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Le préfet doit loger les familles et les enfants qui dorment à la rue. C’est la loi.

lundi 4 octobre 2010, par Georges Günther

Jeudi soir 30 septembre, une cinquantaine de personnes se sont réunies à la Maison de quartier du soleil à l’initiative du collectif “pour que personne ne dorme à la rue”, pour exiger des logements pour plusieurs familles - avec des enfants - qui dorment à la rue. Etaient présents des habitants du quartier, des militants des associations, et des enseignants...
Le Préfet de la Loire fait du zèle pour multiplier les expulsions, mais ne respecte même pas la loi et les décisions de justice qui l’obligent à loger des familles et des enfants à la rue
.

Lors de la rencontre au Soleil nous en avons appris un peu mieux sur la situation de certaines des familles qui dorment à la rue avec leurs enfants. Trois étaient présentes. Des situations intolérables et des comportements inadmissibles des institutions, notamment du préfet qui semble assumer tranquillement d’être hors la loi.

Une famille avec les deux parents et leurs 3 enfants de 9 ans, 14 ans et 15 ans...
Ils sont kosovars et demandeurs d’asile, en France depuis un an et demi. Leur dossier de demande d’asile est en cours d’instruction.
Le préfet à donc l’obligation légale de les loger.
Jusqu’à fin juin c’était le cas. Ces personnes vivaient dans un appartement de l’asile de nuit. La dernière semaine de juin l’appartement a été inondé. Elles ont dû être évacuées. Le 115 leur a proposé un hôtel Formule1 au Coteau à côté de Roanne. Toute la famille s’y est rendue. Mais dans un hôtel il est interdit de cuisiner et de prendre ses repas dans les chambres. On ne peut qu’y dormir. Impossible pour eux de vivre durablement dans ces conditions avec les 3 enfants. Ils y sont restés un jour et sont revenus à St Etienne. Renaître qui gère le 115 en a immédiatement pris prétexte pour les sortir du dispositif d’accueil. Résultat : ils sont à la rue depuis début juillet. Ils dorment dans des parcs, sous les arcades (quand la police ne les en chasse pas) ou dans le hall de l’hôpital Nord quand il pleut ou que la température devient moins clémente comme ces jours ci.
Malgré ces conditions les deux plus grands enfants continuent d’aller au collège Jules Vallès au Soleil. Le dernier n’est pas scolarisé.
La maman possède plusieurs certificats médicaux dans lesquels les médecins disent que sa santé n’est pas compatible avec le fait de dormir dans la rue (pour qui cela serait-il bon d’ailleurs ?).
Nous demandons depuis des années de remplacer cet hébergement en hôtel complètement inadapté et extrêmement coûteux, par l’aménagement de logements ou de foyers, ce qui serait bien moins onéreux pour les deniers publics. Mais la préfecture préfère maintenir ces familles dans la précarité parce que cela aurait un effet dissuasif sur d’autres tentées de solliciter l’asile dans notre pays.

Deux autres familles du Kosovo également demandeurs d’asile étaient présentes : l’une avec de tous petits enfants de 8 mois, 2 ans, 3 ans et 5 ans, et l’autre avec 4 enfants de 7 ans, 8 ans, 9 ans et 11 ans. Elles dorment dans la rue depuis début septembre.
Jean Rocher les a aidées à déposer un “référé liberté” contre le préfet. Depuis le 22 septembre celui-ci a une injonction du Tribunal Administratif de loger ces personnes sous 72 H. A ce jour rien n’a bougé !
Le Préfet fait grande diligence quand il s’agit d’expulser des familles de terrains ou de squats en les mettant à la rue, mais quand la loi le contraint à loger, là il n’hésite pas non seulement à se mettre dans l’illégalité mais à ne pas appliquer des injonctions de la justice.

La mobilisation va s’amplifier autour de ces familles. Hier soir plusieurs idées ont été lancées. Et la solidarité des associations et des personnes présentes a permis de mettre à l’abri pour la nuit ces trois familles.

Georges Günther