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Contre les nouvelles tendances de l’urbanisme sécuritaire, la participation citoyenne à la gestion de la cité.
vendredi 28 mai 2004, par Raymond Vasselon


La sûreté avance à grand pas dans l’approche des problèmes de la ville. Les projets d’urbanisme, la conception des espaces publics intègrent de plus en plus la vision sécuritaire de la société.

Cette tendance, qui consiste à aborder la question de l’espace urbain sous l’angle de la surveillance des comportements de délinquance et de leur traitement est issue de la théorie anglo-saxonne appelée "prévention situationnelle".

L’objectif de cette théorie est de créer un "espace défendable".

D’un point de vue pratique, cela se traduit tantôt par des propositions d’aménagement préventives ou dissuasives, tantôt par des dispositions répressives. Souvent, les deux sont combinées.
Ainsi, on condamnera l’accès aux caves, on supprimera les halls à doubles entrées, on supprimera les angles morts dans les espaces publics. On évitera les lieux rendus obscurs par l’ombre portée des arbres et donc propices aux embuscades. On évacue les bancs publics trop souvent confisqués par les SDF.
Mais on optera aussi pour des solutions de voiries qui facilitent l’intervention des gardiens de l’ordre, l’accessibilité des forces de l’ordre. Pour cela, on éliminera bien sur tous les dispositifs facilitant la fuite des voyous telles que les traboules, les passages couverts et les escaliers qui font tourner les courses poursuites à l’avantage des jeunes délinquants.
Certains espaces publics sont déjà fermés aux heures ou des groupes suspects commencent à investir les rues.

Les temps ont changé : Georges Brassens chantait les bancs publics, les grands escaliers étaient prisés par les artistes, les traboules étaient les trajets secrets préférés des habitants. Aujourd’hui, les espace publics sont placés sous le coûteux contrôle de la vidéosurveillance. Les bancs et les kiosques sont remplacés par le mobilier urbain et la signalétique destinée à canaliser les flux et à les orienter vers les lieux de consommation.

Et tout cela se précise. Le projet de loi d’orientation pour la prévention de la délinquance est en cours de finalisation. Il devrait être suivi d’un décret d’application permettant la mise en œuvre d’études préalables de sûreté dans les projets d’urbanisme (des bureaux d’études spécialisés existent déjà).
Cette loi devrait aussi comporter des incitations fiscales aux propriétaires afin qu’ils effectuent des travaux portant sur la sécurité.

Plus, le processus de normalisation européenne "prévention de la malveillance" s’est étendu à l’urbanisme. Ce projet de pré-norme est d’ailleurs fortement critiqué par le Conseil National de l’Habitat. Selon le Conseil, ce projet "comporte des éléments inacceptables de stigmatisation sociale en considérant, par exemple, le statut locatif comme un facteur d’insécurité".

En France, les réticences vis à vis de ce discours se sont malheureusement atténuées depuis 2002.

Mais de nombreux professionnels de l’urbanisme rejettent toujours fermement cette approche réactionnaire des problèmes de la ville. Beaucoup la considèrent comme dangereuse car porteuse d’un projet de "fragmentation spatiale qui ne pourra aboutir qu’à plus de fragmentation sociale".

Ils ont 10 fois raison. Il ne faut pas laisser ce processus de contrôle social et de normalisation de notre espace prendre le dessus. Cette notion "d’espace défendable" est porteuse de dangers lourds car elle renforce tous les réflexes d’exclusion.

On ne résoudra pas le sous emploi, la crise de l’école, les problèmes globaux de la société par l’urbanisme sécuritaire.

A cette conception de la vie qui considère fondamentalement "l’autre" comme un indésirable, comme un danger, il faut opposer la volonté citoyenne de vivre ensemble, de construire ensemble les projets de quartiers, les projets de la ville.

A cette inquiétante conception sécuritaire de la ville, il faut opposer le développement de la démocratie de contrôle de l’action publique et la participation citoyenne à la gestion de la cité.

La réappropraition de la gestion de la ville et de ses espaces par les habitants voilà la réponse moderne à la crise des quartiers.

Voici quelques temps, Jodelle Bourdet dans un article du Monde disait : "ce dont souffrent les quartiers difficiles et les banlieues populaires, c’est d’un déficit de participation sociale et politique".

Il est possible de combler ce déficit :

Une véritable co-élaboration des projets et des actions est aujourd’hui une nécessité largement reconnue. Les problèmes de services publics de proximité, de l’emploi, de l’espace public, de la culture, de la lutte contre l’échec scolaire et l’exclusion, de l’habitat, doivent être étudiés en partant du sujet, c’est à dire avec les personnes concernées.
Il est nécessaire de mettre en relation directe les habitants avec les professionnels de l’urbanisme, de l’action publique, de l’architecture et du paysage. Il faut mettre tout le monde en confiance en libérant la parole.

Les projets doivent être l’occasion d’une ré-appropriation des quartiers et de la ville par les habitants. La transparence des budgets publics, l’élaboration des priorités avec les citoyens, la possibilité pour toutes et tous de devenir les acteurs de la gestion de leur ville sont les questions incontournables si on veut vraiment construire la cohésion sociale moderne.

Une autre ville que la ville sécuritaire est possible : celle des expériences partagées, celle ou l’autre n’est pas un danger mais un partenaire, celle ou les différences n’opposent pas mais sont l’occasion de construire une culture plus universelle.

Raymond Vasselon.




> Contre les nouvelles tendances de l’urbanisme sécuritaire ; éducation et culture
2 août 2004, par Cyril D
Point de vue

Lorsqu’ on nous vend de la sécurité, en médiatisant largement l’insécurité, à la place de combler le manque de confiance en soi. Manque de confiance en soi induit par la pression sociale d’une société qu’il faut se l’avouer est malade.

Manque de confiance en soi et donc manque de confiance donnée à nos contemporains, et hélas manque de tolérance face à la différence, face à cette idée de la "norme".

Alors je me pose une question ; "à qui profite le crime ?" Il me semble, et je n’exprime ici que mon propre point de vue, que ce qui ferait évoluer la situation se trouve plus dans l’éducation et la culture que dans la sécurité et la défense.

Alors je rêve d’une culture des "citoyens du monde", une utopie. "Il faut être utopiste, mais pas pour des chimères" (Pierre Rabit). Cependant, comme disait A. Heinstein ; "Il est plus difficile de désagréger des préjugés que des atomes"...

Avec confiance CD

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