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Témoignages des familles Roms expulsées du terrain du Clapier à Saint-Etienne.
De nouvelles initiatives sont engagées par les familles et le réseau de solidarité
mercredi 9 août 2006


On peut lire sur le site internet du Portail pour l’accès aux droits sociaux : www.droits-sociaux.fr des témoignages des familles Roms expulsées le matin du 25 juillet du terrain situé derrière la gare du Clapier à Saint Etienne. "Expulsées sans aucune solution de relogement."

rédaction des textes-témoignages au squat de lutte du 21, rue Béraud.

"Les témoignages ont été écrits par les Roms eux-mêmes, d’abord en roumain, puis traduits ensuite en français", explique Jean Chabannes. "Ils parlent de la violence de l’expulsion, du choc qu’elles ont subi, des biens qu’elles ont perdus, de l’humiliation subie.
Ces familles y parlent aussi des raisons qui les poussent à fuir la Roumanie, de leurs espoirs de pouvoir construire ou reconstruire une vie digne avec leurs familles, de leurs projets."

Le témoignage d’Ilie ENACHE ARON

"J’ai 29 ans. Ma famille est ici en France et j’ai un enfant de cinq ans. Au cours du mois de juin il y a eu plusieurs inondations en Roumanie et moi, j’habitais dans une petite maison ancienne, jusqu’à ce que l’inondation la fasse écrouler, et alors je suis resté sans rien du tout. C’est pourquoi je suis venu en France, pour faire quelques économies pour reconstruire ma vie et ma maison en Roumanie. Je suis arrivé en France le 3 Juillet 2006 et jusqu’au 25 juillet j’ai habité sous une tente ; avant cette date, j’ai construit une petite maison et pour ça j’ai travaillé deux jours avec ma famille, en pleine canicule.
Le matin du 25 juillet, vers les 6h- 6h 30, je me suis levé, car dehors il y avait un grand bruit devant ma porte et dans tout le quartier. On a frappé à ma porte : “ouvrez la porte, c’est la police”. J’étais angoissé, toute ma famille aussi, quand nous avons vu tous ces policiers. Devant ma porte, il y avait trois policiers, et à 20 mètres à peu près, une rangée de policiers pour bloquer la sortie. Ceux qui étaient devant ma porte m’ont dit de me préparer et de quitter ce lieu. Ils m’ont demandé mes papiers. Je prends immédiatement quelques vêtements pour nous et les papiers, et je suis parti. J’ai laissé tout ce que j’avais, tandis que la police me disait “dépêchez-vous, allez...”
J’ai laissé mon travail de deux jours (ma maison), les vêtements, la vaisselle, les ustensiles de cuisine. La police, avec une tractopelle a détruit en une minute tout ce travail de deux jours avec ma famille, sous la canicule, tandis que mon enfant ne pouvait pas manger parce que je n’avais pas le temps de m’occuper de lui : je travaillais pour finir vite la maison.
Et maintenant, je reste sans maison (ni en Roumanie, ni en France), à cause de la force de l’autorité publique.
Nous avons été traités comme des animaux.
52 personnes, des familles, des enfants en bas âge, des personnes handicapées : nous avons tous été forcés de quitter la place dans les cinq minutes, entourés d’un nombre impressionnant de policiers, de voitures, comme des malfaiteurs. Pourtant, c’était possible de nous traiter humainement : nous ne sommes pas des animaux. C’est inadmissible dans un pays civilisé comme la France de n’avoir que cinq minutes pour s’habiller, prendre tout ce qu’on peut et quitter le lieu où l’on habite.
Je suis venu ici pour tenter de reconstruire ma vie, parce que là-bas il y a beaucoup de pauvreté, de chômage et je n’avais aucune chance de refaire ma vie.
Mardi matin, nous nous sommes installés devant la Mairie jusqu’à 20-21h, puis nous sommes allés sur la place Jean-Jaurès, dans le kiosque à musique où nous sommes restés deux nuits et trois jours, sans manger, sans eau, sans sanitaire, sous la canicule, jusqu’à jeudi soir, où nous avons décidé avec plusieurs associations, d’occuper le local d’EDF, parce qu’il était libre, où nous sommes jusqu’au moment présent. La police est revenue immédiatement, sous le motif d’un contrôle d’identité, mais nos amis français ne les ont pas laissés entrer, en disant que ce sont les mêmes personnes qui ont déjà été identifiées au Clapier. Et finalement, les forces de l’ordre sont reparties.
Nous voulons témoigner de notre expulsion, de ce qui s’est passé sur la “place du Clapier”. Nous sommes de nombreuses familles, des enfants en bas âge, des personnes handicapées, avec des papiers en règle, qui ont besoin d’un lieu stable, sans expulsion, sans la police : nous avons droit à un minimum pour vivre, comme chaque humain : nous vivons dans une société démocratique, et nous avons des droits comme tous les hommes : si nous n’avons de droits ni en Roumanie, ni en France parce que nous sommes tziganes, “alors où ?”.

Aron Ilié Enache témoigne devant les caméras de France 3 - 26 juillet 2006 - - 109.6 ko
Aron Ilié Enache témoigne devant les caméras de France 3 - 26 juillet 2006 -

Lire les autres témoignages sur www.droits-sociaux.fr

Le syndicat CGT d’EDF s’adresse au Maire de St-Etienne et au Préfet de la Loire.

La lettre au Maire

Le 07 août 2006.
Monsieur le Maire de St Etienne

Nous nous permettons de vous interpeller sur la situation des familles " Roms " actuellement installées dans des locaux désaffectés de notre entreprise 21 rue Béraud a St Etienne suite à leur expulsion du terrain de la gare du clapier.

En effet ces locaux permettent de palier l’état d’urgence car ils possèdent des sanitaires et des douches, mais il n’est pas imaginable qu’ils puissent accueillir ces familles très longtemps ce ne sont pas des logements.

Nous pensons qu’il faut régler rapidement ce problème d’hébergement car, il a y des enfants, des personnes malades. Depuis plus de deux ans et demi elles sont déménagées sans arrêt avec toutes les perturbations psychologiques que cela entraîne surtout pour les enfants qui ne peuvent être scolarisés.

Nous pensons qu’il est urgent de réunir les différentes institutions Préfecture, Mairies, Métropole Habitat, HLM, Services Sociaux, Associations et représentants des familles pour trouver une solution durable.

Restant à votre disposition pour tout renseignement, recevez, Monsieur le Maire nos salutations distinguées.

Un Secrétaire du Syndicat CGT d’EGS Loire
Luc CHANAL

Une lettre semblable a été adressée au Préfet.

La Préfecture fait la sourde oreille

Georges Günther a eu pour le DAL un nouveau contact avec le cabinet du Préfet.
Pour le moment, La Préfecture continue à faire la sourde oreille, pas question de discuter du relogement des Roms, et donc refus de recevoir les associations de solidarité. La Préfecture considère que les Roms on un titre de séjour touristique de trois mois, et repartent régulièrement en Roumanie pour qu’il soit renouvelé. Et que la majorité d’entre eux ont fait une demande d’asile qui a été rejeté. Les personnes sont donc des visiteurs, et l’Etat n’a pas à loger des visiteurs. Ce sont des gens qui devraient être dans des aires d’accueil des communes pour les « gens du voyage ».

En réalité cette position est très hypocrite. Car la solution indiquée est tout simplement impossible, et la Préfecture est bien placée pour le savoir.
il y a deux aires d’accueil pour les gens du voyage dans la Loire (sur la vingtaine qui auraient du être faites au 15 septembre 2005 (échéance repoussée au 15 septembre 2007). Celle de La Talaudière (près de St-Etienne) est pleine de sédentaires et celle de Roche la Molière, qui a ouvert en juin, est fermée en août et fermera chaque année en août. Elle n’a une quinzaine de places qui seront vite prises à la rentrée.
Donc, il n’y a pas de place dans les aires d’accueil de la Loire à l’heure actuelle.
Sans parler du fait qu’en réalité les Roms sont des réfugiés, et non des touristes. Autre chose étant - les choses étant ce qu’elles sont - qu’ils essaient de se débrouiller avec des visas touristiques renouvelables.
Il faut savoir aussi que la réunion annuelle (dans certains départements, il y en a trois par an) pour la mise place du schéma départemental des aires d’accueil n’a pas eu lieu en juin (la dernière date de juin 2005) et aura peut-être lieu à la rentrée.
Si le Préfet la convoque...

De nouvelles initiatives

Voici les initiatives engagées par les familles Roms et le réseau de solidarité qui s’est mis en place :

-  Mise en place d’un groupe de travail sur le relogement des familles Roms et leurs conditions de vie ici.
Devant le refus des institutions (préfecture et mairie) d’accepter de discuter du relogement des familles, il s’agit de travailler à dégager des solutions concrètes de relogement, de recueillir des renseignements détaillés sur la façon dont quelques maires ont commencé à procéder, de prendre en compte les situations précises et diverses des familles (familles avec enfants pour lesquelles il y a urgence pour l’inscription à l’école à la prochaine rentrée, personnes malades ou handicapées dont certaines ont des titres de séjour, familles avec un titre « touristique » de 3 mois... Les solutions et les urgences sont sans doute différentes suivant la situation des familles), de réfléchir à des initiatives pour continuer à exiger le relogement. La question du logement est aussi en partie liée à la question du revenu, donc du travail.
Ce groupe de travail est ouvert à toutes et tous (militants d’associations, travailleurs sociaux, personnes qui se sentent concernées, élus, employés des services publics ou parapublics, ...).
La première réunion aura lieu ce jeudi 10 août à 19h au 21 rue Béraud.

-  Un groupe de travail s’est aussi mis en place sur le dépôt de plaintes pour la destruction des caravanes et des biens des familles. Une dizaine de familles ont donné leur identité pour le dépot plainte. Le DAL national est d’accord aussi pour déposer plainte en pénal avec constitution de partie civile.

-  Une soirée avec repas et musique aura lieu le samedi 23 septembre à 19h, au 21 rue Beraud.
Projection de deux films court métrage de Marie Pierre Vincent et de Cyril Delacour, et du film « Les Roms, la mémoire retrouvée » (documentaire de 57 minutes, coproduit par la Cimade), débat , repas et petit concert.

-  Une conférence-débat régionale, avec une personne de l’Observatoire Social Européen, est en cours de préparation. Elle aura lieu au 21 rue Béraud. Seront invités les réseaux de solidarité avec les Roms de la Région Rhône Alpes.

-  Une action aura lieu au conseil municipal de rentrée, lundi 4 septembre.

-  Des tracts d’information aux habitants sont disponibles. Plusieurs centaines sont en cours de distribution dans les quartiers de Bellevue et Centre 2. Une distribution est prévue sur le marché de Bellevue pour ce jeudi 10 août à 10h 30.

-  Une réunion de concertation a lieu au 21 rue Béraud tous les lundi à 19h .

Contacts :
-  Jean Chabannes : jean.chabannes@wanadoo.fr
-  Georges Gunther - DAL : 06 83 28 82 17 ;
-  Anna Pidoux - Comité de soutien aux Roms : 06 33 51 55 51
-  Marie-Pierre Vincent - Tous les chemins mènent aux Roms : 06 87 50 84 42




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