Réseaux citoyens de St-Etienne
Accueil Qui sommes-nous Nous contacter Nous aider Plan du site Admin
   
Vous êtes ici : Quelle connerie la guerre ! > Reagan fut le boucher de mon peuple
A la une
Agenda
Albums photos
Images à la une
Envoyez la musique !
La France insoumise / Jean-Luc Mélenchon
Nous sommes Grecs
Agroécologie
Agriculture paysanne
AMAP et réseau des AMAP
AMAP-Saint-Etienne
L’avenir du mouvement des AMAP
Les Amap dans la Loire
FAQ - De la ferme au quartier
Collectif Zérogm42
Collectif "nourrir l’humanité"
Maison de la semence
G.R.A.I.N. / Via Campesina
Collectif Liberté Justice Palestine
Chroniques pour la Palestine
Moyen-Orient et monde arabe / Georges Corm
Réseau RESF
Réseau Solidarité Rroms
Egalité des droits / Antiracisme
Une école pour tou(te)s
Survie / Françafrique
Quelle connerie la guerre !
Collectif "personne à la rue !"
Justice sociale / Droits sociaux
Assises droits sociaux
Forum des droits sociaux
Logement
Non au CPE !
Santé
Services publics
Travail / Emploi / Retraite
Portail pour l’accès aux droits sociaux
Le travail social dans la crise
Terrain d’entente
Groupe de réflexion "travail travail !"
Réseau salariat
Ecole / Education populaire
Justice écologique
Collectif Action Climat - CLAC
Sortir du nucléaire
Démocratie
Démocratie participative
Porto Alegre/St-Etienne
Libertés
Europe
Sortir du capitalisme
TAFTA
Changer la mondialisation ?
Forums sociaux
Changer la gauche ?
Gouvernement Hollande-Ayrault-Valls
Gouvernement Sarkozy
Chronique d’une élue citoyenne
Ville de Saint-Etienne
Conseil municipal
Elections municipales 2008
C’est notre histoire
Culture / idées
Les Héroïnes
Libres paroles
Des livres, des films, des sites...
Cafés citoyens au Remue-Méninges
Atelier de philosophie
Université Populaire - Laboratoire Social / Collectif Malgré Tout
Médias
Qui sommes-nous
Réseaux/Associations
PÈRE MIGUEL D’ESCOTO
Reagan fut le boucher de mon peuple
Retranscription d’une interview radio*
samedi 12 juin 2004


Le père Miguel D’Escoto est un prêtre catholique de Managua, Nicaragua. Il fut ministre des affaires étrangères du gouvernement sandiniste dans les années 80.

*Ecouter l’interview de Miguel d’Escoto sur Democracy Now

PERE MIGUEL D’ESCOTO  : "Avant tout, permettez-moi de dire, bien sûr, que Reagan est maintenant mort, et en ce qui me concerne, j’aimerais n’avoir que de bonnes choses à dire sur lui. Je ne suis pas insensible aux sentiments de nombreux états-uniens qui pleurent le président Reagan, mais tandis que je prie que Dieu, dans sa bonté infinie, lui pardonne d’avoir été le boucher de mon peuple, pour avoir été le responsable de la mort de quelques 50.000 Nicaraguayens, nous ne pouvons pas, nous ne devons pas oublier les crimes commis au nom de ce qu’il a osé qualifier de liberté et démocratie.

Peut-être plus que tout autre président US, Reagan a convaincu de nombreuses personnes à travers le monde que les Etats-Unis étaient un tromperie, un gros mensonge. Non seulement ce pays n’est pas démocratique, mais en fait le plus grand ennemi du droit à l’auto-détermination des peuples. Reagan était connu comme le "grand communicateur", et je pense que c’est vrai si on croit qu’être un communicateur signifie être un grand menteur. Ce qu’il était sans aucun doute. Il pouvait proférer les plus grands mensonges sans sourciller. A l’entendre affirmer que nous étions soi-disant en train de persécuter les Juifs et que nous faisions brûler des synagogues qui n’existaient même pas, j’ai fini par croire que Reagan était possédé par des démons. Franchement, je crois réellement que Reagan à l’époque, tout comme Bush aujourd’hui, était possédé par le démon du destin manifeste.

Bien entendu, en disant cela je suis conscient que les gens du Projet Pour Un Nouveau Siècle Américain, par exemple, considèrent pour leur part que sa mort constitue une grande perte.

A cause de Reagan, et de son héritier spirituel George W. Bush, le monde aujourd’hui est bien plus dangereux qu’il ne l’a jamais été.
En fait, Reagan était un hors-la-loi international. Il accéda à la présidence peu de temps après que Somoza, le dictateur imposé par les Etats-Unis au Nicaragua pendant près d’un demi-siècle, ait été renversé par des nationalistes nicaraguayens menés par le Front de Libération Sandiniste. Pour Reagan, le Nicaragua devait être reconquis.

Il reprochait à Carter d’avoir perdu le Nicaragua, comme si le Nicaragua appartenait à quelqu’un d’autre qu’au peuple Nicaraguayen. Et ce fut la début de cette guerre inventée par Reagan, la guerre des Contras, au sujet de laquelle il n’a pas arrêté de mentir au peuple, rendant le peuple états-unien un des peuples les plus ignorants de la terre. J’ai dit ignorant, pas bête. Mais le peuple le plus ignorant de la terre sur la politique étrangère des Etats-Unis. Les gens n’ont aucune idée... s’ils avaient la moindre idée, ils se révolteraient.

Ainsi, il a menti au peuple, comme Bush ment au peuple, menant leur politique comme si les Etats-Unis étaient au-dessus de toutes les lois, humaines ou divines. Alors nous avons traîné les Etats-Unis, les Etats-Unis de Reagan, devant la Cour Internationale. J’étais ministre des affaires étrangères du Nicaragua à l’époque. Et le gouvernement des Etats-Unis reçut la condamnation la plus sévère jamais prononcée dans l’histoire de la Justice internationale. Les Etats-Unis, depuis le début des années 20, proclamaient au monde entier qu’une des preuves de leur supériorité morale était justement leur respect des lois internationales et leur respect des décisions de la Cour Internationale. Le Nicaragua les a trainé devant la Cour Internationale et les Etats-Unis ont été condamnés à une peine que les Etats-Unis refusent toujours de payer. Ils doivent à présent au Nicaragua entre 20 et 30 milliards de dollars... Les dégâts provoqués au Nicaragua par la guerre de Reagan à l’époque où nous avons quitté le pouvoir était de plus de 17 milliards de dollars, et ça c’était selon les estimations très modérées, des gens de la commission économique sur l’Amérique latine des nations unies, de l’université de Howard et d’Oxford, de l’université de Paris, qui composaient pour l’essentiel l’équipe chargée d’effectuer l’estimation. Les Etats-Unis furent ordonnés de payer pour les dégâts provoqués. Bush n’a jamais accepté de me parler sur ce sujet. J’ai dit "alors rencontrons nous pour que vous puissiez exécuter la sentence de la Cour." Il m’a répondu par écrit à deux reprises qu’il n’y avait rien à discuter.

Alors Reagan a endommagé le Nicaragua au-delà de l’imagination de ceux qui m’entendent aujourd’hui. Les conséquences de ces interventions meurtrières et criminelles dans mon pays se ressentiront encore dans 50 ans ou plus."

Transmis par Cuba Solidarity Project




Dans la même rubrique :
La France, Israël et le marché de l’armement
Des identités, une résistance.
La lettre à Chirac ou qui a assassiné Hariri ?
Forte manifestation anti-guerre/anti-Bush samedi 5 juin à Paris.
Manifestation anti-Bush/anti-guerre samedi 5 juin à Paris
Islam et islamisme
Rencontre internationale de Beyrouth, en solidarité avec la Résistance
Thomas Coutrot : "Les élites politiques ne cherchent plus à susciter l’espoir mais à jouer sur la peur" - Appel collectif : "A qui sert leur guerre ?"
La société en lutte contre les promoteurs de la guerre des civilisations
Un appel à la solidarité lancé par la communauté franco-libanaise de la région stéphanoise




Proposer un article | Nous contacter | Plan du site | Admin | Accueil