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Etude du bureau Le Compas sur la pauvreté au niveau communal...

Une étude sur la pauvreté dans les 100 plus grandes villes françaises

A St-Etienne comme ailleurs, c’est la pauvreté qu’il faut combattre, pas les pauvres !

samedi 27 octobre 2012, par Georges Günther

Un bureau d’étude, Le Compas, spécialisé dans l’analyse des besoins sociaux et l’observation sociale et travaillant avec les collectivités locales, s’est attelé à la tâche, produisant une estimation du taux de pauvreté dans les 100 plus grandes villes de France. La Gazette des communes s’est associée au Compas pour publier ces données, en exclusivité dans un dossier titré :  "Pauvreté : en finir avec la politique de l’autruche" 
Voir : La gazette des communes
Voir aussi la note sur le site de l’observatoire des inégalités, reproduite du site Internet du Compas : http://www.inegalites.fr/spip.php?article1619&id_mot=72

Les réflexions ci-dessous sont essentiellement tirées de ces articles.

Le taux de pauvreté calculé par Le Compas correspond au pourcentage de ménages qui, dans une ville donnée, perçoivent moins de 60 % du revenu médian national après prestations et avant impôts (soit 954 euros).
Les estimations du Compas sont réalisées à partir des données fiscales communiquées par l’Insee au niveau de toutes les communes, pour l’année 2009.

Que révèle cette étude ?
D’abord que notre ville de St-Etienne avec un taux de pauvreté de 22% est dans le milieu du tableau au même niveau que Le Havre, Toulon, Metz, Nanterre, Poitiers. Le revenu médian des ménages pauvres est de 740 € et le nombre de personnes au dessous du seuil de pauvreté est de 17 234. La pauvreté et la précarité est bien sûr importante à St Etienne, mais contrairement à un certain discours tenu du côté de la mairie et de la préfecture, nous ne sommes pas, malheureusement, dans une situation exceptionnelle. La pauvreté est partout en augmentation importante en France particulièrement dans les grande villes. Ici comme ailleurs, c’est la pauvreté qu’il faut combattre, pas les pauvres.

En 2009, la France comptait 4,5 millions de personnes pauvres en fixant le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian et 8,2 millions en utilisant le seuil de 60 % (contre 7,8 millions en 2008). Toujours en 2009, l’estimation du nombre de « travailleurs pauvres » allait, selon la définition retenue, de 1,5 million à 7 millions d’individus.

Les données du Compas montrent que la pauvreté se concentre dans les villes de grande taille - qui rassemblent un tiers des ménages précaires alors qu’elles ne regroupent qu’un cinquième de la population - et non pas en zone périurbaine. « La ville attire les plus démunis, car on y trouve le plus d’opportunités de logement et d’emploi », rappelle Hervé Guéry.

Viennent ensuite les communes périphériques des grandes agglomérations (Vénissieux : 32 % ; Bondy : 28 %), où l’emploi peine à se développer, et certaines villes du Sud de la France particulièrement touchées par le chômage (Avignon : 30 % ; Nîmes : 29 %).
Des villes comme Marseille (26 %) et Lille (27 %) affichent une situation plus contrastée : « On y trouve une pauvreté importante et un dynamisme économique », note le directeur du Compas.

Des villes qui concentrent la majorité du parc de logements sociaux de leur agglomération affichent un taux de pauvreté supérieur à la moyenne, comme Strasbourg ou Beauvais (taux : 24 %).
Dans cette analyse du poids du logement, il ne faut pas oublier la présence de l’habitat ancien dégradé, logement social de fait, qui explique certains taux de pauvreté supérieurs à la moyenne, comme à Bordeaux (18 %).

La population issue de l’immigration est aussi davantage touchée par la pauvreté.

Enfin, les taux de Paris (16 %) et de Lyon (15 %) sont à mettre en corrélation directe avec la hausse du prix du logement locatif : les ménages disposant de revenus modestes ont renoncé, depuis déjà plusieurs années, à habiter les plus grandes villes de France.

Ci dessous, le tableau des 100 plus grandes villes classées par importance du taux de pauvreté. Les taux de pauvreté estimés vont de 7 % pour Neuilly-sur-Seine à 46 % pour Roubaix.

Nombre de ménages pauvres et taux de pauvreté par commune


Voici un tableau de quelques villes parmi les 100 analysées, avec le revenu médian des ménages pauvres après prestations sociales et avant impôts.

(Les taux de pauvreté estimés vont de 7 à 46 % entre Neuilly-sur-Seine et Roubaix.
En jaune des villes de la région Rhône Alpes).