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“Science, éthique et démocratie” : Jacques Testart - scientifique et critique de science - à St-Etienne jeudi 8 mars
Conférence-débat à 20h au cinéma Le France, à l’invitation du collectif Zérogm42
lundi 27 février 2012, par Roger Dubien


Jacques Testart est d’abord un scientifique. Biologiste de la procréation humaine, il a avec son équipe réalisé la fécondation in vitro qui a donné naissance à Amandine, premier “bébé éprouvette” français, en 1982. La “FIV” a ensuite permis de donner naissance à plus de 200.000 bébés, nés de parents stériles qui désiraient des enfants.

Jacques Testart a toujours continué à développer cette recherche, mais s’est posé de plus en plus des problèmes sur l’éthique de la recherche, au vu des dérives qui se précisaient.
Voir sur son site : Bioéthique et AMP-Assistance Médicale à la Procréation

Car très vite, dès 1986, il voit venir la mise au point (qui sera réalisée en 1990 en Angleterre) du “diagnostic préimplantatoire” (DPI), et avec lui la possibilité d’un « tri des embryons selon des critères sans limites ».
Il est en désaccord là-dessus avec le gynécologue avec lequel il a travaillé pour la naissance d’Amandine : « René Frydman voulait que l’on travaille dans ce sens, pour des raisons qui lui sont propres. Mais j’estimais que mon rôle était d’aider des couples stériles à faire des enfants, pas d’assister les couples fertiles pour choisir l’embryon qui dotera le nouveau-né des qualités qu’ils désirent. » (entretien avec Futura-Sciences - 24 février 2012)

Voir les deux articles du magazine Futura Sciences des 23 et 24 février 2012 :
-  Amandine a 30 ans : les coulisses de la fécondation in vitro
-  FIV : ses avantages et ses limites éthiques selon Jacques Testart

En 1986, Jacques Testart lance donc une “alerte éthique”, il met en garde contre la relance d’un nouvel eugénisme, que les progrès techniques rendent possible.
Le scientifique se fait alors en même temps “critique de science”.

En octobre 2008, aux Rencontres “semons la biodiversité”, Jacques Testart a expliqué son cheminement et sa démarche à ce moment là :


Dans cette vidéo (réalisée par Eric Boutarin - La Télévision paysanne), l’intervention de Jacques Testart commence à 18 minutes 30, et dure 26 minutes...

En 1988, il est l’un des 17 chercheurs de toutes disciplines qui signent le Manifeste “Maîtriser la science” (1)

En 1999, Jacques Testart participe à la création de l’association Inf’OGM- Veille citoyenne sur les OGM, qui décrypte l’actualité mondiale sur les organismes génétiquement modifiés et les biotechnologies.
Voir : http://www.infogm.org

En 2002 est créée la Fondation Sciences Citoyennes, dont Jacques Testart est président. L’objectif de cette association est de “favoriser et de prolonger le mouvement actuel de réappropriation citoyenne et démocratique de la science, afin de la mettre au service du bien commun”
Le site de la Fondation Sciences Citoyennes : http://sciencescitoyennes.org


En 2003, il est signataire de l’appel “Sauvons la recherche” , notamment pour exiger des moyens pour la recherche publique, mais il lance au même moment avec d’autres chercheurs un appel “Ouvrons la recherche” , "pour la prise en compte des aspirations de la société dans la définition des programmes de recherche, notamment en biotechnologies.”
Voir : http://ouvronslarecherche.free.fr
Et Ouvrons la recherche publique à la société

Jacques Testart a publié de nombreux livres.

Dans le dernier, “Labo-planète. Ou comment 2030 se prépare sans les citoyens”, publié en 2011 avec Catherine Bourgain et Agnès Sinaï, les auteurs écrivent : “Les citoyens doivent être libérés de l’état hypnotique où les tient le mythe de la science” (...) Il faut permettre au public de penser qu’il n’existe pas d’intérêts propres de la science qui justifieraient qu’on leur aliène les valeurs de la civilisation. Il faut cultiver chez les citoyens l’audace de se prétendre juges de ce que font les laboratoires. Le danger n’est plus celui d’une “science sans conscience” , mais d’une technoscience sans contrôle, et ses conséquences, outre la “ruine de l’âme”, concernent tout simplement l’anéantissement”

C’est d’autant plus important que “ce que sera le monde demain dépend de ce qui se passe aujourd’hui dans les laboratoires (...) C’est pourquoi les orientations scientifiques comme les développements technologiques ne peuvent plus être laissés entre les mains de quelques spécialistes, ni pilotés par les seuls désirs de profit ou de puissance. L’heure est à une mobilisation des consciences et un dialogue renouvelé entre scientifiques et citoyens”.

Jacques Testart appelle à une « science citoyenne », à « refonder notre système de recherche autour d’un nouveau contrat entre science et société, de nouvelles missions et orientations de la recherche et d’une alliance forte entre les acteurs de la recherche publique et la société civile, porteuse d’intérêts non marchands. »


Le programme de la journée...


-  Dans l’après-midi, vers 14h30, Jacques Testart rencontrera des lycéens, au lycée Jean Monnet à S-Etienne.
-  Au cinéma Le France, accueil à partir de 18h30.
-  Restauration : boissons et tapas préparées par Les Pères Peinards
-  Vente-signature du livre “Labo-Planète”
-  A 19h : projection du film “Main basse sur les gènes, ou les aliments mutants” (projeté également le vendredi 9 mars à 14h)
-  A 20h : conférence-débat
Entrée pour film+conférence : 4 euros.



La responsabilité éthique des scientifiques

(Conférence à Avignon en 2007)

Que reste-t-il de la Science ? Quelle liberté reste-t-il au chercheur ? “Le métier de chercheur n’est plus ce qu’il était” (...) “Aujourd’hui, je ne parle plus de science, je parle de technoscience (...) Il y a une recherche finalisée”. Les thèmes de recherche sont imposés, et c’est l’argent - et les retombées financières pour les firmes -, qui décide.
Jacques Testart fait une distinction importante entre “principe de précaution” et “principe de responsabilité”.
La plupart des chercheurs ne se posent pas tellement le problème de la précaution (d’ailleurs, le principe de précaution a été inscrit dans la loi française contre la volonté de l’Académie des sciences !). Mais encore moins le problème de la responsabilité, de la responsabilité éthique. Par exemple : est-ce qu’il faut développer les OGM ?
“Il faut poser la responsabilité AVANT de faire la recherche”, dit Jacques Testart. “Or aujourd’hui, on pose la précaution, APRES”.
Les “comités d’éthique” peuvent-ils être une solution ? Non : ils ne font que “modérer l’avancée des techniques en fonction du niveau d’acceptation de la société (...) ils diffèrent la violence de l’innovation jusqu’à ce qu’elle soit acceptable”.

Alors, comment avancer dans cette direction ?
Jacques Testart propose des pistes, notamment :
-  une contre-expertise des travaux des chercheurs, par un “deuxième cercle d’expertise” qui permette la participation de la société.
-  la protection des “lanceurs d’alerte”, nulle aujourd’hui en France
-  l’aide au “tiers secteur scientifique”
-  des conférences de citoyens avec des procédures codifiées dans la loi et l’obligation de tenir compte de leurs travaux.


Octobre 2007 à Avignon - Conférence de Jacques Testart au Théâtre des Doms en Avignon sur le thème de la responsabilité des scientifiques.








(1)

Le Manifeste “Maîtriser la science” (1988)


Signé par : Jean Arsac, informatique, univ. Paris-VI ; Michel Bounias, biochimie, univ. Avignon ; Michel Cassé, astrophysique, CEA Saclay ; Jean-Paul Deleage, physique, univ. Paris-VII ; André Gsponer, physique des hautes énergies, ISRI, Genève ; Albert Jacquard, génétique, INED Paris ; Jean-Marc Levy-Leblond, physique théorique, univ. nice ; Jean-Marc Meyer, embryologie, univ. Strasbourg ; F.-B. Michel, pneumologie, univ. Montpellier ; Jacques Panijel, immunologie, CNRS-Pasteur ; Bernard Prum, statistique médicale, univ. Paris-V ; Jean-Paul Renard, embryologie, INRA-Pasteur ; Jean-Claude Salomon, cancérologie, CNRS, Villejuif ; Jean-Louis Scheidecker, astronomie, CNRS, Nice ; Jean-Paul Shapira, physique nucléaire, Orsay ; Michel Sintzoff, informatique, univ. Louvain ; Jacques Testart, biologie, INSERM- Clamart :

“Le désir de connaître le monde est aujourd’hui débordé par le besoin de l’exploiter. La production des connaissances scientifiques et des innovations est largement prise en charge par des institutions à buts technologiques. La recherche, qu’elle soit dite « fondamentale » ou « appliquée », est orientée par des choix économiques, sociaux, sanitaires ou militaires.
Le chercheur ne peut ignorer cette orientation, et la société est en droit de la juger. Fonctionnant sur un mode réductionniste, en ignorant toute autre forme de connaissance et de vérité, la science entre en conflit avec la nature, la culture et les personnes.
Ainsi, sauf à être contrôlée et maîtrisée, elle fait courir des risques graves à l’environnement, aux peuples et aux individus. Pourtant le processus de développement scientifique s’auto-accélère avec l’assentiment naïf de sociétés qui acceptent de ne rêver l’avenir que dans l’artifice technique, alors que l’identification de la production scientifique au progrès, et même au bonheur, est largement une mystification. L’accélération de la production scientifique induit un changement qualificatif de la dépendance des individus par rapport à la science. Cela vaut évidemment pour la vie pratique sans cesse modifiée par les techniques, mais aussi pour les aspects les plus intimes de la vie. Les notions de subjectivité, d’intimité, de secret, sont battues en brèche par des disciplines scientifiques de plus en plus indiscrètes qui, à défaut de tout comprendre, prétendent tout mettre en lumière.
Au nom de la vérité scientifique, la vie est réduite à ses aspects mesurables. La spécialisation de plus en plus étroite des chercheurs encourage leur myopie quant à leur fonction dans la société et crée des cloisons étanches entre les disciplines scientifiques.
Il est certes difficile de revenir sur les acquis technologiques, aboutissements des activités scientifiques, et qui conduisent à la création de nouveaux besoins selon une spirale industrielle que ne maîtrisent ni les chercheurs ni les consommateurs.
Nous croyons que la lucidité doit primer sur l’efficacité et la direction sur la vitesse. Nous croyons que la réflexion doit précéder le projet scientifique, plutôt que succéder à l’innovation. Nous croyons que cette réflexion est de caractère philosophique avant d’être technique et doit se mener dans la transdisciplinarité et l’ouverture à tous les citoyens.”




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