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PRÉSENTATION PAR BERTRAND BONY DU LIVRE “L’ENJEU DU SALAIRE” ET DE RÉSEAU SALARIAT... (1)
La question du travail et des conventions de travail...
Pour la reconnaissance de chacun comme producteur de valeur économique, et donc, au titre de cette qualification, comme éligible à un salaire à vie
mardi 15 mai 2012


Le 10 mai au Remue-Méninges, Bertrand Bony a présenté le livre de Bernard Friot “L’enjeu du salaire”, et les objectifs de l’association d’éducation populaire lancée fin 2011 : “Réseau salariat” (Voir)
En introduction à cette discussion, Bertrand Bony a abordé trois points :
-  La question du travail et des conventions de travail.
-  La cotisation sociale, et le conflit entre propriété lucrative et propriété d’usage.
-  Et la question de la fiscalité, qui va très probablement redevenir d’actualité, et pourquoi il va falloir se battre contre la CSG - et pour la cotisation -, contre la substitution de la CSG à la cotisation. Bataille pas facile parce que s’il est facile de se battre contre la TVA sociale - tout le monde voit bien que c’est anti-redistributif - par contre il est beaucoup plus difficile de se battre contre la CSG...

Le site de Réseau Salariat : http://www.reseau-salariat.info


La question du travail et des conventions de travail : convention de travail capitaliste, et convention salariale du travail

L’idée c’est que le travail - ce qu’on appelle travail - c’est une convention sociale : le travail n’a pas toujours existé sous la forme où on le connaît. j’avais un copain par exemple, il était guinéen, il disait souvent : "de toutes façons c’est le bordel depuis que vous avez inventé le travail". Il avait parfaitement raison : le travail c’est une invention. Alors pourquoi c’est une invention ? Pour le comprendre, il faut réfléchir à : de quoi on parle quand on parle de travail ?
Il y a une confusion qu’il ne faut pas faire, et que je vais essayer de lever, c’est la confusion entre le travail concret, qui est la production de valeur d’usage, qu’on fait pratiquement pendant 80 ou 90% de notre vie éveillée : on se lève le matin, on commence à faire le café, on produit de la valeur d’usage... ça, c’est de l’activité utile, indispensable, etc, mais ça n’est pas du travail ; on commence à dire qu’il y a du travail lorsque, à ces valeurs d’usage qu’on crée par cette activité qui est du travail concret, on décide que parmi ces activités qui produisent des valeurs d’usage sous forme de travail concret, il y en a une partie à laquelle on attribue en même temps de la valeur économique.
Il y a travail lorsqu’on affecte de la valeur économique à une partie du travail concret. Et donc il faut être très vigilant sur : qu’est-ce qu’on entend par travail ?

Pour vous donner des exemples pour montrer qu’il n’y a pas "d’essence du travail", que le travail ne peut pas être défini par son contenu : j’ai pris l’exemple du café tout à l’heure, vous faites votre café le matin pour le petit déj pour toute la famille : vous avez produit une valeur d’usage, ce n’est pas du travail, c’est du travail concret, ce n’est pas du travail au sens "création de valeur économique". Mais si vous allez tous en famille prendre votre café au bistrot du coin, eh bien là, le même café - donc la même valeur d’usage -, va être créée par quelqu’un qui est un salarié du bistrot, et là il va faire le même travail concret, mais ce travail concret va en plus avoir comme caractéristique d’être qualifié de "travail créateur de valeur économique", et vous allez payer votre café... et votre café va être transformé en une marchandise que vous allez acheter... Donc il n’y a travail que si on attribue à une certaine tâche concrète une valeur économique.
L’autre exemple, ce sont les soins. Jusque dans les années 40-50, les soins étaient faits par des nonnes, il y avait les hospices de Beaune, etc... donc ces nonnes, elles ne travaillaient pas. Elles avaient la foi, la vocation, etc... et elles soignaient les gens, c’était très utile, mais ce n’était pas du travail. Le soin n’est devenu du travail qu’à partir du moment où on a institutionnalisé... et que sont apparus les infirmières, les infirmiers, les soignants etc... et à ce moment là on a transformé cette activité qui existait déjà - le soin - en travail.
Donc il y a travail à condition qu’il y ait une institution quelque part qui décide - qui légitime en même temps, il faut que ce soit légitimé socialement -, il faut qu’il y ait une institution qui dise : là il y a travail, là il n’y a pas travail, il y a activité, il y a utilité, il y a tout ce qu’on veut, mais il n’y a pas travail.
Et l’institution capitaliste - parce que le travail tel qu’on le connaît aujourd’hui c’est le travail dans le régime capitaliste - l’institution capitaliste au coeur de la définition du travail, c’est l’emploi.
Aujourd’hui, l’institution qui dit : une activité est du travail, c’est l’emploi. Si je fais un café dans le cadre d’un emploi, c’est du travail. Si je fais un café chez moi ou avec des copains, ce n’est pas du travail, c’est de l’activité.

L’institution de l’emploi est centrale dans la définition de ce qu’est le travail. Et puis, comme il y a attribution de valeur économique à cette activité, à ce travail, en même temps cette attribution de valeur économique passe par une distribution de monnaie et donc une estimation de la valeur du travail, pour mesurer la valeur du travail. Et l’instrument de mesure, en régime capitaliste, de la valeur du travail, c’est ce qu’on appelle la valeur-travail - qu’il ne faut pas confondre avec la valeur morale, anthropologique du travail, qui s’applique au travail concret - la valeur travail c’est : je mesure la valeur du travail au temps de travail nécessaire, dans des conditions de productivité moyennes etc... pour produire les marchandises. Et donc c’est le temps de travail qui sert à la mesure de la valeur du produit du travail, qui va transférer de la valeur à la marchandise qui va être produite et vendue. Et dans le cadre de cette valeur de travail, les individus sont des forces de travail, qui sont elles mêmes des marchandises, qui se vendent sur un marché, qui est le marché des forces de travail - que par raccourci on appelle "le marché du travail" - sur lequel les employeurs achètent les forces de travail, et comme ce sont des marchandises, ils les achètent à une certaine valeur, et cette valeur est mesurée par le temps de travail nécessaire à produire cette force de travail. C’est à dire à entretenir la force de travail, c’est à dire à s’assurer que le travailleur de jour en jour puisse continuer à venir produire, donc mange un minimum, aie un minimum de confort, etc...

Donc la convention de travail capitaliste, c’est :
1 - une manière de mesurer la valeur économique par la valeur travail, et
2 - une institution dans le cadre de laquelle on applique cette mesure : c’est l’emploi.

Cette convention capitaliste de travail, il faut le dire, a eu au départ une phase où cela a correspondu à un progrès et à une certaine émancipation... c’est à dire qu’auparavant, la distribution de monnaie, la ponction sur la valeur créée par le travail concret des gens, qui était faite, était faite au nom de la hiérarchie des classes, de l’aristocratie, de l’allégeance à un chef de clan, de caste, etc... L’institution capitaliste du travail a quelque part transformé les choses en une société d’"égaux" c’est à dire que tout le monde, pour autant qu’il contribue à l’activité de travail, se retrouve à égalité avec autrui pour produire la valeur et en récupérer une partie...
C’est une phase qui a été temporaire, mais il y a une phase plutôt progressiste de la mise en place de ce système. Sauf que, lorsque c’est la valeur travail qui pilote la mesure de la valeur économique, eh bien du coup on aboutit à une dictature du temps qui fait que, pour accroître la valeur économique, il faut diminuer le temps de travail, il faut augmenter la productivité etc, il faut réduire le coût de la force de travail.... Tout ce que vous connaissez parfaitement, puisqu’on le subit tous les jours, sous la forme d’intensification des processus de production, sous la forme de contraintes de productivité, sous la forme d’employabilité . Alors il faut replacer dans ce cadre-là tout un vocabulaire : c’est l’employabilité - c’est à dire en permanence il faut que je fasse la preuve que je suis apte à tenir l’emploi dans lequel j’ai été recruté - ; c’est la productivité, la compétitivité, etc, qui se mesurent en accélération des risques ; c’est la souffrance au travail, qui est en réalité la souffrance à l’emploi, pas au travail, on y reviendra... Et puis c’est le pouvoir d’achat et la vie chère, c’est-à-dire : l’être producteur est réduit à un statut d’être de besoins. C’est à dire, si l’on obtenait finalement d’avoir une rémunération suffisante, eh bien ma foi on aurait notre compte, on aurait notre dû et ça suffirait... Et au passage, on a oublié qu’étant dans l’emploi, on a abandonné à l’employeur - c’est à dire à celui qui détient le poste de travail - la possibilité de maîtrise totale de ce qui se passe dans le travail, c’est à dire de ses fins et de ses moyens, de ses conditions d’exercice, de la localisation des productions, etc...
Et donc on est dans une représentation qui fait de nous des simples forces de travail qui vont se vendre sur un marché ; ça, c’est le coeur de la convention de travail capitaliste.

Est-ce qu’on est actuellement encore exactement dans ce schéma là ?
Oui et non ! Oui, puisque tout ce que je viens de décrire... Mais Non, parce que les luttes de décennies, au moins depuis le 20è siècle, ont produit à l’intérieur même du capitalisme, de la société telle qu’elle est aujourd’hui, des formes qui sont des prémisses d’une autre convention de travail que la convention capitaliste, qui est une convention qui n’est pas basée sur la valeur-travail, mais qui est basée sur la qualification. Les batailles qui ont eu lieu durant le dernier siècle ont déjà conduit même dans le cadre de l’emploi, à s’éloigner progressivement de la simple force de travail qui se vend sur le marché au jour le jour... On a réussi, bien qu’il y ait des tentatives pour qu’on y revienne, à se passer des tâcherons, on a réussi à mensualiser par exemple les salariés, on a réussi à mettre en place par exemple des conventions collectives qui font que dans une large mesure le salaire n’est plus strictement le prix de la force de travail mesuré par le temps de travail de chaque individu mais largement un barème qui s’éloigne déjà de la simple force de travail. Donc même dans le cadre de l’emploi, on n’est plus tout à fait dans ce que j’ai décrit initialement. On a heureusement commencé à s’éloigner un peu de cette simple condition de force de travail. Mais on a fait plus fort, et on a développé deux exemples sur lesquels je vais insister, qui permettent de démontrer qu’une autre convention de travail est possible et que non seulement elle est possible, mais qu’elle est déjà à l’oeuvre avec succès depuis des décennies.

Ces deux éléments ce sont :
1 - le salaire des fonctionnaires, et
2 - la pension de retraite comme salaire continué.

Alors, dans le cas du salaire des fonctionnaires... Le fonctionnaire a passé un concours qui lui a permis de rentrer dans la fonction publique avec un grade. Qu’est-ce que c’est que le grade ? C’est l’attribution à la personne - le fonctionnaire qui a réussi son concours - d’une qualification qui est vraiment une attribution personnelle, qu’il va garder de manière irrévocable toute sa vie, et qui va être assortie d’un salaire à vie. Un fonctionnaire, ce n’est pas quelqu’un qui a un emploi à vie - il a un poste, éventuellement, pas forcément - mais ce n’est pas quelqu’un qui a un emploi à vie, c’est quelqu’un qui a une qualification et un salaire à vie.
Il faut être vigilant là-dessus, parce que si vous prenez les tentatives de réformes récentes du statut des chefs d’établissement dans les collèges et les lycées, l’objectif n’était pas de faire noter simplement les enseignants par les chefs d’établissements, c’était de transformer leurs postes en emplois, de faire du chef d’établissement un employeur qui allait recruter des salariés comme sur le marché du travail, pouvoir les révoquer comme sur le marché du travail, etc... L’objectif est beaucoup plus lourd, dans cette réforme, que le simple truc cosmétique :"ce serait mieux qu’il note lui-même ses enseignants", etc... C’est quelque chose de très profond. C’est à dire que ce qui est subversif de la convention capitaliste du travail dans le statut de la fonction publique, c’est que c’est au fonctionnaire qu’on attribue une qualification à travers son grade, et ce n’est pas à son poste, contrairement à ce qui se passe dans le privé. Dans le privé, ce qui reçoit la qualification, c’est le poste. L’employeur dit : je vais créer un poste là, je vais lui affecter telle qualification et donc telle rémunération - tel salaire -, et je vais chercher de la force de travail apte, employable au niveau requis pour tenir ce poste.
Dans le cadre de la fonction publique, ce n’est pas du tout ça. La personne passe un concours, on lui octroie un grade, elle a dès lors une qualification et un salaire qu’elle va conserver et qui ne va faire que progresser, et ensuite l’administration va tenter de lui trouver un poste. En général elle va y arriver, mais pas forcément. Et vous pouvez avoir des gens qui ont le même grade, la même qualification, et qui ont des postes extrêmement différents. Dans la fonction publique, il n’y a pas de lien direct entre le poste et le grade et la qualification. Et ça, c’est évidemment l’amorce d’une nouvelle convention de travail qui veut que : je suis qualifié, donc j’ai un salaire, donc ce que je fais produit de la valeur économique.
Ce n’est pas parce que je travaille que j’ai un salaire, c’est le contraire : c’est parce que j’ai un salaire que ce que je fais est du travail. Parce que sinon, je pourrais le faire, comme activité, comme travail concret. Mais si je ne suis pas dans le cadre d’une convention de travail, ça n’est que de l’activité. La condition dans la convention capitaliste, c’est : tu dois être dans l’emploi. Et comme c’est l’emploi qui est qualifié, si tu perds ton emploi tu perds ton salaire, tu es chômeur. Tandis que si tu es fonctionnaire, tu as une qualification qui te suis toute ta vie, donc tu as le salaire qui va avec toute ta vie, si tu perds ton poste, tu gardes ta qualification et ton salaire. Et si tu perds ton poste parce que tu passes à la retraite, eh bien tu continues à être payé à ta qualification.
Donc le statut du fonctionnaire inaugure une convention de travail basée sur la qualification et non pas sur la valeur-travail.

Et dans le cas de la pension du privé, eh bien, alors que pendant toute la vie active du salarié d’une entreprise privée, ce n’est pas le salarié qui est qualifié mais le poste qu’il occupe, enfin, au moment où il part en retraite - par un système de reconstitution de carrière -, on va enfin lui attribuer la qualification moyenne des postes qu’il a tenus, et dès lors qu’il a acquis cette qualification, il obtient un salaire à vie. Là aussi, on a l’inauguration de la même convention de travail que dans le cas de la fonction publique, c’est à dire : j’ai une qualification personnelle, j’ai un salaire, et du coup ce que je fais est reconnu comme travail.
Et c’est la raison pour laquelle, à Réseau Salariat, nous disons que les retraités travaillent. Ils travaillent sous le régime de la convention salariale du travail, basée sur la qualification enfin reconnue pour les personnes et non plus pour les postes.

Pour finir sur ce chapitre de la qualification, parce que c’est important, il ne faut pas confondre la qualification et la certification. Quand je passe un diplôme : un CAP de plombier, un diplôme de médecine, etc... ça certifie que je suis apte à faire certaines tâches concrètes, un travail concret. Je vais préférer faire refaire ma salle de bains par un plombier et me faire opérer de la rate par un chirurgien plutôt que l’inverse. Là on est dans le travail concret...
La qualification, qui détermine ce qui est du travail et ce qui produit de la valeur économique, c’est tout à fait autre chose, ça ne caractérise pas le travail concret mais le travail abstrait, celui qui produit de la valeur économique. Et donc, quand on dit que le grade par exemple du fonctionnaire correspond à sa qualification, son grade peut être assez largement déconnecté des diplômes qu’il a obtenus, d’abord parce qu’il a pu acquérir ce grade de différentes manières, soit par progression dans sa carrière professionnelle, en passant des concours internes, etc, soit parce qu’il a passé des diplômes, mais en général c’est par une épreuve de qualification indépendante des diplômes qu’il a pu passer. Donc il ne faut surtout pas confondre la certification et la qualification...
Alors c’est une difficulté, parce que la qualification professionnelle dans le cadre des conventions collectives est très reliée au diplôme. Donc, en particulier dans le monde syndical, on a beaucoup de difficultés avec cette question de qualification, parce que, quand nous, Réseau salariat, nous parlons de qualification, nous parlons d’un attribut politique que nous revendiquons comme un nouvel attribut politique ou nouveau statut politique qu’on appelle le statut politique du producteur. Et ce qu’on propose, c’est qu’au même titre qu’à 18 ans, à la majorité, on a une majorité civile, et dès cette majorité on a un droit de suffrage (à vie, qu’on ne nous retire pas, même si on ne l’exerce pas, il n’y a pas de contrepartie, d’obligation de l’exercer), eh bien nous proposons qu’il y ait aussi un nouveau droit qui est un droit à la qualification personnelle, à vie, dès la majorité. Cette qualification, qu’est-ce qu’elle dit ? Elle ne dit pas que je suis capable de refaire la plomberie de la salle de bains etc, ce n’est pas la certification... Elle dit que je suis reconnu comme apte à créer de la valeur économique et à décider de la valeur économique. Voilà ce qu’elle dit. Rien d’autre. Mais tout ça. C’est la revendication de la reconnaissance de chacun comme producteur de valeur économique, donc, au titre de cette qualification, éligible à un salaire à vie.

Première proposition que nous faisons, c’est : utiliser le déjà-là de la qualification et de cette convention salariale de travail déjà à l’oeuvre sous ces 2 aspects, la prolonger en revendiquant un droit à la qualification personnelle à vie et au salaire à vie qui va avec.
C’est le premier point central de la proposition : le travail, c’est une question de convention sociale et ça nécessite une référence à quelque chose pour mesurer la valeur. Et une référence à une institution qui décide ce qui est du travail ou pas.
Dans la convention capitaliste, l’institution c’est l’emploi et l’outil de mesure c’est la valeur travail.
Et dans le cadre de la qualification, ce qu’on propose c’est un droit politique à la qualification avec le niveau de qualification qui sert de mesure de la valeur...

A suivre...




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