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Familles et enfants toujours à la rue : pourquoi ?
Et toujours des actions solidaires pour l’hébergement et le logement...
mardi 30 décembre 2014


Cette fois, on est entré dans l’hiver : froid, neige...
La radio annonce la mort d’un sans-logement dans le Nord. Un jeune de 29 ans. Vivre à la rue, ça tue.
La privation de logement, c’est encore plus épuisant pour des familles avec des enfants contraintes d’errer toute la journée dans les rues.
C’est pourtant ce à quoi la Préfète de la Loire condamne des dizaines de personnes et de mômes. Avec l’appui actif des maires de St-Etienne et Roanne Perdriau et Nicolin (1)

Ces dernières semaines, ces responsables politiques ont expulsé ou laissé expulser des familles de leurs taudis ou de leurs hôtels. Parce que maintenant, même plus de "trêve hivernale". Dans le collimateur, des Rroms - pas plus nombreux à St-Etienne qu’il y a quelques années, contrairement à l’impression que peuvent avoir des stéphanois qui les ont vu errer sans fin dans les rues depuis des mois, harcelés par la Police ; bien joué de la part de ceux qui cherchent à faire monter le rejet ! -
Mais dans le collimateur aussi d’autres familles de demandeurs d’asile, virés au fur et à mesure des hôtels où ils sont hébergés, suite au rejet de leur demande d’asile. Comme l’hébergement est un droit fondamental, et comme la mobilisation solidaire est une réalité, la préfète est obligée de les "mettre à l’abri" la nuit. Mais pour des demandeurs d’asile de St-Etienne, dont les enfants étaient scolarisés ici, et qui ont leurs démarches à faire ici, elle en envoie "tourner" entre des gymnases du Roannais, ce qui rendra quasiment impossible la scolarisation des enfants.
Le gymnase de la Rivière semble lui réservé aux familles Rroms, ce qui permet de bien les montrer du doigt, et simplifiera sans doute les choses le jour où décision sera prise de le fermer... (2)
Ceci, c’est la face sombre de la situation. L’autre face, c’est celle de la solidarité, qui ne se dément pas.

Mercredi 17 décembre, Bourse du Travail, réunion à l’initiative du collectif "Pour que personne ne dorme à la rue"... 55 personnes étaient présentes, représentant la plupart des 40 associations, syndicats (cgt, cfdt, fsu...), partis politiques, qui ont adressé en novembre une lettre à la préfète de la Loire : "droit d’asile, droit au logement : la dignité et des droits pour tous !". (Voir)
Décision y a été prise d’organiser un rassemblement samedi matin 20 décembre devant le gymnase de la Rivière pour exiger le respect du droit à l’hébergement et demander à la préfète que le gymnase soit ouvert jusque 11h le matin et à partir de 15h l’après-midi. Et qu’un accueil de jour digne de ce nom soit mis en place pour la journée à Renaître près de Chateaucreux.

Samedi 20 décembre, de 7h à 9h du matin, plus de 100 personnes se sont rassemblées devant le gymnase de La Rivière. Un gymnase cette fois totalement cerné par les policiers ! Et on reposera donc la même question : combien ça coûte tout ça ?...



A nouveau la même demande : que les familles et 40 enfants à la rue aient un lieu où s’abriter en journée.
La veille, le directeur de cabinet de la Préfète avait annoncé sur TL7 que le gymnase de La Rivière serait ouvert jusque 9h le matin (au lieu de 7h30 - mais le réveil obligatoire reste à 6h45 pour tous) et à partir de 19h le soir (au lieu de 20h). Et que, pour ce qui est des repas, un yaourt et un fruit seraient ajoutés aux 2 sandwiches du soir.
Au nom du droit fondamental à l’hébergement, les militants, les associations, syndicats, partis politiques et élus présents ont estimé que ce n’était pas une réponse suffisante, et demandé à la Préfecture et au Maire de St-Etienne l’ouverture d’un lieu d’accueil de jour pour les familles à la rue. Dans lequel elles puissent se poser, s’abriter, et se faire à manger à midi.
Renaître ne le permet pas : 50 places seulement, déjà une trentaine occupées chaque jour par des personnes seules à la rue, fermeture à midi sauf le dimanche où réouverture de 14h à 16h, toilettes en travaux, 2 plaques chauffantes en tout et pour tout (les dernières actions ont seulement permis d’obtenir que l’accueil de jour géré par Renaître rue Ferdinand, d’habitude fermé les jours fériés, soit ouvert de 9h à 18h les 25 Décembre et 1er janvier...)

Une proposition a été faite à la Préfecture et à la Mairie de St-Etienne : utiliser les locaux du Lycée Hauptmann, au Bardot, locaux vides que la région vient de céder.

Décision a été prise de se rendre devant la Préfecture pour demander à rencontrer le directeur de cabinet qui venait d’affirmer sur TL7 que sa porte était toujours ouverte. Mais la porte était close, et 8 jours après, toujours aucune réponse à la demande d’entrevue des associations pour discuter du "plan Hiver" et à la proposition d’un accueil de jour au lycée Hauptmann.

Un problème insoluble, vraiment ?...

Quelques repères...
-  Le Préfet de la Région Rhône-Alpes vient de demander à l’Eglise de mettre à sa disposition une salle de 150 places pour accueillir les sans-logement ! Le père Gérard Riffard n’en croit pas ses yeux et ses oreilles, lui qui est trainé dans les Tribunaux par les maires de St-Etienne et la Préfète de la Loire pour avoir hébergé 50 personnes dans l’église de Montreynaud ! Le Préfet de Région devrait passer un coup de fil à la Préfète de la Loire !...
-  Une invasion de réfugiés ? c’est ce qu’expliquent depuis des mois et des années la préfète, et l’ex et le nouveau maire de St-Etienne. Mais Jean-François Peyrard l’a rappelé lors de la réunion à la Bourse du Travail : il y a 10 ans les arrivées de demandeurs d’asile en France étaient de 60 000 adultes par an au lieu de 40 000 en 2013. L’Europe à 15 pays accueillait 2 fois plus de réfugiés au début des années 2000 que l’Europe à 27 aujourd’hui !
La France submergée ? Pour comparaison, le Liban, avec 4 millions d’habitants, accueille 1 million de réfugiés syriens !
La Tunisie qui a moins de 11 millions d’habitants a maintenant 1,8 millions de réfugiés libyens, chassés par une guerre civile dans le déclenchement de laquelle l’intervention de la France est pour beaucoup.

-  Dans la Loire la préfète dit avoir dépensé 18 millions d’euros pour l’accueil des étrangers en 2013, mais oublie de dire que 12 à 13 millions l’ont été pour payer des places en hôtels où les gens ne peuvent même pas cuisiner, alors que les associations font des propositions permettant de loger tout le monde pour beaucoup moins cher, dans une ville qui compte des milliers de logements vides, et aussi de nombreux bâtiments publics vides...

Alors, une question s’impose : pourquoi cet acharnement à ne pas régler des problèmes dont la solution est à portée de main, ou à les aggraver ? . La Préfecture dit ne pas pouvoir faire mieux. Mais sa politique coûte beaucoup plus cher en argent public (ne serait-ce que pour la mobilisation policière qui l’accompagne) que ne coûterait l’organisation d’un hébergement correct.
Et pourquoi ce refus de la Préfecture de discuter avec les associations et les travailleurs sociaux du "plan hiver 2014-2015" ?

Au plan national, Médecins du Monde parle de 150 000 personnes sans-abri. En 2014, la France ne peut pas trouver un logement à 150 000 personnes ? Quand 15 000 personnes sont bloquées sur les autoroutes du ski, c’est réglé dans la soirée, repas compris...

Alors pourquoi ne pas trouver les solutions qui sont à portée de la main ? Pour nous habituer à ce qui vient et s’assurer un contrôle politique d’une partie suffisante de la société en la "montant" contre les pauvres et les précaires pour qu’elle ne mette pas en cause la politique qui les multiplie ?
C’est intéressant de lire ce que dit Laurent Ott : Lutter contre la triple pénalisation des pauvres et précaires

Médecins du Monde vient de demander une politique orientée vers le logement pérenne. C’est de ça qu’il y a besoin. En France, il est possible tout de suite que tout le monde que un logement.

Toujours la solidarité...

-  des activités pour les enfants sont organisées régulièrement au local de Solidarité Rroms, rue Rouget de Lisle, et une distribution de jouets de Noël offerts par Soleil Solidaire a eu lieu vendredi 26 décembre au gymnase.
-  Quelques enfants sont accueillis en journée au centre social de La Rivière.

-  Les mercredis, y compris les 24 et 31 Décembre, les familles à la rue peuvent se rendre à "la Gueule Noire" à Bellevue, local que les militant-e-s de ce lieu associatif ouvrent entre les horaires de fermeture du gymnase.

-  Des messages à la Préfecture...
Ecrire à la Préfète de la Loire. Sur la liste du collectif "Pour que personne ne dorme à la rue", cette proposition de courriel (que chacun peut modifier) à adresser à fabienne.buccio@loire.gouv.fr :

« Madame la Préfète,
Suite à plusieurs expulsions successives qu’elles ont subies sans qu’une proposition de relogement ne leur soit proposée, une quinzaine de familles avec leurs enfants sont actuellement hébergées la nuit au Gymnase de La Rivière à Saint-Etienne entre 19h et 9h.
Pendant la journée, ces familles se retrouvent condamnées à rester dehors sans proposition de lieu d’accueil où se poser, cuisiner et préserver leurs enfants des graves dangers de la rue.
Cette situation est inacceptable, car totalement contraire au respect du Droit fondamental à l’hébergement, Droit rappelé par le Conseil d’Etat en février 2012.
Face à cette situation, notre pays a les moyens de prendre ses responsabilités et doit le faire. Malgré une audience de 2 heures avec votre Directeur de Cabinet, ce lundi 15 décembre, nous faisons le constat qu’aucune solution n’est pourtant proposée.
Avec de nombreux citoyens, des organisations représentatives de la défense des Droits humains et des élus, nous vous demandons expressément, Madame la Préfète, d’ouvrir à ces familles un accueil de jour digne et adapté, dans les locaux du Lycée Professionnel Joseph HAUBTMAN à Saint-Etienne, disponibles depuis la dernière rentrée scolaire.
Vous pouvez compter sur notre détermination à ne pas laisser l’inacceptable et le danger s’installer.
Nous comptons sur votre action pour une protection des personnes et vous prions d’agréer, Madame la Préfète, l’assurance de notre considération. »

-  Le délibéré du jugement en appel du Père Riffard va être rendu le 27 janvier par la Cour d’appel de Lyon (Voir).

-  Miguel Nguandi qui avait été relaxé le 29 novembre 2013 (Voir) de l’accusation d’entrave à la circulation des trams (dont il était accusé suite à un dépôt de plainte de la STAS) et condamné pour rébellion, mais avec dispense de peine... passe en appel à l’initiative du procureur le lundi 19 janvier.

-  Dans le roannais, les militants solidaires viennent de subir une tentative d’intimidation : Marie-Claude Jeannet, ancienne Présidente d’Emmaüs, a été convoquée pour un "rappel à la loi", car elle héberge comme d’autres une famille pour éviter la rue à un nouveau-né. Une loi que les autorités semblent mal connaître puisque si le délit « d’aide au séjour irrégulier », appelé « délit de solidarité » par les associations, existe toujours dans la loi, l’article L622-1 du CESEDA qui définit ce délit a été modifié depuis le 1er janvier 2013. L’article L622-4 alinéa 3 distingue "les mafieux et les humanitaires", et le délit n’est pas retenu si la personne n’exige pas de contrepartie financière à l’aide qu’elle apporte à la personne étrangère.
Cette intimidation n’est pas faite par hasard : à Roanne une famille arménienne, la famille Akobyan - les parents et deux fillettes nées en France - est aujourd’hui menacée d’expulsion. (pétition à signer sur http://www.educationsansfrontieres.org

Le collectif "Personne à la rue" se réunira mercredi 7 janvier à 17h, à la Bourse du Travail de St-Etienne (salle 66) pour faire le point et décider des prochaines initiatives...

(1) Et Mme Buccio est la représentante directe ici de MM Hollande et Valls et du ministre de l’intérieur Cazeneuve. Elle a le soutien explicite du sénateur Vincent, et implicite des députés Juanico et Gagnaire, qui consentent, puisque contactés ils ne disent mot. Peut-être faut-il le dire plus fort, pour obliger ces responsables politiques à bouger.

(2) Le calcul qui consiste à opposer les pauvres entre eux et à "monter" la société contre les pauvres ?
Pourquoi cet acharnement ? Pour décourager ceux qui défendent les droits humains fondamentaux ? Pour nourir dans la population une exaspération contre les plus pauvres, souvent du coup assimilés aux Rroms ?
Car vis à vis des Rroms c’est une attitude très calculée d’en faire des errants dans les rues de la ville. Comme ça, des gens les voient 5 fois dans la journée, et ça donne crédit à l’idée qu’"on est envahi".
La chasse aux Rroms a commencé à St-Etienne il y a 11 ans. (Voir Réseau Solidarité Rroms). Depuis des années il y a 250 à 350 Rroms dans la Loire. Et pas d’"appel d’air". Quand on pense aux millions qui ont été gâchés pour leur faire la chasse, à toutes les destructions, au sabotage du travail des associations, pour aboutir au fait que maintenant des mômes sont de fait exclus des écoles !
L’autre résultat est que l’idée qu’il y en marre, qu’on a déjà tellement de problèmes, qu’"on ne peut pas accueillir toute la misère du monde", que les Rroms et les demandeurs d’asile mangent le pain des français pauvres et doivent aller voir ailleurs, est probablement plus répandue que jamais. Et c’est du plus haut niveau de l’Etat (Sarkozy, Valls...) et des autorités politiques locales que les barrières ont été levées. L’extrême droite peut jubiler...
Ceci n’empêche pas que des milliers de personnes s’opposent activement à cette affaissement des valeurs, et défendent les principes, les fondements de la République française : la fraternité, le droit, la démocratie.




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