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Faute d’alternative, l’alternance est une réponse
mardi 14 septembre 2004, par Raymond Vasselon


Nous devons cesser d’évoquer la montée des idées libérales, la montée des idées de fatalité et de résignation (c’est d’ailleurs très condescendant) pour caractériser les situations. Il est beaucoup plus pertinent, pour y voir clair, de mesurer les faiblesses et difficultés de la construction de l’alternative politique.

Revenons sur l’analyse du 21 avril 2002. Les électeurs avaient donné quelques 15 points aux forces politiques dispersées se réclamant de l’alternative au capitalisme et qui n’avaient pas ménagé la gauche plurielle et son bilan. C’était loin d’être négligeable malgré la dispersion de "l’offre" comme on dit en politologie.

Quelles leçons ces forces ont-elles tiré de ce message, sur quoi cette interpellation a-t-elle débouché en terme de construction politique ?

Caricaturons pour être rapide, et pour aussi prendre un sujet sérieux un peu à la légère :

-  On a eu l’alliance LO-LCR, conçue par la LCR comme le premier étage d’une fusée pilotée par ses soins, et dont le deuxième étage (certes O. Besancenot est plus jeune que A. Laguiller) était un grand et nouveau parti de la transformation sociale plus fiable, plus déterminé que les précédents et bien dirigé.
-  On a eu le congrès du PCF avec comme résultats un groupe rouge-vif-souverainiste-productiviste-planificateur, un groupe aile gauche du PS, un groupe qui défend le parti de la classe ouvrière, un groupe qui défend le parti tout court et bien sûr comme partout des militants qui cherchent en agissant sur le terrain, une direction soucieuse de l’unité de la maison, etc.
-  On a eu les verts, qui eux ont le mérite de mettre plus franchement leurs déchirements sur la table ...
-  Bien sûr aussi ceux qui se battent pour changer le PS de l’intérieur ...
-  etc...

Il faut bien admettre que ce n’est pas terrible, et il faut en parler franchement avec tout le monde. Car dans ces conditions, les forces de l’alternance, c’est-à-dire le PS majoritaire, avec ses satellites rouge et vert, ont de l’avenir. Ces forces sont bien là, solides, avec leurs tendances, leurs débats sur les médias, leurs dirigeants à petites phrases, leurs moyens financiers, leurs brochures papier glacé et les poignées de mains de leurs élus sortants dans les campagnes électorales. En terme "d’offre", au moment des campagnes électorales, elles peuvent ratisser large, elles ne sont pas nées d’hier. Et puis le monde continue. Les citoyens sont réalistes, la vie est dure et "on fait ce qu’on peut, du mieux qu’on peut, avec ce qu’on a" dit-on chez nous dans le milieu populaire. Et on ne construira pas en faisant peur, en évoquant le risque que tout cela finisse mal par la montée de l’extrême droite et de ses idées. C’est déjà fait, la guerre est bien partie et on a les guignols de l’info.

L’alternance donc fonctionne parce que l’alternative n’a pratiquement pas d’existence et d’expression sérieuse dans le champ politique. Et malheureusement, à part les expériences restreintes de l’alternative en Ile de France, en Midi-Pyrénées pour les plus significatives, cette expression a été confisquée par des groupes politiques qui la brouillent, et qui d’ailleurs en payent le prix, ce qui est normal mais ce qui ne fait pas avancer la solution des problèmes graves. Les militant(e)s qui sur le terrain se battent tous les jours pour redresser des situations sociales, environnementales, internationales catastrophiques se referment souvent sur leur travail. La coupure du social et du politique n’est pas de leur fait. Du point de vue de l’alternative politique, sans aucun esprit de chapelle, et en toute modestie en regard du boulot à faire, je considère que, pour le moment, le seul espace ou existe une tentative de "confluence" des réflexions et des pratiques est celui de la convergence que nous avons essayons de mettre en route.

La dispersion des forces se réclamant de l’alternative et en recherche d’alternatives.

Elle mérite qu’on y réfléchisse. La dispersion des forces est elle-même diversifiée. On peut distinguer deux grandes catégories :

-  Il y a le groupe des "mini-appareils". Ils se réclament de l’alternative, et s’en considèrent comme les dépositaires. Ils sont les héritiers de la culture politique traditionnelle. Grosso-modo, ils pensent que le projet politique de transformation sociale de l’après guerre avec ses fondamentaux est toujours valable. (Bien sûr, il faut y ajouter un chapitre sur le féminisme et l’environnement ), mais qu’il a échoué parce ce que les dirigeants qui devaient le mettre en œuvre ont trahi et se sont embourgeoisés. Cette analyse qui donne beaucoup d’importance à la "rectitude morale des dirigeants révolutionnaires" les rend méfiants, ils ont peur que le peuple se fasse encore rouler dans la farine. Ils souhaitent donc, pour être plus sûrs de la suite, que l’alternative s’organise autour d’eux, c’est à dire des gens fiables. Comme ils sont plusieurs, et qu’il en est né de nouveaux, il y a des tensions, des luttes sourdes, parfois d’étranges alliances tactiques qui, il faut bien le dire, n’intéressent plus grand monde, notamment dans les nouvelles générations.

-  Il y a un deuxième groupe, nombreux et diversifié : c’est celui de toutes celles et ceux qui sont en recherche d’alternatives. Ils constituent maintenant une force sociale, culturelle et citoyenne qui s’exprime de diverses façons au travers des forums sociaux, des mobilisations anti-guerre, des actions et projets de co-développement, souvent sur le terrain international, parfois dans des élections locales. Ils inventent, ils tissent patiemment des solidarités et des coopérations concrètes. Ils ont toujours un souci d’efficacité, et ils se fixent ce qu’on pourrait appeler une obligation de résultat. Ils construisent des réseaux adaptés à leurs objectifs, des objectifs concrets. Le plus souvent, ils considèrent qu’on ne change pas la "vie en général" sans changer la sienne. Pour eux, la construction de l’alternative s’invente en impulsant des pratiques nouvelles à tous niveaux de la société.
Ce sont aussi des individualités qui travaillent dans des structures traditionnelles, souvent dans de très mauvaises conditions et y posant le problème de leur transformation (aussi bien de leur mode de fonctionnement que de leurs objectifs ). Ils ont souvent beaucoup de mérite.

 Ceux qui sont en recherche d’alternatives en produisent plus que ceux qui s’en croient les dépositaires. Ils considèrent que l’alternative doit se traduire dans des pratiques de transformation des réalités de la société.  

Ce deuxième groupe est forcément beaucoup plus riche et créatif car il a pour objectif d’intervenir pour transformer les réalités de la société civile.

-  On y retrouve par exemple tout le travail sur l’autonomie alimentaire, les nouveaux rapports nord-sud ou sud-sud, les nouveaux rapports ville-campagne, les processus citoyens participatifs, le travail sur la sortie du modèle capitaliste-productiviste-néo-colonial, la différentiation entre croissance et développement territorial, les combats contre les marques à l’école, la lutte contre l’échec scolaire et l’exclusion, la définition du travail, la citoyenneté mondiale concrète...

-  On y trouve aussi tout le combat pour la sécurité alimentaire, contre la mal bouffe chez les enfants des milieux populaires des pays développés, avec toutes les conclusions en chaîne sur l’organisation de l’agriculture mondiale et aussi la culture. Par exemple, des liens se créent et peuvent se développer entre les combats des parents d’élèves pour une alimentation correcte dans les cantines scolaires, les restaurants associatifs pour enfants et les agriculteurs alternatifs, la critique des règles du commerce international etc. Ce combat rejoint celui initié par les médecins de l’Appel de Paris, qui en tant que spécialistes de la santé publique interpellent de manière extrêmement précise les décideurs politiques et économiques internationaux sur les conséquences que le mode de développement capitaliste a sur l’avenir du genre humain et de la planète. Voilà par exemple un ensemble de problèmes qui esquisse de nouvelles grandes lignes d’enjeux politiques.

-  On trouve aussi dans ce groupe une nouvelle approche de la question des services publics posant davantage le problème de leurs transformations par l’appropriation et la définition citoyenne des missions que par la seule défense du statut étatique qui conduit trop souvent à considérer que toute forme de décentralisation constitue un démantèlement. Les difficultés que rencontrent les salariés des services publics lorsqu’ils recherchent l’appui de l’opinion publique ne sont pas seulement le résultat de "la monté des idées libérales". Il faut retravailler la finalité des missions de services publiques en associant les citoyens, reconstruire le lien aux territoires, à la société civile les resituer dans le contexte de la solidarité internationale et des enjeux environnementaux.


Ce deuxième groupe, dont nous connaissons mal les limites et la diversité produit de l’alternative au cœur même de la société.

L’alternative n’apparaît pas très nettement dans l’espace politique car ses objectifs, ses contenus, ses démarches sont en cours de ré-élaboration dans la société.

L’alternative est-elle en construction dans toutes les postures de résistance ? Voici une appréciation portée en 1999 sur la gauche anglaise par Eric J. Hobsbawm (un marxiste un peu désenchanté apparemment, il n’est pas le seul dit-il ) :

"Il n’y avait aucune raison pour que dans les années 1970, la gauche ne conserve pas sa puissante base sociale antérieure. Pourtant, elle traversa une crise sérieuse que j’attribue à la réalisation de ses objectifs et à l’amélioration très nette de la condition ouvrière. Son programme n’était donc plus adapté à la réalité nouvelle. Elle ne pouvait ni proposer la construction d’une société différente - en l’absence d’un nouveau modèle à offrir - ni réformer la société existante, étant donné que son aile sociale-démocrate se limitait à défendre ce qui avait été réalisé. C’est ainsi que la deuxième gauche prit fin".

Les résistances permettent de corriger parfois les "transformations" que le capitalisme fait subir à l’organisation des sociétés. Elles ne font parfois que les ralentir. Les salariés des régions où l’emploi industriel a été quasi détruit et qui ont lutté jusqu’au bout, le dos au mur, le disent presque tous : "quand ils ont décidé, ils finissent toujours par y arriver". C’est un constat, pas un refus de se battre par résignation. D’autant que cette opinion est souvent partagée dans l’intimité par les "dirigeants", ce qui pose une vraie question, celle du désarroi. Cette idée de ralentissement des "transformations capitalistes" n’est pas d’ailleurs péjorative. Il est plus facile de quitter un train qui ralentit progressivement pour en prendre un autre (s’il existe) que de sauter à 250 km à l’heure, ou de se faire broyer dans une catastrophe ferroviaire. Mais ces résistances ne produisent pas forcément un projet. Elles alimentent plutôt le processus de l’alternance qui dans ses séquences de gauche peut rendre les traumatismes moins douloureux. En tout cas, depuis 20 ans, la gauche lorsqu’elle gouverne ne revient jamais sur les grandes transformations qu’elle a honnies dans l’opposition. On est frappé du nombre de personnes à gauche, y compris chez les militants, qui considèrent que c’est une bonne chose que la droite fassent les réformes inévitables des retraites pour épargner l’épreuve de ce sale boulot à la gauche...

Les pouvoirs économiques et financiers de leur coté animent sans aucun état d’âme le processus libéral et néo-libéral qui travaille à rendre hégémonique la mondialisation technologique, commerciale, médiatique, économique et comme le dit Edgar Morin "occidentalisante". Pour eux, "l’intendance politique" n’a plus qu’à suivre, à accompagner leurs décisions, leurs actions, leurs vastes projets en les rendant possibles légalement et institutionnellement.

Ils sont au cœur des processus de développement et propagent leur modèle de société avec une formidable efficacité. Les résistances sont souvent "coincées" dans leur calendrier et leur démarche avec un temps de retard.

Voici un scénario politique possible, selon A. Polito, pour le 21ème siècle :
"Droite et gauche sont devenues indistinctes. La seule ligne de démarcation au 21ème siècle se fera entre conservateurs et progressistes. Pour les premiers, la concurrence représente le moyen moderne d’affirmer le talent personnel dans un contexte d’égalité des chances. Les autres plaident pour le maintien des avantages et privilèges néocorporatistes, y compris ceux de l’aristocratie ouvrière et de ses syndicats. Les premiers s’adressent aux jeunes, les seconds au retraités". Pas si mal vu que ça ...

Nous ne pouvons pas nous contenter d’une posture de résistance.
Il faut donc, comme nous le disons, que les nouveaux acteurs de l’action politique qui constituent la force sociale, culturelle et citoyenne qui s’exprime de diverses façons, c’est à dire ceux du deuxième groupe, interviennent comme des acteurs politiques directs. "A travers les combats, les réflexions que nous menons, à travers les propositions dont nous débattons, à travers les solidarités que nous tissons, nous élaborons, dans la diversité de nos pratiques culturelles, politiques et économiques, des solutions alternatives". Nous devons donc redéfinir la fonction politique : en gros, son rôle politique n’est pas de prendre des décisions à notre place mais de rendre possible, légalement et institutionnellement, l’application les décisions que nous prendrons, la réalisation des projets élaborés par la société...

Notre problème est de construire des alternatives concrètes au "capitalisme productiviste néo-colonial".

"Notre" système est basé sur une longue période de relations inégales avec ce vaste réservoir de matières premières et de travail gratuit ou très bon marché qu’on appelle aujourd’hui le monde du Sud. Cette question n’a pas été vraiment traitée par la gauche traditionnelle, même celle qui a mené des luttes anti-coloniales. Or on ne peut pas inventer la transformation sociale pour une partie du monde qui en a les moyens matériels contre l’autre, sans l’autre. Cette dimension des enjeux politiques actuels n’est pas automatiquement produite par les résistances. Et on voit se former, sur ces questions, des oppositions fortes entre la vision du monde portée par les nouvelles générations (pas seulement celles issues de l’immigration) et celle des organisations traditionnelles des salariés. Nous devons donc élargir notre vision, sortir de l’héritage conceptuel élaboré pour partager les fruits de la croissance pendant les "trente glorieuses". Le schéma "la hausse du pouvoir d’achat permet par la consommation de relancer la croissance donc l’emploi" est à réexaminer sérieusement. La croissance, si elle consomme beaucoup d’énergie, de ressources, produit beaucoup de pollution et de pillages, ne créent pas toujours de l’emploi. Parfois même, des économistes d’Amérique Latine le disent, elle les détruit. Il faut dissocier la notion de développement humain de la notion classique de croissance. Il faut repenser aussi la notion de travail ...

Il est indispensable d’alimenter la réflexion politique à tous niveaux par des échanges internationaux. Nous constatons qu’un certain nombre d’idées élaborées dans l’univers culturel des pays dits ”du sud” suggèrent des dynamiques qui ont du mal à émerger dans notre monde hyper spécialisé, normalisé et bureaucratisé.

 Il faut proclamer clairement que la fonction politique doit être repensée : par exemple en élaborant pour ceux qui participent de la sphère politique une sorte de statut de "chargé de mission par la société civile".   

Si nous considérons que le lieu de création de l‘alternative, le lieu où se forme idées, projets, pouvoir culturel est la société, il faut en prendre acte et mesurer la force et la diversité de son pouvoir, de son influence. Plutôt que le fatalisme, il y a un réel problème d’efficacité de l’action sur lequel nous devons réfléchir. Beaucoup de luttes dures, massives (sur les questions de l’emploi industriel par exemple) sont allées dans le mur. On y regarde donc à deux fois avant de s’y remettre. D’un autre coté, parfois, c’est le cas de la lutte des recalculés, l’action débouche, pourquoi ? Selon certains de nos amis du mouvement, il y a constitution d’une capacité de transformation lorsque (c’est rapidement résumé) :
-  la légitimité politique d’une action, d’un projet, est établie, partagée par de larges couches, qui peuvent se l’approprier et donc se solidariser concrètement, le nombre d’acteurs se démultiplie,
-  Différentes sphères de la société se mettent en action et créent une dynamique de convergence (par exemple les sphères juridiques, économiques ou de la recherche, des experts etc.),
-  le projet est concrètement réalisable et les acteurs prennent leur responsabilité.

Il est vrai qu’on a souvent une vision limitée de la puissance et de la diversité du pouvoir de la société, de sa matière grise, de son intelligence. En particulier, peu d’acteurs ont conscience de la profondeur à laquelle le pouvoir culturel influe sur l’orientation et les pratiques des pouvoirs politiques et économiques.

On voit bien maintenant que l’action conduite par exemple par les militants de la confédération paysanne tire sa légitimité de sa dimension universelle. Elle s’adresse, tout en défendant un "grand métier" à l’ensemble de la société humaine.

Le rôle du politique n’est pas de prendre des décisions à la place des citoyens, mais de rendre possible, légalement et institutionnellement, les aspirations, les objectifs, les projets conçus par les citoyens actifs de la société civile.   

Cela suppose aussi que les citoyens aient tous accès à la culture, aux compétences, aux moyens et à toutes les informations, toutes les données, toutes les expertises. Cela implique aussi une transformation progressive mais considérable de la culture politique qui doit abandonner la démarche de confiscation des données et du débat.

L’ancienne culture qui fait de l’arène politique un champ clos du débat sur le règlement des grandes questions humaines est révolu : c’est dans la société, entre les citoyens, que doivent avoir lieu les débats.

 Dans la pratique :  

-  Nous pourrions avoir comme une de nos priorités de prendre contact et de rencontrer, dans nos régions et bien sûr au-delà, avec toutes celles et ceux qui construisent concrètement de l’alternative, sans oublier la dimension internationale, pour parler avec eux de notre recherche et pour nous enrichir de leurs idées.

-  Nous pourrions nous adresser aux élus qui cherchent sincèrement à transformer la vie réelle en travaillant dans les institutions. Il y en a beaucoup. Par exemple, il y a des militants qui travaillent dans les conseils de développement en milieu péri-urbain qui ont des expériences très utiles en matière de constructions alternatives. Il y a des élus qui acceptent la relation de partenariat avec les citoyens dans la gestion des collectivités locales. Nous pouvons donc travailler concrètement avec eux à édifier de nouveaux rapports entre expérience sociale et construction politique, entre mouvements et perspective politique. Ils pourraient constituer un réseau sur la base d’une réflexion déontologique sur leur rôle et sur la transformation des institutions.

-  La question de l’Europe bien sûr est sur notre table. Là aussi, la dimension institutionnelle écrase l’approche politique. Et pourtant, s’il est un niveau où les capitalistes foncent et mettent l’intendance au pied du mur, c’est bien celui là. Ce sont les lobbies qui éditent les normes. Vivendi va bientôt fournir les cantines scolaires et gérer les services de toutes les collectivités publiques. Le "non de gauche" à l’air de faire son chemin.
L’Europe citoyenne qui était plutôt pas mal partie au FSE de Florence (reprenez les comptes rendus, on y trouve la matière d’une vaste charte citoyenne, avec des objectifs issus d’actions multiformes, mais cohérents malgré la diversité des contextes institutionnels ) a l’air un peu en panne aussi.
Espérons que dans sa foulée, Fabius ne fera pas passer la question de la Guerre sous la table. Une députée socialiste grecque travaille avec enthousiasme sur une notion de "standard minimum de vie dans la dignité" pour les pays européens qui mérite examen. Cela implique bien sur des questions de revenu, mais aussi de logement, d’accès à la culture et à la formation, aux services publics, à la santé. Les questions agricoles, de sécurité et d’autonomie alimentaire, et donc aussi de la faim dans le monde seront présentes dans la campagne grâce aux paysans d’Europe et d’ailleurs.

-  Nous devrions travailler aussi à la construction d’une candidature d’alternative citoyenne à la prochaine présidentielle. Nous devrions pouvoir y parvenir car l’idée est très profondément ancrée.

Raymond Vasselon
Réseaux citoyens de Saint-Etienne




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