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LE 20 JANVIER À LYON/BRON...
Les abeilles ou les OGM : il va falloir choisir. Monsanto, dégage !
mercredi 25 janvier 2012


Après l’occupation du siège de Monsanto à Monbéqui près de Montauban dans le Tarn et Garonne le 6 janvier (Voir), deux fortes actions viennent d’avoir lieu en quelques jours : la manifestation au siège européen de Monsanto, à Lyon, vendredi 20 janvier, et l’occupation lundi 23 d’un site de Monsanto qui distribue des semences et pesticides interdits à Trèbes dans l’Aude...

Monsanto dégage ! On a besoin des abeilles, on n’a pas besoin des OGM.

Le vendredi 20 janvier (voir), plus de 250 personnes : des apiculteurs, d’autres paysans, des citoyens, se sont rassemblés devant le siège de Monsanto à Bron, à côté de Lyon, 1 rue Jacques Monod. C’est le siège européen d’une des firmes qui nous pourrit l’avenir.
Apparemment Monsanto avait donné congé à ses salariés.
Sur la façade, de grandes banderoles : "Monsanto dégage !", "Pour le droit de butiner sans OGM"..., des fûts avec du pollen, et des bidons pour faire du bruit. Et puis de nombreuses ruches... Et une forte présence des apiculteurs de la région, en tenue de travail.



Rappel bref du contexte : un jugement de la Cour de Justice de l’Union Européenne a débouché sur la destruction du miel d’un apiculteur allemand, Karl Heinz Bablok, qui avait porté plainte pour contamination - attestée par des analyses - de son pollen et de son miel par le maïs OGM Monsanto 810. La décision de la Cour est sans appel : l’OGM Mon 810 n’est pas autorisé à la consommation humaine, le miel contaminé ne peut pas être consommé.

Pour cet apiculteur, c’est une catastrophe (de même que pour les apiculteurs espagnols, massivement contaminés, dont la production est bloquée). Mais son action va peut-être aider à sauver toute l’apiculture, et les abeilles : il est la preuve vivante que la co-existence entre cultures OGM et non OGM est impossible. Les abeilles vont chercher le pollen et le nectar jusqu’à 10 kilomètres autour de leur ruche. S’il y a des OGM, elles ramènent forcément du pollen OGM. Qu’on retrouvera dans le miel - donc ruine des apiculteurs - mais qu’elles disséminent aussi sur toutes les cultures non OGM environnantes sur lesquelles elles butinent, multipliant la contamination déjà faite par le vent. Alors bien sûr, on peut décider de ne plus manger de miel, de ruiner les apiculteurs et de zigouiller les abeilles. Mais sans les abeilles, pas de fleurs, pas de reproduction de la plupart des plantes et des arbres, pas de fruits. Pas d’agriculture, plus de vie possible pour l’humanité sur la Terre. Et tout ça pour nous fourguer des OGM dont on n’a pas besoin... Le mieux est d’arrêter les dégâts, vite.

C’est ce qu’a dit d’entrée jean-luc Juthier : "les OGM dans nos champs, ça va pas être possible !". Il a rappelé qu’ici même, au siège de Monsanto, avait eu lieu en 1997 une manifestation avec décharge des colzas OGM fauchés à St-Georges d’Expéranche dans l’Isère (1ère action anti-OGM en France).
15 ans après, les choses sont devenues plus claires pour beaucoup de monde. En France le Monsanto 810 a été interdit en 2008, mais la clause de sauvegarde a été annulée fin 2011. Une nouvelle vague de Mon 810 menace, le gouvernement parle et dit qu’il ne va pas autoriser, mais les tenants des OGM déclarent qu’ils vont semer, même dès février...
Or la co-existence OGM-non OGM est impossible. En Espagne, les apiculteurs sont déjà victimes. Les paysans sont victimes des OGM en Inde, au Brésil, dans toute l’Amérique du Sud où ils sont chassés par le soja OGM. Alors, "on est là pour dire : si Monsanto empêche les abeilles d’aller dans les champs, on empêchera Monsanto de trafiquer dans ses laboratoires".

Nicolas Guintini, apiculteur dans l’Isère, et président du SAPRA - Syndicat des Apiculteurs Professionnels de Rhône-Alpes, a rappelé que tous les représentants des associations syndicales des apiculteurs ont signifié au gouvernement que les effets d’annonce ne suffisaient pas.
"Pour les apiculteurs, les OGM se rajoutent aujourd’hui à d’autres problèmes. Aujourd’hui, c’est le Monsanto 810. On signifie à Monsanto qu’on ne veut pas d’OGM dans les champs, parce que ça pose problème à la filière."
Il a rappelé l’affaire Bablok, et l’obligation de retirer du marché un miel non conforme pour l’alimentation humaine.
Nicolas Guintini a rappelé aussi qu’"Un maïsiculteur peut semer du maïs si ce n’est pas du Monsanto 810. Nous, apiculteurs, nous n’avons pas d’alternative, notre miel sera détruit". Il a demandé donc d’appliquer la loi, avec l’amendement Chassaigne qu’on peut utiliser pour interdire le Mon 810.

Olivier Belval, président de l’UNAF- Union Nationale de l’Apiculture Française a expliqué qu’en Espagne, il y a "97 000 hectares de maïs OGM. Aujourd’hui, les apiculteurs espagnols n’ont plus le choix".
En France, "nous ici on a déjà 600 000 hectares de maïs avec Cruiser" (un pesticide tueur d’abeilles). Pour les "quelques miellées qui auront pu être faites avec des fleurs sauvages - et les abeilles qui auront résisté au Cruiser - il y aura un autre souci : il faudra des analyses de la production de fin d’été pour vérifier s’il n’y a pas du pollen contaminé au Mon 810."
Or ça coûte cher, ces analyses, et puis il existe déjà aujourd’hui des quantités de miel en attente d’analyse, dont beaucoup de miel d’Argentine (où les OGM sont massivement présents).
En France, il y avait la clause de sauvegarde de 2008, mais elle a été cassée fin 2011... donc plus de moratoire. "Nous avons demandé que pour éviter que des agriculteurs soient tentés d’acheter des semences OGM, soit prise une décision d’interdiction de vente et de mise en culture du Mon 810, en protection des apiculteurs. Sinon la filière, déjà fragilisée par les pesticides, va disparaître."

Olivier Belval a rappelé qu’"un OGM n’est pas fait pour nourrir le monde mais pour les profits de quelques multinationales. Il n’est pas fait pour réduire l’utilisation des pesticides, mais pour en augmenter les ventes. Et il est fait pour obliger les paysans à racheter chaque année leurs semences".
(...) "Miel ou OGM, il faut choisir !”. En réponse à ceux qui prétendent que les OGM sont dans le pollen mais pas dans le miel, Olivier Belval a redit ce que tous les apiculteurs savent : “le pollen est naturellement présent dans le miel.” La preuve formelle en a d’ailleurs été apportée par l’analyse avec huissier, d’une contamination en Ardèche en 2007, de ruches placées à 800 mètres d’une petite parcelle de monsanto 810...

Jean-Marie Sirvins, apiculteur et vice-président de l’UNAF, a ensuite donné quelques informations sur le HCB-Haut Conseil des Biotechnologies, et le rapport du HCB sur la “coexistence” OGM-non OGM rendu public le 17 janvier. Incroyable : "le comité scientifique n’a pas souhaité aborder le problème des apiculteurs ! Et ils prétendent que c’est un avis scientifique ! C’est un avis qui ne vaut rien, un avis politique !"
Jean-Marie Sirvins a dit sa conviction qu’au-delà de la question du Monsanto 810 en 2012, les choses se mettent en place, côté firmes et côté gouvernement, pour des semis OGM massifs en 2013, avec un moratoire 2012 qui sera fait pour ne pas tenir longtemps le coup.

Jean-Pierre Cellard, du SAPRA et de la FFAP- Fédération Française des Apiculteurs Professionnels, a parlé, lui, des semences, et “des quelques grands groupes qui veulent s’approprier la terre (...) Ne laissons pas démarrer la fin du monde, sachons protéger le bien commun de l’humanité". "Nous devons nous battre pour les générations qui vont nous succéder (...) Monsanto contraint et détruit, c’est une société prédateur des autres modèles agricoles."

Olivier Keller, conseiller régional, a lui aussi dit l’importance des semences, et combien le 28 novembre 2011 était un jour noir avec l’annulation du moratoire et le vote de la loi de confiscation des semences.
La demande lui a été faite par un militant anti-OGM présent que la région Rhône-Alpes prenne un arrêté interdisant la culture du Mon 810 en Rhône-Alpes.


Véronique Léon, secrétaire de la Confédération Paysanne, a attiré l’attention sur d’autres attaques contre l’agriculture paysanne : l’artificialisation des terres qui continue, la loi sur les semences, mais aussi des tentatives en préparation pour empêcher la reproduction des animaux.



Mireille Lambertin-Martinez, médecin, du Vaucluse, inculpée au procès de l’arrachage de la vigne OGM de Colmar, a interpellé les scientifiques et demandé au fond que la recherche cesse d’être soumise aux firmes. Elle a rappelé quelques vérités : "Les experts de l’agriculture sont les agriculteurs. Les experts de l’apiculture sont les apiculteurs. Et les experts de la société sont les citoyens !" en mettant en cause "les scientifiques qui prétendent dicter leur loi au monde".

Le rassemblement s’est poursuivi ensuite par un casse-croûte géant devant le bâtiment de Monsanto. Avec de la nourriture non contaminée au Monsanto 810...

(1) Rappel : le maïs ne produit pas de nectar (avec lequel les abeilles font le miel). Mais les fleurs de maïs produisent évidemment du pollen. Et les abeilles butinent ce pollen. Qu’elles propagent ensuite sur d’autres maïs et d’autres espèces végétales, et qu’elles ramènent à la ruche, et dont on trouve des traces dans le miel. Sans parler du fait que lorsque les apiculteurs mettent les rayons de leurs ruches dans la centrifugeuse pour extraire le miel, celles des alvéoles qui sont remplies de pollen le libèrent directement dans le miel.





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