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Que fait-on face à la dérive sécuritaire de la mairie de St-Etienne ?
jeudi 22 décembre 2005, par Roger Dubien


Au fil des mois, la tendance se confirme et s’accentue. Et le problème est posé à toutes celles et tous ceux pour qui la liberté, la justice, le respect des droits de la personne humaine, le refus des discriminations, ne sont pas des mots creux, et qui ne souhaitent pas que se poursuive la dérive actuelle.

Au conseil municipal de ce 19 décembre, qui a voté le budget 2006 de la ville de St-Etienne - nous en reparlerons - cette dérive continue à s’inscrire dans les chiffres. En deux ans, le budget d’investissement pour les travaux dans les écoles et les équipements des écoles a diminué de 25 % ! Celui de la police municipale continue d’augmenter.
Au conseil municipal du 14 novembre, dans la foulée du débat sur la révolte des jeunes, une autre discussion vive avait eu lieu sur la politique sécuritaire de la ville à l’occasion du vote d’une nouvelle dépense de 175 380 euros pour installer une nouvelle batterie de caméras vidéos.

Dans cette discussion, j’ai rappelé un certain nombre de faits qui se sont passés ces derniers mois. Ce qui n’a pas été du goût du maire, M. Thiollière, qui m’a interrompu plusieurs fois et m’a empêché de terminer, ne supportant pas que l’on parle de certaines pratiques qui concernent la Police municipale.
M. Thiollière a annoncé sa volonté de poursuivre cette politique : "Ne comptez pas sur moi pour revenir en arrière quand les évènements de cette semaine montrent l’utilité de ces équipements de vidéo-surveillance (...) on fait donc acte de citoyenneté et de civisme (...) républicain"... ’Nous serons fermes sur ce dispositif". Il a prétendu ensuite que c’était à la demande générale que cette politique était menée : "A part M. Dubien, aucune plainte, aucune lettre, aucune demande de rendez-vous...", personne qui dit "M. le maire vous exagérez (...) Les stéphanois sont très heureux !" de cette politique.
Voilà ce qui se raconte au conseil municipal. Qui ne reflète manifestement pas ce que pensent bien des jeunes et des familles.
Nous publierons aussi cette discussion quand en nous aurons le PV.

Ci-dessous, la trame de ce que j’ai dit (ou essayé de dire puisque j’ai été souvent interrompu) lors de cette séance du 14 novembre à l’occasion du vote (1) de cette dépense de 175 380 euros pour installer 7 nouvelles caméras vidéos.

Roger Dubien
conseiller municipal, Réseaux citoyens.

A propos des caméras de vidéo-surveillance

C’est tout un symbole cette délibération que vous faites passer aujourd’hui pour installer une nouvelle batterie de caméras de vidéo-surveillance dans la ville.
Sarkozy va être content. Vous êtes bons élèves.

Il y avait 44 caméras vidéos ; ça avait coûté déja au moins : 1,04 Millions d’euros en 2001-2002 + 384 000 euros en 2003 , soit 1,424 Millions d’euros (9,35 MF)...
Vous en rajoutez 7 soit 175 380 euros, cela fait 1,6 Millions d’euros (10,5MF). Rien que pour le gros matériel, sans parler de l’entretien et du personnel. Quel gaspillage, et gaspillage dangereux.

Quand on sait que selon les chiffres de début 2005 la ville consacre moins de 200 000 euros au périscolaire (qui coûte 490 000 euros mais bénéficie d’un financement CAF à 60%).
Voilà un choix qui en dit long sur la réalité de votre politique. Hugo disait que quand on ouvrait des écoles on fermait des prisons. Vous, vous fermez des écoles, vous avez supprimé des subventions aux associations pour l’aide aux devoirs. Et vous mettez des caméras et des policiers.

Je demande que cet argent soit mis pour l’aide à la lutte contre la pauvreté des enfants.
Il y a eu un rapport officiel sur la pauvreté des enfants dont nous avons parlé ici, et aussi au CCAS. Qui proposait des solutions simples, évidentes. Il avait été dit : on va regarder. Deux ans après, c’est tout vu : rien.

Je pose la question : à quoi servent et comment fonctionnent ces caméras vidéo ?
Parce qu’il y a une expérience instructive : c’est ce qui est arrivé le 26 février dernier, sous la caméra vidéo de la place de l’hôtel de ville, au jeune Ichem, qui a été frappé par un policier.
J’ai prévenu M Artigues dans la nuit et Mme Dumont 36h après. En lui disant que tout avait dû être enregistré par la caméra vidéo. Elle m’a rappelé en me disant qu’il n’y avait rien sur l’enregistrement, selon ce que la police municipale lui avait dit. Je ne comprend pas alors pourquoi Ichem est poursuivi pour outrages et rébellion.
J’en ai parlé ici au conseil en demandant de mettre de côté cet enregistrement. M le Maire, vous avez dit que ce serait fait si la demande était faite. Elle a été faite et il y a même deux instructions judiciaires : une contre ichem, et une plainte de la famille. Dans ces cas là il semble normal de garder l’enregistrement. Et bien on n’arrive pas à savoir ce qu’il est devenu...
Aux dernières nouvelles la police municipale prétendrait qu’il a été effacé 6 jours après, puisque pas de suite. Il avait été dit ici que les enregistrements étaient gardés 14 jours. Or on en a parlé au conseil au 12è jour... La loi autorise en fait à garder les enregistrements un mois maximum, sauf s’il y a une action en justice, où il est possible de les garder plus longtemps. Ce qui est le cas. Vous n’êtes pas curieuse, Mme Dumont. Il faut retrouver cet enregistrement.

Ichem a été relaxé le 20 juin, c’est vrai. Mais il a été fait appel... Et puis M. le Procureur a ordonné une enquête de l’IGPN. Et puis une information judiciaire a été ouverte sur la plainte de la famille. Il est annoncé que l’enquête risque de durer un an. On voit là que les comparutions immédiates ne sont pas pour tout le monde. Donc il faut retrouver cette cassette.

Cet épisode avec les caméras vidéos est assez fréquent. Et montre qu’elles ne voient que ce qu’elles veulent, et qu’elles font partie d’une coûteuse dérive sécuritaire.
Je demande donc leur démantèlement et l’utilisation plus utile de l’argent qu’elles engloutissent.

Au-delà des caméras, je crois que le moment est venu de faire un bilan de votre politique sécuritaire. On a vu à quoi menait cette dérive sécuritaire au printemps avec l’affaire du "centre de semi-liberté de montaud" et la campagne politique contre l’ouverture de ce centre, attisée par des forces d’extrême droite parmi lesquelles certains membres de votre majorité.
Au cours d’une réunion publique à Montaud, le Procureur et des magistrats ont été insultés et menacés, en présence du député M. Artigues qui n’a pas bougé pour s’y opposer.
Et ce sont ces gens-là qui ont eu le dessus puisque le centre de semi liberté a été enterré, à votre soulagement, d’ailleurs, et c’est vrai avec le renfort du président du conseil général. Bravo !

La question de la Police Municipale

Je pose également des questions sur le fonctionnement de la Police municipale. Sur son coût et sur son utilité. Si mes informations sont bonnes, il y a maintenant à St-Etienne a peu près autant de policiers municipaux que de cantonniers. Si on y ajoute les personnels chargés de mettre des contraventions pour le stationnement, n’en parlons même pas.
Je voudrais que l’on dise les chiffres précis. Combien de policiers municipaux ? Combien de cantonniers ? Bien des rues sont plutôt sales - il y a les travaux c’est vrai, mais pas que - mais tout ça est filmé sans doute...

Bien des jeunes et des familles mettent en cause le comportement de certains policiers municipaux.
Je pose des questions sur le recrutement de la Police municipale. Et sur sa formation.
Il me semble que pour ce recrutement, certains liens familiaux des élus et certaines amitiés politiques jouent un rôle important. Ceci ne touche pas que la Police municipale d’ailleurs mais plus largement ce qui est municipal et paramunicipal.
Je mets en cause la formation des policiers municipaux, et je ne suis pas le seul. Un syndicat du personnel municipal le fait aussi.

Que s’est-il passé à la piscine le 28 juin ?

Il y a cette affaire de la piscine de la Plaine Achille le 28 juin au cours de laquelle 11 jeunes de beaubrun ont eu des ennuis, certains ayant été insultés (insultes racistes) et d’autres frappés. J’en avais parlé ici au conseil du 4 juillet et demandé une enquête sur ce qui s’était passé et sur le comportement de certains policiers municipaux et de maîtres nageurs.
En fait d’enquête, vous avez porté plainte auprès du Procureur de la République, contre X. En réalité c’est moi que vous visez, puisque c’est moi qui avait parlé de cette affaire, ici même, et dans un mail adressé à un certain nombre de personnes et pour lequel un employé municipal est menacé de sanctions parce qu’il a relayé ce mail à quelques personnes, depuis son ordinateur personnel qui plus est, comme tout citoyen en a le droit.
Vous avez donc porté plainte pour diffamation, M Thiollière, contre X, en donnant la copie de mon mail. Ce n’est certes pas très courageux puisque c’est moi que vous visez. Mais c’est prudent puisque si les choses sont établies, ça vous met à l’abri d’une dénonciation calomnieuse.

(M. Thiollière justifie que sa plainte soit contre X en disant que la technique de calomnie utilisée, la diffusion électronique, ne permet pas d’identifier avec certitude les auteurs.
C’est peu courageux, puisque le mail était signé, et que j’avais parlé de cette affaire au conseil municipal du 4 juillet... Concernant ce qui s’est passé ce jour là 28 juin à la piscine, M. Thiollière parle de perturbateurs qu’il a fallu expulser, de violences et d’insultes contre des agents municipaux, puis de calomnie, de propos diffamatoires qui portent atteinte à l’image et à l’honneur des services publics municipaux et sont susceptibles de créer des tensions entre les jeunes des quartiers et les agents des services publics ! !...)

J’ai donc été entendu pendant trois heures au commissariat central le 19 septembre. Où j’ai redit un certain nombre de choses que je savais. Depuis d’ailleurs j’en sais un peu plus. Et j’ai dit aussi que j’étais à la disposition de M le Procureur de la République pour toute demande complémentaire.
J’ai toutes les raisons de croire les témoignages que j’ai recueillis le jeudi 30 juin de la bouche de ces enfants (le plus jeune a 11 ans) et de ces jeunes. J’espère d’ailleurs que suite sera donnée à la plainte déposée par trois familles. Je maintiens les questions que j’ai posées sur le comportement de policiers municipaux qui sont intervenus ce jour - là. Par ailleurs des enfants ont dit avoir été emmenés dans un bureau et insultés et frappés. Etait posée la question de l’attitude de maîtres nageurs. Au fil des jours la question se précise : je pense qu’il faut plutôt regarder ce qu’il en est du comportement d’un personnage semble-t-il employé comme chargé de mission formateur de la Police municipale, qui pourrait bien avoir été présent sur les lieux, et pas en uniforme de policier municipal, cet après-midi là.
J’ai conscience que ce sont des questions assez graves que je pose là.

Ce n’est pas brillant brillant tout ça.
Je dis que voilà où mène la dérive vers une politique sécuritaire. Et qu’il est temps de faire autre chose dans notre ville.

(1) dans ce vote pour les caméras vidéo, toute la droite a voté pour. Le FN a voté pour. Le groupe PS et le groupe radical-citoyen a voté pour. Les Verts se sont abstenus. J’ai voté contre. Alain Pecel (groupe PCF) a également voté contre.




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