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VIE ASSOCIATIVE EN DANGER - QUI VEUT FERMER L’AGEF ET POURQUOI ?
Le quartier stéphanois de Montreynaud a besoin de son AGEF-centre social
lundi 5 janvier 2015, par Roger Dubien


Dans le quartier populaire stéphanois de Montreynaud, l’AGEF est une institution, et un des piliers de la vie collective. Ayant le statut de centre social, et les financements qui vont avec (750 000 euros de subventions, et un budget total d’environ 900 000 euros), l’AGEF propose aux habitants du quartier, particulièrement aux jeunes et aux familles, une panoplie de d’activités, de services et d’initiatives, pour la réalisation desquels elle emploie 15 salariés.
Tout cela est brutalement remis en cause par la décision des financeurs (CAF, Etat-préfecture, mairie de St-Etienne et conseil général de la Loire) de lui couper les vivres à partir du 31 décembre.
Mais pourquoi ? C’est là qu’on hallucine...
Alors le quartier se mobilise. Une réunion d’information et de soutien a eu lieu le 22 décembre. Une pétition est lancée.
Voir http://ensemble-forum.fr. On peut y signer la pétition de soutien en ligne.


Retour sur les faits

En 2014, le directeur de l’AGEF en place depuis 15 ans a été en arrêt maladie pendant de plusieurs mois, puis a quitté l’AGEF au terme d’une rupture conventionnelle de contrat.
Le CA de l’association a alors embauché pour 6 mois un chargé de mission pour assurer cette responsabilité de directeur.
Officiellement, c’est ce que les financeurs n’ont pas supporté, le bruit courant de leur côté que le chargé de mission n’avait pas les diplômes nécessaires - ce qui s’est révélé tout à fait faux. D’autre part, ces financeurs ont exigé qu’un administrateur provisoire détaché par eux, soit nommé (ils avaient une proposition sous la main), prétention tout à fait ahurissante du point de vue du droit, et des principes de base de la vie associative.
Après, les choses ont été enchaînées pour parvenir à ce qui semble l’objectif : amener l’AGEF à déposer le bilan et mettre par terre cette association.
Et ce 31 décembre, l’AGEF a reçu une notification officielle de la CAF lui annonçant le retrait de l’agrément "centre social" (donc des subventions qui vont avec) suite à un vote unanime du CA de la CAF du 19 novembre 2014.
Si les choses en restent là, ça veut dire que l’AGEF devra déposer le bilan fin janvier ou fin février, licencier son personnel et arrêter toutes les activités.

Qu’est-ce qui est reproché à l’AGEF pour en arriver à cette extrémité ?

C’est là-dessus que le CA de l’association - qui, lui, met tout sur la table - n’arrive pas à obtenir une explication claire.
Pour résumer, la CAF retire l’agrément centre social parce que les autres financeurs retirent leur soutien suite au fait que la CAF retire son agrément centre social.
On appelle ça un raisonnement circulaire, c’est fort.

Mais quelle faute ont commis l’AGEF et son conseil d’administration ?
La CAF (voir lettre de la CAF) motive donc son retrait par l’annonce que les autres financeurs (services de l’Etat, mairie, conseil général) arrêtent leur soutien financier.
Mais la CAF donne deux autres raisons :
-  il y aurait "des défaillances avérées dans la gouvernance de la structure". Lesquelles ? mystère.
-  la non-faisabilité du projet social au regard de la capacité technique, financière et budgétaire de l’AGEF. Là encore, aucun détail n’est donné.

Mais il y a tout lieu de penser que les initiateurs de l’attaque contre l’AGEF sont ailleurs qu’à la CAF et que leurs motivations ne sont pas transparentes non plus, elles.

C’est par une lettre du 26 septembre que la préfète, le vice-président du conseil général Artigues, le Maire de St-Etienne Perdriau et la présidente de la CAF ont lancé ouvertement les hostilités.
Lire : Lettre 26 septembre
Au centre de cette lettre, l’exigence que soit mis fin immédiatement au recrutement pour 6 mois d’un chargé de mission sur le poste de directeur. Les 4 annonçant par ailleurs qu’ils détachent, eux, une personne de leur choix pour être administrateur temporaire de l’AGEF jusqu’à un recrutement fait avec leur aval.
Ahurissant.

L’AGEF victime collatérale de règlements de comptes politiques ? Ou attaquée parce qu’elle est une association qui fonctionne avec les habitants du quartier ?

Où est le problème avec l’AGEF ? On en est réduit à des conjectures...

-  Pourquoi cette fixation sur l’embauche du directeur ?. Dans toute association, c’est le Conseil d’Administration qui assume cette responsabilité, et pas sous tutelle. On ne voit pas bien ce qui est reproché à ce chargé de mission. Le bruit a couru qu’il n’avait pas les diplômes requis. ça s’est avéré faux. Alors ? Le problème est-il qu’il a été élu PS à la mairie de St-Etienne puis démissionné pour désaccord par l’ex-maire Vincent, et que certains voudraient lui faire payer ça ? Cela expliquerait-il le silence du député PS Juanico qui ne bouge pas le petit doigt pour défendre l’AGEF ? D’autres reproches ? Mais alors, lesquels ?

-  Autre bruit que certains aident à faire courir à St-Etienne : il y aurait trop d’habitants du quartier, c’est-à-dire trop d’arabes dans le nouveau CA de l’AGEF, et par les temps qui courent, les amalgames ça fonctionne bien : arabes = musulmans, souvent, voire même intégristes, islamistes...
N’importe quoi. La réalité est que le CA est composé à l’image de la diversité du quartier. (Voir le CA de l’AGEF)
C’est vrai que ce n’est pas un CA avec un maghrébin pour du beur et des administrateurs habitant cours Fauriel ou Centre 2... Mais le projet social de l’AGEF n’a rien de communautariste, tout au contraire. Peut-être est-ce ça qui dérange, d’ailleurs ?
En tous cas, de ce côté là, sur le projet de l’AGEF, c’est limpide : Projet social de l’AGEF

-  Une bataille UMP/PS pour le "contrôle politique" du quartier ? Pour les élections municipales de 2014, le quartier de Montreynaud a fait l’objet d’une OPA grossière, qui a assez bien fonctionné d’ailleurs. M. Artigues (aujourd’hui 1er adjoint de la ville et vice-président du conseil général, qui est par ailleurs le conseiller général du canton dont fait partie Montreynaud) et M. Perdriau, nouveau maire, sont allés chercher des voix en promettant du halal partout et pour tout.
Ont-ils promis aussi des places dans les institutions du quartier, ce qui expliquerait qu’ils cherchent à dézinguer ce qui existe ? Une association laïque et ouverte très liée au quartier est gênante pour un contrôle politique et électoral.
Quant au député Juanico, veut-il en laissant faire l’attaque contre l’AGEF faire payer cet épisode électoral, pour que les habitants du quartier se mordent les doigts d’avoir voté assez massivement pour l’UMP ? D’autant que l’existence d’une association qui fait son boulot social mais en toute indépendance et qui ne sera agent électoral de personne ne l’enthousiasme sans doute pas non plus.
L’AGEF victime collatérale d’un ping-pong politique ?

-  La personnalité du Président de l’AGEF ? Yves Scanu, enseignant et directeur d’école à deux pas de l’AGEF, est bien connu dans le quartier. Il n’a pas cherché à être président de l’AGEF, on est venu le chercher, il y a deux ans, à cause de son implication dans le quartier.
Syndicaliste enseignant FSU, il est aussi impliqué depuis des années dans RESF (des familles de Montreynaud y ont eu recours), et dans le collectif "Pour que personne ne dorme à la rue". Est-il considéré comme un gêneur à la fois par la préfecture (donc le PS) et par la mairie ?
D’autant que l’AGEF est juste à côté de l’Eglise de Montreynaud dans laquelle officie le père Gérard Riffard traîné au Tribunal par la préfète et l’ex et le nouveau maire de St-Etienne pour avoir hébergé des personnes et familles à la rue... Et que les rapports entre eux sont excellents...
Insupportable pour la préfète de la Loire, personnellement impliquée dans ce qui arrive à l’AGEF ?
L’AGEF trop indépendante et trop associative pour être supportée ?

Mobilisation dans le quartier

Le 22 décembre, plus de 150 habitants du quartier se sont réunis à l’AGEF pour s’informer et défendre leur association. On a entendu de multiples témoignages sur l’importance de l’AGEF pour le quartier.
Une seule élue est venue à cette assemblée : Mme Siham Labich, adjointe au maire, habitante et "élue référente" du quartier.
Elle s’est d’abord efforcée de dégager la responsabilité de la mairie : un centre social, c’est la CAF qui décide de donner ou pas l’agrément, et qui fait qu’une structure est ou n’est pas centre social, et s’en suivent les financements...
Bien. Le problème est que dans l’affaire de l’AGEF, il apparaît que la CAF a été fortement incitée à retirer son agrément. Pourquoi ? Et par qui ? Mairie et conseil général ? Ou préfecture ? Les 3 apparemment. Mais qui mène la danse, et pourquoi ? On n’en a pas su plus.
Par contre, devant le tollé provoqué par l’annonce de la fermeture prochaine de l’AGEF, Mme Labich a parlé de la suite. Pas claire sur le fait de savoir si la CAF avait ou pas décidé de retirer l’agrément centre social, Mme Labich a semblé très au courant de la suite : "ne vous inquiétez pas, l’Etat (la préfecture ?) propose de mettre en place une nouvelle structure (...) l’activité ne sera pas arrêtée" .
En clair : on se débarrasse de l’association actuelle et de son CA, de celles et ceux qui l’animent, mais ne vous cassez pas la tête, il y aura autre chose après !
Devant les protestations, l’adjointe a dit ensuite que selon ses informations, la CAF était "sur le point de retirer l’agrément, sauf si une délégation du CA de l’AGEF se rend à la CAF pour une décision consensuelle". (Depuis, on sait que c’était fait...)

Un projet social élaboré avec les habitants

La question du "projet social" de l’AGEF a aussi été remise sur la table au cours de cette réunion des habitants. Il aurait du être déposé en novembre, c’est vrai. Mais pas de directeur pendant des mois...
Le CA a consacré 4 journées à l’élaborer avec la participation d’habitants et d’associations, du 24 au 28 novembre. Ce projet social a été adopté par le CA le 11 décembre, et déposé auprès de la CAF et des financeurs publics le 20 décembre soit quand même avec la fin de l’année. On a vu pire.
L’argument, répété par Mme Labich, que ce serait ce retard qui expliquerait la menace de retrait d’agrément, n’est pas sérieux. D’autant que le 25 septembre, les 4 financeurs et décideurs : préfecture, mairie, conseil général, CAF, proposaient par lettre à l’AGEF de déléguer un administrateur (à la place du chargé de mission recruté) qui aurait 3 mois de délai pour élaborer le projet social (soit jusqu’au 25 décembre !)

Maintenant, ce projet social, il existe : Projet social de l’AGEF. Et il a la force d’un projet élaboré avec celles et ceux pour qui il doit exister.

On en est là. Du côté de l’association, la situation financière est transparente, le fonctionnement démocratique aussi : le CA fonctionne, avec une grande ouverture sur le quartier.
Du coté des rapports avec les institutions, le Président et le CA demandent à pouvoir discuter, à connaître les griefs graves qui justifieraient la fin du financement d’un centre social dans un grand quartier populaire de St-Etienne. Et s’ils n’existent pas, que ce financement soit rétabli.

Comme l’association se heurte à un mur, elle vient d’engager en même temps une démarche en justice.

Roger Dubien.




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