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"Pédagogie sociale" : les ateliers de rue de Terrain d’entente...
Les institutions démissionnent, les parents trinquent... Qui assure véritablement la protection et l’éducation des enfants ?
dimanche 30 août 2015, par Josiane Reymond


Aujourd’hui, au sein de différentes institutions censées assurer la protection et l’éducation des enfants, on s’inquiète du manque de coopération des parents sur toutes les questions d’éducation et de soins pour les enfants.
On peut faire également d’autres constats bien aussi préoccupants : les institutions qui se désengagent toujours plus dans leur responsabilité éducative auprès de tous les enfants.
Ainsi, pour certains enfants, la situation s’aggrave. Nous parlons de plus en plus de ces enfants en situation de rue, des enfants qui ne sont pas accompagnés d’un adulte dans les espaces publics pour prendre soin d’eux.

Combien de temps allons nous attendre encore, combien de temps allons nous continuer à accepter cet inacceptable ?
Depuis quand avons-nous oublié que nous sommes collectivement responsables de l’éducation et de la protection des enfants ? Avons-nous oublié qu’il faut tout un village, ou tout un quartier pour élever un enfant ?
C’est l’ouverture qui est proposée dans la pédagogie sociale : d’exercer de manière effective notre responsabilité collective dans l’éducation et la protection de chaque enfant, à l’échelle de chaque territoire, de rejoindre les personnes qui se retrouvent exclues là où elles vivent, d’aller à la rencontre des gens pour construire avec eux des temps de rencontres, des liens de confiance, une communauté éducative.

Du côté des familles, qu’observons-nous aujourd’hui ?
Certains parents ne donnent pas suite aux interpellations voire même aux injonctions qui leur sont faites. Ils ne se rendent pas aux convocations venant de l’école, des services sociaux, ils n’honorent pas toujours les rendez vous proposés pour assurer les soins de leurs enfants...
Certains enfants n’ont pas toujours les lunettes indispensables, l’inscription sur une liste d’attente pour l’orthophoniste, la psychomotricienne...n’est pas toujours faite. Certains enfants sont scolarisés de façon irrégulière, les parents ne trouvant pas toujours la force d’assurer les accompagnements à l’école.
Dans ces situations très préjudiciables pour les enfants, les discours, les leçons de morale qui sont proférés au sein de ces institutions ne changent rien. Sans doute parce que ces réactions de professionnels indignés ne prennent pas en compte la réalité de ces familles.
Les rencontres qu’on peut avoir parfois avec ces adultes permettent de constater qu’ils ne peuvent plus faire face à toutes les contraintes que leur situation matérielle engage.
Ce sont des familles qui s’appauvrissent toujours plus, qui n’ont plus de perspectives d’emploi ou de formation qui pourraient leur faire envisager un avenir meilleur, porteur d’un peu d’espoir. Non, pour ces familles, demain risque d’être pire. On a entendu certains parents faire ce type de commentaire à leurs enfants en pénétrant dans le bureau d’une assistante sociale : « Quand tu seras grand, tu auras, toi aussi, une assistante sociale ».
Ces adultes malmenés par une existence trop incertaine, découragés, ne peuvent plus prendre en compte et assumer toutes les démarches nécessaires pour assurer le meilleur cadre de vie possible à leurs enfants.
Ces adultes rentrent peu à peu dans des logiques de survie. Ils consacrent en partie leur énergie à rechercher du « pas cher », traversant tout au long de la semaine la ville d’un bout à l’autre, sans parfois pouvoir bénéficier des transports en commun trop coûteux. Ils s’efforcent de trouver des solutions pour assumer le coût des factures incompressibles.
Un jeune me faisait tout récemment cette remarque : « mon père, il a travaillé toute sa vie pour être pauvre ».

La réponse aux besoins des enfants se réduit considérablement.
Économie oblige, « le secteur social coûte cher à la société ». C’est un argument absolument imparable, qui est avancé au sein de toutes les institutions éducatives et sociales. Le personnel malade, en congé maternité, les départs à la retraite ne sont pas toujours remplacés, que ce soit dans les écoles, les services de soins, les services sociaux. Par conséquent, dans de nombreux lieux de soins, et éducatifs, on ne peut plus faire face à la demande : les listes d’attente s’allongent (CAMPS, orthophonie, pédopsychiatrie.....). La demande des familles n’est prise en compte parfois qu’au bout d’un an ! ! !
Certaines familles les mieux loties, ont recours alors au secteur privé où la prise en charge financière est très partielle voire nulle. Ce qui grève d’autant les budgets déjà trop serrés.
Les parents s’épuisent à assumer des accompagnements hebdomadaires, voire bihebdomadaires en bus, pour ceux qui le peuvent. Les journées de ces familles sont conditionnées par toutes les démarches à tenir dans la durée.
Certains parents prennent alors le risque de rompre un contrat de travail pour se consacrer à toute cette charge, induite par un enfant qui traverse des difficultés, parce qu’ils sont seuls pour y faire face.
Et les institutions de solliciter toujours plus la contribution des parents... Alors qu’elles n’hésitent pas, quand elles estiment avoir atteint leur limite, à exclure certains enfants de leur structure, sans se poser la moindre question sur les conséquences de cette exclusion pour l’enfant, pour sa famille. Elles se retournent alors vers la responsabilité éducative des parents bien qu’elles se désolent toujours plus de leurs incompétences.

Des enfants abandonnés, maltraités par l’ensemble de la société.
Des enfants se retrouvent seuls dans la rue, livrés à eux-mêmes, pour faire face parfois à la brutalité des plus grands. Ils sont âgés de 6 à 13 ans, parfois ils ont en charge des plus petits, de 2 à 5 ans.
Les études scientifiques parlent d’enfants insécures, des enfants toujours sur le qui vive qui se méfient de tout, qui ne font confiance à personne.
Ces enfants livrés à eux même font des apprentissages qui les relient d’une façon moribonde au réel. Ils grandissent dans un rapport d’hostilité quasi permanent avec les autres. Il ne faut pleurer, dire la peur, la peine, la douleur, ce sont des manifestations de faiblesse.
Christophe Dejours nous interpelle sur l’évolution de notre société où certains quartiers sont devenus des rebuts où la police se rend la peur au ventre et bientôt où il n’y aura que l’armée pour venir cogner sur ces gosses qui se comportent de façon sauvage.
Ces enfants se retrouvent « à la rue », pour différentes raisons : leurs parents sont en grande détresse et se retrouvent en incapacité à les protéger, et parfois, la réponse dans différentes institutions éducatives, c’est l’exclusion, l’abandon pour ceux qui ne sont plus conformes au comportement attendu, toléré, exigé.

Les pédagogues sociaux estiment que les enfants ont besoin d’un milieu adapté et favorable pour bien grandir et se construire.

« Encore faut-il que ce milieu soit accueillant, habitable et investi par les familles et les groupes sociaux vivant dans un même quartier. C’est justement à cette transformation des espaces en véritables lieux d’habitation, d’hospitalité et d’éducation que se consacre fondamentalement une initiative comme la notre.
Ce qui soutient vraiment les parents, c’est d’avoir une vraie place dans la société, d’être reconnus comme des adultes valables et importants. Ce qui soutient vraiment les enfants, c’est d’avoir des parents intègres, valorisés, actifs dans leur environnement, leur cercle familial, amical, de voisinage et social.
Nous cherchons à multiplier les actions qui donnent du pouvoir d’agir a ces mêmes parents (et enfants), dans la société. »
(Laurent OTT, Intermèdes Robinson)

Pour réaliser cet objectif porteur d’avenir pour nous tous, nous sommes invités à offrir un temps de présence de façon régulière, même jour, même lieu, même heure et de nous engager auprès des personnes que nous rencontrons semaine après semaine, et ainsi chercher ensemble à régler des problèmes concrets.
L’objectif est de chercher à transformer avec les personnes concernées ce qui est inacceptable. L’aggravation de la pauvreté pour de nombreuses familles, et toutes ses conséquences qui peuvent être dévastatrices pour chacun de ses membres.
Des pédagogues sociaux, on en trouve dans différentes régions de France, à Paris, Grenoble, Vénissieux. A St Étienne, il s’agit de l’association Terrain d’Entente.
Nous proposons des ateliers de rue, au pied des immeubles du quartier Beaubrun/Tarentaize. Nous apportons des tapis, des jeux et nous assurons une présence tout au long de l’après midi. Cette présence est régulière tout au long de l’année.
L’accueil est inconditionnel, pour tous ceux qui souhaitent nous rejoindre. Il est libre, on vient quand on veut, on part quand on veut, c’est le respect du temps des personnes. Il est gratuit, ce qui construit une relation dans un lien d’égalité.
Cette démarche se réalise à partir de la réalité de ce qui vivent les familles, à partir de ce qui est exprimé par les enfants et les adultes, à partir d’une action collective construite avec l’ensemble des personnes intéressées. Chacun des membres de ce collectif est ainsi à l’origine de chaque projet décidé ensemble, et est invité à s’y investir jusqu’à son aboutissement, compte tenu de ses ressources, sa force, de son énergie disponible.
Nous faisons ainsi des apprentissages fondamentaux : celui de se rencontrer, de se parler, d’apprendre à se connaître, de s’organiser ensemble pour mener à bien des projets. Nous apprenons à faire société tous ensemble. Nous apprenons grâce à tous ces temps de partage, que la diversité de nos origines est source d’une immense richesse.
Nous assurons ainsi une réelle protection aux enfants qui sont pris en charge par une communauté éducative qui s’enrichit au fil des expériences partagées ensemble. Nous assurons en fait une protection pour chacun d’entre nous parce que nous retrouvons ensemble l’espoir d’une vie meilleure... Pour chacun d’entre nous... Pour nous tous en fait.

Josiane Reymond
12/07/2015
Terrain d’entente
josianereymond@orange.fr
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