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La mémoire trouée du génocide.
jeudi 17 février 2005, par Jean-Marc Turine


Yula,  à Dijon , en 1965 ©mpv - 30.2 ko
Yula, à Dijon , en 1965 ©mpv
 

Les célébrations, nécessaires, mais peut-être pas sous cette forme spectaculaire, du 60e anniversaire de la libération du plus grand des camps d’extermination nazis, Auschwitz-Birkenau, n’ont pu éviter de raviver une blessure ressentie par un peuple entier : les Roms d’Europe, qui, avec 12 à 15 millions de personnes, constituent la plus forte de ses minorités, selon le Conseil de l’Europe.

Pourquoi, en effet, avons-nous si peu entendu le rappel du génocide des Tsiganes par les hordes hitlériennes, qui menaient des traques et des assassinats systématiques contre le "fléau tsigane" ("Zigeunerplage") selon les termes de l’eugéniste allemand Alfred Dillman dans son Zigeuner-Buch ? Pourquoi ce quasi-silence sur le massacre de près de 500 000 personnes (dont 23 000 dans les chambres à gaz de Birkenau), désignées ennemies parce qu’issues d’une "race inférieure" ?

Dès 1933, des lois anti-Roms sont édictées et appliquées. En octobre 1939, Eichmann propose d’adjoindre des Sinti (Tsiganes allemands) à chaque convoi de juifs.

En avril 1940, les "nomades" ne peuvent plus circuler en France. En octobre, l’armée allemande ordonne l’internement de tous les Tsiganes français de la zone occupée. Le 31 juillet 1941, Heydrich inclut les Roms dans la "solution finale". Dans la nuit du 2 au 3 août 1944, le camp des Tsiganes de Birkenau est vidé de ses occupants. Les familles sont gazées.

Tous les pays occupés par les nazis ont déporté, interné, assassiné les Roms. Alors oui, pourquoi une mémoire filtrante ? Pourquoi ce trouble (ou ce flou) autour d’un génocide que seule l’Allemagne, en 1991, a reconnu formellement à ce jour ?

Serait-ce parce que, depuis toujours, ce peuple n’a connu que le mépris, le rejet, la haine, dans ses errances à travers le continent ?

Serait-ce parce que les Roms ne désirent pas attirer sur eux une attention particulière, qu’ils tentent d’être transparents, ou parce qu’ils se cachent dans des ghettos insalubres dignes du Moyen Age ?

Ou serait-ce aussi parce qu’aujourd’hui encore les Roms, sur la terre d’Europe, subissent une exclusion ethnique caractérisée, dans une très grande indifférence des citoyens, une discrimination qu’aucun gouvernement ne veut considérer dans son ampleur ethnocidaire ?

Les gouvernements de l’Union européenne, choisissant de traiter la "question tsigane" sous un angle économique ou social, alors que la situation de survie dans laquelle sont relégués les Roms n’est qu’une conséquence de l’exclusion, foulent au pied ce qui constitue le fondement même de l’Union : tous les Européens sont des citoyens à part entière.

Les commémorations ne constituaient-elles pas un moment pertinent, symboliquement fort, pour nous apprendre la malfaisance que représente l’antitsiganisme et à considérer autrement ces familles roms redevenues migrantes contre leur gré, qui hantent les rues, les couloirs de métro de nos villes, qui occupent des terrains sans aucun confort, sans hygiène, non par respect d’une coutume, mais par nécessité de trouver un refuge pour se protéger des harcèlements, des crimes, des menaces dont ils sont les victimes chez eux ?

Quant ? "chez nous", la question mérite d’être posée : quel accueil et quelle protection leur offrons-nous ? Peut-être devons-nous admettre que nous avons manqué l’occasion de rendre enfin à ce peuple une dignité trop longtemps bafouée et que nous avons un peu hâtivement martelé "Plus jamais ça" !

Jean-Marc Turine

Cet article a paru dans Le Monde du 9 février 2005. Il est publié sur le site de Réseaux Citoyens avec l’autorisation de l’auteur.




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