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Sabra et Chatila, 16-18 septembre 1982
vendredi 17 septembre 2004, par Karim Lakjaa


Du 16 au 18 septembre 1982, l’horreur s’est abattue dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila à Beyrouth. Durant plus de 40 heures, des centaines de Palestiniens ont été décimés par des miliciens phalangistes libanais armés et protégés par les forces d’occupation israéliennes.

De 700 à 3500 victimes... Le chiffre exact des victimes de Sabra et Chatila n’a jamais pu être déterminé avec précision. Le bilan varie selon les sources, de 700 (chiffre officiel israélien) à 3.500 (selon l’enquête du journaliste israélien Amnon Kapeliouk : "Sabra et Chatila : Enquête sur un massacre", Paris, Seuil 1982). Le décompte est rendu d’autant plus difficile que l’on sait qu’un millier de personnes ont été enterrées dans des fosses communes par le CICR, d’autres par leurs proches ou des miliciens eux mêmes, sans oublier les victimes des bombardements enterrées sous les décombres de leurs habitations.

La responsabilité de Sharon et de l’armée israélienne...
Mais une chose est claire : ce massacre a été planifié, orchestré et mis en oeuvre par l’état major de l’armée israélienne. L’enquête établie par le juge israélien Kahan (et dont les conclusions ont été publiées en 1983) avait abouti à la mise en cause personnelle de l’actuel Premier ministre israélien Ariel Sharon, alors ministre de la défense et à sa responsabilité indirecte dans les tueries : "We have found (...) that the Minister of Defense bears personal responsibility." (p 104). Amon Kapielouk (opus cité p 37) affirme également que lorsqu’on lui a annoncé l’entrée des tueurs dans Sabra et Chatila, Sharon s’est écrié "Félicitations ! L’opération est approuvée ! "

Une condamnation quasi unanime par la Communauté internationale de crimes de Sabra et Chatila qu’elle qualifie de "génocide"...
La résolution 521 du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 19 septembre 1982 a condamné le massacre qui a été qualifié de "génocide" par l’Assemblée Générale de l’ONU (le 16 décembre 1982).

En effet comment qualifier autrement les scènes décrites par le journaliste israélien Amnon Kapeliouk dans son enquête sur Sabra et Chatila :
-  "Ils écrasent la tête des enfants et des bébés contre les murs. Des femmes, et même des fillettes, sont violées avant d’être assassinées, à coups de hache"
-  "Dans ce même quartier, plusieurs autres femmes sont violées avant d’êtres assassinées. Elles sont ensuite déshabillées et leurs corps disposés en forme de croix. l’une des jeunes filles violées, de la famille Mikdad, est âgée de 7 ans..."
-  “Les entrées du camp sont bloquées et les soldats israéliens, à plusieurs reprises, ordonnent aux réfugiés qui essayent de sortir de revenir sur leurs pas. Le cas le plus frappant est celui d’un groupe de 500 personnes, qui avaient trouvé refuge dans l’enceinte de l’hôpital Gaza à Sabra, et s’enfuient dans le courant de l’après-midi lorsqu’ils apprennent que les miliciens entrent dans les hôpitaux, tuant, blessant et violant sur leur passage. Drapeaux blancs en tête, les malheureux parviennent jusqu’à la corniche el-Mazraa, sur l’axe routier qui, d’est en ouest, traverse la capitale. Ils sont alors arrêtés par des soldats israéliens. Leur porte-parole leur explique que les gens de Saad Haddad assassinent tout le monde. Ils reçoivent pourtant l’ordre de retourner au camp. Devant leurs hésitations, un char israélien pointe son canon sur eux et les oblige à faire demi-tour.”

20 après Sabra et Chatila, Sharon récidive à Djénine

Jénine - Avril 2002  - 35.1 ko
Jénine - Avril 2002
 
20 ans après ces faits, Sharon a récidivé à Djénine. L’armée israélienne a commencé le siège du camp de Djénine le 3 avril 2002 et l’a poursuivi pendant 13 jours, durant lesquels les chars israéliens, dont le nombre était estimé à 200, ont appliqué un feu nourri sur le camp. Des hélicoptères Apache et des chasseurs F-16 se sont joints à eux. Les forces d’occupation ont coupé l’approvisionnement du camp en eau et en électricité et ont empêché les ambulances, les véhicules de secours et les équipes de médecins d’entrer dans le camp tout au long du siège. Le 10 avril, l’armée israélienne a donné l’assaut au camp et a commencé une opération systématique de destruction des maisons, tuant des centaines de jeunes gens. Des témoins oculaires ont confirmé que l’armée israélienne s’était livrée à des exécutions sommaires de Palestiniens qu’elle avait capturés.

Jénine - Avril 2002 - 31.6 ko
Jénine - Avril 2002

L’ONU reconnaîtra dans un rapport (en application de la résolution ES-10/10 adoptée le 7 mai 2002 par l’Assemblée générale) que : 497 Palestiniens au total ont été tués ; 1 447 personnes avaient été blessées ;Plus de 2 800 logements de réfugiés ont été endommagés et 878 maisons démolies ou détruites ; 17 000 personnes sont sans abri ou avec des logements à remettre en état ; 50 écoles palestiniennes ont endommagées par les opérations militaires israéliennes, dont 11 ont été entièrement détruites, 9 vandalisées, 15 utilisées comme des postes militaires avancés et 15 autres comme des centres d’arrestation et de détention.
Jénine - Avril 2002 - 24 ko
Jénine - Avril 2002
En ce mois de septembre 2004, nous célébrons la mémoire des milliers de victimes de Sabra, de Chatila et de Djénine. Nous apportons également notre soutien aux milliers de prisonniers palestiniens (dont de nombreux enfants) en grève de la faim. Enfin, nous réitérons notre solidarité envers la population palestinienne colonisée, occupée et opprimée et envers les israéliens et les palestiniens qui oeuvrent pour la paix.

Karim Lakjaa

photographies de Jenine : Abed Omar Qusini

Un rassemblement (avec bougies) a lieu à la fontaine de la Solidarité ce jeudi 16 septembre à 18 heures, à Reims, en mémoire des victimes de Sabra et Chatila. Il est organisé par le Collectif Palestine de Reims, le syndicat SUD de la mairie, etc...

Jénine - Avril 2002 - 23.3 ko
Jénine - Avril 2002

"Etat de siège"

Un poème de Mahmud Darwish

juillet 2002 (juste après Jenine)

Ici, aux pentes des collines, face au crépuscule et au canon du temps Près des jardins aux ombres brisées, Nous faisons ce que font les prisonniers, Ce que font les chômeurs : Nous cultivons l’espoir.

Un pays qui s’apprête à l’aube. Nous devenons moins intelligents Car nous épions l’heure de la victoire : Pas de nuit dans notre nuit illuminée par le pilonnage.

Nos ennemis veillent et nos ennemis allument pour nous la lumière Dans l’obscurité des caves.

Ici, nul "moi". Ici, Adam se souvient de la poussière de son argile.

Au bord de la mort, il dit : Il ne me reste plus de trace à perdre : Libre je suis tout près de ma liberté. Mon futur est dans ma main. Bientôt je pénètrerai ma vie, Je naîtrai libre, sans parents, Et je choisirai pour mon nom des lettres d’azur...

Vous qui vous dressez sur les seuils, entrez, Buvez avec nous le café arabe Vous ressentirez que vous êtes hommes comme nous Vous qui vous dressez sur les seuils des maisons Sortez de nos matins, Nous serons rassurés d’être Des hommes comme vous !

Quand disparaissent les avions, s’envolent les colombes Blanches, blanches, elles lavent la joue du ciel Avec des ailes libres, elles reprennent l’éclat et la possession De l’éther et du jeu, Plus haut, plus haut s’envolent Les colombes, blanches blanches. Ah si le ciel était réel [ma dit un homme passant entre deux bombes]

Les cyprès, derrière les soldats, des minarets protégeant Le ciel de l’affaissement. Derrière la haie de fer Des soldats pissent -sous la garde d’un car - Et le jour automnal achève sa promenade d’or dans Une rue vaste telle un e église après la messe dominicale...

[A un tueur] Si tu avis contemplé le visage de la victime Et réfléchi, tu te serais souvenu de ta mère dans la chambre a gaz, Tu te serais libéré de la raison du fusil Et tu aurais changé d’avis : ce n’est pas ainsi qu’on retrouve une identité.

Le siège est attente Attente sur une échelle inclinée au milieu de la tempête.

Seuls, nous sommes seuls jusqu’à la lie S’il n’y avait les visites des arcs-en-ciel.

Nous avons des frères derrière cette étendue. Des frères bons. Ils nous aiment. Ils nous regardent et pleurent. Puis ils se disent en secret : "Ah ! si ce siège était déclaré..." Ils ne terminent pas leur phrase : "Ne nous laissez pas seuls, ne nous laissez pas."

Nos pertes : entre deux et huit martyrs chaque jour. Et dix blessés. Et vingt maisons. Et cinquante oliviers... S’y ajoute la faille structurelle qui Atteindra le poème, la pièce de théâtre et la toile inachevée.

Une femme a dit au nuage : couvre mon bien-aimé Car mes vêtements sont trempés de son sang.

Si tu n’es pluie, mon amour Sois arbre Rassasié de fertilité, sois arbre Si tu n’es arbre mon amour Sois pierre Saturée d’humidité, sois pierre Si tu n’es pierre mon amour Sois lune Dans le songe de l’aimée, sois lune [Ainsi parla une femme à son fils lors de son enterrement]

Oh veilleurs ! N’êtes-vous pas lassés De guetter la lumière dans notre sel Et de l’incandescence de la rose dans notre blessure N’êtes-vous pas lassés oh veilleurs ?

Un peu de cet infini absolu bleu suffirait A alléger le fardeau de ce temps-ci Et à nettoyer la fange de ce lieu

A l’âme de descendre de sa monture Et de marcher sur ses pieds de soie A mes côtés, main dans la main, tels deux amis De longue date, qui se partagent le pain ancien Et le verre de vin antique Que nous traversions ensemble cette route Ensuite nos jours emprunteront des directions différentes : Moi, au-delà de la nature, quant à elle, Elle choisira de s’accroupir sur un rocher élevé.

Sur mes décombres pousse verte l’ombre, Et le loup somnole sur la peau de ma chèvre Il rêve comme moi, comme l’ange Que la vie est ici ... non là-bas.

Dans l’état de siège, le temps devient espace Pétrifié dans son éternité Dans l’état de siège, l’espace devient temps Qui a manqué son hier et son lendemain .

Le martyr m’encercle chaque fois que je vis un nouveau jour Et m’interroge : où étais-tu ? Ramène aux dictionnaires Toutes les paroles que tu m’as offertes Et soulage les dormeurs du bourdonnement de l’écho.

Le martyr m’éclaire : je n’ai pas cherché au-delà de l’étendue Les vierges de l’immortalité car j’aime la vie Sur terre, parmi les pins et les figuiers, Mais je ne peux y accéder, aussi y ai-je visé Avec l’ultime chose qui m’appartienne : le sang dans le corps de l’azur.

Le martyr m’averti : ne crois pas leurs youyous Crois mon père quand il observe ma photo en pleurant Comment as-tu échangé nos rôle, mon fils, et m’as-tu précédé. Moi d’abord, moi le premier !

Le martyr m’encercle : je n’ai changé que ma place et mes meubles frustes.

J’ai posé une gazelle sur mon lit, Et un croissant lunaire sur mon doigt, Pour apaiser ma peine.

Le siège durera afin de nous convaincre de choisir un asservissement qui ne nuit Pas, en toute liberté !

Résister signifie : s’assurer de la santé Du cœur et des testicules, et de ton mal tenace : Le mal de l’espoir. Et dans ce qui reste de l’aube, je marche vers mon extérieur Et dans ce qui reste de la nuit, j’entends le bruit des pas en mon intérieur.

Salut à qui partage avec moi l’attention à L’ivresse de la lumière, la lumière du papillon, dans La noirceur de ce tunnel.

Salut à qui partage avec moi mon verre Dans l’épaisseur d’une nuit débordant les deux places Salut à mon spectre.

Pour moi mes amis apprêtent toujours une fête D’adieu, une sépulture apaisante à l’ombre de chênes Une épitaphe en marbre du temps Et toujours je les devance lors des funérailles : Qui est mort ? Qui ?

L’écriture, un chiot qui mord le néant L’écriture blesse sans trace de sang.

Nos tasses de café. Les oiseaux, les arbres verts A l’ombre bleu, le soleil gambade d’un mur A l’autre telle une gazelle L’eau dans les nuages à la forme illimitée de ce qu’il nous reste Du ciel. Et d’autres choses aux souvenirs suspendus Révèlent que ce matin est puissant splendide Et que nous sommes les invités de l’éternité.

13 avril 2002 - Saint-Etienne  - 37.4 ko
13 avril 2002 - Saint-Etienne
Protestation contre le massacre de Jénine - Photographie Marie-Pierre Vinvent




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