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Regarder nos villes du point de vue de la campagne
jeudi 9 mars 2006, par Raymond Vasselon


Notre agglomération entretient avec l’espace agricole un rapport particulier lié en partie au relief. Comme partout en France le mitage de l’espace par les lotissements (qui prétendent "mettre la ville à la campagne"), les zones d’activité et de commerce périphériques, prend une ampleur considérable.
Les moteurs de ce mécanisme sont bien connus : tendance à augmenter l’offre de terrains pour "attirer" les entreprises dans un contexte de mise en concurrence des territoires, tendance à lutter contre le dépeuplement et la baisse des ressources fiscales des villages en créant des lotissements, pression liée à l’augmentation considérable du coût des terrains lorsqu’ils passent du statut de terrains agricoles à celui de terrains à bâtir.

A cela s’ajoute la tendance à considérer les terrains agricoles comme des réserves foncières pour le développement infini de la croissance des villes. Cette tendance semble aujourd’hui paradoxalement stimulée par le besoin de fuir les nuisances, les pollutions, les dangers et le mal vivre générés par ces mêmes villes.

Notre agglomération est de ce point de vue dans une situation spécifique : ces mécanismes fonctionnent dans un contexte géographique où le relief fait que les mêmes espaces intéressent la ville et l’agriculture.

Or, de 1975 à 1990, l’étalement urbain de l’agglomération stéphanoise à été spectaculaire : la consommation foncière a été identique à celle de la communauté urbaine de Lyon, et cela sans augmentation de population, bien au contraire (on connaît le résultat des recensements), et une forte diminution des emplois. Les experts diagnostiquent un grave sur-étalement urbain.

Il y a donc chez nous un problème particulier et aigu de pérennité de l’agriculture périurbaine car l’agriculture est une activité qui nécessite de l’espace dans la durée.

D’un coté, la proximité entre la ville et l’agriculture est un atout pour l’agriculture notamment lorsqu’il y a vente directe (on parle de 10 % du chiffre d’affaires de notre agriculture départementale et c’est une tradition qui ne demande qu’à être développée à Saint-Étienne), mais aussi en regard des nouvelles activités d’accueil que développent les agriculteurs (découverte nature, accueil scolaire, hébergement touristique...).

Et d’un autre coté, L’agriculture est un atout pour nos villes en matière d’emplois (dans 26 communes de Saint-Etienne Métropole, les emplois agricoles représentent le quart des emplois), de potentiel de création d’emplois, de production du paysage naturel, en matière de défense de la culture alimentaire, de la qualité de notre alimentation, qui représente un enjeu de santé publique aujourd’hui bien connu.

La qualité de notre vie dépend en fait en grande partie des qualités multiformes de l’espace agricole et de ses activités.

Ces importantes questions ont d’ailleurs fait l’objet d’un intéressant colloque (organisé par Saint-Étienne Métropole) intitulé "L’agriculture périurbaine facteur d’aménagement et de développement économique du territoire" qui a eu lieu le 10 septembre 2004.

Plus généralement, de l’agriculture dépendent les droits humains les plus légitimes : l’accès à l’eau et à la nourriture de façon équitable dans nos villes et sur la planète, notre droit de choisir ce que nous mettons dans notre assiette, notre aspiration à respecter et protéger la vie sous toutes ses formes aujourd’hui plus que jamais menacée.

L’agriculture est donc notre problème, même si les agriculteurs, dans nos sociétés, représentent une "minorité". Nous ne pouvons pas les laisser se débattre seuls face à un étalement urbain qui mange la campagne. Pas plus que nous ne pouvons les laisser seuls face aux énormes lobbies de l’agroalimentaire et aux centrales d’achat de la grande distribution qui les étouffent par la baisse continue des prix des produits agricoles achetés, alors que les prix augmentent dans les étalages.

Souvent, disent les agriculteurs, des citadins vont habiter "la campagne" en restant citadins et parfois créent des conflits en considérant comme des nuisances les bruits, les odeurs produits par l’activité des agriculteurs. Nous devons donc travailler à développer tous les éléments positifs de la coexistence ville campagne.

Les débats sur ces questions ont permis de mettre à jour quelques propositions :

Stopper le sur-étalement urbain par des dispositions d’aménagement. Il n’est pas seulement destructeur de l’espace rural, il est source de gaspillage. Par exemple : on ferme des écoles en ville et il en manque ailleurs, les déplacements et les transports générateurs de pollution et de fatigue explosent, les surfaces imperméabilisées augmentent et cela a des conséquences sur le débit et les crues des rivières, les problèmes de ramassage des ordures se compliquent, etc.

La rénovation des quartiers centraux de nos villes doit être l’occasion de produire et de restaurer des formes d’habitations variées, prenant en compte le besoin de rapports avec des jardins privatifs, offrant une alternative au développement des lotissements de pavillons dans les périphéries.

On peut introduire dans l’aménagement de nos villes des éléments favorisant la coexistence avec la campagne comme les vergers pédagogiques conservatoires destinés à la redécouverte par les enfants des écoles (et aussi les adultes) des espèces, des saveurs, des techniques de greffes, etc.

Certaines villes s’emploient avec succès à promouvoir la restauration "bio" dans les cantines scolaires. Cela afin que les enfants - notamment ceux issus de familles défavorisées - puissent avoir accès à une nourriture saine, à un goût authentique, et donc à une culture non uniformisée.

Cela dans l’objectif, à terme, de favoriser une agriculture respectueuse de la santé, de la qualité de la vie.

On peut aussi soutenir et développer des circuits et des espaces pour la distribution des produits de l’agriculture paysanne et d’une manière plus générale la considérer comme un "gisement d’emplois" d’avenir.

Certains pays du Sud refusent l’idée (qui fut chez nous hégémonique pendant les trente glorieuses) que le dépeuplement de la campagne soit le critère absolu du développement.

Il est urgent de proclamer que le milieu rural n’est pas uniquement un espace de réserve pour la croissance des villes, mais un espace de vie à part entière qui concerne tout le monde. Il est donc urgent d’inverser l’approche : il ne faut plus partir du centre des villes et considérer la campagne comme un espace de conquête, mais partir de la campagne en la considérant comme le partenaire essentiel des nouveaux développements.

Raymond Vasselon

Rappel : un atelier "Construire de nouveaux rapports ville-campagne. Problématique : se réapproprier les conditions de production de notre alimentation et de notre environnement en créant des circuits courts paysans-habitants des villes, etc..." aura lieu lors des Rencontres sur la démocratie participative et les budgets participatifs organisées par DRD à St-Etienne les 18 et 19 mars (Voir). Ce texte est aussi une contribution pour cet atelier.




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