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Non à la 2ème autoroute (A45) entre Saint-Etienne et Lyon.

Nous sommes désormais en pleine guerre chaude

lundi 11 janvier 2010, par Julia Lourd

2010. Pour de nombreuses raisons, et d’abord l’obligation d’arrêter les blablas sur la crise écologique et de passer aux actes, la question de l’abandon définitif du projet de 2ème autoroute - l’A45 - entre Saint-Etienne et Lyon va se poser avec force.
Nous publierons au fil des mois des textes sur ce sujet.
Nous commençons par plusieurs textes de Julia Lourd, présidente de l’Association Sauvegarde des Coteaux du Jarez, association qui se bat depuis des années contre le projet de deuxième autoroute.

Nous sortons à peine du siècle qui a centré toute la société autour de la consommation et de l’automobile.
Tout a été consacré et sacrifié à un mode de vie qui mesurait le bonheur de l’homme au nombre de kilomètres parcourus, hélas, nous savons où cela nous a menés. En quelques décennies, le développement productiviste exacerbé de certains pays, la montée en charge d’un capitalisme de la démesure, la dévotion faite à la libéralisation économique et à l’individualisme, nous amènent à un bilan sévère :

- 20 % de la population mondiale utilise 80 % des ressources naturelles, la pauvreté extrême perdure au cœur d’une société d’abondance comme en témoigne la crise alimentaire mondiale,

- la notion de progrès social est aujourd’hui un indicateur purement monétaire : fi de la qualité de vie, de la qualité des sociétés, de la prise en compte des questions démocratiques, de la lutte contre les inégalités,

- les comportements prédateurs ont détruit des biens communs de base, et mènent l’ensemble des populations et la planète "dans le mur". L’avenir de la planète et de l’humanité sont désormais en jeu.

Plus personne aujourd’hui (à part peut être Claude Allègre) ne peut contester le fait qu’en l’absence de réduction des émissions anthropiques de gaz à effet de serre la température mondiale moyenne risque d’augmenter de 1,4 à 5,8°C entre 1990 et 2100. Certaines prévisions tablent même sur une augmentation de près de 10°.

Nous entrons donc dans la Guerre « chaude » :

Alors que la guerre froide était basée sur l’atome, la guerre chaude a débuté à la fin du XXème siècle.
Elle est largement basée sur l’automobile et sur son usage massif à l’échelle planétaire.
L’automobile individuelle caractérise notre mode vie de vie occidental en progression rapide sur le reste de planète. Ce mode de vie, base de l’économie du suicide, est fondé sur le pillage accéléré des ressources naturelles et en particulier des hydrocarbures.
Or, ce qui était déjà difficilement soutenable à l’échelle de l’Occident est tout simplement impossible à l’échelle de la planète.

Les premières « pétro-guerres » et l’exploitation de champs pétrolifères au sein même de sanctuaires écologiques, la pollution croissante et le réchauffement climatique avéré, le désastre humain lié à l’automobile, les tensions actuelles sur les cours des matières premières et le pillage accéléré des réserves mondiales sont autant de signes avant-coureurs d’une destruction programmée de la planète par la "civilisation de l’automobile".

la bataille contre le terrorisme automobile permanent a paru bien utopique pendant longtemps. En effet l’automobile est tellement ancrée dans notre modèle de société qu’elle est à l’origine d’une véritable filière-route. En effet, l’alliance entre pouvoirs publics (TIPP), constructeurs automobiles et multinationales du pétrole est objective.
Remettre en cause l’automobile dans notre société est donc osé et revient à être considéré, au mieux, comme un utopiste « déconnecté des réalités », et au pire, comme un idiot ou un
« ennemi dangereux des libertés individuelles ».

Nous en arrivons à l’arme principale pro-voitures : « la liberté individuelle » qui fait référence dans notre inconscient à notre passé et aux principes révolutionnaires.

Mais cette « liberté individuelle » qui conduit à la société de l’automobile n’est que le résultat de décennies de matraquage publicitaire et de conditionnement marketing. Elle mène à l’idée que l’automobile serait synonyme de liberté en « oubliant « qu’elle est aussi la liberté de tuer, de piller les ressources naturelles et de détruire la planète.

Cette « liberté » est avant tout une mystification et une escroquerie planétaire.
Cette « liberté » s’exerce au détriment de tous.