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Une centaine d’apiculteurs a occupé le siège de Monsanto près de Montauban

La Confédération Paysanne et l’UNAF reçues ce vendredi au Ministère de l’écologie pour demander l’application de la loi : l’interdiction immédiate du maïs OGM Monsanto 810.

mardi 10 janvier 2012

Vendredi 6 janvier ont eu lieu à Leojac, près de Montauban, des “Rencontres interrégionales : OGM et Apiculture : coexistence impossible” à l’initiative de la Confédération Paysanne et de l’UNAF-Union Nationale de l’Apiculture Française. Elles ont réuni plus de 200 personnes. En fin de matinée, une centaine d’apiculteurs se sont rendus au siège de Monsanto, à Monbéqui, dans lequel ils sont parvenus à entrer, habillés en blanc, avec des ruches.
Voir : Rencontres interrégionales

"Nous demandons un arrêté interdisant la vente et la culture du Mon 810 et l’interdiction de tous les OGM produisant du nectar ou du pollen", qui pourraient polluer le miel, a déclaré un apiculteur de l’Hérault, Jean Sabench, de la Confédération paysanne.

Voir aussi le compte-rendu de l’action dans La Dépèche : Maïs OGM : un commando d’apiculteurs envahit Monsanto

photo-LaDépèche

Et l’article de Sophie Chapelle dans Bastamag : L’interdiction des OGM, c’est maintenant ou jamais

La Confédération Paysanne :

Monsanto n’a pas le droit d’interdire aux apiculteurs de vendre leur miel

Vendredi 6 janvier, les apiculteurs de la Confédération Paysanne ont investi avec leurs ruches le site de Monsanto à Monbéqui dans le Tarn et Garonne. Plus de 150 paysans et citoyens les ont accompagnés toute la journée. Par ce premier avertissement, ils sont venus dire à Monsanto : si tu veux interdire à nos abeilles de butiner dans les champs, nos abeilles t’interdiront de trafiquer dans tes laboratoires.
En effet, tout miel contenant le moindre grain de pollen de l’OGM MON 810 est désormais interdit à la vente et doit être détruit. Le Conseil d’État a levé fin novembre le moratoire interdisant la culture de cet OGM. Le compte à rebours infernal est enclenché : en janvier, les OGM sont distribués dans les fermes pour être semés au printemps. En juillet les abeilles devront quitter tous les départements où fleurit le maïs, soit la quasi totalité du territoire français. Les apiculteurs feront faillite, les cultures et les plantes sauvages qui ont besoin d’être pollinisées par les abeilles ne se reproduiront plus. Le gouvernement ne doit pas se contenter de promulguer un moratoire qui risque d’être cassé en 15 jours.

Le gouvernement doit appliquer la loi française qui précise que « les OGM ne peuvent être cultivés, commercialisés ou utilisés que dans le respect de l’environnement et de la santé publique, des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales qualifiées "sans OGM" ». Il peut aussi appliquer la réglementation européenne qui autorise les États à « prendre des mesures nécessaires pour éviter la présence d’OGM dans d’autres produits », y compris en « interdisant la culture d’OGM sur de vastes territoires ». La « liberté de produire des OGM » ne permet en effet pas d’interdire à ses voisins de continuer à exercer leurs activités. L’impossibilité de la coexistence a été prouvée avec la pollution du miel par un simple essai OGM en Allemagne !

Le gouvernement doit interdire immédiatement toute cession, toute vente et toute culture de MON 810, sans attendre que les sacs de semences soient dans les fermes prêts à être semés. La Confédération Paysanne ira vendredi 13 janvier au Ministère de l’Écologie, avec l’Union Nationale de l’Apiculture Française, pour vérifier que le gouvernement tient ses engagements.

Contacts
Guy Kastler, commission OGM : 06 03 94 57 21
Véronique Léon, secrétaire nationale : 06 22 16 13 99
www.confederationpaysanne.fr

Nouveau communiqué de presse de la Confédération Paysanne - 9 janvier 2012

OGM : La coexistence est impossible, il ne sert à rien de casser le thermomètre pour ne pas voir la réalité

"Le Figaro du 5 janvier publie des extraits du rapport encore confidentiel du Comité Scientifique du Haut Conseil des Biotechnologies désormais disponible sur le site internet d’un scientifique connu. La Confédération Paysanne est pour le moins surprise de l’absence de toute réaction officielle à cette violation des règles du HCB. Elle est encore plus étonnée du contenu de ce rapport.
Ce rapport affirme que la coexistence est possible en se basant sur des compilations de recherches dont la majorité est payée par les firmes agro-semencières et sur des modélisations informatiques. Ce rapport ne dit pas un mot de l’apiculture, alors qu’un simple essai OGM en Allemagne a abouti à la destruction d’une récolte de miel contaminé. Alors que les firmes semencières analysent une à une les plantes qui servent à fabriquer leurs semences conventionnelles pour éliminer la moindre trace d’OGM, ce rapport propose de tolérer 0,1% d’OGM dans les semences paysannes. Il n’est pas étonnant qu’il puisse alors affirmer que cette "coexistence" est possible.
Plus surprenant encore, le rapport qui prétend que la coexistence est possible, nous explique comment éviter la contamination : en changeant la manière de la calculer afin d’en diminuer artificiellement le taux et en voulant planifier les semis sur la base de modélisations informatiques totalement inadaptées aux contraintes des agriculteurs.
La Confédération paysanne exige que le gouvernement mette tout en œuvre, comme il l’a promis à maintes reprises, pour qu’aucune semence OGM ne circule en France cette année : ni essai, ni culture."