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Lettre reçue d’un ami libanais
lundi 17 juillet 2006


Bonjour à toutes et à tous,

Beaucoup d’entre vous m’ont exprimé leur sympathie suite à l’offensive israélienne contre le Liban et je les en remercie du fond du coeur.

Quelques uns m’ont demandé de donner mon analyse de la situation ; j’avoue que j’ai du mal à me détacher de l’événement car je reste extrêmement inquiet pour ma famille (mes frères et leurs familles, mes cousins et cousines dont certains sont venus du Canada...) car les bombardements touchent tout le pays.

Pour les ami(e)s qui ont participé au voyage du printemps, le beau Liban qu’ils ont vu n’est plus.

Certains se sont inquiétés des nouvelles de ma mère ; qu’ils en soient rassurés : elle va bien et je viens de l’appeler ; comme moi elle est inquiète pour mon frère et sa famille injoignables depuis hier car leur quartier, situé pourtant dans la Békaa à côté de Zahlé et loin de toute cible « stratégique » ou « terroriste » a été touché.

Ma mère est partie le 11 juillet. Heureusement car l’aéroport a été bombardé la première fois dans la nuit du 12 au 13 (il est bombardé depuis 2h00 du matin aujourd’hui et les flammes ne sont pas encore éteintes car les pompiers ne parviennent pas à circuler entre la ville et le lieu de l’incendie). Elle a pu ensuite se rendre au village le 12 juillet ; heureusement aussi car la route internationale Beyrouth Damas n’est plus praticable ; elle est coupée à plusieurs endroits par les bombardements ; juste devant l’hôtel Massabki de Chtaura (où nous avons passé une nuit pendant notre voyage), ils ont creusé à l’aide de leurs missiles un gros cratère empêchant la circulation et l’hôtel a été partiellement endommagé. A Mdeirij, les bombardements aériens ont détruit partiellement le grand viaduc situé après le col de Dahr el Baydar dans le sens Békaa Beyrouth, (lorsque nous sommes passés là bas au printemps, le brouillard remplissait la vallée de Lamartine et nous n’avons pas pu voir le paysage). Deux autres ponts sur cette route ont également été détruits ainsi que tous les pont reliant l’aéroport à la ville. Ces ouvrages d’art ont nécessité des mois et des mois de travaux et beaucoup d’argent. Ils étaient la fierté d’un pays qui a su se relever après des années de guerre civile et d’occupations diverses.

Sur l’autoroute Tyr Beyrouth, aucun pont ne tient ; tous ont été bombardés et dans toute la région du sud, même les petits ponts reliant des villages ont été touchés. La folie destructrice des ponts s’est étendue à la Békaa et des dizaines de ces ouvrages ne sont plus que ruines, empêchant les gens de se rendre d’un lieu à un autre et empêchant les commerçants de s’approvisionner. Les produits agricoles pourrissent sur place faute de pouvoir les acheminer vers les marchés.

Je me souviens de l’attaque de l’armée israélienne sur le Liban en 1996 baptisée raisins de la colère ; à l’époque les artilleurs de Tsahal ont détruit systématiquement 10 000 maisons dans les villages du Sud. Cette fois ci ils s’en prennent aux ponts ; je n’ai jamais compris pourquoi ce déchaînement de violence, à moins que ce soit pour assouvir un sentiment situé très bas dans l’échelle de l’humanité : la vengeance.

L’usine thermoélectrique de Jiyé située à gauche de l’autoroute dans le sens Sud Beyrouth a été bombardée et ses réservoirs de carburants ont brûlé ; les transformateurs alimentant des centaines de villes et de villages l’ont été à leur tour. Les réservoirs d’eau de la ville de Saïda aussi ; les antennes de téléphonies portables sont également visées par l’armée d’Israël, les silos à blé du port de Beyrouth, les stations service, un Luna Parc... En ce moment, à 7h30, les réservoirs de carburant du Liban situés au port de Dora (vers le quartier arménien de Borj Hammoud) sont en flamme. Un général de Tsahal a déclaré le premier jour qu’Israël voulait faire revenir le Liban 50 ans en arrière.

Voilà en fait l’objectif et il ne s’agit nullement de détruire le Hezbollah, ce qui a fait dire au Président Chirac en ouverture de l’interview du 14 juillet : on dirait qu‚il y a une volonté de détruire le Liban.

Car comment comprendre ce déchaînement contre le pays chrétien (Jounieh, Batroun, entrée de Zahlé, le Kesrouan) où il n’y a ni Hezbollah, ni Chiite à des kilomètres à la ronde.

Dans le jargon de la guerre, on appelle cela du Blitzkrieg, la politique de la Terre Brûlée.

La violence de la vengeance se déchaîne surtout contre les civils. Au jour d’aujourd’hui, 150 civils libanais ont été tués ; la plupart dans leurs maisons ou dans leur véhicule. Hier, l’immeuble de la défense civile (pompiers, réputés intouchables d’après les conventions internationales) de Tyr a été détruit. Les habitants du quartier s’y étaient réfugiés croyant à son immunité ; bilan 23 morts. Le jour même 15 morts dans leur maison entre Abba et Jibchit. Huit morts canadiens et 6 grièvement blessés à Aitaroun ; le premier ministre canadien déclarait le 13 juillet que la réaction israélienne était raisonnable.

Avant-hier, un autre carnage a eu lieu à Marwahin ; les habitant de ce village du Sud, situé en plein zone Finul (force des nations unies pour le Liban) ont été sommés de quitter leur village par les hauts parleurs de l’armée israélienne. Ils ont essayé de trouver refuge auprès du contingent français qui a refusé de les accueillir (rappelez vous du massacre de Cana en 1996 au sein du campement de la Finul) ; ils ont essayé de rejoindre le campement du contingent fidjien mais sans succès. Ils ont ensuite suivi la route vers le Nord et c’est là que les hélicoptères de Tsahal ont bombardé le convoi tuant 23 personnes dont neufs enfants. J’ai les images des corps des enfants déchiquetés ; ce n’est pas à l’honneur d’un pays civilisé.

Le nombre de morts côté libanais jusqu’à hier soir avoisine les 160 dont un seul combattant du Hezbollah et dix militaires de l’armée libanaise qui n’étaient pas en situation de combat (ils avaient leur position sur le pont d’Awali au nord de Sidon ou bien ils étaient à leur poste à Tripoli, tout au nord, à la frontière syrienne) les blessés sont au nombre de 500.

Les télés en France montrent 5% environ des destructions occasionnées par la folie de l’armée israélienne ; elles mentent en présentant les attaques israéliennes comme des répliques à des bombardements du Hezbollah sur les villes israéliennes. Les règles de la guerre sont très bien respectées par le mouvement libanais qui attaque prioritairement les cibles militaires israéliennes et ne bombarde les villes qu’en réplique aux bombardements israéliens ; les chiffres des pertes sont là pour en témoigner : jusqu’à hier, les informations font état côté israélien de 14 soldats tués, 12 civils tués et 100 civils blessés.

L’armée israélienne pratique la politique de toute armée d’occupation : la vengeance sur les civils à défauts de toucher les combattants. On peut appeler cela une provocation de la part des résistants ; on peut aller jusqu’à les désigner de terroristes mais pour autant est ce que cela donne le droit à Israël d’agir de la sorte ? Dans tous les cas de figure, cela engendre, depuis toujours, des Oradour Sur Glane quelque soit le pays et quelque soit l’armée d’occupation.




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