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La résolution 1701 de l’ONU - La position du Hezbollah - le point de vue d’une enseignante de Beyrouth
mercredi 16 août 2006


La résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU

Voici une traduction non officielle du texte de la résolution 1701 publiée par le journal Libanais de Beyrouth l’Orient Le Jour
Les préliminaires ne sont pas traduits. A noter que dans leur paragraphe 2, ils font porter au Hezbollah la responsabilité du déclenchement de cette guerre ! ("Expressing its utmost concern at the continuing escalation of hostilities in Lebanon and in Israel since Hezbollah’s attack on Israel on 12 July 2006, which has already caused hundreds of deaths and injuries on both sides, extensive damage to civilian infrastructure and hundreds of thousands of internally displaced persons").

"Le Conseil de sécurité...
Considérant que la situation au Liban constitue une menace à la paix et à la sécurité internationales,

1. lance un appel en faveur d’une cessation totale des hostilités fondée, en particulier, sur la cessation immédiate par le Hezbollah de toutes les attaques et la cessation immédiate par Israël de toutes les offensives militaires ;

2. dès la cessation totale des hostilités, demande au gouvernement libanais et à la FINUL (Force intérimaire des Nations unies au Liban), comme elle y est autorisée par le paragraphe 11, de déployer leurs forces ensemble dans tout le Sud, et demande au gouvernement israélien, alors que ce déploiement commence, de retirer en parallèle toutes ses forces du Liban-Sud ;

3. souligne qu’il importe que le gouvernement libanais étende son autorité à l’ensemble du territoire libanais, conformément aux dispositions des résolutions 1559 (2004) et 1680 (2006), et aux dispositions pertinentes des accords de Taëf, afin d’y exercer intégralement sa souveraineté, de sorte qu’aucune arme ne s’y trouve sans le consentement du gouvernement libanais et qu’aucune autorité ne s’y exerce autre que celle du gouvernement libanais ;

4. réaffirme son ferme appui en faveur du strict respect de la ligne bleue ;

5. réaffirme également son ferme attachement, comme il l’a rappelé dans toutes ses résolutions précédentes sur la question, à l’intégrité territoriale, à la souveraineté et à l’indépendance politique du Liban à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues, comme prévu dans l’accord général d’armistice israélo-libanais du 23 mars 1949 ;

6. demande à la communauté internationale de prendre des mesures immédiates pour prêter son concours financier et humanitaire au peuple libanais, notamment en facilitant le retour en toute sécurité des personnes déplacées et en rouvrant les aéroports et les ports sous l’autorité du gouvernement libanais, conformément aux paragraphes 14 et 15, et lui demande également de fournir dans l’avenir une aide à la reconstruction et au développement du Liban ;

7. affirme que toutes les parties sont tenues de veiller à ce que ne soit menée aucune action, contraire au paragraphe 1, qui pourrait être préjudiciable à la recherche d’une solution à long terme, à l’accès de l’aide humanitaire aux populations civiles, notamment au passage en toute sécurité des convois humanitaires, au retour volontaire et dans la sécurité des personnes déplacées, et demande à toutes les parties de s’acquitter de cette responsabilité et de coopérer avec le Conseil de sécurité ;

8. lance un appel à Israël et au Liban pour qu’ils appuient un cessez-le-feu permanent et une solution à long terme fondés sur les principes et éléments suivants :
-  strict respect par les deux parties de la ligne bleue ;
-  adoption d’un dispositif de sécurité qui empêche la reprise des hostilités, notamment l’établissement, entre la ligne bleue et le (fleuve) Litani, d’une zone d’exclusion de tout personnel armé, de biens et d’armes autres que ceux déployés dans la zone par le gouvernement libanais et les forces de la Finul, autorisés en vertu du paragraphe 11 ;
-  application intégrale des dispositions pertinentes des accords de Taëf et des résolutions 1559 (2004) et 1680 (2006) qui exigent le désarmement de tous les groupes armés au Liban, afin que, conformément à la décision du gouvernement libanais du 27 juillet 2006, seul l’État libanais soit autorisé à détenir des armes et à exercer son autorité au Liban ;
-  exclusion de toute force étrangère au Liban sans le consentement du gouvernement libanais ;
-  exclusion de toute vente ou fourniture d’armes et de matériels connexes au Liban, sauf celles autorisées par le gouvernement libanais ;
-  communication à l’ONU des cartes des mines terrestres posées au Liban encore en la possession d’Israël ;

9. invite le secrétaire général (Kofi Annan) à appuyer les efforts visant à obtenir dès que possible des accords de principe de la part du gouvernement libanais et du gouvernement israélien concernant les principes et éléments en vue d’une solution à long terme, tels qu’énoncés au paragraphe 8, et exprime son intention de rester activement engagé ;

10. prie le secrétaire général de mettre au point, en liaison avec les acteurs internationaux-clefs et les parties intéressées, des propositions pour mettre en œuvre les dispositions pertinentes des accords de Taëf et des résolutions 1559 (2004) et 1680 (2006), notamment de celles relatives au désarmement, et pour délimiter les frontières internationales du Liban, en particulier dans les zones où la frontière est contestée ou incertaine, y compris en s’occupant de la question des fermes de Chebaa, et de les lui présenter dans les 30 jours ;

11. décide, en vue de compléter et de renforcer les effectifs, le matériel, le mandat et le champ d’opérations de la Finul, d’autoriser un accroissement des effectifs de celle-ci pour les porter à un maximum de 15 000 hommes, et décide que la Force devra, en sus de l’exécution de son mandat au titre des résolutions 425 et 426 (1978) :
a. contrôler la cessation des hostilités ;
b. accompagner et appuyer les forces armées libanaises à mesure de leur déploiement dans tout le Sud, y compris le long de la ligne bleue, pendant qu’Israël retire ses forces armées du Liban comme il est prévu au paragraphe 2 ;
c. coordonner ses activités relatives à l’exécution du paragraphe 11 b) avec les gouvernements libanais et israélien ;
d. fournir son assistance pour aider à assurer un accès humanitaire aux populations civiles et le retour volontaire des personnes déplacées dans des conditions de sécurité ;
e. aider les forces armées libanaises à prendre des mesures en vue de l’établissement de la zone mentionnée au paragraphe 8 ;
f. aider, sur sa demande, le gouvernement libanais à donner effet au paragraphe 14 ;

12. agissant à l’appui d’une demande du gouvernement libanais tendant à ce qu’une force internationale soit déployée pour l’aider à exercer son autorité sur l’ensemble du territoire, autorise la Finul à prendre toutes les mesures nécessaires dans les secteurs où ses forces sont déployées et, quand elle le juge possible dans les limites de ses capacités, de veiller à ce que son théâtre d’opérations ne soit pas utilisé pour des activités hostiles de quelque nature que ce soit, de résister aux tentatives visant à l’empêcher par la force de s’acquitter de ses obligations dans le cadre du mandat que lui a confié le Conseil de sécurité, et de protéger le personnel, les locaux, les installations et le matériel des Nations unies, d’assurer la sécurité et la liberté de mouvement du personnel des Nations unies et des travailleurs humanitaires, et, sans préjudice de la responsabilité du gouvernement libanais, de protéger les civils exposés à une menace imminente de violences physiques ;

13. prie le secrétaire général de mettre d’urgence en place des mesures de nature à garantir que la Finul est à même de s’acquitter des fonctions envisagées dans la présente résolution, exhorte les États membres à envisager d’apporter des contributions appropriées à la Finul et de répondre de manière positive aux demandes d’assistance de la Force, et exprime sa vive gratitude à ceux d’entre eux qui ont contribué à la Finul par le passé ;

14. demande au gouvernement libanais de sécuriser ses frontières et les autres points d’entrée de manière à empêcher l’entrée au Liban sans son consentement d’armes ou de matériel connexe et prie la Finul, comme elle y est autorisée au paragraphe 11, de prêter assistance au gouvernement libanais sur sa demande ;

15. décide en outre que tous les États devront prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher, de la part de leurs ressortissants ou à partir de leurs territoires ou au moyen de navires de leur pavillon ou d’aéronefs de leur nationalité :
a) la vente ou la fourniture à toute entité ou tout individu situés au Liban d’armes et de matériel connexe de tous types, y compris les armes et leurs munitions, les véhicules et le matériel militaires, le matériel paramilitaire et leurs pièces de rechange, que ce matériel provienne ou non de leur territoire ;
b) la fourniture à toute entité ou tout individu situés au Liban de toute formation ou moyen techniques liés à la fourniture, à la fabrication, à l’entretien ou à l’utilisation des matériels énumérés au paragraphe a) ci-dessus, étant entendu que ces interdictions ne s’appliqueront pas aux armes, au matériel connexe, aux activités de formation ou à l’assistance autorisés par le gouvernement libanais ou par la Finul, comme elle y est autorisée au paragraphe 11 ;

16. décide de proroger le mandat de la Finul jusqu’au 31 août 2007, et exprime son intention d’envisager dans une résolution ultérieure un nouveau renforcement de son mandat et d’autres mesures visant à contribuer à la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent et d’une solution à long terme ;

17. prie le secrétaire général de lui rendre compte dans une semaine au plus tard, puis à intervalles réguliers, de l’application de la présente résolution ;

18. souligne qu’il importe et qu’il est nécessaire d’instaurer une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, sur la base de toutes ses résolutions pertinentes, y compris ses résolutions 242 (1967) du 22 novembre 1967, 338 (1973) du 22 octobre 1973 et 1515 (2003) du 19 novembre 2003 ;

19. Décide de rester activement saisi de la question."

Bref rappel sur des résolutions de l’ONU concernant la Palestine et le Liban...

-  La 242 (de 1967) proclame le principe de "la paix contre la terre" : "retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés lors du récent conflit", "respect et reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque État de la région et leur droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues à l’abri de menaces ou d’actes de force". L’ONU affirme "l’inadmissibilité de l’acquisition de territoire par la guerre", (territoires - principalement palestiniens - conquis par Israël lors de la guerre de juin 1967, notamment la Cisjordanie, la Bande de Gaza et Jérusalem-Est).
Par la suite Israël a prétendu que le texte anglais parlant d’un retrait "from territories" et non de "from THE territories", et donc qu’Israël doit se retirer "de territoires", mais pas "des territoires" occupés, pas de tous ! !
-  La 338 (de 1973) réaffirme la valeur de la résolution 242, et demande de "commencer immédiatement" à l’appliquer. On attend encore.
-  La 1515 (2003) concerne la "feuille de route" (de déroute disent les palestiniens).

La résolution de l’ONU oublie la résolution 194, de 1948, qui concerne pourtant directement le Liban. Elle affirmait que tout Palestinien chassé de Palestine en 1948 (800 000 expulsés) a droit au retour (dans ce qui est aujourd’hui Israël) ou à être indemnisé dans le cas où il ne voudrait pas exercer son droit. Or il y a aujourd’hui 400 000 personnes qui survivent dans les camps de réfugiés Palestiniens au Liban, 58 ans après ! !

Résolution de l’ONU : la position du Hezbollah

Voici une traduction du discours de Sayyid Hassan Nasrullah, le 12 août 2006. Le Hezbollah a été solidaire du gouvernement libanais pour accepter la résolution de l’ONU, malgré d’importantes réserves quant à son contenu.
A noter que cette déclaration a été faite au moment ou Israël lançait sa grande offensive terrestre, quelques heures après le vote de la résolution 1701 de l’ONU appelant à la cessation des hostilités.

La résolution de l’ONU est injuste et inique
Nous devons rester prudents et éveillés : l’ennemi n’a pas lâché le Liban

"Au nom de Dieu le Clément le Miséricordieux, Paix et miséricorde de Dieu sur vous, Après le salut et l’invocation pour nos combattants héroïques, à notre peuple fier et résistant, à tout ami, à tout sincère,

Je voudrai m’adresser à vous, et mon discours concerne principalement la résolution internationale qui a été adoptée cette nuit et le commentaire de cette résolution et comment définir nos actions au cours des jours prochains. et quels sont nos commentaires politiques sur cette résolution et comment nous la considérons globalement. Au début, je voudrais confirmer que sans la ténacité de nos résistants héroïques et courageux, de notre peuple courageux et magnifique, des forces politiques libanaises, de l’Etat avec ses différentes institutions, civiles et militaires, soit en un mot, sans la résistance du Liban, nous serions aujourd’hui dans une situation très mauvaise, l’ennemi aurait imposé ses conditions politiques et militaires et aurait conduit le Liban vers une nouvelle situation pire que celle de l’accord du 17 mai.

Si nous prenons en compte les buts déclarés et non déclarés, et les buts déclarés par l’administration américaine à cette guerre sur le Liban, nous sommes aujourd’hui devant les résultats naturels, raisonnables et possibles à notre résistance exprimée par les Libanais dans les différentes positions.

Concernant la résolution et comment nous comporter avec cette décision. Je voudrai affirmer au début la méthode que va adopter la résistance dans les jours prochains. D’abord, en cas d’accord sur le moment précis de l’arrêt de ce qui a été nommé "actions militaires", ou les actes d’agression - qu’ils appellent cela comme ils le veulent - lorsque cela arrivera, avec les efforts du secrétaire général de l’ONU et en coordination avec le Liban et le gouvernement de l’ennemi, à tout moment où il sera proclamé l’arrêt des opérations militaires, la résistance s’y engagera, sans hésitation.

Mais dans ce cadre, avant cette déclaration ou après cette déclaration, je confirme que 1 ) la résistance est une réaction, et de ce fait, quand les opérations agressives israéliennes s’arrêteront, les réactions qu’expriment la résistance s’arrêteront naturellement. 2 ) Tout ce qui peut aider à faciliter le retour des déplacés et de notre peuple à leurs villages et leurs maisons, et tout ce qui peut aider à faciliter les aides humanitaires et de secours, nous serons totalement prêts et apporterons la meilleure coopération, au cours de la période intermédiaire. 3 ) Nous avons dans le passé, du fait de notre position politique et notre présence dans le gouvernement libanais, nous avons dit que nous sommes d’accord sur le déploiement de l’armée et de l’UNIFIL. C’est notre position, et nous la respecterons et lorsque sera décidé le déploiement de l’armée et de l’UNIFIL, la résistance lui accordera toute la coopération et lui facilitera la tâche. 4 ) Tant qu’ils parlent de l’arrêt des opérations militaires, l’ennemi considère, comme l’ont exprimé certains de leurs dirigeants, qu’il peut poursuivre ses avancées terrestres, et qu’il considère cela comme une autodéfense, dans le but de réaliser certaines avancées militaires sur le terrain.

Dans ce cadre, tant qu’il y a des avancées armées israéliennes sur le terrain, tant qu’il y a des soldats israéliens qui occupent notre terre, il est de notre droit naturel de les affronter, de les combattre, de défendre notre terre et nous protéger, et de ce fait, tant que l’Israélien pratique une occupation et une agression, la résistance est un droit naturel pour nous et pour tout le peuple libanais et nous pratiquerons cette résistance de la manière que nous considérons utile et efficace.

Dans ce cadre, et comme cela a été dit dans les discours lors du vote de la résolution internationale, qui ont affirmé que l’entente d’avril sera le premier arbitre dans des affrontements sur le terrain de ce genre, je confirme tout naturellement notre respect de l’entente d’avril et je demande à l’ennemi de la respecter (l’entente d’avril fut un accord, quelques années avant 2000, parrainé par l’ONU et notamment la France, lors de la guerre de libération du sud-Liban, entre Israël et la résistance, de ne pas frapper les civils).

Ceci concerne le côté pratique au cours des jours prochains.

Mais le problème essentiel dans cette résolution est qu’elle n’annonce pas un cessez-le-feu global ni un retrait israélien, mais parle plutôt d’arrêter "les opérations militaires". Il y aura probablement des versions de ce que signifient les "opérations militaires". En tout cas, l’essentiel est de ne pas nous tromper, ni au niveau du gouvernement, ni au niveau de la résistance, du peuple libanais, du Liban, de s’imaginer ou de nous comporter comme si la guerre était finie, au moment où le conseil de sécurité a pris cette résolution.

La preuve, c’est que l’agression se poursuit. Aujourd’hui, il y a eu des tentatives d’avancer sur plus d’un axe, des troupes héliportées sur plus d’un lieu, des bombardements nombreux, des tueries. Aujourd’hui, rien n’a changé et il semble que demain, rien ne changera. Il semble que l’administration américaine qui a donné les délais ininterrompus aux Israéliens pour qu’ils réalisent de s avancées sur le terrain puisque le conseil de sécurité ne s’est pas réuni sauf après un mois de la guerre contre le Liban, il y a là aussi une insistance pour qu’il n’y ait pas un cessez-le-feu global.

Ainsi, le samedi, l’ennemi est en congé, puis le dimanche, le gouvernement de l’ennemi se réunit et le lundi, il y aura coordination, et même après la proclamation de l’arrêt des opérations militaires, il y aura des jours devant l’ennemi prenant prétexte qu’il ne cessera pas ses opérations avant que l’armée libanaise et l’UNIFIL ne se déploient pour le retrait de l’ennemi.

Ce mécanisme, cette façon d’agir, donne à l’ennemi sioniste plusieurs jours, au moins, pour poursuivre son agression de diverses façons.

Pour nous, nous devons être tous éveillés, au Liban, qu’on ne se comporte pas sur la base que la guerre est finie, où le Liban, l’Etat du Liban, le peuple du Liban, l’armée et en premier lieu, la résistance, seraient pris à l’improviste, comme si l’ennemi avait le droit, à la fin de la guerre, de tuer, de détruire, de faire ses incursions, de faire tous les actes qu’il s’autorise, tant que la guerre va bientôt s’arrêter.

Il s’agit d’un grand piège dans lequel nous ne devons pas entrer. Pour cela, la résistance jusqu’à aujourd’hui continue à mener des batailles héroïques et continuera à mener ces batailles héroïques, poursuivant l’accomplissement de sa tâche nationale, combative et croyante, humaine et morale pour faire face à l’ennemi sauvage, barbare, dont les appétits et les agressions sont illimités. Ceci en ce qui concerne la manière dont nous agirons dans les jours prochains.

En ce qui concerne la résolution, nous ne voulons pas faire une appréciation générale de cette résolution ni dans quelle limite il intégre le programme libanais, ou les sept points qui ont fait l’unanimité des Libanais, dans quelle limite elle est proche de ces points ou qu’elle influence dans le traitement de ces points. Je pense que la situation a dépassé ce genre d’estimations et de discussions.

Mais en paroles succintes et claires, je voudrai dire ceci : nous considérons certains aspects de cette résolution injustes et iniques, lorsqu’elle fait porter la responsabilité à la résistance qui a commis une opération militaire limitée, malgré les mensonges entendus hier, dans la séance du conseil de sécurité, de la part des délégués américain et israélien, car ce qui s’est réellement passé, c’est la capture des soldats et puis c’est tout, mais ce sont les Israéliens qui ont visé les ponts, les quartiers, la banlieue, qui ont bombardé, c’est-à-dire qu’ils ont commencé par la fin, ils ont agressé les civils, et c’est ensuite que nous avons bombardé les colonies en Palestine occupée.

Les paroles répétées par les responsables américains et israéliens, et même à notre regret, par des responsables aux Nations-Unies, présentant l’affaire comme quoi le Hezbollah a capturé deux soldats israéliens et a commencé à bombarder par des milliers de roquettes sur le nord d’Israël, ceci n’est pas vrai, c’est un mensonge, une contrevérité, c’est évident.

Que la résistance soit dénoncée pour une opération militaire limitée, à cause des conséquences, mais en même temps, sans que Israël ne soit dénoncé, ne soit tout simplement cité pour son agression, aucun de ses massacres horribles, aucune de ses agressions, ses tueries de plus de 1000 civils au Liban, ses massacres de femmes et d’enfants, à Qana, à Chiyah, à Qaa, Brital, à Aklar, Sarifa, les villages libanais où se sont déroulés des massacres sont innombrables, les destructions des infrastructures libanaises, les crimes de guerre qu’il a commis, rien n’a été cité de tout ceci, mais certains ont considéré que c’est un droit naturel pour Israël. C’est vraiment une résolution injuste et inique, certainement.

C’est un aspect sur lequel nous nous arrêtons pour des raisons morales, humaines et politiques.

Il y a d’autres articles sur lesquels nous avons des réserves, mais nous reportons la discussion à leur propos pour quelques jours, jusqu’à la mise effective du cessez-le-feu, car nous voulons en effet découvrir, ou plutôt voir apparaître les vraies intentions de l’ennemi sioniste, avec cette tactique qu’il a adoptée, avec les Etats-Unis, en répartissant cela en deux étapes, d’abord l’arrêt des opérations militaires et ensuite, le cessez-le-feu. Il y a des articles dans la résolution que nous considérons comme étant une question intérieure libanaise, qui doivent être discutés dans le cadre du gouvernement, dans le conseil du dialogue national, nous en tant que Libanais, en tant que forces politiques au Liban, sont impliquées dans leur discussion.

Nous présenterons notre position à travers le gouvernement libanais, dans le cadre de notre participation au gouvernement et des institutions nationales qui discutent ce genre de questions.

Cette position de principe et ces réserves seront exprimées par nos ministres au conseil des ministres qui se tiendra aujourd’hui, qui prendra une position officielle du gouvernement libanais. Bien évidemment, nous estimons tous les efforts qui ont été déployés sur les plans politiques et officiels et qui ont donné des résultats qui ont repoussé ce qui est le pire. Cela signifie qu’il y avait pire qui pouvait être inclus dans la résolution, les efforts politiques et diplomatiques ont aidé, mais aussi la résistance, et j’insiste sur ce point. C’est en s’appuyant sur la résistance historique et héroïque du peuple libanais qui a repoussé ce qui est le pire.

Aujourd’hui, le gouvernement libanais agit avec responsabilité, il peut agir en fonction des nécessités des responsabilités nationales, et nous ne serons aucune entrave à toute décision du gouvernement libanais, mais nos ministres exprimeront nos réserves sur la résolution, certains articles et quelques préambules de cette résolution que nous considérons injuste et inique. Au cours de la période prochaine, une grande responsabilité attend le gouvernement libanais, de l’Etat libanais en général, dans ses aspects sécuritaires, humanitaires, politiques.

Cela confirme, comme je l’ai déjà dit, que nous avons encore besoin de notre unité nationale, de notre solidarité, et même au cours de la période prochaine, lorsque la guerre sera achevée, je confirme la nécessité de cette solidarité et cette unité nationale, pour faire face aux nouvelles données, très prochaines, qui sont très importantes, très dangereuses et très sensibles. Quand l’ennemi israélien sentira, en dernier ressort, qu’il n’a pu réaliser ses buts, avoués ou non avoués, de cette guerre, il n’abandonnera pas le Liban, refusera de le laisser, il y a des dangers qui guettent et nous ne pouvons les affronter que dans la solidarité, la conscience, l’éveil, l’unité nationale qui se sont exprimés de diverses manières au cours des semaines passées et qu’il faut préserver au cours des prochaines étapes. Je ne ferai pas de bilan de la guerre et des conséquences de la guerre, plusieurs discussions peuvent être entamées dans les tribunes médiatiques ou politiques, car je considère que nous sommes toujours en état de guerre, notre but est toujours d’arrêter l’agression, le cessez-le-feu qui exprime la nature de l’agression israélienne, la reprise de notre terre, la mise en place de la sécurité et de la stabilité dans notre pays, le retour des réfugiés et des déplacés.

Nous ne voulons pas hâter les choses, nous appelons à ce que tous ressentent que nous sommes toujours dans une situation d’affrontement, que nous devons agir avec les mêmes sentiments et responsabilité comme nous l’avons fait jusqu’à présent.

A présent, l’effort politique se poursuit, le gouvernement libanais adoptera la position qu’il jugera appropriée, les efforts vont se poursuivre pour déterminer le moment de l’arrêt de ce qui a été appelé "opérations militaires", et nous verrons dans les jours prochains comment les choses vont se dérouler et comment l’ennemi va agir. Je l’ai dit, dans ce cadre, nous agirons avec réalisme, notamment sur le terrain, mais nous devons être tous très prudents et éveillés. L’ennemi poursuit ses opérations militaires, et notamment terrestres, l’armée israélienne a eu la main ouverte pour qu’elle bouge, et il semble que l’une des raisons véritables de la poursuite de la guerre pour quelques jours, surtout terrestre, est liée à des raisons internes, c’est-à-dire que l’armée israélienne, le gouvernement israélien.

Après que le cadre politique possible de la résolution internationale au Liban ait été défini, j’affirme qu’ils poursuivent la guerre pour des raisons internes, à cause de l’image de l’armée israélienne, pour essayer de présenter des réalisations quelconques, ou garder une image convenable, mais dans tous les cas, quelles que soient les raisons de la poursuite de la guerre, nous, dans la résistance, vos frères, vos fils, vos amis, qui ont tracé jusqu’à présent les épopées les plus magnifiques, les exemples du courage, de l’héroïsme et de la fierté, sur la terre du sud du Liban, poursuivent les combats, poursuivent leur affrontement.

Je pense que, quels que soient les pas envisagés par l’ennemi, essayant d’avancer dans telle ou telle région, essayant de contourner, essayant de faire d’importants efforts pour arriver au fleuve Litani, à n’importe quel point du fleuve Litani, pour dire à l’intérieur israélien et au monde qu’il est arrivé au fleuve Litani et pour dire qu’il occupe la région, dans tous les cas, quelle que soit l’image qu’il veut présenter en poursuivant son agression, je confirme que la résistance existe, qu’elle est ferme, forte, courageuse et qu’elle assène à l’ennemi des pertes et des pertes à ses officiers, ses soldats, ses chars, ses machines, ses navires, comme cela s’est passé hier, comme cela se passe aujourd’hui aussi, avec le massacre de chars qu’exécutent les combattants de la résistance islamique au Liban.

Ces combattants poursuivent l’action, nous sommes tous avec eux avec l’espoir d’un fin prochaine de cette guerre, à partir de laquelle le Liban, peuple et résistance, ne sortira que fier, debout, la tête haute, si Dieu le veut. Paix et miséricorde de Dieu sur vous."

Traduit par Centre d’Information sur la Résistance en Palestine

Afin que le démon ne se cache pas, une fois de plus, dans les détails

Un texte de Marie Nassif-Debs, enseignante à Beyrouth. Elle peut être jointe à mariedebs@dm.net.lb

En 1967, à la fin de la guerre des "Six jours", menée par Israël contre l’Egypte, la Syrie et la Jordanie, Lord Caradon, représentant de sa Gracieuse majesté, a rédigé une résolution qui prit le numéro 242. Dans une des clauses de cette résolution, il fut dit qu’Israël doit "se retirer des territoires arabes occupés" (en anglais : occupied territories). Cependant, à la suite du vote de cette résolution, encore inappliquée jusqu’à nos jours, des discussions se déroulèrent, tant sur le plan de la forme que sur le plan de l’esprit de la langue. Le gouvernement israélien d’alors, et ceux qui l’ont suivi, ont refusé d’appliquer la résolution sous prétexte que la phrase anglaise ne contenait pas de déterminant (the), ce qui veut dire qu’il leur est demandé tout simplement de se retirer "de territoires arabes", non de tous, ce à quoi ils se sont consignés. Et, ainsi, Al-Qods leur revient de droit (ainsi que le Golan et les fermes de Chebaa).

Nous citons cet exemple, parce que nous avons peur des détails et des sous-entendus que contient la nouvelle résolution (1701) du Conseil de sécurité concernant le Liban, rédigée par John Bolton, ambassadeur des Etats-Unis en coopération avec la diplomatie française et à laquelle furent introduits plusieurs amendements jusqu’aux dernières secondes avant le vote. En effet, Ehud Olmert, Premier ministre israélien, a déclaré sa satisfaction concernant les amendements, parce qu’ils "ont pris en considération quelques-uns unes des revendications israéliennes", dont un délai de 72 heures (jusqu’à lundi) avant de mettre en application "un cessez-le-feu" immédiat, ce qui leur a permis d’avoir plus de temps pour continuer leur agression terrestre et commettre d’autres crimes, tant au Sud que dans la Békaa ou le Nord.

Ajoutons à ce retard quelques détails lus dans la déclaration finale faite par Condoleeza Rice, peu après le vote, dont :

1. "le Hezbollah est maintenant sur la sellette ; il doit choisir ou la paix ou bien la guerre" . En d’autres termes : Israël n’est point responsable de toute la destruction faite et de tous les crimes commis ; il ne sera pas, non plus, responsable de toute escalade à l’avenir.

2. Le premier cessez-le-feu sera suivi d’un second qui se fera sur la base des pourparlers directs entre Israël et le Liban, compte non tenu du sort des fermes de Chebaa ou de celui des détenus libanais dans les prisons israéliennes.

3. Un appel (ferme) est lancé à la Syrie et à l’Iran (mais non à Israël) de respecter la souveraineté du gouvernement libanais (non des territoires libanais) et la volonté de la société internationale.

Et, si nous étudions tous ces détails à la lumière du premier paragraphe de la résolution 1701, qui appelle clairement à "un arrêt immédiat de toutes les opérations offensives de la part d’Israël", nous sommes sûrs qu’Israël va recourir (sans avoir à violer la résolution nouvelle) à des opérations dites "défensives", chaque fois que cela lui est nécessaire, avec la bénédiction unanime des Etats permanents au Conseil de sécurité et l’approbation des autres !

Il faut dire que tous les paragraphes à caractère exécutif et toutes les clauses préliminaires penchent du côté d’Israël et rendent le Hezbollah seul responsable de tous les malheurs du Liban et de la région. Ainsi, la prise des deux soldats est considérée comme "une attaque" contre Israël ; et c’est cette attaque même qui "a abouti à des centaines de tués et de blessés chez les deux parties et causé de grands dommages dans l’infrastructure civile ainsi que le déplacement forcé de centaines de milliers de personnes".

Que peut vouloir dire cette phrase, en clair ?

Elle dit que le gouvernement israélien peut, à la lumière du dixième paragraphe préliminaire, demander réparation, y compris le prix des tanks et, même, des bombes à fragmentation qu’il a jetées sur nos villes et nos villages et avec lesquelles il a tué nos enfants.

Nous disons cela parce que nous avons déjà pâti d’une telle situation. N’avons-nous pas, en 1983, payé aux troupes des Etats-Unis, venus dans le cadre de la "multinationale", le prix, non seulement des fortifications érigées autour de leurs bases, mais aussi des bombes que le porte-avions "New Jersey" avait lancées contre les villes et villages du Mont Liban ?

Et si nous nous sommes arrêtés devant tous ces détails, c’est pour dire que la "société internationale" et ses "nouveaux dirigeants" continuent assidûment leur oeuvre destructrice dans notre région sous prétexte de nous apporter la démocratie et la paix. Ils oublient, toutefois, qu’une paix basée sur l’injustice ne peut pas durer.

Voilà pourquoi, et revenant à la résolution 1701, nous ne pouvons que dénoncer l’insistance (lourde) sur la nécessité pour le Liban d’appliquer rapidement le contenu des résolutions 1559 et 1680 (datant des années 2004 et 2005) au détriment de la résolution 242 qui stipule, depuis presque 40 ans, le retrait d’Israël des territoires arabes occupés, dont les fermes de Chebaa sur lesquelles le Conseil de sécurité nous dit qu’il "a pris note des propositions [du gouvernement libanais] contenues dans les sept points". Et voilà pourquoi, il faut demander des explications et des clarifications sur tous les détails et tous les points ; parce que, depuis 1948, toutes les résolutions prises furent vidées de leur contenu quand le moment de l’exécution était arrivé.

Il est vrai que la "nouvelle" résolution, amendée quelque peu par la diplomatie française, stipule qu’Israël doit nous livrer la carte des mines laissées dans notre pays et qui ont causé, jusqu’à nos jours, des centaines de morts et de blessures graves (parmi les enfants notamment). Il est vrai aussi que le mandat des forces internationales fut placé sous le contenu du chapitre six, ce qui exclut, en principe, l’emploi de la force. Cependant, le nombre de ces forces, leur armement et la possibilité d’élargir leurs prérogatives à tout le Liban en font, non une force de paix mais de guerre ; surtout que rien n’est dit concernant les agressions israéliennes, à part l’interdiction par ces forces de la violation de nos airs par les avions israéliens. Ce qui peut laisser à penser que si Israël voulait réutiliser notre eau pour son agriculture, elle peut le faire.

La résolution 1701 a donné, comme nous le pensions, aux agresseurs et aux criminels contre l’humanité. Elle leur a aussi accordé par la voie diplomatique ce qu’ils ne rêvaient plus d’avoir par la guerre.

Cependant, cette victoire "à la Pyrrhus" ne saura sauver les alliés de Georges Bush à Tel Aviv ; comme elle n’aura pas pour conséquence d’aboutir aux dissensions dont ils rêvent de pouvoir créer parmi les Libanais.

Nous voudrons les rassurer : la guerre civile n’aura pas lieu."

Beyrouth, le 12 août 2006




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