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DIMANCHE 18 SEPTEMBRE À CHEVRIÈRES DANS LES MONTS DU LYONNAIS
La 3ème fête des AMAP de la Loire, chez Florence et Michel Dumas
mardi 30 août 2011


La 3ème fête des AMAP de la Loire aura lieu dimanche 18 septembre, à la ferme "GAEC Rosine" de Michel et Florence Dumas, à La Pacalière, commune de Chevrières, dans le canton de Chazelles sur Lyon (1) Le calendrier n’a pas permis de faire la fête au printemps (notamment à cause de la préparation du procès fait par Lactalis aux paysans le 1er juin à St-Etienne). Il avait donc été décidé de faire cette fête en septembre...
La ferme des Dumas est l’une des 700 fermes laitières (chiffre de 2011) qui existent dans les 3 cantons des Monts du Lyonnais : le canton de Chazelles sur Lyon (42), celui de Saint-Symphorien sur Coise (69) et celui de Saint-Laurent du Chamousset (69). On est donc ici un territoire où la densité de paysans est particulièrement importante (même s’il y avait 1450 fermes laitières en 1990 !). Bien entendu, les relations de travail et de solidarité entre les paysans se moquent bien de la frontière entre les deux départements. Pendant la bataille du lait de l’été 2009 par exemple, toutes les actions ont été menées ensemble. Et des paysans du Rhône étaient nombreux à la ferme installée pendant 15 jours place Jean Jaurès à St-Etienne...

La fête sera donc l’occasion de faire mieux connaissance avec l’agriculture paysanne et les paysans des Monts du Lyonnais, et puis bien sûr de passer un moment très sympathique à la campagne.


Une journée à la ferme..

Le programme est encore à préciser (Voir prochainement et au fil des jours sur http://fetedesamaploire.canalblog.com), mais rendez-vous est déjà donné sur place à partir de 10h-10h30 le dimanche matin, chacun arrivant à l’heure qu’il veut.
Pour y aller, le mieux est de covoiturer. La ferme des Dumas est entre Chevrières et Fontanès (1).
Pour les sportifs, un départ est prévu en vélo, de St-Etienne, vers 8h30...

Pour la fête, un chapiteau sera installé à côté du bâtiment d’élevage des laitières, visible depuis la route.

On pourra bien sûr se balader, et on pourra découvrir la ferme. Visiter l’étable, les vaches, les veaux (il y a toujours des petits veaux...). Il sera trop tard pour assister à la traite du matin : elle commence vers 6h... Mais il sera possible de participer à la traite du soir, à partir de 17h30.
Par contre, il est prévu pour l’occasion de faire des fromages blancs, après 10h, qui seront dégustés au repas de midi.
Pour le repas de midi, comme les fois précédentes, chaque famille apporte donc son casse-croute. Et le repas sera pris ensemble sous le chapiteau.

Il sera possible de se promener en calèche dans les environs (un circuit de 4 kms environ). Les Dumas ont un cheval qu’ils attèlent, et un autre viendra prêter main forte. Il y aura donc 2 calèches, que les enfants se le disent...
Il est question aussi pour l’après-midi d’un jeu inter-amap, où l’on pourrait gagner le droit de participer à ... diverses tâches...

D’autre part, on recherche un ou des groupes de musique, et un groupe pour enfants...

Vers 15h, jusque vers 17h : un moment de découverte et de discussion est prévu sur "les alternatives alimentaires et agricoles en chantier", avec présentation de 4 projets en cours :
-  le projet de Groupement Foncier Agricole autour du GAEC des mille fruits de Maclas
-  le projet de Maison des semences
-  le partenariat De la Ferme au Quartier - FAQ qui a démarré en mai 2011 sur St-Etienne
-  L’atelier de transformation en produits carnés créé par une équipe de 8 paysans des Monts du Lyonnais.
Evidemment, on pourra parler d’autres projets aussi...

La ferme des Dumas

Le GAEC "Rosine" (du nom d’une vache de la ferme primée dans les concours d’élevage) de Michel et Florence Dumas et leurs trois enfants : Camille 13 ans, Romain 11 ans, Pierre-Louis 5 ans, est une ferme typique des Monts du Lyonnais...
D’abord par ses bâtiments de ferme : une construction en rectangle, qui forme une cour intérieure fermée. Sur le portail, une date : 1882. En face de l’entrée, la maison d’habitation, à gauche un hangar, qui abrite aussi aujourd’hui un labo de transformation, construit quand Florence élevait et transformait 120 porcs par an. A droite l’ancienne étable ; aujourd’hui les laitières n’y sont plus, elle héberge des génisses. Les laitières sont dans la stabulation construite à 500 mètres de là, en 2008.

Les Dumas, c’est d’abord la passion de l’élevage des vaches laitières et de la production de lait.
Le troupeau compte actuellement 31 laitières, plus des génisses pour le renouvellement. Ce sont des montbéliardes, depuis 40 ans au moins. Pour plein de raisons, entre autres parce que cette race est bonne laitière, mais c’est aussi une race à viande.



Le père de Michel, donc, avait déjà des montbéliardes. Il a installé une des premières salles de traite du secteur, en 1974. Avant, les laitières étaient dans une étable, comme partout à l’époque, avec une machine à traite à pots suspendus Melotte. Et plus loin encore, c’était la traite à la main...
Michel a fait le lycée agricole de Ressins dans le Roannais, un des hauts lieux de la montbéliarde en France puisqu’il promeut cette race de vaches depuis plus de 50 ans. Passion de l’élevage des vaches que Romain porte déjà lui aussi, tout en s’occupant en même temps du poulailler.
Sur une des portes de la salle de traite, une collection impressionnante de plaques de participations et de distinctions obtenues dans les concours d’élevage. Dans le troupeau, il y a des championnes. Et deux se préparent à aller début octobre au "sommet de l’élevage" de Cournon, dans le Puy de Dôme. Des vaches « cool », habituées à défiler tranquillement. Et d’ailleurs on peut en croiser dans les manifestations paysannes...



Michel aime aller dans les salons et concours d’élevage. Pour plein de raisons. En tous cas sûrement pas parce qu’il verrait ses vaches à travers une calculette et un raisonnement utilitariste. Dans le troupeau, plusieurs ont 12 ans et ont déjà eu 9 veaux. La moyenne dans les élevages industriels "compétitifs", où il faut maximiser le traitement du matériel biologique - on n’est pas là pour élever des animaux - est entre 2,3 à 2,4 veaux par vache...

La stabulation et la salle de traite, voulues hyper-simples et fonctionnelles, ont été construites en 2008, un investissement très important quand même, réalisé juste avant l’effondrement du prix du lait...

La traite du matin - début à 6h - puis lavage complet de la salle de traite au jet...

La ferme a un quota (une sorte de droit à produire et à livrer à l’industrie laitière) de 250 000 litres/an. C’est Lactalis qui collecte le lait. Pour le moment, il y a un petit mieux pour le prix. Lactalis vient de payer 350 euros la tonne (environ 35 centimes le litre) en prix de base. Pour la ferme, avec les primes qualité, la dernière paie est à 377 euros la tonne (environ 37,7 centimes d’euros le litre). Mais personne ne sait combien de temps ça va durer...
La ferme a aussi un troupeau d’une douzaine de vaches allaitantes de race Salers, une race à viande, rustique, qui se débrouille au pré.

En 2010, après l’effondrement du prix du lait, les DUMAS ont bien failli vendre leur ferme ici, et partir. Pour remettre les compteurs à zéro, et aller louer une ferme dans le Jura, là où le lait est payé plus décemment pour la fabrication du Comté, là où les paysans ont pu garder la main face aux grands groupes de l’industrie laitière. Et puis ça ne s’est pas fait...
Dans la perspective du départ imminent, l’élevage et la transformation des porcs - dont s’occupait Florence - a été abandonné, et il a été décidé de ne pas reprendre, mais d’élever et de vendre en vente directe des veaux de lait, dont la viande est livrée au magasin de producteurs "Plein champ" de Sorbiers, et à l’AMAP de Beaubrun à St-Etienne. Florence livre aussi des steaks hachés dans les AMAP de Cote-chaude et de La Terrasse...
Sur une trentaine de veaux par an, les génisses de race montbéliarde sont élevées et gardées, et les veaux mâles sont engraissés. Sont engraissés aussi quelques veaux, mâles et femelles, issus d’un croisement avec des taureaux blanc-bleu-belge, une race à viande, mais avec des veaux de petite taille à la naissance. Ceci donne des veaux avec un pelage à tâches bleu-gris.



Les veaux sont élevés jusqu’à 4 mois, entièrement au lait, et ils en boivent une grande quantité : jusqu’à 18 à 20 litres de lait par jour le dernier mois... Mais la vente directe des veaux de lait ne suffit pas à rémunérer correctement Florence.
Cette situation est une autre indication de ce que le prix des produits agricoles payés aux paysans est ridiculement bas. La ferme des Dumas, cela représente une quantité de travail phénoménale, 7 jours sur 7. Et pas possible d’en sortir un revenu correct pour 2 personnes !

Et la sécheresse ? Coup de chance : il n’y aura ici pas trop de problème de foin en 2011. Il y a eu de la pluie cette année sur le secteur. Micro-climat ? Même s’il a fallu acheter un peu de paille, ça ira, d’autant que 9 hectares seront bientôt à nouveau fauchés, ce qui fera 80 à 90 bottes de plus... Beaucoup de fermes de la Loire sont dans une situation beaucoup plus difficile cette année, côté sécheresse, elles n’ont fait que 20 à 30% de la récolte de foin dont elles auront besoin pour passer l’hiver. Certaines même 10%, car il a fallu faire manger au fur et à mesure ce qui poussait...
Sur les 69 hectares - d’inégale valeur agricole - il y a beaucoup de prés. Des céréales (pour faire de la farine) et du maïs sont aussi cultivés pour nourrir le troupeau.
Pour les travaux, la ferme a deux tracteurs, dont un télescopique, le plus utilisé (beaucoup de manutention dans une ferme). Elle utilise aussi les matériels des CUMA (coopérative d’utilisation du matériel agricole), très développées dans les Monts du Lyonnais. Et puis pour les labours, la moisson et d’autres gros travaux, les Dumas font appel à un paysan devenu entrepreneur de travaux agricoles.

Passage du broyeur de la CUMA, pour faire de la farine, transférée ensuite dans de très grands sacs...

Les Monts du Lyonnais : des paysans et une agriculture paysanne qui résistent

Les formes de coopération et de solidarité entre paysans sont nombreuses ici. Ce qui explique le maintien d’un grand nombre de fermes - de taille modeste, inférieure à la moyenne départementale - ne parlons pas de la moyenne nationale...
Il y a les CUMA, il y a aussi les coups de main pour le travail, il y a les actions collectives pour se défendre, et il y a les initiatives individuelles ou à plusieurs pour s’orienter vers la transformation de la production et vers les circuits courts et la vente directe.

Actuellement, Michel est très occupé par la mise en place de la "contractualisation", cette organisation de la production du lait sensée remplacer la (très insuffisante) régulation publique que sont les quotas, que la commission européenne, le gouvernement et les firmes (par la PAC-politique agricole commune), ont décidé de supprimer totalement d’ici 2015.
Au lieu d’une organisation des quotas par département, de grands bassins de production viennent d’être mis en place. La Loire et le Rhône sont dans le bassin Sud-Est. Où il a été annoncé que 66 millions de litres de lait de quotas supplémentaires étaient à répartir (pour se faire une idée de ce que cela représente : la Loire, 1er département laitier de Rhône-Alpes, livre à la collecte à peu près 900 000 litres de lait par jour). Ces "quotas" prétendument disponibles viennent de paysans qui arrêtent, d’une partie des paysans de la coopérative URCVL qui a disparu, etc... Cela signifie que la pression des grands groupes pour augmenter la production de lait continue de plus belle. On est venu proposer à Michel de faire une demande au-delà de ses 250 000 litres de quotas. Ce qu’il a refusé. On voudrait recommencer ce qui a débouché sur l’effondrement du prix du lait en 2009 qu’on ne s’y prendrait pas autrement. C’est un bon moyen d’augmenter les profits des groupes de l’agro-alimentaire, de liquider des paysans et de pousser encore à la concentration des fermes et aux usines à lait.

Autre chose : avec la "contractualisation", les firmes de l’industrie du lait sont en train de créer des groupements de producteurs (prévus par la loi de modernisation agricole de 2010) spécifiques à chaque firme, alors que les paysans demandent des groupements de producteurs territoriaux, réunissant tous les paysans producteurs du secteur, quelle que soit la firme qui collecte le lait.
La confédération paysanne, l’APLI (Association des producteurs de lait indépendants) et la Coordination Rurale ont décidé d’unir leurs forces pour élaborer ensemble un projet de contrat et un schéma de fonctionnement d’un Office du lait qui soient plus favorables aux paysans. C’est en cours de finalisation. Michel Dumas participe à ces discussions, parce qu’il participe pour Rhône-Alpes à « la commission nationale lait » de la Confédération Paysanne, avec Laurent Pinatel, de St-Genest Lerpt, et Aloïs Klein, du canton de St-Symphorien juste à côté...

Si les forces qui poussent à l’industrialisation de l’agriculture réussissaient à prendre définitivement le dessus, on passerait de 200 000 fermes laitières en France en 1990 à 20 à 30 000 en 2035, c’est une étude de l’Institut de l’élevage qui le dit. Sachant qu’on était déjà tombé vers 75 000 en 2010... Pour les Monts du Lyonnais, qui étaient à 1450 fermes laitières en 1990, cela signifierait entre 145 et 200 fermes laitières. Mais il y en a encore 700. Et les résistances et les projets se multiplient...

Alors qu’est-ce qu’on peut faire ?
On a bien raison de créer des AMAP - et d’autres formes de "partenariats locaux solidaires" - pour soutenir les paysans et pour manger correctement, surtout que les prix de la nourriture, côté familles, vont continuer à augmenter. C’est le moment de soutenir l’agriculture paysanne, d’agir pour permettre que des paysans plus nombreux puissent bien vivre en travaillant pour nourrir la société.
Oui, c’est d’augmenter le nombre de paysans qu’il y a besoin !

(1) Chevrières est à 8 kms de St-Galmier. Si l’on vient par St-Galmier, au bourg de Chevrières il faut prendre la route de Fontanès. On trouvera le GAEC Rosine sur la gauche, à 2-3 kms.
Si l’on vient par Fontanès, la ferme est à droite, avant d’arriver à Chevrières. On doit pouvoir y aller aussi en car, avec les TIL, au départ de Châteaucreux à St-Etienne par exemple. C’est la ligne 103 vers Andrézieux, St-Galmier, Chazelles, St-Symphorien. Mais sur la fin, il faudra faire quelques kilomètres à pied ou s’arranger pour que quelqu’un fasse la navette jusqu’à la ferme de la Pacalière...




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