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Palestine, action internationale, comment être efficace ?
dimanche 22 août 2004, par Raymond Vasselon


Dans nos réunions consacrées à la question palestinienne, une question revient de manière récurrente : celle de l’état et du rôle de l’opinion publique, de son poids sur les instances politiques de décisions.

S’agissant de son état, certains reviennent régulièrement sur l’idée que l’opinion publique est mal informée, ou désinformée par les médias et que donc le problème de l’efficacité du mouvement de solidarité avec le combat du peuple palestinien est d’abord une affaire d’information. La démarche proposée est donc la suivante :

-  il faut informer correctement les citoyens sur la réalité politique de la Palestine.

-  puis, ces mêmes citoyens, une fois bien informés, exerceront sur leurs représentants politiques une pression qui les conduira, dans les institutions, à réorienter les choix en matière de politiques étrangères au niveau des villes, des régions, de la Nation, de l’Europe etc...

Dans ce schéma d’action, les citoyens sont appelés à se comporter comme un groupe de pression efficace sur les organisations et les décideurs spécialisés agissant dans la sphère de la politique institutionnelle.

Mais un autre point de vue s’exprime avec de plus en plus de précision. Il est le suivant : malgré toute la puissance médiatique et politique des partisans du maintien de l’ordre mondial actuel (construit sur une longue période de relations inégales avec ce vaste réservoir de matières premières et de travail gratuit ou très bon marché qu’on appelle aujourd’hui le Monde du Sud), beaucoup d’hommes et de femmes animés par des valeurs humanistes sont lucides. Ils sont horrifiés par les images qui, malgré tout, leur parviennent de Palestine, mais aussi du Rwanda, de Tchétchénie, d’Irak. S’agissant de la Palestine, beaucoup de citoyens s’insurgent lorsqu’ils se voient taxés d’antisémitisme alors qu’ils condamnent la politique de Sharon. Cette partie très importante de l’opinion aspire au rejet de la guerre comme méthode de règlement des différents entre les peuples, entre les différentes cultures.

Ce point de vue se fonde sur une mise en perspective de la période politique qui va de la fin de la deuxième guerre mondiale à nos jours, avec l’évolution de l’ONU, les évolutions post-coloniales de nombreux pays, l’implosion de l’URSS etc...
Il ne situe pas le blocage dans l’opinion publique (il s’agit bien sûr de l’opinion publique de progrès humain, pas du clan néo-colonial et raciste partisan de la guerre des civilisations), mais dans les difficultés et les blocages qu’elle rencontre pour faire entrer sa sensibilité et ses positions (même lorsqu’elles sont majoritaires comme le montrent des études d’opinion et le succès récent, par exemple, du film de Michael Moore) dans le champ des décisions politiques.
Car, nous devons en faire le constat lucide, même s’il existe dans les forces politiques traditionnelles des individualités respectables qui s’expriment (voir s’engagent courageusement sur le terrain), au fil des alternances en France et en Europe depuis 20 ans, rien ne va dans le sens du progrès des relations humaines dans le domaine international. Au mieux, on note parfois un infléchissement des discours et l’apparition de ces thèmes dans les programmes électoraux.

Pour devenir plus efficace, il faut donc réévaluer le rôle, les responsabilités et les rapports entre les différents acteurs que sont d’une part, les responsables politiques et d’autre part, les citoyens, les forces militantes et intellectuelles de la société dans l’élaboration et la mise en œuvre des solutions pratiques.

Ce qu’on appelle maintenant de manière coutumière la classe politique traditionnelle est enfermée dans le champ clos des institutions dont le fonctionnement est finalisé par la puissante logique du "tout marché" et ses applications toujours plus agressives tant socialement à l’égard des femmes et des hommes qu’à l’égard de la planète.

Elle n’a plus les moyens de peser par elle-même sur les orientations fondamentales de notre développement. Nous sommes nombreux à avoir fait des expériences, à avoir reçu les confidences de responsables politiques, à avoir assisté a des événements confirmant cet état de fait.

De leur coté, les pouvoirs économiques et financiers animent sans aucun état d’âme le processus libéral et néo-libéral qui travaille à rendre hégémonique la mondialisation technologique, commerciale, médiatique, économique et comme le dit Edgar Morin "occidentalisante". Pour eux, "l’intendance politique" n’a plus qu’à suivre, à accompagner leurs décisions, leurs actions, leurs vastes projets en les rendant possibles légalement et institutionnellement. Ils sont au cœur des processus de développement et propagent leur modèle de société avec une formidable efficacité.

Il faut donc que les nouveaux acteurs de l’action politique qui constituent la force sociale, culturelle et citoyenne qui s’exprime de diverses façons au travers des forums sociaux, des mobilisations anti-guerre, interviennent comme des acteurs politiques directs. Il nous faut prendre consciences qu’ensemble, malgré notre relative dispersion, à travers les combats et les réflexions que nous menons, à travers les propositions dont nous débattons, à travers les solidarités que nous tissons, nous élaborons, dans la diversité de nos pratiques culturelles, politiques et économiques, des solutions alternatives. Et ce constat vaut pour la quasi-totalité des ensembles humains de notre planète. Nous sommes donc partie prenante, sans souvent le percevoir (car le mouvement n’a pas encore suffisamment "émergé"), d’un mouvement très vaste, très multiculturel, très universaliste.

Dans un échange daté de 2001, Edgar Morin donne une interprétation de ce processus en cours : "C’est une erreur d’appeler "antimondialisation" tout ce qui s’est tramé à partir de Seattle ou de Porto Alegre. C’est une autre forme de mondialisation. Mon diagnostic est peut-être erroné, mais je dirais que, si la mondialisation peut être considérée comme le stade ultime de l’époque planétaire, qui commence au XVIe siècle avec la conquête, la prédation, l’esclavage, aujourd’hui, la mondialisation est le stade premier de l’émergence d’une société-monde, inégalement embryonnaire... L’idée de la nécessité de civiliser la Terre, d’en faire une patrie, voilà ce qui manque. J’ai cette idée, et c’est parce que je l’ai que je sens que ça manque". Il indique dans cet entretien qu’à son avis, le 21 ème siècle ne manque donc pas de "grande cause".

Lorsque Leila Shahid est venue à Saint-Étienne, elle a beaucoup insisté sur la nécessité d’une nouvelle solidarité internationale directe entre citoyens, entre collectivités de base. "Bien sûr, Je connais des parlementaires nationaux et européens qui nous soutiennent" disait-elle "cela nous aide, mais notre situation perdure, s’aggrave". Et elle a beaucoup insisté sur cette idée de nouvelle solidarité directe entre citoyens, entre collectivités de base, qui élaborent et animent de concert des actions de solidarité, de coopérations multiformes concrètes pour changer les orientations de la politique.

Des amis de Porto Alegre, militants de base des "favelas", ont exprimé le même point de vue. "Nous, citoyens de différents pays et ensemble de pays devons nous constituer en force d’action et de propositions autonome pour rénover et transformer le fonctionnement de la machine publique et politique de nos sociétés, dans le sens du contrôle citoyen, de la démocratie participative dans des formes adaptées aux contextes" disent-ils.

Khaled Kuzmar, le responsable de Defense for Children International en Palestine nous a tenu un discours semblable. La solidarité doit aussi se traduire par un travail concret, qualifié, de mise en place, d’animation de réseaux permanents et diversifiés de coopérations entre écoles, universités, centres de culture, centres de recherche, hôpitaux, actions de développement économique, etc... Il lui semble bon d’agir ainsi, de manière à ce que les citoyens interviennent directement dans les solutions, obtiennent un soutien populaire large et positif qui impose aux instances politiques, à tous niveaux, de les soutenir.

Donc Il faut en finir avec cet héritage dépassé qui veut que seuls quelques responsables politiques du niveau national et international soient qualifiés pour maîtriser les évolutions et l’avenir de notre monde... Nous ne devons plus laisser quelques "décideurs" de haut rang appartenant aux "élites" prendre seuls des décisions dont nous et les générations à venir devront payer le prix.

L’enjeu est de faire de ce qu’on nomme communément "le mouvement social", un acteur politique direct dans le domaine de l’action internationale comme dans les autres domaines. Non pour faire table rase de la politique institutionnelle, ou l’ignorer, mais pour y imposer progressivement une nouvelle conception qu’on peut résumer ainsi : le rôle du politique n’est pas de prendre des décisions à la place des citoyens, mais de rendre possible, légalement et institutionnellement, les aspirations, les objectifs, les projets conçus par les citoyens actifs de la société civile. Cela suppose aussi que les citoyens aient tous accès à la culture, aux compétences, aux moyens et à toutes les informations, toutes les données, toutes les expertises. Cela implique aussi une transformation progressive mais considérable de la culture politique qui doit abandonner la démarche de confiscation des données et du débat.

L’ancienne culture qui fait de l’arène politique un champ clos du débat sur le règlement des grandes questions humaines est révolue : c’est dans la société, entre les citoyens des pays concernés, que doivent avoir lieu ces débats.

Nous devrions avoir plus de discussions sur cette problématique de l’efficacité de l’action pour faire évoluer les situations.

Raymond Vasselon

Architecte urbaniste, Raymond Vasselon est l’un des initiateurs du Forum des réseaux citoyens de St-Etienne.




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