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2015 et la Palestine
Pour une année de travail pour l’égalité des droits entre juifs israéliens et arabes palestiniens, et un Etat commun entre la Méditerranée et le Jourdain...
vendredi 2 janvier 2015, par Roger Dubien


L’ONU avait déclaré "2014 année de la Palestine". Une farce tragique. L’ONU n’a pas bougé le petit doigt cet été pour arrêter le massacre de Gaza. 2200 morts, 11 000 blessés...
Mais au cours de ces deux derniers mois, il a beaucoup été question de la "reconnaissance d’un Etat palestinien". L’Assemblée Nationale française puis le Sénat ont voté en ce sens. Des votes similaires ont eu lieu en Grande-Bretagne, en Irlande, et au Parlement Européen... En Suède, c’est le gouvernement qui a reconnu un Etat de Palestine. Un vote vient aussi d’avoir lieu au Conseil de Sécurité de l’ONU fin décembre (mais rejet, provisoire - véto des USA)...
Alors on pourrait se dire : "enfin ! un pas vers la justice pour les Palestiniens". Et même si on pense qu’il ne s’agit que d’un acte symbolique, y voir une indication que les choses avancent, que l’impunité pour Israël tire à sa fin. Pourtant...

Après, c’est comme avant

On connait la confidence de l’ex-ministre Hamon qui a avoué un objectif bien franco-français du vote pour un Etat de Palestine : "récupérer notre électorat de banlieue et des quartiers, qui n’a pas compris la prise de position pro-israélienne de Hollande, et qui nous a quittés au moment de la guerre à Gaza"...
On peut constater ensuite que ces votes ne changent rien à la réalité en Palestine-Israël. Le blocus barbare de Gaza continue. 1,8 millions de Palestiniens ont passé les fêtes de fin d’année dans le dénuement total - pour 600 000 d’entre eux avec des logements détruits - sans moyens de panser les plaies et de reconstruire. Le plan de reconstruction de l’ONU (5 milliards de dollars) est au point mort, les matériaux ne rentrent pas, le peu qui rentre permet aux entreprises israéliennes de faire du business, et en plus l’ONU soumet à Israël la liste des personnes autorisées à reconstruire leur maison !
Pas un mot du gouvernement et des députés français là-dessus, ni de l’UE ou de l’ONU. Pas de protestation non plus lors de l’assassinat le 10 décembre d’un ministre de "l’Autorité palestinienne" lors d’une manifestation pacifique contre la colonisation en Cisjordanie. L’ONU et l’Union Européenne ont demandé "une enquête indépendante", alors même que photos et vidéos sont accablantes.
Israël peut continuer. Aucun acte réel contre l’oppresseur. Aucun embargo sur les armes. Aucune sanction, aucun soutien à la campagne mondiale "Boycott-Désinvestissement-Sanctions" (BDS) lancée depuis 9 ans par les organisations de la société civile palestinienne.
Les votes de reconnaissance d’un Etat de Palestine fonctionnent comme un substitut à des actes réels pour s’opposer aux crimes.

Mais il y a plus grave. La question à se poser est celle-ci : la création aujourd’hui d’un Etat palestinien serait-elle un soutien ou bien un nouveau coup porté aux droits de la plupart des Palestiniens ?

Parce que c’est quoi, cette soit-disant "solution à deux Etats", un Etat palestinien à côté d’un Etat juif israélien ? C’est pour des décennies la validation et le sauvetage du sionisme, de la partition de la Palestine, de la séparation, de l’apartheid.
Ce serait réduire la Palestine à 20 ou 10% de la Palestine historique. Depuis 1967, le sionisme a pris 100% (aujourd’hui, le territoire d’Israël = toute la Palestine historique). Il "rendrait" de 10 à 20% pour les Palestiniens, et garderait le reste. Et on n’en parlerait plus...
Sur ces 80 ou 90% de la Palestine, Israël aurait le statut d’"Etat-nation du peuple juif", ainsi que Netanyahu se prépare à l’inscrire dans la Loi fondamentale d’Israël (l’équivalent de la Constitution) après les élections du 17 mars 2015. Avec des "droits collectifs" pour les seuls juifs, les 1,7 millions d’arabes israéliens n’ayant que des "droits personnels" et devenant plus encore qu’aujourd’hui des citoyens de seconde classe. Un apartheid. Les palestiniens d’Israël seraient en plus invités à "aller dans leur Etat", si un Etat palestinien était créé avec des lambeaux de Cisjordanie et Gaza.
Un Etat palestinien bantoustan qui n’aurait d’ailleurs qu’une souveraineté limitée, sans les pouvoirs d’un Etat "normal", et serait entièrement contrôlé par Israël.

La création de cet Etat palestinien se ferait également au détriment des 5 millions de réfugiés et exilés palestiniens qui vivent dans les camps de réfugiés du Liban, de Syrie, de Jordanie, ainsi que dans le Moyen-Orient et dans des dizaines de pays du monde. Elle signifierait la fin définitive officielle du "droit au retour" (décidé par l’ONU en 1949 - résolution 194 - et jamais appliqué), pour que soit garantie définitivement une large majorité juive en Israël.

Les Palestiniens d’Israël et les réfugiés palestiniens - c’est à dire plus des 2/3 des palestiniens - seraient les premiers grands perdants de la création d’un tel Etat, qui sauverait et légitimerait le sionisme et l’apartheid en Palestine. C’est pourquoi personne ne leur demande leur avis...

Etat Palestinien : qui est pour, qui est contre ?

Du côté palestinien, l’Autorité palestinienne d’Abbas pousse en ce sens. Il existe une couche de la société palestinienne qui vit plutôt bien (et sous perfusion financière) de la situation actuelle et du faux "processus de paix" sans fin.

Dessin de Nidal El-Khairy. Abbas proclamant l’Etat palestinien - 80.2 ko
Dessin de Nidal El-Khairy. Abbas proclamant l’Etat palestinien

Sa corruption est un secret de polichinelle. Et bien des palestiniens rebaptisent "collaboration" la "coordination" sécuritaire qu’elle assure au profit d’Israël. Mais quelle légitimité a Abbas ? Son mandat présidentiel est terminé depuis 2009. Depuis, pas d’élection. Abbas "préside" grâce au bon vouloir d’Israël, des USA, de l’Occident.
Quant au Hamas, importante force de résistance aujourd’hui, c’est un peu à géométrie variable. En son sein, certains acceptent cette idée d’Etat palestinien à côté de l’Etat sioniste, pour quelques décennies. En attendant qu’un changement du rapport des forces permette de revoir la question de la présence juive en Palestine ? Et puis, il y a de fortes chances pour que, face à un Etat d’Israël religieux et raciste, un Etat palestinien soit lui aussi un Etat religieux...

Et puis il y a tous ceux qui sont contre un tel Etat. Nombreux parmi les Palestiniens d’Israël, et dans la société civile palestinienne des "Territoires occupés de 1967" (Cisjordanie et Gaza). Et très nombreux parmi les réfugiés dans le monde entier, qui pensent qu’un tel Etat serait la victoire définitive du sionisme en Palestine, et une croix sur leur droit au retour. voir The Electronic Intifada
Et The Palestine Chronicle

Du côté israélien, il y a évidemment ceux qui ne veulent pas d’Etat palestinien même sur 10 % de la Palestine, parce qu’ils veulent tout, et le transfert définitif des palestiniens eu-delà du Jourdain, ou bien le maintien de seulement une petite partie d’entre eux en Israël.
Nétanyahu et sa bande d’extrémistes craignent aussi que la reconnaissance d’un Etat palestinien ne facilite leur prochain jugement devant la Cour Pénale internationale, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Mais si on est attentif, on remarque tout de suite que les milieux sionistes qui voient un peu plus loin que le bout de leur nez sont en train de dire : vite, si on veut sauver le sionisme, sauver Israël en tant qu’Etat des seuls juifs, il faut lâcher un peu de lest et donner un bantoustan aux palestiniens.
C’est ce qu’a expliqué clairement l’ancien ambassadeur israélien en France Nisim Svili au moment du vote du parlement français

Ainsi les partisans les plus avisés du sionisme savent que ça ne pourra pas durer éternellement, ils crient casse-cou et veulent sauver l’essentiel : le sionisme, la domination, la séparation...
Et ils ont peur de ce qu’ils sentent monter chez les Palestiniens : la perspective d’une seule Palestine-Israël dans laquelle tout le monde vivra à égalité des droits. Le syndrome de l’Afrique du Sud avec la fin de l’apartheid...
C’est pour cela que plus de 1000 personnalités israéliennes viennent d’adresser une pétition aux parlements européens pour qu’ils reconnaissent un Etat de Palestine ! Voir Richard Wagman, de l’UJFP : Ces Israéliens qui se veulent pacifistes : encore un effort.
Ils appellent à faire pression sur Israël pour conjurer une catastrophe : "La perspective de créer un État binational pour Israéliens et Palestiniens, de la Méditerranée au Jourdain". Et cette pétition demande autre chose aussi : entériner un refus du droit au retour des réfugiés palestiniens !
Et puis évidemment il y a tous les soutiens internationaux du sionisme, parmi lesquels Fabius-Hollande qui disent vouloir régler la question d’ici 2017, et beaucoup de dirigeants des pays occidentaux (d’où la vague de votes de reconnaissance d’un Etat palestinien... des mêmes qui ont laissé martyriser Gaza).

Mais il y a du côté israélien - même si c’est aujourd’hui l’équivalent de l’OAS qui dirige en Israël - des personnalités qui comptent qui pensent qu’il n’y a pas de solution dans la poursuite du sionisme, qu’il faut sortir de la séparation et de l’apartheid, aller vers l’égalité des droits et la vie ensemble des juifs israéliens et des arabes palestiniens, dans un Etat commun couvrant toute la Palestine historique, de la Méditerranée au Jourdain.
Plusieurs de ces voix s’expriment dans le film "l’Etat commun" d’Eyal Sivan... Ces voix sont aussi nombreuses et fortes parmi les personnalités juives dans le monde. Comme Ilan Pappe, et tout le réseau IJAN-réseau international juif anti-sioniste.

Des objections, à bonne foi variable...

"Doux rêveurs" : c’est une réponse assez fréquente à l’idée d’une vie ensemble des palestiniens et des israéliens. Pas réaliste. Le sionisme serait trop fort, le fleuve de sang trop large. Dans 50 ou 100 ans peut-être...
Mais, et la séparation, c’est réaliste ? Depuis 75 ans qu’on nous la vend, quel est le résultat ? Du sang et des larmes.
On a déjà vu l’histoire aller vite. Des sociétés qu’on pensait les plus contrôlées ont explosé, se sont effondrées. Voir l’Union soviétique. Qui avait prévu la chute du Mur de Berlin en 1989 ? Et la chute de l’apartheid en Afrique du Sud ? Qui connaît la date de la fin de l’apartheid israélien ?
Des forces profondes sont à l’oeuvre dans les sociétés palestiniennes et israéliennes.
Quand à l’argument : "le sionisme est trop fort et criminel, donc...", il est affligeant d’entendre des gens demander en conséquence de lui donner ad vitam æternam 80 ou 90% de la Palestine au nom d’un moindre mal pour les Palestiniens.

"Ce n’est pas à nous de décider" : Evidemment. Et l’avenir sera fait surtout par les Palestiniens et les Israéliens. Mais le soutien international va compter aussi, comme pour l’Afrique du Sud.
Alors, pour quoi devons nous agir, que devons-nous soutenir, nous, si nous voulons aider ?
On peut constater que ce sont les "vendeurs" de la "solution à deux Etats" qui utilisent beaucoup cet argument "ce n’est pas à nous de décider ... d’un Etat commun" !
Alors il faut commencer par rappeler que c’est le projet sioniste de partition de la Palestine qui a été imposée aux Palestiniens depuis 75 ans. Et qu’en 1988, c’est l’Occident qui a imposé à Yasser Arafat la "solution à deux Etats" en lui disant : c’est soit un Etat Palestinien sur 1/5ème de la Palestine (ce qu’on appelle les "Territoires occupés depuis 1967") soit rien du tout. l’OLP s’y est résignée, abandonnant sa Charte qui luttait pour un Etat pour tous, et a accepté l’existence d’Israël telle que. 25 ans après, on connaît le résultat.

Alors, si on veut aider les Palestiniens - et les israéliens anti-sionistes - à sortir de cette guerre sans fin, autant agir pour la meilleure issue possible, et c’est la plus réaliste parce qu’en Palestine-Israël, compte-tenu de la réalité sur le terrain, il est matériellement impossible de séparer les juifs et les arabes.
Cette solution c’est la vie ensemble de tous, dans un Etat commun binational, dont les intéressés trouveront la meilleure forme concrète.

C’est ce chemin là qui permettra le recouvrement des droits des palestiniens, la fin de l’apartheid, et le retour des réfugiés.
C’est ce chemin là qui permettra aussi à moyen et long terme l’existence d’une présence juive en Palestine (présence à laquelle tout le monde à à gagner). Parce que selon le mot connu, "on peut tout faire avec des baïonnettes, sauf s’asseoir dessus".
Et puis nous, en France dont la devise est "Liberté - Egalité - Fraternité", allons nous aider à une sortie du drame dans le sens d’une égalité des droits entre tous les hommes, ou bien contribuer à prolonger le sionisme, la séparation, l’apartheid, et des Etats ethniques et religieux ?

Ce sont essentiellement ceux qui veulent préserver le droit d’Israël à exister en tant qu’Etat juif et sioniste qui remettent aujourd’hui sur le tapis cette "solution à 2 Etats".
Les droits des Palestiniens ne sont pas synonymes d’avoir un Etat national palestinien, sur 10 ou 20% de la Palestine.
Et on peut être certain que les Palestiniens, quelles que soient les combines internationales contre eux, continueront à lutter pour tous leurs droits. Et ce n’est que quand ces droits seront réalité qu’on pourra parler de paix et de justice pour tous ceux qui vivent aujourd’hui dans la Palestine historique.

La question qui est posée à chacun de nous est : allons nous les aider ?
Bonne année Palestine !

Roger Dubien.

pour aller plus loin :
-  Ali Abunimah : Why I want Obama to veto Abbas’ UN resolution on Palestine
-  Ali Abunimah : By recognizing “State of Palestine,” Sweden could harm Palestinians
-  Joseph Massad : Recognizing Palestine, BDS and the survival of Israel
-  Ramzy Baroud : Ce qui a changé en Palestine en 2014




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