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Une victoire : fin de l’accord d’Orange avec Partner communications
jeudi 21 janvier 2016, par Monira Mouhoun


Lire ci-dessous le communiqué de la campagne BDS France -
Voir aussi à http://www.bdsfrance.org/fin-de-laccord-orangepartner-communications

Voir aussi : ACTION BDS LE 19 DÉCEMBRE À ST-ETIENNE... Orange doit arrêter de soutenir la colonisation et l’apartheid israéliens)
--
Monira.



Un article du journal israélien Haaretz publié le 3 janvier révèle que le groupe Orange va mettre fin à son accord avec la société israélienne Partner Communications dès le mois prochain. Ainsi il aura fallu six ans à la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions pour faire plier Orange et convaincre sa direction de couper les liens avec une entreprise complice de la colonisation brutale et des crimes de l’Etat israélien.

En effet, c’est en 2010 qu’une organisation israélo-palestinienne, Who Profits, signale la présence d’Orange dans les colonies israéliennes et la fourniture de services réservés exclusivement aux colons et aux soldats israéliens d’occupation. La Campagne BDS France est alors alertée, et elle interpelle les syndicats de France Télécoms, leur demandant de prendre position contre cette présence en parfaite contradiction avec la charte éthique de l’entreprise. En 2011, c’est donc SUD PTT qui porte d’abord la contestation au sein de l’entreprise, très vite rejointe par la CGT. Malgré cela, Orange renouvelle son contrat avec l’entreprise israélienne Partner Communications en mai 2011.

En 2012, l’AFPS, Association France Palestine Solidarité, lance une grande pétition citoyenne pour faire pression sur Orange, et une action commune est organisée entre la Campagne BDS France, l’AFPS, SUD PTT et la CGT lors de l’Assemblée Générale du groupe en juin 2012. La campagne, avec la participation du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI), prend alors deux formes : d’une part, des actions citoyennes devant les agences Orange dans toute la France, actions d’information et de collectes de signatures via une pétition par cartes postales adressées à la direction d’Orange ; d’autre part, des initiatives directement auprès de la direction d’Orange, du gouvernement français et du ministère palestinien des télécommunications. A l’occasion du Forum Social Mondial de Tunis en 2013, les cartes postales sont traduites en arabe et la campagne est étendue à la Tunisie, mais aussi à l’Espagne, grâce à la coordination de la campagne BDS en Palestine. La campagne se diffuse sur Facebook et Twitter, mais aussi dans la presse généraliste.

En 2015, le site d’information Electronic Intifada révèle que, lors de l’attaque israélienne meurtrière sur Gaza de l’été 2014, Partner Orange a sponsorisé deux unités de combat et fournit des services gratuits, des générateurs, des chargeurs et des tablettes aux soldats, ternissant encore un peu plus l’image de l’entreprise. La stupeur est de rigueur, et se renforce avec la publication du rapport « Les liaisons dangereuses d’Orange », un réquisitoire rédigé par les associations françaises de protection des droits humains dans le monde dont le CCFD, la FIDH, la LDH, et l’association palestinienne Al-Haq.

La campagne est alors étendue au Maroc, mais surtout à l’Egypte, un pays clé dans la stratégie d’Orange qui souhaite y renommer sa filiale Mobinil (30 millions d’abonnés) en « Orange Egypte ». Un communiqué commun est publié entre BDS France et BDS Egypte : c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Stéphane Richard, le président d’Orange, annonce alors son intention de retirer sa marque du marché israélien de téléphonie mobile. La machine est lancée et ses dénégations n’y feront rien : huit mois plus tard, plus aucun téléphone portable en Israël ne mentionnera la marque Orange. Cette défaite est particulièrement cuisante pour Haim Saban, principal investisseur de Partner Communications, qui avait déclaré la guerre à la campagne BDS.

Bien-sûr nous resterons vigilants jusqu’à la rupture définitive de l’accord d’Orange avec Partner Communications, et nous continuerons inlassablement de dénoncer les investissements, même réduits, qu’Orange maintient en Israël. Bien sûr, pour les Palestiniens, la colonisation continue et Partner Communications maintient ses 200 antennes relais et installations téléphoniques illégales, l’occupation israélienne continue à tuer plus d’un Palestinien par jour en moyenne, Gaza vit toujours sous un blocus insupportable et la moitié des Palestiniens du monde sont toujours empêchés de rentrer chez eux. Mais aujourd’hui, il y a deux raisons de se féliciter. D’une part, grâce aux pressions coordonnées de la campagne BDS dans le monde entier, l’entreprise française Orange ne participera plus aux exactions de Partner Communications dans les colonies israéliennes. Et d’autre part, il s’agit d’une nouvelle leçon pour les investisseurs étrangers qui doivent comprendre qu’ils ne peuvent désormais plus impunément tirer profit d’une des dernières situations coloniales dans le monde.

A l’aube d’une nouvelle année, ce retrait d’Orange des colonies ne fait que s’ajouter à une longue série de victoires (Veolia, G4S, mais aussi sur le terrain du boycott culturel et universitaire) qui augurent du succès d’une campagne qui contribuera inévitablement, tôt ou tard, à libérer les Palestiniens de leur condition de servitude sur leur propre terre.

La Campagne BDS France
le 6 janvier 2016




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