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Conseils de quartiers et démocratie participative à St-Etienne : le temps de la contrefaçon
dimanche 2 juillet 2006, par Roger Dubien


La municipalité UMP-UDF-MPF a convoqué une "assemblée générale des conseils de quartiers" samedi 24 juin. Côté démocratie, la dérive continue à St-Etienne. Au moins, les mots font de moins en moins illusion. La réalité est d’ailleurs telle que "démocratie participative" n’est quasiment plus utilisé, tellement ce qui est fait en est éloigné.

Comment "l’assemblée générale" du 24 juin a-t-elle été préparée ? Mystère. En tous cas pas dans les conseils de quartiers. Résultat : alors que l’Assemblée des conseillers de quartiers de juin 2004 avait réuni plus de 250 personnes, et celle de décembre 2004 pour parler un peu du budget 2005 plus de 200, cette fois l’assistance était d’environ 150. Et la composition avait changé. C’est maintenant une majorité d’amis politiques, pressés d’applaudir, parmi lesquels un nombre certain tiennent les bureaux de vote pour la droite, qui est "mobilisée". Lente dérive des conseils de quartiers vers ces mal nommés " "cercles citoyens" " que les candidats de droite avaient inscrits dans leur programme électoral : se fabriquer des relais politiques/courroies de transmission des élus, des militants de droite ayant une sorte de label de représentants officiels dans les quartiers. Si les mots ont un sens, un appareil politique. Pas grand chose à voir avec la démocratie et la citoyenneté.

Cette orientation est ressentie par celles et ceux, nombreux, qui se sont impliqués dans les conseils de quartiers depuis 2004, et qui maintenant se mettent en retrait, souvent écoeurés par la façon dont les choses se passent. Nombre de ceux là n’étaient pas à l’assemblée de ce 24 juin. Résultat : une participation pas du tout à l’image de la ville et de sa diversité, et plutôt âgée.

Bienvenue au spectacle

Cette dérive est évidente aussi dans le simple déroulement des choses.
L’assemblée est convoquée de 9h30 à 13h. Un animateur anime ( !). On n’est pas une salle mais dans un amphi du centre des congrès. Une grande tribune. Avec uniquement des élus et un invité de WWF. Jeu d’éclairages et de tentures.
On nous dit que le maire va parler, puis l’invité, puis des rapporteurs de groupes de travail, puis qu’à la fin on pourra "poser des questions", juste avant "l’apéro déjeunatoire". Des "questions courtes", évidemment. Et "les élus répondront à vos interrogations". De quoi impressionner tous les démocrates de l’histoire, d’Athènes à Porto Alegre...

La parole au Maire M. Thiollière. Banalités. Remerciements d’être là malgré la victoire au foot la veille au soir et le beau temps. Félicitations aux élus de son équipe pour leur "travail exemplaire", et "merci pour votre travail que j’apprécie beaucoup".
La mairie a donc décidé de "mettre cette assemblée générale sous le thème du développement durable". Comme on sait, c’est l’affaire de chacun, dans les "petits gestes de la vie quotidienne". Et personne n’est parfait. Pour l’eau par exemple, il invite à "fermer le robinet quand on se brosse les dents". Cette invitation ne vaut apparemment pas pour la Stéphanoise des eaux (Lyonnaise + Générale des eaux-Vivendi-Veolia) qui s’en met plein les poches avec l’eau la plus chère des grandes villes de France : plus de 4 E le m3 à st-étienne maintenant !
"Assurer l’efficacité économique sans perdre de vue l’aspect social, la lutte contre les inégalités" , "réconcilier 3 mondes : l’économie, l’écologie, le domaine social" ... "être économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement tolérable..."
Le seul problème, là, c’est qu’on est bien loin du réel, de la misère des pauvres, des stéphanois qui n’ont pas pu obtenir de logements sociaux quand des milliers sont vides, du harcèlement des roms, de la chasse aux enfants sans papiers...

Le Maire parle de l’assainissement, des travaux enfin entrepris pour la station d’épuration du Porchon (80 millions d’euros) qui permettront qu’en 2008 90% des eaux usées de st-étienne soient traitées, alors qu’aujourd’hui, plus de 50% partent telles que dans la Loire. Il est bien temps, effectivement.
Le Maire parle ensuite de différents travaux en cours sur la ville et fait un tour d’horizon de ses décisions. Pourquoi pas. Mais c’est autre chose qu’une assemblée des conseillers de quartiers.
Il annonce une opération "qualité totale de l’espace public". A voir la saleté dans laquelle sont laissées de nombreuses rues, notamment par manque de cantonniers, on n’est pas arrivé ! A moins qu’on compte régler l’affaire par la police et les contraventions, et c’est bien ce qui est à craindre, car ce sont surtout les habitants qui seront montrés du doigt au cours de la réunion. Cela fait penser un peu à la "tolérance zéro" pour les enfants... Mais combien de cantonniers au fait dans la ville ? Le sujet n’est pas abordé, la question a déjà été balayée, elle.
Le maire parle de "solidaire socialement"... C’est se moquer du monde si on regarde la politique sociale du gouvernement et celle de la ville de s-étienne, les pratiques de l’OPAC-Métropole Habitat mises en évidence par le rapport de la MIILOS, ou bien la politique scolaire de la ville. Il parle de reconvertir l’habitat, de supprimer l’habitat indigne. Question non abordée : mais que fait-on des gens qui y vivent : on les loge correctement ou bien on les vire ? Le maire parle de "générosité apportée aux plus démunis" ( !)
A 10h20, le maire a fini.

On passe à l’invité, M. Arnould, de WWF, qui commence un exposé très intéressant sur le développement durable.
Le Maire s’éclipse.
M. Arnould rappelle des principes. Très bien, même s’il ne dit rien sur leur violation à St-Etienne, mais quand on est invité...
1er principe : "les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable", or le monde est trop inégalitaire et ça ne s’arrange pas au contraire.
Ici non plus...
2ème principe : la participation des citoyens. Il invite à lancer un agenda 21, qui serait construit avec les habitants. Il présente WWF, parle de l’outil "empreinte écologique" (outil de mesure de l’impact global de l’homme sur la planète)... Comme on le sait, l’occident est en train de manger le patrimoine des générations futures. Très intéressant. Il parle aussi de l’alimentation, appelle à tendre vers l’arrêt des pesticides, parle même des AMAP, des jardins pédagogiques, et affirme qu’"il n’y a pas d’exclus dans une société durable".
Beaucoup de choses dans cet exposé. Au moins on n’est pas venu pour rien...

Il est 11h. Commence le "rapport" des "groupes de travail", avec 5 rapporteurs. Comment ont été constitués et ont travaillé ces groupes ? Ce qui est sûr, c’est qu’il n’a pas été question de l’ordre du jour de cette assemblée dans des conseils de quartiers. Et il est clair que certaines propositions sont directement inspirées par les élus.

-  Déplacements. Ils sont de bonne qualité même s’il faudrait améliorer la fréquence sur certaines lignes... Il est quand même question un peu de "tarifs de stationnement parfois prohibitifs". Et il est demandé "plus de sécurité" (la "sécurité" est un thème omniprésent dans ces rapports).

-  Espaces verts. C’est le groupe le plus critique. "La ville est trop minérale". Pas assez d’eau. Il faut plus d’entretien, plus de bancs et d’aires de jeux pour les enfants...

-  Propreté. Il parait que globalement elle est en progrès ( !). Rien sur le nombre de cantonniers. Mais les stéphanois sont responsables et on demande "une présence visible des services de police dans les rues pour insister sur les règlements de propreté". (Au fait, de quoi a-t-on besoin : de caméras vidéo pour filmer les rues non nettoyées depuis des semaines ? ou bien de cantonniers pour les nettoyer ?)

-  Animation : danger ! Gare aux grands spectacles coûteux pour fêter la 2ème ligne de tram. Un "festival des transports pendant plusieurs semaines" est proposé "pour concrétiser la fin des travaux" (Une nouvelle "journée jaune", peut-être ? ! A moins que ce soit un concert où les rails remplaceront les cloches, puisque ce n’était pas concluant le dernier coup. Et combien la plaisanterie ?)

-  Aménagement de l’espace public : demande "d’informer les habitants de chaque quartier (...) ça éviterait des frustrations et des critiques virulentes souvent injustifiées".
On pourrait peut-être construire les décisions avec les habitants - citoyens, non ? Non, le groupe de travail n’y a semble-t-il pas pensé...

"Pensez à faire des questions courtes et précises pour que les élus puissent vous répondre"

A 11h59, après 25 minutes de pause, "voici le temps le plus interactif de la matinée". On passe aux questions - réponses, mais "pensez à faire des questions courtes et précises pour que les élus puissent vous répondre". On nage en pleine démocratie participative. Et souvent ça ressemble à une défense et illustration de la politique du maire.

C’est une dame de Montreynaud qui ouvre le bal. Remous dans l’assistance quand elle dit le nom de son quartier ( ! !) Mais "on" est vite rassuré ( ? ?) car elle précise : "je suis très contente de tous les élus que nous avons autour de nous (...) tous les élus sont vraiment gentils". Et "le maire aussi", qui a du "partir pour des urgences". Elle explique que "Montreynaud est un très beau quartier, avec des habitants de ... diverses espèces" (elle a cherché ses mots, et elle a trouvé ceux là...). "Mais il faudrait un peu plus de sévérité malgré tout". Et donc elle demande : "qu’est-ce que vous nous proposez pour la sécurité, l’hygiène, et aussi la propreté ?"

Hélas, une conseillère de quartier de Jacquard met les élus dans l’embarras, et d’ailleurs ça agace une partie de l’assistance. Elle prendra soin pourtant d’expliquer qu’elle est bien d’accord avec la politique des élus actuels, mais qu’on lui avait dit que les conseils de quartier devaient "faire la relation entre les élus et les habitants" et pour ça "il faudrait qu’on soit informé" ! Elle demande donc "une information en amont" parce qu’aujourd’hui "on est informé quand le projet est ficelé". Elle insiste plusieurs fois : ficelé. Elle voudrait savoir ce que la municipalité prépare "sinon on ne peut pas répercuter aux stéphanois". Et alors, il y a "des rumeurs qui circulent"...
Elle demande aussi "la répartition du budget de 1,5 millions d’euros" annoncés par le maire pour les conseils de quartiers en 2005, "où on en est de son utilisation ?"
Cette conseillère ne demande donc pas que les conseils de quartiers décident, elle demande juste à avoir quelques informations sur les options que les élus envisagent, pour pouvoir dire aux habitants ce qui se prépare "avant que tout soit ficelé".
Visiblement, c’est trop demander...
Double réponse de l’adjointe à la démocratie locale Mme Schériani : "quand les projets seront un peu plus avancés, l’élu référent se fera un plaisir de vous tenir au courant". Applaudissements. ça ne s’invente pas. Et sur le budget de 1,5 millions d’euros : "eh bien 15 projets ont été réalisés". On ne nous dit pas lesquels, mais on pourrait le faire, et "sachez que le 1,5 million a bien été utilisé"... surtout qu’"il y a eu des demandes de voiries".
Confirmation donc : ce budget a servi à financer diverses dépenses déjà prévues par les élus et des dépenses imprévues...

Et ainsi de suite...
Il ne sera jamais vraiment question du budget et des grands choix de la ville.

Cette discussion s’est d’une certaine façon poursuivie au conseil municipal du 26 juin où était présenté le compte administratif (le budget réalisé) de l’année 2005.
Surtout que 2005 était l’année de la mise en place d’un budget de 1,5 ME accessible aux projets des conseils de quartiers. Il y a un an, au conseil municipal, j’avais demandé des informations sur le début d’utilisation de cette somme et la méthode pour décider. Mme Schériani avait répondu : on fera un point à la rentrée, à l’automne. Aucun point n’a été fait, à ce que l’on sache, ni à la rentrée ni plus tard. Et l’assemblée d’information des conseillers de quartiers sur le budget qui s’était tenue fin 2004 n’a pas été reconduite fin 2005 pour le budget 2006...
D’ailleurs, et ce n’est pas étonnant, si un résumé à été fait de la réalisation du budget dans les différents services de la ville dans les documents du conseil municipal de ce 26 juin, on constate que le "service proximité et démocratie locale" a disparu dans les commentaires sur le budget réalisé 2005. Preuve de plus que c’était surtout de la manipulation de lignes budgétaires...

On demande donc toujours la liste des réalisations faites avec le budget de 1,5 millions d’euros. Est-ce qu’on pourrait avoir une liste un de ces jours ?

Voilà où l’on en est à St-Etienne...
Cette façon de faire mène à la mort des conseils de quartiers comme outil de démocratie participative, elle mène à leur déchéance en relais politiques des élus UMP-UDF-MPF...
Elle renforce aussi l’idée qu’il faut les démocratiser radicalement : en les ouvrant à tous les habitants, et en leur donnant un vrai pouvoir : celui de contribuer à la définition des priorités de l’action municipale, à la construction du budget et au contrôle de son exécution.
En même temps, l’engagement citoyen ne faiblit pas dans les assemblées, comités, collectifs ou conseils d’habitants qui travaillent dans plusieurs quartiers.

Roger Dubien.
conseiller municipal, Réseaux citoyens de St-Etienne.




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