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La Grèce et nous
vendredi 28 août 2015, par Roger Dubien


Depuis 8 mois, la Grèce est au centre de l’actualité internationale. Là-bas, un peuple et un gouvernement ont décidé de résister aux financiers et à l’oligarchie qui imposent leur talon de fer en Europe. Des centaines de millions d’européens en ont parlé et ont suivi les évènements. On le sent bien : ce qui se passe avec la Grèce n’est pas seulement important pour les grecs...

Syrisa a accédé au pouvoir le 25 janvier 2015, après 5 ans d’une politique austéritaire qui a saigné la société grecque, sous prétexte de rembourser une dette "publique" qui ne l’était pas au départ. (Voir : (Voir Vérité et dignité pour la Grèce ! ou comment la crise bancaire et financière a été transformée en "dette publique")
De premières décisions ont été prises pour soulager les plus frappés et mettre en route une autre logique économique. Et des "négociations" ont débuté avec les dirigeants de l’UE, la BCE, le FMI (la fameuse "troïka" auto-créée), autour de la politique d’austérité imposée à la Grèce à travers le "mémorandum", et du remboursement et/ou de la restructuration de cette dette profondément illégitime.

Mais en fait de négociations, c’est un noeud coulant qui a été passé au cou du gouvernement de gauche et du peuple grecs, aboutissant à un ultimatum fin juin : vous devez changer de politique et vous soumettre, ou vous devez partir, sans quoi vos banques seront détruites, vous serez mis en faillite immédiate et éjectés d’une Europe réduite à la zone euro.
La Grèce, qui avait remboursé 7 milliards depuis janvier, et ne pouvait pas payer fin juin, était alors menacée d’un pillage foudroyant de ses richesses par les banques et autres multinationales. Le ministre Varoufakis estimait alors que l’expulsion de la zone euro dans ces conditions équivalait à "une dévaluation annoncée 18 mois à l’avance" et donnerait le signal de "liquider le stock de capital grec et le transférer à l’étranger par tous les moyens".

Appelé à se prononcer par référendum par le premier ministre, le gouvernement et le Parlement, le peuple grec a répondu à l’ultimatum par un Non massif - 62% - à l’austérité, et exigé ainsi que les négociations débouchent sur une politique viable. Il a résisté malgré des pressions sans précédent à l’encontre d’un pays, allant jusqu’à la fermeture des banques pour créer la panique.
Les dirigeants européens les plus puissants, au 1er rang desquels Merkel mais aussi Hollande (qui a plaidé contre l’éviction de la Grèce mais exigé qu’elle capitule et obéisse aux financiers) ont alors montré leur total mépris de la démocratie. Ils ont essayé d’effacer le référendum après avoir échoué à renverser le gouvernement grec, et exigé de Tsipras qu’il accepte un 3ème mémorandum sous la menace d’une faillite immédiate, un véritable coup d’Etat en réalité.

Alexis Tsipras et le gouvernement grec ont alors décidé d’accepter l’essentiel des conditions austéritaires imposées par l’UE, pour pouvoir respirer un peu financièrement, en tentant d’obtenir un engagement de restructuration-allègement de la dette.
On a vu ainsi un premier ministre et un gouvernement expliquer qu’ils étaient obligés d’accepter des conditions imposées par des bandits, décider de le faire et en même temps de continuer le combat.

C’est ce qu’Alexis Tsipras explique bien dans une interview à une radio grecque fin juillet : Alexis Tsipras : le combat continue

Une mise sous tutelle de la Grèce

Ce qui a été imposé à la Grèce est un diktat sans précédent dans l’UE. Et d’abord du point de vue de la démocratie : la Grèce est mise sous tutelle ! le Parlement grec voit ses décisions précédentes annulées, et il est obligé de voter mot à mot des décisions prises ailleurs dans les cercles de la finance et de l’oligarchie !
voir le texte officiel de "l’accord"-diktat

Ce diktat, décliné en 2 séries de mesures imposées au Parlement grec mi-juillet et mi-août, comporte des mesures austéritaires :
Augmentation de 10% de la TVA,
Nouveau recul de l’âge de la retraite à 67 ans d’ici 2022,
Mais aussi une modification du fonctionnement de la justice pour pouvoir expulser plus facilement les gens endettés.
Et un plan de privatisation des biens publics de la Grèce au profit des multinationales - au 1er rang desquelles les multinationales allemandes -, sous la houlette d’un organisme que Schäuble, le ministre de l’économie de Merkel, a essayé d’avoir directement sous la main en l’installant au Luxembourg. Le pillage est organisé sur plusieurs années, mais c’est bien un pillage qui est mis en oeuvre.
Hollande et le gouvernement français - et l’UMP n’était pas en reste - ont joué tout leur rôle pour imposer ce forfait.

Alexis Tsipras explique qu’on en est là parce que le rapport de forces est comme ça, pour le moment, en Europe. Il dit qu’il faut voir aussi ce qui a été gagné par la résistance du peuple et du gouvernement grec, et d’abord du temps : la Grèce "obtient" (après le référendum) un prêt de 83 milliards sur 3 ans (mais qu’elle devra rembourser avec intérêts évidemment, et qui s’ajoutera aux 312 milliards déjà dus). Mais la quasi totalité de cet argent ira dans les poches des créanciers et des banques, pendant que le peuple grec devra continuer à subir une super-austérité. Et l’UE n’a concédé pour le moment qu’une promesse de discuter d’une éventuelle restructuration de cette dette en novembre, alors que les avis convergents - même le FMI - estiment que de toutes façons la "dette grecque" n’est pas remboursable.

Un des objectifs poursuivis par les dirigeants néo-libéraux de l’UE est la désintégration de la gauche grecque, et de chasser Syrisa du pouvoir. Rien de tel pour ça que d’empêcher Syrisa de faire la politique pour laquelle il a été élu.
Et bien entendu se pose en Grèce la question de la façon de résister. Une partie des députés de Syrisa (un tiers environ) a refusé de voter les mesures imposées par l’UE. Privé de majorité parlementaire, Tsipras vient de décider des élections législatives pour fin septembre...
Des militants et parlementaires de la "plateforme de gauche" de Syrisa viennent de créer, eux, un nouveau parti : "Unité Populaire", qui sera présent à ces élections...

Et nous dans tout ça ?

Ce qui se passe avec la Grèce nous regarde ! D’abord par solidarité, et les grecs comptent sur cette solidarité internationale pour faire bouger les choses en Europe. Nous avons aussi une responsabilité particulière parce que le gouvernement français a directement participé à imposer cette horreur à la Grèce. Et, au delà de la Grèce, Hollande veut même aller plus loin dans le verrouillage et a proposé la création d’un gouvernement et d’un parlement de la zone euro, c’est à dire une petite Europe totalement intégrée et néolibérale.

ça nous regarde aussi parce que la politique désastreuse imposée à la Grèce ne vise pas que les grecs : Il s’agit de montrer à tout autre pays qui voudrait sortir du carcan des financiers qu’il ne faut même pas y penser, et que cela ne sera pas permis. L’oligarchie vient d’arracher le masque de ses discours sur l’Europe, et de faire savoir que la démocratie et la souveraineté sont du passé en Europe.

On ne sait pas de quoi l’avenir sera fait, en Grèce, mais il serait dérisoire de donner des leçons à la gauche grecque et de se laisser aller à la dénonciation d’une "trahison" de Tsipras...

Dans les forces politiques, il est intéressant de regarder qui dit quoi.
Le FN, qui a tenté pendant des mois de surfer sur la Grèce appelle maintenant à "balayer Tsipras". Sans doute parce qu’il pense l’heure venue pour ses amis du parti nazi "Aube dorée".
L’UMP - Les Républicains veulent fermer la parenthèse Tsipras-Syrisa depuis le début.
Hollande et le PS disent maintenant aimer Tsipras, mais à genoux, ils le voudraient rallié corps et âme à leur abandon d’une politique de gauche. L’examen attentif de ce qui s’est passé montre le rôle important de Hollande pour imposer à la Grèce la super-austérité.

Que pouvons-nous faire qui ne soit pas illusoire ou dérisoire ?

Nous efforcer de comprendre ce qui se passe, et ce qui est fait à la Grèce. Prendre la mesure du fait que les financiers et l’oligarchie ont maintenant mis en place en Europe un mécanisme au fond dictatorial pour maintenir leur domination quoi qu’il arrive, quoi que les peuples votent. Et essayer de tirer les enseignements utiles pour la façon de s’y prendre pour mettre en oeuvre une politique de gauche dans notre pays et en Europe.

Et puis, nous devons nous occuper de la politique néo-libérale chez nous en France, c’est le meilleur moyen pour faire changer la politique de la France face à la Grèce, pour que la France se libère du joug de l’austérité et aide le peuple grec à le faire au lieu de l’enfoncer.

Ce qui pose au coeur des politiques publiques la question de la dette, des dettes, de leur "restructuration" (et pas que de la dette de la Grèce...). Et au delà la question de se passer de la domination des "investisseurs", des "marchés".

De façon plus restreinte, le dirigeant de gauche allemand Oskar Lafontaine vient de proposer de préparer en Europe un "plan B", comprenant le retour à un "Système monétaire européen" renouvelé, à la place de la monnaie unique euro. Lafontaine estime que "l’euro est devenu l’instrument de domination de l’économie allemande et du gouvernement allemand en Europe." (voir le texte d’Oskar Lafontaine sur le blog de JL Mélenchon)

Il faudrait que le rapport des forces bouge en Europe, et c’est de notre responsabilité aussi...

Roger Dubien

Prochain "Mercredi pour la Grèce" le 16 septembre à 20h à l’Entre-Pots place Jules Guesde à St-Etienne... - Après le rassemblement de soutien au peuple grec du 3 juillet et les rencontres des 8 et 22 juillet et du 26 août, un nouveau rendez-vous aura lieu mercredi 16 septembre à 20h à l’entre-pots. Pour discuter des évènements en cours et des initiatives possibles...


A lire aussi : L’éclairage de Stathis Kouvelakis, qui était membre du comité central de Syriza, et de la "Plateforme de gauche", et est professeur de philosophie politique au King’s College de Londres...

-  fin février 2015 (au lendemain d’une 1er "accord entre le gouvernement grec et la troïka : "Continuer dans cette voie ne peut conduire qu’à l’échec de Syriza"

-  21 juillet 2015 (après le dikat) : En Grèce, le combat continue

-  21 août 2015 : Grèce : « L’Unité populaire » est née !

-  Une interview de S. Kouvelakis par Th. Lemahieu ce 27 août, après la création d’Unité Populaire, dans L’Humanité.




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