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1000 à St-Etienne contre la chasse aux Rroms, la xénophobie et la dérive sécuritaire

Le réseau Solidarité Rroms invite à une rencontre avec Martin Oliveira mercredi 8 septembre à l’AL Chapelon...

dimanche 5 septembre 2010

Un millier de personnes se sont rassemblées ce samedi 4 septembre place Jean Jaurès à st-Etienne, à l’invitation d’une trentaine d’associations et organisations (Voir). En France, 130 rassemblements et manifestations ont eu lieu, réunissant environ 100 000 personnes, indique la LDH. Dans la Loire, 300 personnes se sont rassemblées aussi à Roanne.








Bien sûr, la solidarité avec les familles rroms était très présente dans ces mobilisations (à Paris par exemple, ce sont les Rroms expulsés d’un terrain de Choisy Le Roi qui ont ouvert la manifestation). Parce que c’est contre elles que Sarkozy, Hortefeux, Besson, Fillon, et cie ont cru habile de lancer le nouveau et grave tour de vis de leur politique sécuritaire et xénophobe. En s’appuyant sur un racisme anti-tzigane qui sommeille depuis des siècles dans les profondeurs des sociétés européennes et qui se réveille assez régulièrement. Sauf que là, comme aux pires heures de l’histoire, ce sont les plus hautes autorités de l’Etat qui ont décidé la chasse.

Mais 100 000 un 4 septembre, cela prouve que ça ne passera pas comme ça. Le peuple français est capable du pire, l’histoire en témoigne. Mais aussi du meilleur, l’histoire en témoigne aussi. Et là, il y a beaucoup de monde décidé à s’engager pour empêcher la descente vers l’indigne, et pour aider à construire une société de solidarité et d’humanité.







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A St-Etienne, on a pu se rendre compte de la grande diversité de celles et ceux qui était là.
Après le rassemblement à Jean Jaurès, les présents se sont rendus en manifestation sur les marches de l’Hôtel de ville. Bien sûr, l’exigence que la mairie de St-Etienne change d’attitude, cesse de participer à la chasse aux Rroms et travaille avec le réseau associatif pour construire des solutions humaines, est dans toutes les têtes.
Puis la manifestation est allée jusqu’à la Préfecture, où le Préfet, représentant du gouvernement, avait fait savoir qu’il refusait de recevoir une délégation des associations. De mieux en mieux...





Au moment de se quitter, bien des présents se donnaient rendez-vous mardi, 10h15, à Chateaucreux. Pour une autre manifestation, contre la même politique, au fond. Une politique pour les plus riches à laquelle les campagnes racistes et xénophobes ont pour objectif de déblayer le terrain...




photos : Marie-Pierre Vincent et Martine Chevalier

Le réseau Solidarité Rroms invite à une rencontre avec Martin Oliveira, sociologue et ethnologue, mercredi 8 septembre à St-Etienne

La rencontre a lieu à 19H, à l’amicale laïque Chapelon, 11 rue Benoît Malon (quartier de Jacquard, centre-ville).

Aider à mieux comprendre, c’est l’objectif de cette première rencontre publique sur la situation des roms, leur statut, leur histoire, les solutions pour un accueil digne.
Martin Olivera a écrit dernièrement plusieurs articles dont un dans Le Monde intitulé « Dénoncer l’anti-tsiganisme sans s’attaquer à ses racines ? »
Voir : http://www.lemonde.fr
Plusieurs autres rencontres publiques sont envisagées notamment le 21 octobre avec Emmanuel Filhol maître de conférences à l’université de Bordeaux I et spécialiste de l’histoire des Tsiganes.

Dans un tract distribué lors du rassemblement du 4 septembre, le réseau de solidarité avec les familles Rroms de St-Etienne écrit :

 Des solutions locales existent pour un accueil digne des familles roms

Ce n’est pas une politique d’expulsion et de chasse qui résoudra les problèmes, ce n’est pas en rendant la vie impossible à ces familles qu’elles partiront. Tout simplement parce qu’il est impossible pour elles de survivre en Roumanie. Le résultat est d’aggraver leur pauvreté et leur précarité, de les faire vivre dans des conditions encore plus inhumaines, plus intolérables.

Le réseau de solidarité a fait la preuve depuis longtemps, uniquement avec des moyens bénévoles, qu’il est possible à St Etienne de trouver des solutions pour une vie décente, de sortir du système des squats et des bidonvilles.

- 31 familles, 120 personnes environ, ont accédé à un appartement, en quasi totalité dans le secteur privé du fait de la fermeture des organismes HLM. 

- La très grande majorité des enfants est inscrite à l’école et la fréquente assez régulièrement malgré les expulsions régulières des familles de leurs lieux de vie. Pour l’année scolaire 2009/2010, 87 enfants au total ont été régulièrement scolarisés.

- Malgré les réglementations dont l’objectif est d’empêcher l’accès concret au travail, 13 adultes ont pu trouver un travail très officiellement : 5 en CDI, 4 en intérim ou en auto entrepreneurs, 3 en CDD, 2 en contrats atypiques.

- Le soutien scolaire et le suivi médical ont été mis en place, par des bénévoles.

Tout cela a été réalisé sans le soutien des collectivités locales et face à la politique d’expulsion de certaines d’entre elles.

Il est trop facile d’en appeler à la responsabilité de l’Europe et de la Roumanie, et de ne pas prendre la nôtre ici.
Les collectivités locales s’impliqueront elles pour soutenir les familles ? Elles en ont les moyens, en ont-elles la volonté ?

Le réseau de solidarité va continuer à résister à la nouvelle dérive sécuritaire qui aujourd’hui écrase les familles roms, va continuer son travail pour l’accès à une vie digne, pour assurer au maximum d’enfants la poursuite de leur scolarisation.

Si vous souhaitez nous rencontrer, rencontrer des familles, proposer un peu d’aide, nous vous invitons à venir, le mercredi, à partir de 17 heures au local de l’association, 20 rue Rouget de Lisle à St-Etienne

 Ecouter une interview récente de Martin Oliveira par Télérama