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Pourquoi la littérature nous aide à faire de la politique ?
Rencontre avec Nathalie Quintane à la Médiathèque de St-Etienne ce jeudi 26 janvier
mardi 24 janvier 2017, par Gaëlle Vicherd


La rencontre aura lieu à 18h30, 24 Rue Jo Gouttebarge, 42000 Saint-Étienne.
Attention : c’est bien ce 26 janvier et non février comme indiqué par erreur dans l’invitation à télécharger ! !
Elle est organisée par la revue De(s)générations et la Médiathèque. Nathalie Quintane dialoguera avec Philippe Roux...

Cliquez sur la vignette pour agrandir

Nous nous engageons en politique avec notre corps, en produisant des gestes et des actes concrets, mais aussi avec notre langue, parlant avec des mots et des phrases.
Nathalie Quintane écrivait dans Les Années 10 (Éditions La Fabrique) qu’on n’est aujourd’hui « pleinement reconnu comme écrivain que si l’on écrit des textes à effet social nul ». Alors Nathalie Quintane ne sépare pas (bien au contraire) la littérature de la (du) politique. Elle nous propose une forme littéraire qui dépasse les registres d’écriture habituels (nouvelle, essai, prose,...) et en cela nous permet de décloisonner les catégories intellectuelles avec lesquelles nous pensons le monde et que nous essayons malgré tout, de changer.
Elle procède par bonds entre les styles, plongée dans la matière même de ce qui nous fait parler, pour nous proposer, non pas une expertise de son sujet, mais une pensée en mouvement qui s’attaque, dans la langue, à ce qui nous rend si dociles.

Dans son dernier livre Que faire des classes moyennes ?, elle ne s’attaque pas aux dites "classes moyennes", mais à la notion même de "classe moyenne". Qui contient-elle ? Comment les experts en chiffres la définissent ? Mais aussi sur quelles questions sociales et politiques brûlantes cet élément de langage vient jeter un voile tiède et diffus ?

« Pour qu’il y ait une ou des classes moyennes, encore faut-il qu’il y ait des classes ». Les éléments de langages, les mots vidés de leurs sens utilisés par les médias et par ricochets par nous tous, inclinent notre façon de faire (ou de ne pas faire) de la politique. Nathalie Quintane vient trancher dans cette vue d’ensemble floue et taille une coupe transversale qui nous permet d’y voir un peu plus clair, là où « on n’additionne pas des carottes avec des yachts ».

Elle écrit avec humour et sans jugement moral, mais ne fait de cadeau à personne. Ni à elle, ni à nous, ni à Debord ou même Nietzsche. Pas de brosse à reluire pour le bon peuple de gauche. Elle n’est pas au-dessus de son objet, elle y est incluse, et nous aussi. Les gens ceci, les gens cela. Les gens, c’est nous. Et elle ne nous épargne pas du malaise qui nous touche, qui touche les Britanniques, qui touche les Américains, etc.

Les classes moyennes ont peur. Peur de redevenir des pauvres. Alors elles se donnent du mal pour « garder le rang », et il en faut du courage. Mais pas de panique, tout est fait pour les aider ; « la démocratie libérale » lui a « donné de l’oseille en plus » pour qu’elle puisse « absorber le trop-plein de produits jaillis des usines », lui a donné des crédits pour qu’elle puisse se payer une maison crépie en lotissement résidentiel... Mais cela suffira-t-il ? « Chaque achat est encore obscurément le droit de péage qu’on verse pour se dégager d’une origine sociale toujours trop basse, quand on est de la classe moyenne. Toujours trop basse par rapport à quoi ? Par rapport à ceux qui gagnent ce qu’il nous faudrait trois cent soixante-six ans pour gagner, nous. Toutes les tablettes, tous les 4x4, tous les Mac, ne suffiront pas à laver ces petites mains ».

La grenouille sait qu’elle ne deviendra jamais bœuf. Et pire que ça, elle sait qu’elle n’est qu’une grenouille, qui certes, possède une armoire à glace et un frigo connecté, mais qui en fait, se donne bien du mal pour ne pas être, ou redevenir ce qu’elle était avant, à savoir un prolétaire : « son ennemi intime, auquel elle était autrefois mêlée », et qui préfère le voir (ou l’imaginer) « rigoureusement enclos dans des espaces séparés ». Le déclassement guette, et il fait peur. Cette peur, « vaporisée à l’ensemble du corps social » est conjurée par l’exclusion de ceux que l’on ne veut surtout pas être (des pauvres). Alors vient le ressentiment et tous les petits actes de vengeance qui espère-t-on retarderont encore un peu le décrochage. On met en place un « système de compensation qui permettrait que tout change pour que rien ne change, selon la célèbre formule ; oui, on pourrait continuer à partir en vacances au bord de la mer ou à la montagne ; oui, on serait bien coiffé(e)s et par-dessus le marché on aurait un bac scientifique grâce aux cours particuliers ; oui, on mangerait formidablement des repas exotiques arrosés d’alcools distillés dans des caves ... »

Nathalie Quintane n’écrit pas un livre politique mais un livre sur les tissus du politique. Elle pénètre dans la langue avec laquelle nous parlons et pensons et en fait remonter par capillarité une possibilité de faire exploser de l’intérieur les termes obligatoires qui nous contraignent dans un certain rapport au politique qui, nous le savons tous, est officiellement sclérosé. « La lucidité sociale n’est pas qu’affaire de cas ou de chiffre - et fût-elle, en tout ou partie affaire de cas ou de chiffre, il faudrait pouvoir n’en retenir que la raison politique, pour agir sans larmoyer, taper sur un crâne ou serrer amicalement une main sans avoir le coeur gros comme une machine à vapeur ». Alors que peut la littérature ? Donner de l’ampleur à nos idées, de l’espace à nos gestes, de la puissance à notre parole. En somme nous faire bouger un peu de nous même et nous aider à résister dans la langue à la terreur économique et la compétition qui s’annoncent toujours, de plus en plus rudes...

Gaëlle Vicherd

Nathalie Quintane lit quelques pages de Que faire des classes moyennes ?



octobre 2016, aux éditions POL




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