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N’ayons pas peur !
dimanche 17 avril 2005, par Roger Dubien


Intéressante la discussion des jeunes avec J. Chirac sur TF1. Et révélatrice de ce qui se passe dans les profondeurs de la société. Une révolution ? Au moins une dissidence, qu’on sent monter. D’où l’embarras (jalousie ? inquiétude ?) que l’on a ressenti dans pas mal de commentaires des journalistes "officiels" et de bien des "politiques", partisans du Oui comme du Non. C’est que, globalement, les jeunes présents ont fait mieux qu’eux, devant 7 millions de personnes, car souvent leurs paroles avaient un sacré poids de vie...
Remis à sa place, par exemple, De Villiers et sa morgue xénophobe qui lui colle à la peau. Il avait ironisé avec mépris sur une rencontre taillée sur mesure "avec des enfants". Les "enfants" ont su dire quelques vérités au Président de la République, qui avait pourtant préparé ses fiches, et qui n’en revenait pas, d’ailleurs : "Tout ceci est tout à fait étonnant (...) Ce qui m’étonne c’est le pessimisme. Je ne comprends pas et ça me fait de la peine (...) Je suis toujours étonné du sentiment de peur, sentiment que je comprends mal...".
Evidemment, si on étiquette "pessimisme" l’autonomie de pensée et la volonté de ne pas se laisser mener en bateau, il y a de quoi ne pas ressortir rassuré de ce face à face. C’est vrai qu’on est habitué à des interviews mieux "contrôlées" et à des débats plus convenus...

En fait, Chirac a été plusieurs fois mis en difficulté sur des points essentiels par des jeunes plutôt coriaces. Par exemple...

-  Le culot, ça aide, mais il y a des limites. Chirac les a dépassées avec son tour de passe passe d’affirmer que voter Oui c’est "combattre le néolibéralisme". Quand cette constitution vise justement à essayer d’enfermer durablement l’Europe dans les politiques néolibérales...
Chirac : le choix est "ou une Europe poussée par le courant, néo-libérale et atlantiste et non maîtrisée, ou une Europe humaniste et organisée avec des règles : la (cette) constitution". Ainsi, inscrire le néolibéralisme dans la constitution (cf l’énorme partie III du Traité) c’est pour lutter contre la dérive néolibérale et atlantiste...Osé !
Mais quelqu’un a demandé des explications sur "la logique libérale cachée dans ce texte ". Un autre a mis en cause "votre double discours sur l’ultra-libéralisme" (...) La politique de Raffarin est libérale. Vous dites qu’il faut lutter contre l’ultralibéralisme mondial mais la France en politique intérieure c’est l’ultralibéralisme...". Malaise.

-  Perche tendue par un des "animateurs" qui se rend bien compte que c’est mal parti pour un show : "Dites nous 2 ou 3 petites choses qui vont changer notre vie quotidienne si cette constitution est votée".
Réponse de Chirac : "tous les grands principes seront à la base des politiques européennes : l’égalité hommes-femmes, la lutte contre les discriminations, le renforcement des services publics, la "charte des droits individuels" (...) tout cela est inscrit dans la Constitution... donc les Tribunaux (...) Toute une série de grands principes qui incarnent des valeurs."
(Entendu plusieurs fois quand même dans la bouche du Président de la République l’assurance que l’Europe de cette constitution-là serait un rempart contre l’immigration. Quand on sait ce qui se passe déjà aujourd’hui, comme "valeur humaniste", on fait mieux !..).

-  Rebelote : "...le concret ?"
Réponse de Chirac : "C’est que toutes nos valeurs deviennent des valeurs constitutionnelles".
Le problème c’est qu’elles sont aujourd’hui foulées aux pieds en France, alors même qu’elles sont inscrites noir sur blanc dans la constitution française sous forme de "droits" qui doivent être "garantis", alors que là, dans le traité constitutionnel, il n’y est fait référence que comme des objectifs, de simples déclarations d’intention. Il ne s’agit plus de "droits"... Au fond, dans ce traité, il n’y a que le bulldozer néolibéral qui soit garanti.

-  Oui mais, question d’un jeune : "En quoi la constitution va-t-elle favoriser l’emploi pour les jeunes ?"
Réponse de Chirac (textuel) : "il y a les objectifs et les réalités, évidemment !". Bien sûr. Comme il y a les discours et les actes...

-  D’un jeune, "qui travaille au noir (...) je ne vois pas pourquoi ça fait rire...", cette question au Président : "Comment sa constitution qui place la concurrence sur un piédestal va faire reculer la précarité qui touche tant de jeunes, de femmes (80% des précaires) et 7 millions de français et 50 millions d’européens ?"
Réponse réflexe de Chirac : "mais ça n’a rien à voir avec la Constitution !". Ce sera la même réponse réflexe chaque fois qu’une question touche à la vie réelle, aux politiques menées en France et en Europe, et à leurs conséquences.

-  Question : "Pourquoi la constitution ne parle pas des services publics ?"
Réponse en substance : ce n’est pas le même terme, mais c’est pareil (faux : ce n’est pas pareil)... Mais confronté par exemple à une question sur la santé, il s’efforce de rassurer : "La santé reste de compétence nationale". Sous entendu donc : la logique de la Constitution européenne n’y touchera pas. Faux, bien sûr. Mais c’est quand même un aveu sur la nature de cette constitution...
En passant, gros mensonge sur la directive Bolkestein, qu’ils avaient tous accepté. Et il nous dit maintenant que c’était inacceptable : "Cette directive nous ne l’acceptons pas (...) Il a été décidé par le Conseil (européen) que cette directive sera remise à plat (...) Nous avons été soutenus à l’évidence par une majorité du Parlement européen". En réalité, c’est la proximité du référendum et la montée du Non qui ont changé la donne, pour le moment...

Au fond, au-delà de l’argument (qui y croit ?) selon lequel cette constitution profondément néolibérale (et conçue en plus pour essayer de nous condamner à perpétuité aux politiques néolibérales) serait un rempart contre le néolibéralisme, et de son appel à ne pas en avoir peur, que reste-t-il de l’argumentation de Chirac ? Une tentative de faire peur, justement...

Question : "Quelles sont les conséquences si le Non l’emporte ?"
"Je ne veux pas faire de dramatisation, mais...
-  " La construction européenne s’arrête (...) Pas sérieux de renégocier, argument pas sérieux. Les 24 n’accepteront jamais (...) Il n’y aura pas de renégociation (...) Si on vote Non on garde le système actuel (...) courant libéral qui sera amplifié (...) L’intérêt des pays anglo-saxons et des USA est qu’on arrête cette construction européenne".
-  "la France considérablement affaiblie (...) mouton noir (...) Quelle sera sa voix dans le conseil européen ? (...) L’agriculture : 10,5 Milliards d’euros/an maintenus pour la France jusqu’en 2013. 80% des aides à l’agriculture française viennent de l’Europe (...) Si on ne la votait pas, ils diraient à la France : allez voir ailleurs ! (...) La France, au moins pendant un certain temps, car rien n’est irrémédiable, naturellement, cesserait d’exister politiquement, au sein de cette Europe"...

Bref, en conclusion : il faut choisir, car il n’y a pas le choix !

Non, n’ayons pas peur. Si la société française refuse cette usine à gaz et cette camisole néolibérales, s’ouvrira la possibilité d’élaborer avec les autres peuples d’Europe, dans les deux à trois ans qui viennent, une constitution européenne pour l’Europe.

Roger Dubien.




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