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Après la victoire sur le CPE, l’engagement continue
Abroger le CNE, le travail de nuit à 15 ans, l’apprentissage à 14 ans, les mesures liberticides de la LEC... Et inventer autre chose ?
mercredi 26 avril 2006, par Roger Dubien


Le CPE a été abrogé. C’est une très grande victoire.

Car souvenons-nous de ce dont il s’agissait. Avec cette période d’essai de 2 ans, généraliser la précarité à l’ensemble de la jeunesse de 16 à 28 ans. Avec la suppression de toute justification et recours pour le licenciement, mettre en place une obligation d’obéissance et de soumission totale au patronat, qui imprégnerait toute la société.
Et souvenons-nous de ce qu’ils avaient dit. De Sarkozy lançant la pétition de l’UMP. De Villepin affirmant : "ni retrait, ni suspension, ni dénaturation", et "introduire une justification au licenciement reviendrait à dénaturer le CPE". De Chirac promulgant la "Loi pour l’égalité des chances" en "suspendant" l’application du CPE le temps d’aménager un peu...
Les choses ne se sont pas passées comme ils l’avaient prévu ! C’était trop chaud, trop dangereux. Ils ont dû effacer purement et simplement le CPE. Cette fois, c’est le coeur des politiques capitalistes qui a été mis en cause. C’est sur une décision capitale, c’est le cas de le dire, qu’ils ont dû reculer ; ça va les refroidir et les calmer un peu pour la suite. Et ça donne à réfléchir à tout le monde, bien au-delà de la droite et du Medef.

C’est d’abord la victoire de la jeunesse

Des millions jeunes qui se sont levés contre la précarité et pour barrer la route à une loi - déjà votée ! - qui les livrait pieds et poings liés au patronat. Des millions de salariés et de citoyens se sont solidarisés. Bien sûr le rôle des organisations syndicales et leur "unité" a compté, tout comme le rôle des organisations et partis avaient compté pour la victoire du "non" au référendum du 29 mai. Mais c’est la mobilisation dynamique et puissante des jeunes, la force des valeurs qu’ils portaient, les formes démocratiques qu’ils ont su inventer, qui ont été l’âme de cette lutte. La preuve : on n’a pas la même attitude, côté organisations, pour le CNE, qui est pourtant la même chose que le CPE pour tous les salariés des entreprises de moins de 20 personnes. Ce n’est donc pas parce qu’il y a eu "unité syndicale" qu’il y a eu un mouvement d’une telle force contre le CPE, c’est parce qu’il y a eu un mouvement d’une telle force qu’il a dû y avoir "unité syndicale".
On a hélas très peu entendu les jeunes dans les médias. Faut pas rêver. Mais ce sont eux qui ont mené et gagné cette bataille, pas les "leaders" des organisations.

Ils sont pressés de tourner la page...

A regarder ou écouter la plupart des médias depuis l’abrogation du CPE, on est à peine sûr que cela ait eu lieu. Vite, vite, revenir à la normale, parler d’autre chose, abrutir les spectateurs avec les petites histoires de la classe politique, les présidentiables, les sondages sur qui qui au final va le mieux profiter de cette affaire...
Et puis ce n’est pas parce qu’ils ont dû reculer qu’ils changent d’objectif. Ainsi Villepin. Il ne voulait que des emplois pour les jeunes. C’était ça le CPE. Il n’a pas été compris, il est bien obligé de constater le blocage, il le regrette. Ce sera donc partie remise, car l’objectif reste et il entend bien mener (et gagner) ce "débat" sur flexibilité/sécurité, etc...
Il est vraiment con ce peuple ! Déjà il y a à peine un an il n’a rien compris et il a rejeté le TCE. Et maintenant il recommence avec le CPE.
C’est frappant aussi de voir comment une partie de la classe politique de gauche a parlé de "gâchis" après la victoire. Comme si ces semaines au cours desquelles des millions de jeunes ont vécu des moments si forts, ont fait un apprentissage en accéléré du fonctionnement de la société, de la démocratie, des luttes populaires et de la citoyenneté, étaient du gâchis !

Abroger le CNE et la loi pour l’égalité des chances

Cette victoire n’a évidemment pas mis par terre les politiques capitalistes...
L’article sur le CPE est remplacé par une extension des emplois "aidés" pour les entreprises (voir plus bas le texte de loi).
Reste le CNE. Déjà 400 000 contrats signés, car ceux qui cherchent du travail n’ont évidemment guère le choix. Or le CNE est ni plus ni moins un CPE pour les entreprises de moins de 20 salariés.

Et puis il est nécessaire de regarder attentivement ce qu’instaure cette "loi pour l’égalité des chances", dont le contenu, hors CPE, a trop été passé sous silence.

-  Cette loi instaure l’apprentissage à partir de 14 ans (LEC, titre I, article 2)
-  Cette loi autorise le travail de nuit à partir de 15 ans ! (à travers "l’apprentissage junior") !

Et puis, la loi sur l’égalité des chances ne contient pas que de la déconstruction du droit social. Elle est une nouvelle étape des politiques sécuritaires et liberticides. Par exemple, ainsi que l’a fait remarquer un magistrat, Gilles Sainati :

-  Au nom de la lutte contre les discriminations, la LEC étend la compétence de la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations) qui pourra lorsque des discriminations ont lieu dans l’entreprise prévoir une transaction avec le chef d’entreprise, ce qui mettra fin à "l’action publique". En d’autres termes, les constitutions de parties civiles devant les tribunaux de salariés victimes de ces délits seront impossibles. C’est la porte ouverte aux "arrangements" et à l’impunité de fait pour des employeurs peu scrupuleux (LEC, titre II, article 41)

-  Est créé un contrat de responsabilité parentale qui permet au président du conseil général de suspendre les allocations familiales pendant un an. La signature de ce contrat pourra être imposée à la famille par le président du conseil général, de sa propre initiative ou bien sur demande de l’inspection d’Académie, du chef d’établissement, du maire de la commune, du préfet, en cas "d’absentéisme, de trouble porté à l’établissement ou de toute autre difficulté liée a une carence de l’autorité parentale". Ceci donne donc une base légale à la suppression des allocations familiales. Et revient à imposer sans le dire le "secret professionnel partagé" (LEC, titre III, article 48).

-  Sont augmentés les pouvoirs des polices municipales et des maires qui pourront prononcer des peines ! ! (titre IV, lutte contre les incivilités, article 51). Les maires pourront dorénavant condamner à des travaux d’intérêt général (TIG), jusqu’à 30 heures. Cela fera l’objet d’une transaction, en cas de contravention, et le juge de proximité ou le juge d’instance n’aura plus qu’à l’homologuer. Pour mesurer la gravité de cette dérive, il suffit de rappeler que le Travail d’Intérêt Général est une peine de substitution à l’emprisonnement.

Ainsi donc, on voit que s’ils ont dû reculer sur le CPE - et c’est une immense victoire -, le reste de la Loi pour l’égalité des chances leur permet de poursuivre la mise en place de leur politique dans plusieurs domaines...

Bon, et nous, qu’est-ce qu’on invente ?

Le mouvement contre le CPE a permis de poser des questions et d’ouvrir des chantiers de discussions qu’il ne faudrait pas refermer !

Par exemple :

-  L’extension de la précarité à l’ensemble de la jeunesse avec le CPE a été repoussée. Mais des millions de jeunes vivent déjà aujourd’hui dans "les quartiers" dans une précarité totale et sans issue. Pour eux il ne suffit pas que le CPE soit abrogé. Cette situation était la cause des révoltes de novembre dans les quartiers. Probablement ces révoltes ont-elles joué un rôle pour la mobilisation massive de la jeunesse lycéenne et étudiante contre le CPE. Que fait-on avec eux, pour eux, pour nous ?

-  Une solidarité est aussi nécessaire avec les jeunes victimes de poursuites policières et judiciaires suite à leur participation à la lutte contre le CPE comme avec les milliers de jeunes arrêtés et les 800 emprisonnés suite aux révoltes de novembre-décembre 2005. Nous devons obtenir leur amnistie à tous !

-  Et dans quelle société voulons-nous vivre ? Comment faire pour que les droits humains fondamentaux soient respectés pour tous ? Pouvoir faire un travail utile, avoir un emploi, un revenu permettant une vie digne : comment faire pour que cela devienne possible ? Un revenu garanti pour chacun ? Un emploi pour une partie seulement mais pour les autres quoi ? Croissance capitaliste, ou développement humain ?

Ce ne sont pas seulement le libéralisme ou le néo-libéralisme qui sont en cause. C’est le modèle capitaliste de développement, de plus en plus inégalitaire, et dangereux pour la Terre et pour l’humanité. Quelles formes alternatives peut-on créer dès maintenant pour mieux y résister ? Nous avons besoin de résister au capitalisme non seulement par la lutte "contre", mais aussi par l’invention de réalités de vie nouvelles. Que voulons-nous faire de nos vies ? Qu’est-ce qu’on invente d’autre, pour ne pas gaspiller notre temps à attendre (les présidentielles par exemple), et à déléguer ?

-  Et la démocratie ? La démocratie représentative partidaire et délégataire est au bout du rouleau. C’est devenu une démocratie bidon. Qu’est-ce qu’on invente et qu’est-ce qu’on met en place comme nouvelle qualité de démocratie, participative, qui permette à la société civile, au peuple, de construire et de contrôler les décisions politiques. Qui nous permette d’être citoyens au quotidien et pas seulement lors des élections au suffrage universel une fois tous les 5 ou 6 ans...

Roger Dubien.

Voir aussi : ni précaires ni soumis Et, sur la lutte contre le CPE, voir les photos et infos de la rubrique CPE



Télécharger Le texte de la "Loi pour l’égalité des chances" (JO du 31 mars 2006 - avec l’article 8 CPE)

Télécharger le texte de loi "remplaçant" le CPE (JO du 21 avril 2006)

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