos camarades Cgt du roannais.

A l’intimidation par ceux qui croit que le pouvoir de l’argent peut faire plier, nous répondons par la solidarité.

Nous sommes solidaires aussi des luttes des paysans, de leur revendication pour un revenu leur permettant de vivre de leur travail, pour une agriculture paysanne garantissant l’accès à tous de produits de qualité et la préservation de l’environnement, contre le développement d’une industrie agro-alimentaire de plus en plus concurrentielle et concentrée, le rôle hégémonique des grandes centrales de distribution conduisant à la disparition des fermes.

La lutte des paysans fait écho à d’autres luttes.

C’est bien une inquiétante régression qui s’installe dans de nombreux domaines. Tant sur les plans économiques qu’écologiques, que sur ceux des droits et des libertés fondamentales, surtout pour les populations les plus marginalisées ou démunies. Les protections sociales, les services publics par exemple, sont la cible des agressions les plus violentes, car ils sont un symbole de prééminence de l’intérêt général, de progrès social et de solidarité. Dans le domaine des politiques publiques de nombreuses luttes sociales et citoyennes ont eu lieu et se poursuivent : la santé, les retraites, l’éducation, la recherche, la Poste, l’énergie, l’eau.

La lutte pour une agriculture paysanne participe d’une même démarche.

A la priorité donnée aujourd’hui à l’accumulation des profits au bénéfice d’une minorité, nous opposons l’exigence de la satisfaction des besoins fondamentaux et sociaux de chacun, la redistribution des richesses. Cela nécessite une autre société solidaire, une société démocratique et durable, tant pour les humains que pour les ressources de la planète."




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