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Nous ne savons pas si le Non va l’emporter, mais...
vendredi 15 avril 2005, par Raymond Vasselon


Les nouveaux mouvements, réseaux, collectifs apparus ces dernières années et qui composent la nébuleuse alter mondialiste comme on dit se caractérisent par leur approche globale et multidimensionnelle des problèmes de la société. Leur approche de la réalité combine à la fois la dimension sociale, sociétale, culturelle, politique, souvent aussi spirituelle. Cette nouvelle vision déstabilise en profondeur le schéma hérité de la période précédente dans lequel sont installés les deux principaux protagonistes que furent longtemps les syndicats spécialisés dans le social et les partis spécialisés dans le politique, la conception des projets de société, la conquête et l’exercice du pouvoir.

Comme tout dispositif éprouvé, l’ancien schéma a la peau dure, il résiste, perdure et reprend du poil de la bête dans les périodes électorales, ce qui est bien naturel car elles lui offrent un cadre taillé sur mesure. Il est aussi parfois très présent dans les têtes de ceux qui veulent le dépasser : la facilité avec laquelle certains groupes de militants font, périodiquement, don de leur charisme à la société, se remettent à rédiger des plannings, des projets politiques et leur mode d’emploi pour leurs semblables, en témoigne.

Mais il faut se faire une raison, il n’y pas d’issue dans la réactivation du vieux schéma.

Les nouvelles démarches qui travaillent et inventent le nouveau dans les profondeurs de la société ont de moins en moins recours à la médiation des partis politiques pour intervenir dans le champ politique. Ce n’est pas qu’une affaire de suspicion, de défiance : la division du travail entre social et politique n’est plus en mesure de créer, de porter, de développer, et de faire aboutir les dynamiques nouvelles.

Grâce aux nouveaux mouvements, on voit poindre une nouvelle fonction pour le politique située à l’opposée de l’avant-gardisme. Cette nouvelle fonction peut se résumer ainsi : Le rôle du politique n’est pas de prendre des décisions à la place des citoyens, mais de rendre possible, légalement et institutionnellement, les aspirations, les objectifs, les projets conçus par les citoyens actifs dans la société civile. Dans cette conception, le "moteur" des processus de la transformation sociale se trouve dans la société et sa bonne carburation nécessite que les citoyens aient accès aux informations, aux données, aux expertises, à la culture, aux moyens de la gestion, à la parole.

Les avancées dépendent donc de l’intervention directe dans la vie politique des citoyennes, des citoyens et de toutes les organisations de divers types qu’ils se sont données . Il faut que leurs exigences transformatrices investissent les espaces institutionnels, les transforment et en créent de nouveaux.

Cela implique aussi une transformation progressive mais considérable de la culture politique qui doit abandonner la démarche de confiscation des données et du débat. Dans cette conception, les élus par exemple ont plus un statut de chargé de mission par la société que de "berger paternaliste". On va donc vers une nouvelle construction qui ne peut être imaginée en dehors de l’immense capacité de création des nouveaux mouvements existants et à venir, connus ou non encore connus.

Les partis politiques, même s’ils affichent encore une certaine sérénité en évoquant la légitimité de leurs élus, leurs apports incontestables à l’histoire de la démocratie, sont assez désemparés, plus qu’il n’y paraît car ils voient bien que les idées nouvelles leur parviennent de l’extérieur, les encerclent et que les débats se déroulent ailleurs qu’en leur sein. Leurs partenaires historiques, les syndicats, sont aussi déstabilisés. Leur traditionnelle prise en charge des intérêts des salariés ne coïncide plus avec les problèmes de l’ensemble de la société. Ils apparaissent comme réducteurs au regard de la complexité des aspirations. Les nouveaux mouvements, eux, posent les problèmes plus en termes de droits humains fondamentaux (droits des pauvres, des dominés, des femmes, des exclus, etc.) ce qui leur donne une capacité à intégrer les revendications particulières dans une vision qui permet de dépasser le catégoriel pour aller progressivement vers une dimension plus universelle.

En France, nous ne savons pas encore si le non va l’emporter mais ce que nous savons dores et déjà, c’est que le déroulement du débat sur le traité constitutionnel a quasi totalement échappé aux formations politiques traditionnelles et aussi aux syndicats. La directive Bolkelstein a été analysée et mise en lumière par les mouvements qui ont aussi produit les analyses les plus pointues du contenu du traité. Les débats de qualité ont lieu partout, sauf lorsque les responsables politiques s’en mêlent. Le parti socialiste et les verts qui croyaient (leurs responsables l’avaient dit) avoir clos le débat en organisant leur référendum interne en sont pour leur frais : la société se fait son opinion toute seule comme une grande. Le PCF et la Ligue l’approuvent en espérant secrètement qu’elle s’en souviendra, qu’elle renverra l’ascenseur.

Les responsables socialistes partisans du oui envisagent une apocalypse si le non l’emporte : "des années de construction de la gauche jetées au panier", disent-ils...

Car dans l’ancienne conception de la politique, il y a, profondément ancrée dans la culture des dirigeants, l’idée du nécessaire contrôle de la "masse". Or, cette fois, les responsables du PS ont du mal à tenir leurs engagements vis à vis de leurs amis européens et les dirigeants de la CGT les leurs vis à vis de la CES. Les "masses" ne suivent plus ? Et sur des enjeux de ce niveau ? Et si ça faisait tâche d’huile ? Où allons nous ?, se demandent-ils.

Le schéma ancien donc résiste, il va sans doute chercher à côtoyer, à capter, ou à intégrer ou un peu tout ça à la fois, on verra bien. Mais ce qui est certain, c’est que les nouvelles stratégies, les nouvelles démarches de la transformation sociale progressent et se précisent dans les sociétés, en Europe et ailleurs.

Raymond Vasselon




> Nous ne savons pas si le Non va l’emporter, mais...
26 avril 2005, par pam
appel anticapitaliste et internationaliste pour le NON

l’ancien et le moderne... C’est une opposition à manipuler je pense avec précaution. Elle est souvent utilisée par les "modernistes" pour justement refuser le débat avec ceux qui posent des questions anciennes : inégalités sociales, contradiction entre capital et travail, révolution, luttes de classes...

Ce que tu décris comme nouveau et qui serait visible à travers les "nouveaux mouvements" qui n’auraient pas tous les défauts des anciens, reposent donc sur deux différences :
-  les "nouveaux mouvements" ne cherchent pas le pouvoir, mais forment et arment les citoyens
-  ils dépassent la séparation entre social et politique

Pour être direct et court, donc un peu caricatural, je constate pour ma part au contraire.
-  que les nouveaux mouvements sont confrontés à la question du pouvoir, et que les déclarations du type "nous changerons le monde sans prendre le pouvoir" sont au mieux des illusions, au pire des manipulations. les FSM et autres rencontres altermondialistes ne s’organisent pas dans l’éther. ATTAC a été fondée pour l’essentiel par des journalistes et syndicalistes, s’appuyant sur des organisations réelles, qui ne sont pas des réseaux décentralisés. Le mouvement en italie a été fortement marqués par la présenec de refondzation communsite, les discussions du FSM à Mumbai ont été marqués par les organisations du travail indiennes. Quand un représentant de l’appel des 200 conclut son intervention au meeting de Lyon, il dit "tous ensemble dans les luttes, tous ensemble pour le non, tous ensemble en 2007".. et on voit ainsi réapparaitre les élections présidentielles, et la forme la plus concentrée du pouvoir...

Je suis convaincu au contraire que les "nouveaux mouvements" doivent interroger la question du pouvoir politique pour ne pas être dépossédés de ce qu’a juste titre tu soulignes, une réelle autonomie d’initiative et de création. L’expérience de Porto Alegre et du brésil me semble le symmbole de ces "nouveaux mouvements" confrontés justement à une gestion présidentielle et institutionnelle du pouvoir qu’il croyait avoir acquis et qui semble bien ressembler aux échecs passés de la social-démocratie...

-  la séparation entre social et politique est devenue en France le masque d’une tentative de refuser l’accès au politique pour le monde du travail et les milieux populaires. Quand la CGT se présente comme indépendante des partis politiques et que certains de ses dirigeants font croire que c’est pour cette raison qu’ils ne prennent pas de position politique pour la CGT, ils masquent leur propore enagement personnel, souvent consensuelle pour les institutions comme c’est le cas pour la constitution européenne, et ils tentent ainsi de peser sur l’expression politique.

Je crois au contraire qu’il serait salutaire que le peuple dans sa diversité se lève et s’approprie la vie politique, non pas en tentant de jouer dans les salons des médias et des institutions, mais en les bousculant, en affirmant la primauté de sa souveraineté. Les "nouveaux mouvements" peuvent-ils contribuer a cette reconstruction politique du peuple comme acteur ? Je n’ai aucune réserve ni de principe ni de pratique pour celà. Je ne juge que sur les faits. Mais la plupart des "nouveaux mouvements" sont le plus souvent portés par les couches moyennes, intellectuelles, et ont presque plus de difficultés que les organisations traditionnelles du monde du travail pour être présents dans les entreprises et les quartiers. C’est ainsi un des objectifs affichés de la nouvelle organisation créée par ATTAC pour la "formation action citoyenne" d’aller vers les quartiers populaires.

En résumé, je crois que ton opposition entre les modernes et les anciens est simpliste, et est surtout une "autojustification" de ton point de vue sur l’organisation. Elle évite de poser les questions qui sont les plus actuelles et qui renvoient au contraire à des débats anciens, comme quoi cette opposition est stérile :
-  peut-on imaginer un "altercapitalisme" ou faut-il clairement remettre à l’ordre du jour la question d’arracher le pouvoir à la bourgeoisie, donc de poser la question de la révolution ? Après la répression de Genes, faut-il condamner les excès de tel ou tel manifestant, ou au contraire prendre conscience que le capital est prêt à toute les violences pour défendre son système ?
-  peut-on continuer à agir sur tous les sujets sans reposer la question de l’organisation politique qui peut permettre au peuple de ne pas être dépossédé de ses luttes ? sans éclairer les débats internes aux "nouveaux mouvements" pour ne pas se retrouver comme au brésil devant la nécessité de lutter contre le pouvoir porté par ces "nouveaux mouvemets"

pam collectif utopies

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