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Libérons les semences

lundi 7 avril 2008, par Marc Bardin

Lors de la réunion mensuelle du collectif zerogm42 les semences paysannes ont fait l’objet d’un débat, en précisant que les OGM sont une suite logique d’un système mis en place depuis les années cinquante lors de l’industrialisation de l’agriculture en grande échelle.
Le modèle de l’agriculture dite « moderne » a progressivement dépossédé les paysans de leurs biens le plus précieux : les semences.
Depuis des millénaires les paysans par un travail minutieux ont produit leurs semences, sélectionné, amélioré et créé une multitude de variétés et sont à la source de l’extraordinaire diversité des plantes cultivées dans le monde, qui font partie du patrimoine de l’humanité.

Avec l’extension de la biotechnologie et de l’industrialisation de l’agriculture, les fonctions de reproduction et de production ont été séparées et hyper spécialisées.
La reproduction revient aux sélectionneurs et semenciers détenus par les multinationales (ils sont propriétaires des semences).
Et la production reste la fonction de l’agriculteur devenu dépendant de ces semenciers.

La base même de l’agriculture qui consistait pour le paysan de prélever une partie de sa récolte pour les semences des années suivantes devient progressivement illicite.

La protection intellectuelle interdit tout échange de semences de variétés couvertes par un certificat d’obtention végétale, le catalogue officiel interdit tout échange et commercialisation des semences paysannes ne pouvant répondre aux critères d’inscription :
- Coût prohibitif de l’inscription pour des variétés dont le volume de semence est faible,
- Les critères imposés (distinction, homogénéité, stabilité), sont incompatibles avec des variétés populations issues d’un terroir, contrairement aux lignées pures, elles ne sont pas homogènes (plantes hétérozygotes ), elles sont en évolution permanente, juridiquement elles ne sont pas des variétés,
- Les autres contraintes techniques (valeur agronomique et technologique), des normes imposées par les transformateurs industriels et l’agriculture chimique excluent de fait les variétés paysannes pas adaptées à leur mode de production et de commercialisation.

Les semences paysannes interdites d’inscription sont privées de droit à une existence légale.

Les multinationales avec la complicité des institutions publiques privatisent le vivant et s’approprient le droit à l’alimentation des peuples, elles détiennent l’arme alimentaire plus puissante que toutes les bombes. « L’arche de Noé » créée dans le nord de la Norvège, qui prétend préserver la biodiversité des semences de la planète en les enfermant dans un bunker - une opération largement relayée par les médias - est en réalité une fois de plus l’appropriation du patrimoine de l’humanité par les multinationales, ce projet financé par les fondations Bill Gates, Syngenta, Dupont de Nemours, les principales multinationales producteurs des OGM détiennent les clés.

Libérer les semences devient une urgence ; le Réseau Semences Paysannes, qui regroupe des associations, des paysans, des professionnels, des amateurs, se mobilise pour conserver et développer la biodiversité cultivée dans les champs.
En Rhône-Alpes, grâce au Réseau Semences Paysannes et à l’ARDEAR (Association Régionale pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural), des variétés anciennes de céréales retrouvées dans les frigos de l’INRA sont semées dans plusieurs fermes de la région, comme celle de Sylviane et Raymond Pitiot de St-Paul en Jarez, qui cultivent des variétés anciennes de blé, de maïs de couleur et d’épeautre.

Marc Bardin

 Lundi 26 Mai, Guy Kastler, animateur du Réseau Semences Paysannes, sera dans la région stéphanoise.
Une conférence débat aura lieu vers 20h à Saint-Genest-Lerpt. Un date à retenir dès maintenant...

http://www.semencespaysannes.org